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> Isabelle Taudière (Traducteur)

ISBN : 235087057X
Éditeur : Editions Héloïse d'Ormesson (2007)


Note moyenne : 3.88/5 (sur 25 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Ce livre retrace l'incroyable combat de Wangari Maathai. A la tête du Mouvement de la ceinture verte, le plus grand projet de reboisement d'Afrique, elle mène une lutte acharnée avec les femmes kenyanes contre la déforestation : quelque trente millions d'arbres sont pla... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par Belem, le 07 avril 2013

    Belem
    Il y a longtemps que je voulais lire ce livre, car l'histoire de cette femme qui s'obstinait malgré les difficultés à planter des arbres, au Kenya en premier lieu, m'intriguait. Pourtant, je repoussais chaque année l'échéance, me disant sans doute dans mon faible intérieur que celui-ci n'était, après tout, que le récit d'une activiste, ni plus, ni moins.
    Or, je suis tombé sur un livre d'une très grande densité ! Il y a sur Terre des êtres humains qui sont extraordinaires, et cela ne fait pas de mal de lire leurs écrits, et aussi leur propre histoire. Wangari Muta Maathai fait vraiment partie de ce genre de personnes qui sont capables, par leur force de caractère et par leur action opiniâtre, de bouleverser les choses là où elles sont, mais au-delà, de donner un cours nouveau à des évènements se situant à un niveau beaucoup plus général (ou pour employer un mot à la mode, à un niveau plus global). Son combat a ainsi permis, non seulement de reboiser le Kenya (ce qui permet de redonner à la fois la fertilité à la terre et de lutter contre la misère des hommes qui y vivent), mais aussi de lutter pour l'émancipation des femmes, pour la paix inter-ethnique, et la démocratie au Kenya.
    Wangari n'est pas une « enragée », ce à quoi le régime du dictateur kenyan Daniel Arap Moi (qui a sévit jusqu'en 2002 et qui n'a pas cessé les humiliations contre elle) voulait la réduire. A la lecture de ce livre, j'ai découvert en Wangari Maathai une intellectuelle, et, évidemment, une intellectuelle engagée, dans le plus noble sens du terme. Engagée parce qu'elle commence à chercher des solutions là où les autres, après avoir découvert un problème, s'arrêtent. Extrêmement volontaire, rien ne pouvait l'arrêter dans la défense d'une cause juste. de plus, et c'est là tout l'intérêt d'une autobiographie, sa prise de conscience, son parcours personnel, donnent à son engagement une cohérence, et révèlent une honnêteté indéniable.
    Elle aime la nature depuis son enfance, lorsqu'elle allait garder les troupeaux de chèvres ou de moutons sur les flancs du mont Kenya, dégustant les baies juteuses de managu, jouant dans les rivières, au milieu des vertes vallées montagneuses. Cette idée d'une nature généreuse, de paradis perdu (car l'agriculture capitaliste va tout détruire), sera la source et le guide de toute sa vie. de ces deux idées fondamentales : un profond respect de la nature, et un sens aigu de la justice, sur lesquelles il était hors de question qu'elle ne transige, vont faire de sa vie un combat acharné, car elles vont rencontrer sur leur route le pillage des ressources et la tyrannie.
    Ce que montre aussi son histoire, c'est que la mobilisation internationale pour la soutenir dans ce combat l'a sûrement sauvée de l'assassinat, tant le climat de violence politique a ravagé le Kenya, et perdure encore aujourd'hui. Un livre qui montre en tous cas que, même sous une dictature qui instaure un climat de peur, on peut encore se battre pour défendre ce qui est juste. Celle qui plantait les arbres, elle redonnait aussi l'envie de lutter à des milliers de kenyans...
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    • Livres 4.00/5
    Par Taraxacum, le 17 octobre 2012

