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ISBN : 2847421548
Éditeur : Le Passage (2010)


Note moyenne : 3.59/5 (sur 153 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Paris, juin 1995. Dans un grand restaurant, un serveur est violemment frappé par un client. Autour de lui, personne n’intervient. Ni le couple russe qui contemple cette scène avec des sentiments mêlés, ni la femme du client en colère, ni les deux jeunes gens, deux Franç... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par lehane-fan, le 07 novembre 2012

    lehane-fan
    Il est de coutume de dire que l'argent ne fait pas le bonheur , soit . Personnellement et dans ce cas précis , j'aurai plutôt tendance à citer Jules Renard : si l'argent ne fait pas le bonheur , rendez-le !
    Postulat judicieux s'il en est mais qui ferait , cependant , doucement rigoler les divers protagonistes à tendance légèrement arriviste de ce magnifique roman polyphonique .
    Bienvenue dans le monde si délicieux qu'est celui de la réussite à tout crin , du pousse-toi là que je m'y mette . de cette réussite qui fait fi de tout sentiment , de toute morale , aliénant les corps et les esprits et balayant d'un revers de la main vos convictions les plus profondes de sa morgue et de sa suffisance , vos toutes nouvelles meilleures amies désormais érigées en préceptes de vie inébranlables !
    Un restaurant . Un serveur d'origine africaine , Sila . Dans la salle , des personnages hétéroclites forts de leur irrésistible ascension sociale . Et là , c'est le drame ! Sila ne supportant plus d'avoir constamment dans les pattes un gamin aussi inéduqué que turbulent , se fait violemment agressé par son bourrin de paternel sous les yeux ébaubis d'une clientèle au mieux totalement amorphe , au pire foncièrement indifférente !
    Loin d'être moralisateur , un bouquin méchamment à charge malgré tout . L'objet de cette vindicte : l'argent roi et son cortège inhérent de dérives .
    Véritables incarnations d'un ultra-libéralisme pleinement assumé , trois nationalités différentes évoluant dans les trois univers emblématiques que sont le pétrole , la finance et l'immobilier – subprimes inclus .
    Lev , le Russe , passant d'ancien universitaire respecté à personnage incontournable du régime Eltsine qu'il soutint sans failles , lui assurant ainsi une belle promotion pétrolifère...
    Simon , le Français , brillant chercheur en mathématiques , effacé et timide , total opposé de Mathieu , son coloc , qui finira par le convaincre que la City n'attend que lui...
    Ruffle , l'Américain , ex-espoir de football brillamment reconverti en vendeur du mois récidivant de crédits hypothécaires...
    Trois archétypes , trois trajectoires , trois modèles de corruption personnelle et professionnelle .
    De ce à quoi ils aspirèrent à ce qu'ils devinrent , un fossé abyssal où honnêteté , courage et respect se perdirent à jamais . Un monde impitoyable de la finance magnifiquement dépeint . Un ton didactique jamais rébarbatif . Un livre rythmé malgré la gravité et la teneur du sujet . Une écriture racée qui , au début , ne laissa pas de me questionner pour finalement m'emporter .
    A noter les personnages féminins , véritables cautions morales de cette histoire , qui , à force de droiture et de véracité , laissent finalement entrevoir un mince espoir quand à une éventuelle rédemption de leurs chers et tendres...
    La fortune de Sila : l'argent n'a pas d'odeur vs contentement passe richesse ! Faites vos jeux , rien ne va plus...
    Si ce bouquin était un hymne ?
    http://www.youtube.com/watch?v=J8Z549GKkeM
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    • Livres 4.00/5
    Par Rouletabille, le 24 novembre 2013

