ISBN : 2916488405
Éditeur : Editions La Louve (2010)


Note moyenne : 4/5 (sur 10 notes) Ajouter à mes livres
Roman noir, polar médiéval, ce livre est une immersion dans l’univers de la banque, du commerce et de l’usure pratiqués entre autres par les puissants banquiers cahorsins au XIII° siècle. C’est aussi une descente vertigineuse au cœur d’une famille dans laquelle chacun –... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par LiliGalipette, le 24 septembre 2010

    LiliGalipette
    Roman de Jean-Louis Marteil.
    À Cahors, en 1221, une série d'accidents tragiques est taxée de surnaturel. Un échafaudage s'effondre et c'est le vent qui a tué. Un noyé est tiré de la rivière et c'est l'eau qui a tué. Un cadavre est rempli jusqu'à la gorge de boue et c'est la terre qui a tué. Puis le feu tue à son tour. Tous les cadavres qui s'accumulent ont un lien avec Bertrand de Vers, Cahorsin notable et riche usurier de la ville. Ce vieil homme, que d'aucuns surnomment la Salamandre, toujours vêtu d'un long manteau noir, est persuadé qu'un complot vise sa famille. Cette dernière se compose, outre le maître de maison, de son épouse, la jeune et belle Pèirone, de ses deux filles, la trop douce Maurina et l'impétueuse Braïda, et de son fils, Bernat, un benêt qui a "le feu dans les braies" (p. 320). Au sein de la maison de Vers, des secrets se dissimulent derrière les portes barrées des chambres, sous les lourdes tentures poussiéreuses et dans les regards haineux qui s'échangent par-dessus la table richement garnie de l'usurier. Domenc, le commis de Bertrand de Vers, a aussi des secrets et le soudain penchant qu'il éprouve pour l'une des filles de son maître n'est pas pour aider ses affaires.
    Après La Relique, Jean-Louis Marteil propose un nouveau récit médiévale du meilleur ton! La dédicace, "À mon banquier, quel qu'il soit, passé, présent et à venir..." (p. 5), annonce d'ailleurs une impertinence délicieuse, teintée d'humour noir, de sarcasme assumé et véhiculé par une langue truculente et hilarante. Comme dans sa trilogie sus-nommée, l'auteur fait un sort aux pigeons, "ces volatiles merdailleurs de toitures et de pavé." (p. 189) À croire qu'il a un contentieux avec ces bestioles à plumes. Les fientes de ces oiseaux urbains mais peu civilisés sont toujours en tête de la liste des ordures les plus honnies.
    Jean-Louis Marteil s'attaque à un gros morceau en choisissant pour héros une figure négative de l'univers médiéval, le banquier-ususier. le tour de force est grand puisque l'auteur conjugue le personnage de l'usurier avec celui de la salamandre, animal diabolique par excellence et grandement représenté dans le bestiaire médiéval. "Le prêteur à usure appartenait au Diable et s'en irait rôtir avec les démons car il vendait, disait-on, ce qui n'existait pas, et surtout parce qu'on considérait qu'il ne travaillait point." (p. 70) le Cahorsin - synonyme d'usurier - rassemble toute l'imagerie de son personnage: avare, dur en affaires, âpre au gain, prompt à réclamer son dû, il est thésaurise avec bonheur, n'investit qu'après réflexion et ne dépense qu'avec grimace. "Tout ce qui n'était pas négociable intriguait Bertrand de Vers et, d'une certaine manière, excitait sa jalousie." (p. 20) Mais le personnage gagne en popularité: il est comme Picsou, un incorrigible avare, mais concerné par sa famille et capable d'émotions. À Bertrand de Vers s'oppose Matteo Conti, Lombard de son état et concurrent banquier. L'homme, bien que chargé du soin de son neveu Giovanni, un idiot d'une laideur infernale, n'est qu'un tiroir-caisse surmonté d'une machine à calculer.
    Jean-Louis Marteil excelle dans le portrait de personnages grostesques et hilarants. De l'évêque Guillaume de Cardaillac, aussi mauvais payeur que glouton, à Mord-Boeuf, Rince-Fût ou Pasturat, des hommes de mains et soldats plus prompts à la bagarre qu'à la réflexion, l'auteur explore de nombreuses facettes du caractère humain. Et il rappelle avec justesse combien le désir d'amour peut rendre fou.
    Ce roman médiéval tourne à l'enquête. Il apparaît rapidement que le surnaturel n'a rien à voir avec les meurtres. Derrière les attentats répétés se cache un homme qui se fait appeler "Messire". Visage masqué et silhouette furtive, le personnage sait se dissimuler. le suspens est intense. Mais pour une fois, j'ai découvert son identité avant la révélation (fait suffisamment rare pour que je le signale...), peut-être parce que j'ai pris le parti d'être complètement tordue...
    L'auteur offre de vivantes descriptions de paysages et de villes. Je retiens particulièrement les tableaux qu'il fait de l'Olt, la rivière aux abords de Cahors: les méandres et les rives du cours d'eau invitent au voyage. Les gabarres chargées de tonneaux naviguent sous nos yeux et le langage fleuri ou l'haleine chargée des gabarriers ne font pas défaut dans le paysage.
    Je remercie très chaleureusement l'auteur et les éditions de La Louve. Jean-Louis Marteil a eu la grande gentillesse de me faire parvenir le livre au format pdf avant sa parution sur format papier. La lecture sur écran est une nouveauté, mais l'essentiel, c'est le texte! Et quel texte! le roman est drôle, écrit dans une langue parfaitement maîtrisée, servi à souhait par des détails historiques pertinents et une intrigue conçue pour tenir en haleine le plus blasé des amateurs d'enquêtes littéraires.
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    Critique de qualité ? (9 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par Couperine, le 13 novembre 2010