    Taraxacum
    Le titre de cette autobiographie est un peu trompeur: on pourrait croire qu'elle aborde uniquement le thème de la Ceinture Verte, projet de reboisement mais qu'il serait réducteur de réduire à sa composante écologique.
    Cependant, en écrivant son autobiographie, c'est toute l'histoire du Kenya, de l'Afrique, depuis 1940 qu'elle retrace, conflits ethniques, décolonisation, corruption, droits bafoués, mais aussi les points positifs, les gens extraordinaires qui ont fait l'histoire à ses côtés... Evidemment, comme souvent avec les autobiographies, certaines choses mériteraient sans doute d'être nuancées, et je parle en particulier de la façon dont elle raconte son divorce!
    C'est une plongée directe et passionnante dans l'Afrique actuelle, ses problèmes, ses évolutions, ses forces, portée par un grand optimisme qui réchauffe le coeur, et j'aurai mis cinq étoiles sans hésitation si la dernière partie ne m'avait pas semblé traîner un peu en longueur.
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    • Livres 5.00/5
    Par zazaleb, le 05 juillet 2012

    zazaleb
    J'ai lu ce livre peu de temps avant la mort de Wangari Maathaï. Malheureusement, comme pour beaucoup, son décès a contribué à sa popularité, et pourtant, son parcours méritait une attention tout particulière. Femme politique, engagée pour la lutte contre la déforestation et la corruption, W. Maathaï a fait preuve d'un courage exemplaire. Ce témoignage éclaire l'histoire contemporaine du Kenya -depuis les oubliés de la première guerre mondiale qui n'ont jamais reçu de reconnaissance d'aucune sorte des pays colonisateurs jusqu'aux conséquences économiques de la déforestation. J'ai découvert, pour ma part, ce destin extraordinaire d'une femme scientifique formée dans les universités américaines, revenue chez elle pour faire bénéficier, avec de grandes difficultés de son savoir et de son amour du pays. C'est un témoignage édifiant sur l'Afrique, ses richesses et sa dépendance vis-à-vis des organismes internationaux. C'est aussi, et surtout, une magnifique leçon de vie.
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  • Par PiertyM, le 04 novembre 2013

    PiertyM
    Que le combat de cette femme soit devenue celle de toute la planète, il y a de quoi lire cette merveilleuse biographie d'un seul trait. Cette femme, Wangari, d'une bravoure exceptionnelle m'a beaucoup fascinée. J'avais ce livre il y a bien longtemps mais c'est après sa mort que je me mise à le lire. Quelle brave femme!! Elle a bien mérité le Prix Nobel de la paix en 2004!!!
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    • Livres 5.00/5
    Par avisdelecture, le 13 décembre 2012

    avisdelecture
    Je viens de terminer ce livre, ce n'est pas un roman, c'est l'histoire d'une vie, celle de l'auteur qui est née dans un petit village en pleine brousse du Kenya et qui a eu le prix Nobel de la Paix ainsi que de nombreux prix. Elle est partie du constat que la déforestation entraine le ravinement des sols. Et qui dit pas de sol dit..pas de plantation !!!
    Avec son mouvement elle a fait planter plus de 51 millions d'arbres depuis 1977. Elle s'est engagée dans la lutte contre un régime totalitaire et répressif, celui lui a occasionné pas mal de tracas, prison, hôpital, menace de mort etc... Mais elle a tenue tête ! Grande dame. Livre à lire !
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Citations et extraits

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  • Par Belem, le 07 avril 2013

     Comme quelque 150 000 Kikuyu, mon père était aussi de cette première génération d'hommes kenyans qui quittèrent leur village des réserves indigènes et leur famille pour aller travailler dans les fermes des colons blancs et gagner de l'argent. Avant l'arrivée des Britanniques, les peuples africains ne connaissaient pas l'économie monétaire. La principale monnaie d'échange était le petit et le gros bétail, surtout les chèvres. Pour un bout de terre, la dot de la mariée ou la rémunération d'un service, il en coûtait tant de mbũri (chèvres). La vie d'un homme était évaluée à environ trente chèvres, celle d'une femme ou d'un enfant valait moins.
    Quand les administrateurs coloniaux ont institué l'impôt pour financer le développement local, ils n'avaient bien entendu aucune envie de se faire payer en chèvres. Ils voulaient du bon argent, sonnant et trébuchant – apanage, jusqu'alors, des seuls fonctionnaires et colons blancs. Et, incidemment, ils voulaient aussi mettre en valeur la main-d'œuvre du pays sans en passer par le travail forcé. L'impôt obligatoire sur le revenu des hommes offrait la solution idéale : il tordait, pour ainsi dire, le cou au bétail comme unité d'échange pour lui préférer une vraie monnaie, et contraignait indirectement les Africains à se faire embaucher contre salaire dans les fermes des colons ou les bureaux de l'administration pour s'acquitter de leur dette envers l'État. »
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  • Par Maya26, le 05 novembre 2013

