ISBN : 2847421548
Éditeur : Le Passage (2010)


Note moyenne : 3.81/5 (sur 52 notes) Ajouter à mes livres
Paris, juin 1995. Dans un grand restaurant, un serveur est violemment frappé par un client. Autour de lui, personne n’intervient. Ni le couple russe qui contemple cette scène avec des sentiments mêlés, ni la femme du client en colère, ni les deux jeunes gens, deux Franç... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par kathel, le 26 février 2012

    kathel
    Comme moi il y a quelques semaines, vous ne connaissez peut-être de ce roman que le résumé du prologue, où Sila, un jeune serveur noir dans un restaurant chic parisien, se fait agresser violemment par un client, pour une raison futile. Scène frappante, sans mauvais jeu de mots, qui présente tous les protagonistes de ce roman autour des thèmes du pouvoir et de la fascination de l'argent. L'argent, figure centrale du roman, orientera les destinées de chacun : l'homme d'affaires américain spécialiste du crédit immobilier, l'oligarque russe et son épouse, les deux amis qui viennent fêter une récente embauche dans le monde de la finance, le jeune serveur. Ils se croisent à plusieurs reprises, par des artifices de l'auteur qui jubile à ces intersections où les protagonistes s'écartent légèrement de la voie tracée. le récit oscille également entre moralité et amoralité, et laisse de ce fait le lecteur incertain sur l'issue des histoires individuelles. En d'autres termes, la fin n'est pas trop prévisible !
    Ce roman est admirablement échafaudé, et, ce qui est essentiel, c'est que les personnages sont tout à fait intéressants, avec leurs parcours plus ou moins erratiques. le lecteur n'a pas envie de voir l'un ou l'autre laissé dans l'ombre, comme on en rêve parfois dans un roman choral. J'avais découvert Fabrice Humbert avec L'origine de la violence, je le retrouve ici dans des thématiques assez différentes quoique le bien et le mal, la culpabilité soient communs aux deux romans. La belle plume de l'auteur s'est fait encore plus remarquer lors de cette deuxième lecture, et je vous recommande La fortune de Sila sans restriction.

    Lien : http://lettres-expres.over-blog.com/article-fabrice-humbert-la-fortu..
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    Critique de qualité ? (16 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par caro64, le 08 mars 2011

    caro64
    Dans un restaurant, un serveur noir est agressé par un homme qui déjeune. Personne ne réagit et n'intervient. Tous les personnages de l'histoire sont là : une famille américaine à laquelle l'agresseur appartient, un couple russe, deux jeunes français qui fêtent l'embauche de l'un d'entre eux dans uns banque londonienne. Ils évoluent tous dans le monde de l'argent : l'immobilier et ses "fabuleux" subprimes pour l'Américain, le monde du pértole pour le Russe qui a soutenu Eltsine au bon moment. La famille russe nous permet de toucher tous les bouleversements du monde soviétique à la fin du XXème siècle, parfois en dépit du bon sens et sans aucune humanité. Tous ces destins vont se croiser et s'entrecroiser…
    Fabrice Humbert nous emmène dans un monde où seul le pouvoir et les richesses comptent, un monde géré par l'argent où les frontières n'existent plus, un monde qui se partage les ressources financières, où l'Afrique et le tiers-monde, symbolisé par le serveur noir, n'ont pas leur place. Autant dire que c'est un roman très actuel, puisque de coups bancaires en emprunts en cascades, il nous conduira à l'inévitable crise financière du début du XXIème siècle.
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    Critique de qualité ? (12 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par litolff, le 30 juin 2011