    Couperine
    Parce que se contenter du terme « Waouhhh » ne suffirait pas et, surtout, ne ferait pas sérieux, je vais étoffer un peu plus mon ressenti face à ce livre.
    Un grand auteur est, pour ma part, quelqu'un qui arrive à différencier son style selon le genre de récit qu'il veut nous faire partager. Certains se confinent ainsi au polar ou au roman basique sans jamais en changer. D'autres, comme Jean-Louis Marteil, jongleront entre essais, romans, romans historiques ou romans noirs avec une facilité déconcertante. La richesse de la langue, l'aisance du style, l'écriture toujours ponctuée d'humour – « sa patte » - viennent s'ajouter à la finesse des descriptions, des détails, aux portraits des personnages et à leur truculence. le lecteur se laisse prendre dans ce tourbillon de culture avec bonheur. Car, comme à chaque fois, l'auteur s'est documenté, n'a rien laissé au hasard.
    Ce roman noir nous offre, non pas l'image des moines comme dans la trilogie, mais celle d'un métier peu aimé: l'usurier. Associé à l'image de la salamandre, animal diabolique dans l'imaginaire médiéval, on peut facilement imaginer le ton et surtout le fil directeur que va prendre le texte. On découvrira également que tout le récit est structuré autour des quatre éléments constituant le monde: le vent, l'eau, la terre, le feu... Cependant, n'en déplaise à Gaston Bachelard, Jean-Louis Marteil en ajoute un cinquième (qui n'est pas l'éther, celui qu'on a l'habitude de rajouter justement), et pas des moindres...
    Aux différents portraits, celui de Bertrand de Vers, de Domenc, de Braïda, de Pèironne (la maîtresse-femme !), de Maurina, de Matteo Conti et j'en passe, viennent s'ajouter ceux de Mord-Boeuf, de Tranche-tripe, de Tape-Buisson, de Rince-fût ou du sergent Pasturat. le sérieux et l'humour sont étroitement imbriqués... Quant à celui qui se fait appeler « Messire »...
    Des morts surviennent, inattendues. On accuse alors les éléments, ce qui est typique de l'imaginaire médiéval, tout en sachant qu'un être de chair et de sang est tapi dans l'ombre...
    le scénario est ficelé avec brio. On l'aura compris, ce roman est un pur bijou, tant par son côté historique que par le suspens qui en découle. Courez vite chez votre libraire !