    Un employé s'empressa de creuser un trou tandis qu'une foule de curieux et de journalistes s'attroupait pour assister à la scène et l'immortaliser : Wangari Maathai, pris Nobel de la paix, plantant un flamboyant de Nandi. Sous le crépitement des appareils photos, je m'apprêtais dons à planter cette solide pousse en bordure de la pelouse de l'hôtel. Juste en face de moi, au nord, j'apercevais la silhouette impressionnante du mont Kenya. Adressant une prière silencieuse à la montagne sacrée, je m'agenouillai, plongeai les mains dans la terre rouge chauffée par le soleil, installai la motte fraîche dans le sol avant de bien la recouvrir. des gestes ataviques, des gestes appris dès ma première enfance, des gestes que j'avais répétés des milliers de fois, peut être des millions de fois. On me tendit un seau d'eau claire et fraîche et j'arrosai généreusement mon arbre.
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  • Par Belem, le 10 avril 2013

    « Les citoyens des pays démocratiques ont souvent du mal à imaginer ce que peut être la vie sous un régime autoritaire. Tout le monde se méfie de tout le monde. Chacun est en permanence à la merci d'une arrestation arbitraire. On vit dans la crainte des violences politiques et personne n'est à l'abri d'un assassinat ou d'un 'accident' volontaire. Tel était le climat qui flottait sur le Kenya des années 1990. »
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  • Par Belem, le 07 avril 2013

    « L'expansion du Mouvement de la ceinture verte me fit également prendre la mesure de la déresponsabilisation de la société civile. Les paysans manifestaient une certain résignation face à leurs difficultés. Or il était essentiel qu'ils puissent clairement les identifier et comprendre leur origine. Pourquoi ne trouvions-nous plus suffisamment de bois de chauffe ? Pourquoi les enfants souffraient-ils de malnutrition ? Pourquoi les sols étaient-ils de plus en plus pauvres ? Pourquoi le régime des pluies s'était-il déréglé ? Pourquoi n'arrivaient-ils plus à payer les frais de scolarité de leurs enfants ? Pourquoi les infrastructures étaient-elles dans un tel état de délabrement ? Étions-nous véritablement en train d'hypothéquer notre avenir ? Autant de questions que nous abordions au fil de nos rencontres. Peu à peu, la Ceinture verte ne sema plus uniquement des arbres, mais aussi des idées. Dans les villages où nous intervenions, nous organisions des séminaires pour encourager les hommes et les femmes à parler de leurs problèmes. En les écoutant, je notais tout ce dont ils se plaignaient. La liste comportait parfois jusqu'à cent cinquante points ! A la question de savoir qui était responsable de ces dysfonctionnements, ils montraient presque tous du doigt le gouvernement. Ils n'avaient pas tort. Le pouvoir cédait à vil prix des terrains publics à ses alliés et autorisait les grandes compagnies de la filière bois à exploiter des forêts nationales, menaçant ainsi l'équilibre des systèmes fluviaux et le biodiversité. »
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  • Par Belem, le 07 avril 2013

    « Tant que le Mouvement de la ceinture verte fut perçu comme un petit groupe marginal qui faisait planter des arbres à une poignée de femmes, le gouvernement ne s'y intéressa absolument pas. Mais à partir du moment où nous avons entrepris d'expliquer les causes de la déforestation et d'inciter les citoyens à se mobiliser pour défendre leurs droits élémentaires, ceux de l'environnement et ceux des femmes, les milieux politiques ont dressé l'oreille. Ils ont vite compris que, contrairement à d'autres associations de femmes au Kenya, le Mouvement de la ceinture verte n'était pas fait pour encourager les femmes à soutenir inconditionnellement le programme du gouvernement. Au contraire, nous aidions les femmes (et les hommes) à s'organiser pour leur permettre de faire par elles-mêmes et pour elles-mêmes ce que l'État n'avait aucune envie de faire. »
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Video de Wangari Maathai

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Portrait de Wangari Maathai, Prix Nobel de la Paix 2004
[Source : documentation France 3] le Prix Nobel de la Paix 2004 a été attribué à la militante écologique kenyane Wangari Maathai. Portrait de cette femme exceptionnelle qui fut ministre de l'environnement du Kenya et créa le Mouvement de la Ceinture Verte. Cette organisation a depuis planté 30 millions d'arbres dans toute l'Afrique. Sonore Wangari MAATHAI :"C'est incroyable....











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