Note moyenne : 3.2/5 (sur 5 notes)
Le soleil des enfants perdus4Ajouter à mes livres
Les souvenirs, c’est un peu comme dans une ancienne photo de classe…
Des enfants bien alignés et dont on ne distingue pas bien les visages,
Des souvenirs d’enfance, d’adolescence qui bien que mis bout à bout, restent confus, flous, comme effacés de la mémo... > voir plus
Ce livre m'a été offert par Babelio, dans le cadre de la masse critique et j'ai été ravie de cette lecture tant elle foisonne de phrases on ne peut plus appropriées à l'histoire relatée par G. Marchand, dans un style qui ne s'apparente qu'à lui, tout à la fois drôle, noir tel Nestor Burma qu'il a parfaitement incarné à la télé.
Il s'agit des souvenirs d'un ancien combattant d'Algérie qui cherche sa vie après la guerre, au moyen de l'écriture, encore lui faut-il arriver à écrire...
Nous traversons la guerre, le Paris de cette même époque avec ses quartiers littéraires...une très belle ballade qui m'inciterait à demander à l'auteur de continuer dans cette voie.
Tout au long de cette histoire, on suit Romain se remémorant les passages marquants de sa vie... Depuis son intégration dans les rangs de l'armée française en tant qu'officier pendant la guerre d'Algérie, en passant par ses errances dans les rues de Paris, côtoyant les protagonistes des événements de Mai 68, prenant ses habitudes au Café de Flore et, bien plus tard, la soixantaine venue, troublant une jeune étudiante admirative de son expérience et de son passé... Jusqu'à la fin de sa vie, on voit Romain chercher un but à son existence, un soleil perdu, un début d'inspiration pour son œuvre!
Cette œuvre dont l'idée lui est venue dans des circonstances très singulières. En effet, pendant une campagne militaire au cœur du désert algérien, il est gravement blessé dans une embuscade. Son assaillant est aussitôt prit et maîtrisé, mais il ordonnera de lui laisser la vie sauve... On retrouvera d'ailleurs ce personnage un peu plus loin dans le livre, avec un destin bien particulier et une incidence sur la fin de vie de Romain. La suite sur mon blog...
Confus et flous, les souvenirs de Romain n'en demeurent que plus présents en son esprit... Vacillant entre recherche de soi et désir d'avancer, il parcourt les distances qui le sépare de ses jeunes années militaires avec un déterminisme teinté de nostalgie...
De rencontres en attentes, de désirs en désespoirs, l'auteur nous entraine à la rencontre d'un homme qui, ayant cru en la vie, se trouve démuni face à elle...
Un voyage sincère et imagé malgré un récit fragmenté qui peut décevoir par manque de profondeur. Personnage errant de sa vie, le récit nous plonge au coeur des attentes et des désirs d'un homme à qui la guerre, en épargnant sa vie, a volé une partie de son âme...
Ce n’est certainement pas un ouvrage qui marquera la littérature et un autre que Guy Marchand n'aurait sans doute pas pu nous le faire apprécier. Mais, lu très vite pendant un court voyage aérien sur nos lignes intérieures, ce livre a quand même réussi à repousser le sommeil qui guettait, à nous captiver tout au long du trajet et à nous ramener sur terre avec un peu de nostalgie dans les yeux. Ce n’est finalement pas si mal que cela.
La petite maison dans les vignes et ce merveilleux paysage lui rappelaient un peu l'Algérie, mais cela lui faisait regretter les nuits froides, les jours brûlants de son pays, où on est deux fois plus vivant qu'ailleurs, comme si la vie et la mort bavardaient de bonne compagnie au coin du feu. Et cette musique envoûtante du vent du Sud, qui sèche le sang et l'éparpille en poussières de souvenirs.
Romain tournait en rond et ses mots avaient plutôt tendance à jouer une valse hésitante, qui finissait par lui faire déchirer la page qu'il venait d'écrire. Même la banalité d'une histoire quelconque pouvait être à l'origine d'un chef d'oeuvre si toute l'humanité pouvait se reconnaitre dedans. Ecrire quand vos mots s'envolent de lecteur en lecteur comme si on volait d'un regard à un autre regard, ça élargit l'horizon. Mais pour Romain l'horizon s'était rétréci un jour de plein soleil du côté de Bou Saaba ; sa vie n'était qu'un petit supplément, une erreur de coordination, un sursis.
De temps en temps les demoiselles étaient reçues à la table du commandant et traitées comme des ladies. Quant elles traversaient le camp elles se voyaient parfois remettre des lettres d'amour de leurs clients et, plus que leurs passes, la vue de leurs robes colorées réconfortaient des hommes abrutis de chaleur, d'ennui et souvent de pastis sans eau.
C'était la steppe algérienne en bas des monts de Ouled Nail. Pas d'arbres, pas de reliefs, uniquement cet unique espace, le préambule du Sahara plus au sud, comme un avant-goût du vrai désert de sable, juste de quoi vous donner la maladie du désert, puis la passion du désert et pour finir l'obsession du désert.
Sa vie était devenue un demi panaché, quelque chose de sirupeux, d'indifférent entre la limonade et la bière, entre deux eaux, entre deux chaises, sans opinion sur rien, sans souffrance, sans danger.
Dialogues, 5 questions à Guy Marchand . http://www.librairiedialogues.fr/livre/1824016-le-soleil-des-enfants-perdus-guy-marchand-ginkgo5 questions posées à l'auteur, chanteur et comédien Guy Marchand, à l'occasion de la parution du livre Le soleil des enfants perdus (Éditions Ginkgo).