    Je tiens à remercier Jean-Louis Marteil pour ce cadeau inattendu.

    Lien : http://livresetmanuscrits.e-monsite.com/rubrique,la-chair-de-la-sala..
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    Critique de qualité ? (11 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par Woland, le 15 février 2011

    Woland
    Merci à La Louve Editions qui, dans le cadre d'un partenariat avec notre forum, nous a permis de découvrir "La Chair de la Salamandre."

    C'est dans la Cahors du XIIIème siècle que nous emmène ce roman qui mêle humour noir, intrigue policière et étude de moeurs médiévales. Il a pour particularité majeure d'avoir pour héros un sexagénaire, Bertrand de Vers, que la vigueur de son tempérament au temps de sa jeunesse a fait surnommer "La Salamandre." De Vers appartient en outre à une corporation certes nécessaire mais qui, à l'époque, flirtait sans honte avec l'usure : celle des banquiers. (Encore que, au vu des frais astronomiques de "gestion de comptes" qu'elles nous imposent, on puisse dire que nos banques actuelles méritent à nouveau le titre d'usurières. Titre que, au contraire de Bertrand de Vers et de ses confrères, les dirigeants de nos modernes organismes de crédit, soudain pris d'une pudeur chez eux bien étonnante, se refusent à accepter. )
    De Vers a pignon sur rue dans Cahors. Il est respecté et bien connu pour ses talents. Son seul ennemi déclaré serait son confrère lombard, Matteo Conti, lequel se veut aussi son concurrent. Les deux hommes ne s'aiment pas et c'est un peu, entre eux, comme si chacun voulait emporter le titre de meilleur banquier non seulement de la ville mais aussi du royaume.
    Alors, évidemment, lorsque d'inquiétants évènements commencent accumuler mort sur mort dans l'entourage immédiat de Bertrand de Vers, ce dernier soupçonne-t-il tout d'abord le Lombard d'en être le responsable. Mais, très vite, il comprend que Conti n'y est strictement pour rien ...
    "La Chair de la Salamandre" déroule avec quelque lenteur - il est vrai qu'on ne se pressait guère en ces temps-là - une histoire qui intrigue le lecteur tout en lui faisant faire une sorte de mini-voyage au coeur du XIIIème siècle. Bourgeois aisés comme Bertrand et sa famille, petit peuple urbain toujours prêt à se rassembler et à commenter lorsque s'effondre un échafaudage ou qu'apparaît un noyé sorti de l'Olt par un obligeant ivrogne, hommes de main et gabarriers aux surnoms truculents, évêque retors s'adonnant sans retenue au péché de gourmandise, ... tous ressuscitent un âge et un art de vivre qui surprennent, font sourire, choquent ou séduisent.
    Un roman qui se lit vite et bien et dont la chute surprend, c'est le moins que l'on puisse dire - et c'est aussi ce que l'on attend d'un récit à trame policière. ;o)
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    • Livres 4.00/5
    Par Onclepaul, le 25 mars 2011