    Rouletabille
    Un livre émouvant. Merci à Babelio de m'avoir fait connaître cet ouvrage. La force de ce récit est les personnages, tous incroyablement attachant car tous avance dans leurs existences avec des doutes, des failles.
    Le personnage de Sila me fait un peu penser à Candide, surtout au début où il doit quitter son pays chasser par un commandant tout puissant à qui il a refusé de vendre tout son poisson, comme Candide fut chassé du château par la seule volonté du baron. S'en suit une sorte de parcours initiatique avec une question servant de colonne vertébrale au roman : pourquoi ce Sila devenu serveur est agressé par un des clients, et surtout pourquoi personne n'a réagit?
    Fabrice Humbert va alors décrire les parcours des clients présents dans un monde où l'argent fou devient la référence, dans un monde post communiste en Russie. L'auteur nous livre une passionnante plongée dans la transition suivant la fin de l'épopée soviétique ouvrant la voie au début du capitalisme sauvage avec la naissance des grandes puissances financières liées au richesse naturelle de la Russie. S'agrandir ou mourir, tel est le choix auquel est confronté Lev, un grand intellectuel conseiller du président Eltsine, devenant président d'une compagnie pétrolière à grand renfort de corruption.
    Mais les personnages les plus intéressants sont pour moi Matthieu et Simon, deux jeunes amis que tout oppose. Matthieu le flambeur mais tenant un discours ultra critique contre le monde de l'argent tout en étant lui même fasciné par ce dernier et Simon le timide mathématicien. Je me reconnais assez en eux. J'ai l'impression de m'entendre quand Matthieu part dans mon monologue merveilleux prévoyant l'éclatement du système, la disparition de l'Etat effacé sous leurs dettes au profit de gang, de mafia. Cette lucidité ne l'empêche pas lui même de vouloir sa place au soleil précisément car il estime que seul l'argent pourra le protéger de la ruine.
    Je me reconnais aussi en Simon, cet introverti maladroit dans les relations humaines mais en même temps capable de monter les échelons dans le monde de la City. Voila ainsi un autre atout de ce livre : ces 2 hommes ne sont pas caricaturaux, alors que Matthieu semble tout avoir pour réussir, il va être incapable de trouver un job à la City l'entrainant dans une forme de dépression contrairement à Simon enchainant les réussites et pensant à ce titre avoir enfin trouver sa place et un rôle social sur cette planète.
    La fin du livre est sombre : le russe finit mort dans un attentat, son entreprise rachetée par son pire ennemi, Matthieu trahit Simon en épousant son ancienne petite amie et en l'abandonnant, Simon qui a participé inconsciemment à la chute de l'entreprise du russe démissionne et ce cher Sila lui est de nouveau tabassé par le client du restaurant, un riche héritier qui a fait fortune en vendant des prêts à des pauvres, le lecteur ne sait pas s'il s'en sort vivant.
    Pour résumer le message du livre est d'une simplicité cruelle : les riches, les puissants s'en sortiront toujours surtout en temps de crises où il s'arrangeront pour préserver leurs positions dominantes tout en se vantant d'avoir sauvé le monde de la faillite, et au final ce sont les 99% de la population qui paye.
    Ce livre mériterait une suite et je suis bien triste de devoir laisser tous ces personnages une fois la dernière page terminée.
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    • Livres 4.00/5
    Par isabelleisapure, le 08 février 2014

    isabelleisapure
    Le livre s'ouvre sur une scène choquante : dans un restaurant gastronomique, un client frappe violemment un serveur, dont le seul tort est d'avoir raccompagné son gamin mal élevé à table. Aucun des convives témoins de cette violence ne réagit.
    Passée cette scène d'introduction, nous suivons les destins des personnes présentes, tous liés d'une façon ou d'une autre à la finance. Entre la chute du mur de Berlin et la crise financière de 2008, l'auteur nous présente sa vision de la finance et des hommes qui la "font".
    Car ils ne sont finalement tous que des humains, avec leurs faiblesses et leurs défauts : Simon le naïf "geek" des mathématiques, élaborant des modèles désincarnés pour les traders ; Lev, "homme d'affaires" s'étant emparé du pétrole russe pendant l'ère Eltsine comme d'une part de gâteau, impitoyable et indifférent ; Russel, américain brutal nostalgique de ses heures de gloire sur le terrain de football, et qui fonde sa fortune sur le crédit aux démunis pendant la bulle de l'immobilier ; Matthieu, le dandy raté ne rêvant que d'argent...
    Malgré leurs manigances et leurs calculs, ils ne sont finalement que des acteurs inconscients dans une sorte de folie qui les dépasse tous.
    "Le monde financier est un circuit automobile avec des voitures sans freins. Lorsque tout va bien, toutes les voitures tournent. Si l'une d'elles a un accident... advienne que pourra !"
    Lecture passionnante... et désenchantée !
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    • Livres 4.00/5
    Par kathel, le 26 février 2012

