Ce poème peu commun a quelque chose de fascinant et de répugnant à la fois. Comme le relève une lectrice anglo parmi les commentaires (sur un autre site), ce texte nous montre en plein jour la débauche de l'entre-deux-guerres aux Etats-Unis (le fameux « Jazz Age »), quand, comme l'écrit Spiegelman, « on éclusait de pleines baignoires de gin ».
Ainsi, ce texte diablement bien rythmé, fait l'apologie d'une sensualité débridée avec un langage direct, voire cru et violent, sans que l'on ait pour autant un sentiment de vulgarité.
Ce n'est pas mon style de lecture habituel mais j'ai apprécié de découvrir un livre qui fut censuré en son temps et qui révèle l'envers du décor, cet envers du paradis dont parlait Fitzgerald de façon plus feutrée.
Les illustrations de Spiegelman ne m'ont pas vraiment convaincue. Je n'ai pas eu le sentiment qu'elles apportaient quelque chose au texte, ce dernier se suffisant à lui-même. Néanmoins, elles m'ont rappelé un peu le style d'
Otto Dix, la couleur en moins, avec des personnages aux apparences peu flatteuses et un côté un peu « dégénéré ».
C'est une expérience de lecture intéressante d'un point de vue littéraire et historique.