    Onclepaul
    Avant que certains auteurs de fantastique, notamment Richard Matheson, inventent la quatrième dimension, seulement trois étaient répertoriées. de même selon la philosophie naturelle, dont le postulat émis par Empédocle au 5ème siècle avant J.C., quatre éléments constituent le monde, l'Air, l'Eau, la Terre, le Feu, chaque substance présente dans l'univers étant constitué d'un ou plusieurs de ces éléments. Mais n'en existerait-il pas un cinquième ? Une hypothèse imaginée par Jean-Louis Marteil dans son roman, mais que je n'énoncerai pas tout de suite, si éventuellement je dévoile quel est cet élément.
    En mai 1221, dans la petite ville de Cahors, l'usurier Bertrand de Vers, qui à l'instar des banquiers de nos jours, vit dans l'opulence, sachant gérer ses affaires sans les confier à des affairistes peu scrupuleux. Il est continuellement habillé d'un manteau noir dont les épaules sont soulignées de chevron d'or. Ce qui l'a fait surnommer par les villageois la Salamandre. Prenant exemple son commis Domenc, essaie de rogner sur les dépenses au profit de son maître, mais parfois les conséquences sont désastreuses. Ainsi alors qu'ils sont proches de leur habitation sur laquelle est appuyé un échafaudage, l'édifice s'écroule, et un ouvrier se tue en tombant. Un accident banal, mais bientôt la rumeur enfle, le vent serait le fautif. Bertrand de Vers réfute cette supposition qui se voudrait affirmation, d'ailleurs il récupère les planches à terre, enfin ce qu'il en reste. Elles sont entreposées dans la cave, et bientôt il acquiert la certitude que l'une d'elle a été sciée. L'usurier en déduit qu'il s'agit d'un sabotage. Quelques temps plus tard, un corps est retrouvé dans l'Olt, la rivière qui traverse la cité cahorsine. Une nouvelle rumeur se propage, l'eau a tué. le cadavre n'est autre que l'architecte qui avait installé l'échafaudage meurtrier. Bertrand de Vers ne peut s'empêcher de penser que quelqu'un lui en veut, peut-être même à sa vie. Parmi les prétendants au crime il place en haut de sa liste Mattéo Conti, banquier Lombard toujours affublé de son neveu. L'antagonisme entre les deux hommes est bien connu de la populace, malgré les efforts de Domenc de désirer un rapprochement entre les deux familles. Par exemple si Giovanni, le neveu, venait à prendre pour épouse Maurina, la fille aînée de Bertrand de Vers. Une suggestion fortement refoulée par l'usurier. Domenc, outre sa fonction de commis, est aussi l'amant de Pèirone, la jeune femme de Bertrand, mais il va bientôt tomber dans les rets tissés par Braïda, la fille cadette, une jeune délurée qui lui fait comprendre, gestes à l'appui, qu'il ne lui est pas indifférent même si elle veut préserver sa liberté et son indépendance. Quant à Bernat, le fils c'est tout simplement un benêt. Pendant ce temps à Bordeaux, Arnaut d'Albas, l'homme de confiance de Bertrand, est chargé de surveiller le transport sur les gabarres qui font la navette entre les deux villes des barriques de vin destinées à la vente. Mais les incidents s'accumulent. D'abord un fût échappe à ceux chargés de le convoyer, des marins qui lui sont inconnus figurent parmi des hommes d'équipage, d'autres barriques ne contiennent que de l'eau au lieu de la dive boisson, enfin quelques-unes des gabarres manquent à l'appel. Il prend la décision de remonter le fleuve afin de se rendre à Cahors, mais en chemin il s'aperçoit qu'il est suivi par des hommes qui en veulent à sa vie. La terre et le feu seront-ils les autres moyens pour procéder à de nouveaux assassinats ?
    Dans ce roman policier historique, qui privilégie l'intrigue s'en s'appesantir sur une description trop appuyée d'une époque, d'une cité et des événements qui s'y rapportent, nous voici ramenés quelques huit cents ans en arrière, au Moyen-âge. Il est évident que certaines figures sont évoquées, telle celle de Simon de Montfort et la répression contre les Cathares, mais cela ne pèse pas trop. L'auteur nous livre un roman à l'humour, noir souvent, subtil et les personnages qui traversent l'histoire sont décrits avec truculence, ne serait-ce que dans les surnoms évocateurs qui leur sont donnés : le gabarrier Rince-fût, le capitaine Mord-bœuf, le tavernier Tranche-tripe ou encore le routier Tape-buisson. Les dialogues sont enlevés, sans être emphatiques, dénués d'un vocabulaire emprunté au vieux français ou au régionalisme ce dont bon nombre d'auteurs s'inspirent alourdissant le récit. En espérant que Jean-Louis Marteil nous délivrera d'autres ouvrages de cette veine, celle d'Alexandre Dumas par exemple.