    kathel
    Comme moi il y a quelques semaines, vous ne connaissez peut-être de ce roman que le résumé du prologue, où Sila, un jeune serveur noir dans un restaurant chic parisien, se fait agresser violemment par un client, pour une raison futile. Scène frappante, sans mauvais jeu de mots, qui présente tous les protagonistes de ce roman autour des thèmes du pouvoir et de la fascination de l'argent. L'argent, figure centrale du roman, orientera les destinées de chacun : l'homme d'affaires américain spécialiste du crédit immobilier, l'oligarque russe et son épouse, les deux amis qui viennent fêter une récente embauche dans le monde de la finance, le jeune serveur. Ils se croisent à plusieurs reprises, par des artifices de l'auteur qui jubile à ces intersections où les protagonistes s'écartent légèrement de la voie tracée. le récit oscille également entre moralité et amoralité, et laisse de ce fait le lecteur incertain sur l'issue des histoires individuelles. En d'autres termes, la fin n'est pas trop prévisible !
    Ce roman est admirablement échafaudé, et, ce qui est essentiel, c'est que les personnages sont tout à fait intéressants, avec leurs parcours plus ou moins erratiques. le lecteur n'a pas envie de voir l'un ou l'autre laissé dans l'ombre, comme on en rêve parfois dans un roman choral. J'avais découvert Fabrice Humbert avec L'origine de la violence, je le retrouve ici dans des thématiques assez différentes quoique le bien et le mal, la culpabilité soient communs aux deux romans. La belle plume de l'auteur s'est fait encore plus remarquer lors de cette deuxième lecture, et je vous recommande La fortune de Sila sans restriction.

    Lien : http://lettresexpres.wordpress.com/
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    • Livres 5.00/5
    Par litolff, le 30 juin 2011

    litolff
    Un livre coup de poing absolument captivant !
    Fabrice Humbert nous livre ici une analyse impitoyable des méfaits à l'échelle mondiale du dieu Argent, en articulant son histoire autour de quelques personnages et d'une scène d'anthologie : un américain riche, vulgaire et brutal frappe violemment un jeune serveur africain, beau et pur, dans les premières pages, sous les yeux d'un oligarque russe las et lâche et de deux jeunes français que tout oppose. Aucun ne lèvera le petit doigt au cours de cette scène qui bouleversera le destin des protagonistes enlisés dans un monde façonné par l'argent.
    Décryptage passionnant du dépeçage de la Russie après 1990 par les oligarques, qui se sont enrichis démesurément à la faveur de la transition de l'économie russe vers l'économie de marché, analyse des prémices de la crise des subprimes aux Etats-Unis, critique au vitriol contre l'argent-roi, les banques et les traders de Londres et New York, Fabrice Humbert frappe juste avec une écriture magnifique et efficace, au service d'une histoire de rêves, d'ambition, de violence et de déclin.
    Une lecture que je recommande très vivement !
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Critiques du Magazine Littéraire



  • Critique de Aliette Armel pour le Magazine Littéraire

    La violence est une «faille béante» dans le destin de tout être humain. Porté par cette conviction, l'auteur de L'Origine de la violence (éd. du Passage, 2009) poursuit son exploration de la férocité contemporaine ... > lire la suite

    Critique de qualité ? (2 l'ont appréciée)

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Citations et extraits

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  • Par caro64, le 08 mars 2011

    Toute société, en ses origines, est dirigée par des voleurs et des criminels, qui s'imposent dans un monde sans loi, et ce n'est qu'ensuite, par le gauchissement de l'épopée et de la mémoire, que les criminels deviennent de grands hommes. Les seigneurs du Moyen-Âge furent des pilleurs sauvages, comme l'avaient été les premiers Grecs et les premiers Romains. De même que les millionnaires du XIXe siècle américain furent des bandits érigeant leur fortune d'acier et de pétrole dans le vol et le chantage avant de se refaire une morale dans de belles fondations artistiques et citoyennes dont leurs descendants s'enorgueillissent, Lev appartient à une époque sauvage où les criminels et les voleurs arrachèrent les meilleurs morceaux de la dépouille impériale.
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  • Par fabricel, le 09 février 2013