    litolff
    Un livre coup de poing absolument captivant !
    Fabrice Humbert nous livre ici une analyse impitoyable des méfaits à l'échelle mondiale du dieu Argent, en articulant son histoire autour de quelques personnages et d'une scène d'anthologie : un américain riche, vulgaire et brutal frappe violemment un jeune serveur africain, beau et pur, dans les premières pages, sous les yeux d'un oligarque russe las et lâche et de deux jeunes français que tout oppose. Aucun ne lèvera le petit doigt au cours de cette scène qui bouleversera le destin des protagonistes enlisés dans un monde façonné par l'argent.
    Décryptage passionnant du dépeçage de la Russie après 1990 par les oligarques, qui se sont enrichis démesurément à la faveur de la transition de l'économie russe vers l'économie de marché, analyse des prémices de la crise des subprimes aux Etats-Unis, critique au vitriol contre l'argent-roi, les banques et les traders de Londres et New York, Fabrice Humbert frappe juste avec une écriture magnifique et efficace, au service d'une histoire de rêves, d'ambition, de violence et de déclin.
    Une lecture que je recommande très vivement !
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    Critique de qualité ? (9 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par ChezLo, le 11 juillet 2011

    ChezLo
    A la terrasse d'un grand restaurant, par ce mois de juin 1995, un couple russe, deux jeunes amis qui fêtent une embauche à La City de Londres. Et un client en colère quand le serveur Noir demande à son fils de rejoindre la table. le client, de rage inexpliquée, frappe le serveur à lui casser le nez. Personne ne réagit. Une violence anodine qui annonce des fissures dans les vies des spectateurs indifférents.

    A travers cette scène d'agression gratuite, par delà cette injustice, Fabrice Humbert dresse le portrait des personnages "satellites". Il y a un oligarque russe, qui a fait fortune sous Elstine et qui se retrouve à magouiller dangeureusement avec les Tchétchènes, toujours assoiffé d'argent et angoissé par la faillite, sous le regard consterné de sa femme Elena. Il y a Simon le matheux sérieux et son colocataire Mathieu grand fêtard et ambitieux, tous deux à fêter le nouveau poste de Simon à La City, et les perpectives financières qui s'annoncent. Et il y a ce couple d'Américains, dont l'enfant fait la sourde oreille et vagabonde sans cesse entre les tables du restaurant, dont l'homme s'énerve violemment, dont la femme regarde médusée ce drame qui met mal à l'aise.
    Et bien sûr, il y a Sila, le serveur, la victime, homme digne, vie insignifiante mais trajectoire si courageuse.
    Derrière ces personnages, la présence de l'argent abondant apparaît comme une cause inéluctable de violence, de déséquilibre, de pertes de ses repères, de déceptions amères. Fabrice Humbert décrit avec détails cette scène et en fait le pivot de son roman, en s'attardant par la suite sur les portraits et les passés des personnages, puis de ce qui s'ensuivit dans leurs carrières et leurs vies personnelles. Avec la certitude de l'auteur que leurs parcours ont été influencés ou ont pû être devinés dès le jour de cette scène de restaurant.
    Un roman très bien écrit, autour des ravages de l'argent et de l'avidité qu'il suscite, de la folie qu'il sème dans les cerveaux, de la perte qu'il entraîne pour les sujets qu'il aliène. La fortune de Sila, c'est justement qu'il n'en a pas. Ses sentiments sont motivés autrement, même si la violence qui gangrène la société pourra avoir raison de lui.


    Lien : http://chezlorraine.blogspot.com/2011/07/la-fortune-de-sila.html
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    • Livres 5.00/5
    Par ancoline, le 30 octobre 2011