    Lien : http://mysterejazz.over-blog.com/
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    • Livres 4.00/5
    Par annie, le 29 janvier 2011

    annie
    curiosité de lectrice... sur les usuriers de Cahors ...
    ***

    Les cahorsins
    Le mot de Cahorsins désigne à l'origine les marchands de Cahors (et plus généralement de Quercy) qui ont essaimé entre la fin du XIIè (vers 1180) et le milieu du du XIVè siècle (avec une chute brutale vers 1280) et qui ont fait fortune dans le commerce, les services bancaires et en particulier les prêts usuraires. Lorsque les Cahorsins auront disparu, le mot restera pour désigner les usuriers qui n'étaient ni juifs ni italiens (Lombards).
    Trois éléments sont à l'origine de l'apparition des Cahorsins : le manque d'atout du Quercy (qui ne produit guère que du vin et de la laine) pour participer à la vie économique internationale, la situation du Quercy en temps que nœud routier sur l'axe Montpellier-La Rochelle et une bonne dose d'esprit d'entreprise.
    Les marchands les plus nombreux venaient des familles des consuls de Cahors, mais d'autres villes contribuèrent au mouvement, Figeac surtout, mais également Cajarc, Capdenac, Cardaillac, Gourdon ou encore Souillac et même, en bas Quercy, Castelnau-Montratier. Leur activité se développe à partir des deux extrémités de l'axe Montpellier-La Rochelle : on les trouve à Marseille dès 1179 (venant de Figeac, principalement), d'où ils poursuivent vers l'Italie (Gênes, en 1190, puis la Sicile). Ils sont à La Rochelle en 1199, d'où ils rayonnent vers le Nord : Flandre et Angleterre (Londres, en particulier, qui sert de base pour des avancées en Norvège).Au XIIIè siècle, les marchands du Quercy sont très présents sur les foires de Champagne, établissant ainsi des liens étroits entre les deux provinces (on verra même des transactions immobilières en Quercy exprimées en livres provinoises).

    Toutefois, à partir de 1280, les Cahorsins subissent une vigoureuse concurrence de la part des banquiers italiens (les Lombards) et leur rôle dans la vie économique de l'Europe baisse sensiblement. Trois facteurs expliquent cette perte d'influence : la reprise du conflit entre le roi de France et les Plantagenêt, la médiocrité des productions quercinoises qui ne peuvent s'appuyer sur des bases capitalistes suffisantes et l'incapacité à adapter leurs objectifs et leurs méthodes à la concurrence nouvelle. Peu à peu, ils se retireront du commerce pour se limiter au prêt sur gage. le pape Jean XXII, pourtant quercinois, ne fera pas appel à leurs services.
    Références :
    Favier (Jean), Dictionnaire de la France médiévale, Fayard, Paris, 1993 (article «Cahorsins»)
    Lartigaut (Jean), Histoire du Quercy, Privat, Toulouse, 1993 (pp.114-116)
    Renouard (Y.), "Les Cahorsins, hommes d'affaires français du XIIIè siècle", Etudes médiévales, 1968, II.
    source : http://www.quercy.net/qmedieval/histoire/articles/cahorsins/cahorsins.html#home


    Lien : http://mazel-annie.blogspot.com/
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Citations et extraits

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  • Par Woland, le 15 février 2011

    [...] ... Quand l'énorme échafaudage s'écroula au beau milieu de la rue de la Daurade, dans un orage de poussière et de bois brisé, nul en vérité n'apparut très étonné ... Pas même celui qui l'avait dressé et qui s'éclipsa discrètement ... De toute manière, cette construction devait plus au hasard qu'à la science et, dès le début, elle n'avait ressemblé à rien.