    Il avait entendu parler de la menace des crédits hypothécaires, dits subprimes, à la fin de 2007, sans bien en mesurer l'impact. Mais, lorsque Lehman Brothers, à la stupéfaction générale, s'était effondré, dans le fracas de ses titres immobiliers dévalorisés, il avait imaginé avec jubilation l'onde de choc parmi ses petits camarades et il avait su qu'ils tremblaient tous de peur, parce que les comptes de toutes les banques étaient criblés d'actifs toxiques. Mais il n'y avait rien eu : les petits contribuables avaient payé pour les milliardaires en danger et les pertes avaient été mutualisées. Le gouvernement américain avait racheté les actifs pourris. Dans un scandale encore plus incroyable que celui des oligarques russes, puisque par une ruse de l'argent personne n'avait eu le choix - c'était sauver les banques ou périr tous -, et alors même que la crise économique ruinait les petits épargnants, asséchait les entreprises, et que les chômeurs, par dizaines de millions, allongeaient leurs files, l'essentiel avait été préservé, au prix de quelques boucs émissaires et de licenciements de traders sans importance. Et au vu du taux de l'argent et de la disparition des banques rivales, on pouvait même s'attendre à de merveilleux bonus en fin d'année. (p 348)
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  • Par fabricel, le 07 février 2013

    Le monde tournait ainsi. Il fallait des capitaux énormes pour tous les pays en développement et, quant aux pays développés, ils étaient pris d'une outrance de consommation qui s'alimentait à la dette. Les salaires étaient faibles, l'offre immense : tout le monde achetait à crédit. Le monde entier était sous perfusion de crédit, sans rien pour payer d'ailleurs, mais cela ne changeait rien. Il fallait que la roue tourne et tourne encore, jusqu'à ce que tout explose. (p. 208).
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  • Par ophrys, le 26 novembre 2011

    Matt ricana puis il lui expliqua pourquoi ses propos dérogeaient à la règle suprême des affaires, qui était l’hypocrisie. (…) Les mots devaient recouvrir les choses d’une nappe brillante, reflétant la splendeur des désirs, faute de quoi, si les vérités étaient dites, tout éclaterait. Etendant son raisonnement, dans une de ces envolées lyriques qu’il appréciant tant, surtout en fin de soirée, il affirma que d’ailleurs cette règle concernait la société tout entière, qui vivait de mythes et qui logeait tous ses espoirs dans des constructions idéologiques, pures images égalitaires et démagogiques, nourrissant le Moloch social d’illusions nécessaires. p239
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  • Par litolff, le 29 juin 2011

    Le cours du monde est fait pour que les riches deviennent plus riches et les pauvres plus pauvres et pour que les classes moyennes explosent. Et ce sont les classes moyennes qui font les démocraties libérales bien tranquilles. Les riches et les pauvres font les combats.

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Vidéo de Fabrice Humbert

Avant la chute de Fabrice Humbert .
Voir l'émission : http://www.web-tv-culture.com/avant-la-chute-de-fabrice-humbert-418.htmlFabrice Humbert est un auteur que nous suivons depuis plusieurs années sur Web TV Culture. Après « Autoportraits en noir et blanc » et « Biographie d'un inconnu », que lCon pourrait considérer comme des romans de jeunesse, Fabrice Humbert a été découvert par le public en 2009 avec « L'origine de la violence » qui fut un coup de coeur pour les libraires et qui sera prochainement adapté au cinéma. A suivi « La fortune de Sila » et ses deux derniers titres ont reçu plusieurs prix. Tout le talent de Fabrice Humbert, c'est son écriture. Une écriture sobre, discrète, sans artifice, pour laisser la place aux personnages, aux intrigues. Fabrice Humbert, dans ses romans, nous dépeint le monde, notre société, avec ses faiblesses, avec ses détresses. Voici le nouveau titre de Fabrice Humbert, son 5e roman « Avant la chute » aux éditions le Passage. Un roman qui nous mène en Colombie, au Mexique, mais aussi dans les cités de la banlieue parisienne. Des personnages aux prises avec la violence contemporaine, la violence de la mondialisation. « Avant la chute » par Fabrice Humbert. Fabrice Humbert que l'on retrouve au restaurant Les Princes à Paris, là où il a ses habitudes. Fabrice Humbert est sur Web TV Culture.








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