    ancoline
    Dans un restaurant de luxe parmi les clients, un couple de russes, deux jeunes amis français, une famille américaine en vacances avec son fils turbulent qui manque de bousculer le serveur avec ses assiettes. Les parents ne semblent pas d'accord sur l'attitude à adopter envers lui. Pour éviter de troubler le service des assiettes le serveur reprend le garçon en le sommant de se rassoir. Rapidement le père, un homme à la carrure d'un footballeur américain se lève et envoie un coup de poing dans le nez du serveur. Silence, personne ne bouge. L'américaine est honteuse, la femme russe regarde effarée son mari indifférent reprendre son repas, les deux français observent tout ce petit monde mais ne font rien non plus. de cet incident, tel "l'effet papillon" la vie de ses personnes va être changée. le serveur après des soins pour nez cassé, veut comprendre les raisons de ce geste et va travailler à Miami, ville d'origine de son agresseur. le russe continue son ascension professionnelle, mais sa femme réalise qu'elle ne suit plus la même voix que son mari. L'américaine ne se pardonnera jamais d'être la femme d'un homme de plus en plus odieux. Les deux français vont vouloir découvrir encore plus ce monde de fortunés.
    Nous découvrons le passé de chaque personnage, ses qualités, ses défauts, ses aspirations, ses compromis pour un monde meilleur ou pas, ses choix. On évolue dans le nouveau monde des finances, de l'individualisme et des nouveaux codes de la fin du 20ème siècle.
    Je l'ai dévoré rapidement, et ai été émue de ces situations. Qu'aurais-je fait à mon tour dans de telle situation ? Ne sommes nous pas chacun coupable de ne plus rien faire. Indignons-nous.
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Critiques du Magazine Littéraire



  • Critique de Aliette Armel pour le Magazine Littéraire

    La violence est une «faille béante» dans le destin de tout être humain. Porté par cette conviction, l'auteur de L'Origine de la violence (éd. du Passage, 2009) poursuit son exploration de la férocité contemporaine ... > lire la suite

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Citations et extraits

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  • Par caro64, le 08 mars 2011

    Toute société, en ses origines, est dirigée par des voleurs et des criminels, qui s'imposent dans un monde sans loi, et ce n'est qu'ensuite, par le gauchissement de l'épopée et de la mémoire, que les criminels deviennent de grands hommes. Les seigneurs du Moyen-Âge furent des pilleurs sauvages, comme l'avaient été les premiers Grecs et les premiers Romains. De même que les millionnaires du XIXe siècle américain furent des bandits érigeant leur fortune d'acier et de pétrole dans le vol et le chantage avant de se refaire une morale dans de belles fondations artistiques et citoyennes dont leurs descendants s'enorgueillissent, Lev appartient à une époque sauvage où les criminels et les voleurs arrachèrent les meilleurs morceaux de la dépouille impériale.
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  • Par ophrys, le 26 novembre 2011

    Matt ricana puis il lui expliqua pourquoi ses propos dérogeaient à la règle suprême des affaires, qui était l’hypocrisie. (…) Les mots devaient recouvrir les choses d’une nappe brillante, reflétant la splendeur des désirs, faute de quoi, si les vérités étaient dites, tout éclaterait. Etendant son raisonnement, dans une de ces envolées lyriques qu’il appréciant tant, surtout en fin de soirée, il affirma que d’ailleurs cette règle concernait la société tout entière, qui vivait de mythes et qui logeait tous ses espoirs dans des constructions idéologiques, pures images égalitaires et démagogiques, nourrissant le Moloch social d’illusions nécessaires. p239
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  • Par litolff, le 29 juin 2011

    Le cours du monde est fait pour que les riches deviennent plus riches et les pauvres plus pauvres et pour que les classes moyennes explosent. Et ce sont les classes moyennes qui font les démocraties libérales bien tranquilles. Les riches et les pauvres font les combats.
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  • Par caro64, le 08 mars 2011

    Comme il n’avait pas de désir propre, il désirait ce que les autres désiraient : l’argent. Sous ce mot se cachait une autre vie, un ailleurs indéfinissable mais forcément heureux.
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  • Par litolff, le 29 juin 2011

    Le monde tournait ainsi. Il fallait des capitaux énormes pour tous les pays en développement et quant aux pays déjà développés, ils étaient pris d'une outrance de consommation qui s'alimentait à la dette. Les salaires étaient faibles, l'offre était immense : tout le monde achetait à crédit. Le monde entier était sous perfusion de crédit, sans rien pour payer d'ailleurs, mais cela ne changeait rien, il fallait que la roue tourne et tourne encore jusqu'à ce que tout explose.
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