    Le seul qui protesta à grand bruit, quoique brièvement, ce fut le tailleur de pierre qui se tenait au troisième étage de l'édifice branlant à l'instant où il se désarticula. Celui-là s'en serait tiré avec une ou deux jambes brisées, peut-être l'un ou l'autre bras, n'eussent été les lourdes planches qui formaient le quatrième niveau et qui, lui ayant laissé préséance dans l'ordre de la chute, arrivèrent au sol après lui ... Cette fois, le crâne ouvert en son milieu, l'homme cessa tout de bon ses insupportables cris de peur et soulagea de la sorte les oreilles sensibles des témoins exaspérés.

    Mais aussitôt, un chien, aux yeux sombres de chien errant, vint près du tas de bois encore environné de poussière et s'enfonça en geignant dans le triste cercueil de planches où gisait son maître. Chacun dans la rue, et la foule se faisait nombreuse, s'en émerveilla : la bête aimait les hommes, elle montrait sa fidélité par-delà la mort. Des murmures admiratifs vibrèrent sur des lèvres à demi closes, celles de hommes, des larmes s'échappèrent de paupières à demi serrées, celles des femmes et des enfants. C'était pitié de voir ainsi souffrir ce pauvre animal au grand coeur de bon chien ... Tout se figea brusquement, et les sangs se glacèrent dans les veines, quand on vit le mâtin ressortir peu après de l'enchevêtrement informe, fier de lui, une poule aplatie et sanglante dans la gueule ! Les badauds pétrifiés se regardèrent. Nul n'avait remarqué cette galline imprudente qui errait sous l'échafaudage avant sa chute. Le chien, lui, l'avait bien vue, et il savait d'instinct qu'elle n'était plus en état de fuir. Indifférent aux murmures devenus désapprobateurs, il s'en fut, son butin de plumes et de sang coincé entre ses mâchoires, la queue dressée telle une bannière au souffle de la bataille. Il tourna à l'angle que formaient plus loin la rue de la Daurade et la rue Garrèle, puis il disparut. En matière d'oraison funèbre, ce fut à peu près tout. Le silence resta un instant maître des lieux. ... [...]
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  • Par Couperine, le 13 novembre 2010

    « Mon ami ! Que vient-on de m'apprendre ? »

    Domenc fit un incroyable bond de côté, au risque de disparaître dans les abysses menaçants de la cave, et là-bas, tout au fond, la torche réapparut d'un coup, droite telle une exclamation.

    Interloqué, le commis se demanda si Bertrand n'avait pas réveillé un dragon infernal. En réalité, ce qui venait une nouvelle fois de lui hacher menu les oreilles était la petite phrase traditionnellement prononcée par Pèirone quand elle déboulait quelque part. Ce « mon ami » roulait comme une charge de cavalerie. Quant à la question qui suivait, c'était celle par laquelle la dame entendait affirmer son statut d'épouse soumise à qui on ne dit jamais rien. Sauf qu'elle savait toujours, avant tout le monde et sur tout le monde, elle savait les secrets intimes du dernier des consuls et, les soirs de grande colère, elle prétendait en savoir assez pour faire pendre l'Évêque et tout le Chapitre. Enfin, si elle ignorait quelque chose, elle l'inventait, et cela faisait même usage.

    Remis de son émotion, Domenc se rapprocha de dame Pèironne...

    « Ma dame », dit-il sur un ton d'inquiétude un peu forcé, « vous allez prendre froid !

    - Et pourquoi donc, mon ami ? » répondit la femme...

    « Je ne suis point comme vous, les hommes, qui geignez au moindre coup d'épée, et je ne prends froid que si je le décide ! »
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  • Par liliba, le 18 août 2011

    Elle était d'une laideur biblique, puisque la rumeur la prétendait capable, par sa seule apparition, de faire fuir les taupes, engeance pourtant réputée pour sa mauvaise vue ; elle semblait aussi idéalement stupide, et il se contait qu'elle n'avait pas qu'à parler pour donner aussitôt à son interlocuteur le sentiment qu'il se trouvait au milieu d'un troupeau d'oies trépanées ; il se disait aussi que d'un simple regard elle permettait au dernier des abrutis de se croire supérieurement intelligent... certes par comparaison.
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