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ISBN : 2253161713
Éditeur : Le Livre de Poche (2012)


Note moyenne : 3.7/5 (sur 99 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Paris, juin 1995. Dans un grand restaurant, un serveur est violemment frappé par un client. Autour de lui, personne n’intervient. Ni le couple russe qui contemple cette scène avec des sentiments mêlés, ni la femme du client en colère, ni les deux jeunes gens, deux Franç... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par lehane-fan, le 07 novembre 2012

    lehane-fan
    Il est de coutume de dire que l'argent ne fait pas le bonheur , soit . Personnellement et dans ce cas précis , j'aurai plutôt tendance à citer Jules Renard : si l'argent ne fait pas le bonheur , rendez-le !
    Postulat judicieux s'il en est mais qui ferait , cependant , doucement rigoler les divers protagonistes à tendance légèrement arriviste de ce magnifique roman polyphonique .
    Bienvenue dans le monde si délicieux qu'est celui de la réussite à tout crin , du pousse-toi là que je m'y mette . de cette réussite qui fait fi de tout sentiment , de toute morale , aliénant les corps et les esprits et balayant d'un revers de la main vos convictions les plus profondes de sa morgue et de sa suffisance , vos toutes nouvelles meilleures amies désormais érigées en préceptes de vie inébranlables !
    Un restaurant . Un serveur d'origine africaine , Sila . Dans la salle , des personnages hétéroclites forts de leur irrésistible ascension sociale . Et là , c'est le drame ! Sila ne supportant plus d'avoir constamment dans les pattes un gamin aussi inéduqué que turbulent , se fait violemment agressé par son bourrin de paternel sous les yeux ébaubis d'une clientèle au mieux totalement amorphe , au pire foncièrement indifférente !
    Loin d'être moralisateur , un bouquin méchamment à charge malgré tout . L'objet de cette vindicte : l'argent roi et son cortège inhérent de dérives .
    Véritables incarnations d'un ultra-libéralisme pleinement assumé , trois nationalités différentes évoluant dans les trois univers emblématiques que sont le pétrole , la finance et l'immobilier – subprimes inclus .
    Lev , le Russe , passant d'ancien universitaire respecté à personnage incontournable du régime Eltsine qu'il soutint sans failles , lui assurant ainsi une belle promotion pétrolifère...
    Simon , le Français , brillant chercheur en mathématiques , effacé et timide , total opposé de Mathieu , son coloc , qui finira par le convaincre que la City n'attend que lui...
    Ruffle , l'Américain , ex-espoir de football brillamment reconverti en vendeur du mois récidivant de crédits hypothécaires...
    Trois archétypes , trois trajectoires , trois modèles de corruption personnelle et professionnelle .
    De ce à quoi ils aspirèrent à ce qu'ils devinrent , un fossé abyssal où honnêteté , courage et respect se perdirent à jamais . Un monde impitoyable de la finance magnifiquement dépeint . Un ton didactique jamais rébarbatif . Un livre rythmé malgré la gravité et la teneur du sujet . Une écriture racée qui , au début , ne laissa pas de me questionner pour finalement m'emporter .
    A noter les personnages féminins , véritables cautions morales de cette histoire , qui , à force de droiture et de véracité , laissent finalement entrevoir un mince espoir quand à une éventuelle rédemption de leurs chers et tendres...
    La fortune de Sila : l'argent n'a pas d'odeur vs contentement passe richesse ! Faites vos jeux , rien ne va plus...
    Si ce bouquin était un hymne ?
    http://www.youtube.com/watch?v=J8Z549GKkeM
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    • Livres 4.00/5
    Par kathel, le 26 février 2012

    kathel
    Comme moi il y a quelques semaines, vous ne connaissez peut-être de ce roman que le résumé du prologue, où Sila, un jeune serveur noir dans un restaurant chic parisien, se fait agresser violemment par un client, pour une raison futile. Scène frappante, sans mauvais jeu de mots, qui présente tous les protagonistes de ce roman autour des thèmes du pouvoir et de la fascination de l'argent. L'argent, figure centrale du roman, orientera les destinées de chacun : l'homme d'affaires américain spécialiste du crédit immobilier, l'oligarque russe et son épouse, les deux amis qui viennent fêter une récente embauche dans le monde de la finance, le jeune serveur. Ils se croisent à plusieurs reprises, par des artifices de l'auteur qui jubile à ces intersections où les protagonistes s'écartent légèrement de la voie tracée. le récit oscille également entre moralité et amoralité, et laisse de ce fait le lecteur incertain sur l'issue des histoires individuelles. En d'autres termes, la fin n'est pas trop prévisible !
    Ce roman est admirablement échafaudé, et, ce qui est essentiel, c'est que les personnages sont tout à fait intéressants, avec leurs parcours plus ou moins erratiques. le lecteur n'a pas envie de voir l'un ou l'autre laissé dans l'ombre, comme on en rêve parfois dans un roman choral. J'avais découvert Fabrice Humbert avec L'origine de la violence, je le retrouve ici dans des thématiques assez différentes quoique le bien et le mal, la culpabilité soient communs aux deux romans. La belle plume de l'auteur s'est fait encore plus remarquer lors de cette deuxième lecture, et je vous recommande La fortune de Sila sans restriction.

    Lien : http://lettres-expres.over-blog.com/article-fabrice-humbert-la-fortu..
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    • Livres 3.00/5
    Par caro64, le 08 mars 2011

    caro64
    Dans un restaurant, un serveur noir est agressé par un homme qui déjeune. Personne ne réagit et n'intervient. Tous les personnages de l'histoire sont là : une famille américaine à laquelle l'agresseur appartient, un couple russe, deux jeunes français qui fêtent l'embauche de l'un d'entre eux dans uns banque londonienne. Ils évoluent tous dans le monde de l'argent : l'immobilier et ses "fabuleux" subprimes pour l'Américain, le monde du pértole pour le Russe qui a soutenu Eltsine au bon moment. La famille russe nous permet de toucher tous les bouleversements du monde soviétique à la fin du XXème siècle, parfois en dépit du bon sens et sans aucune humanité. Tous ces destins vont se croiser et s'entrecroiser…
    Fabrice Humbert nous emmène dans un monde où seul le pouvoir et les richesses comptent, un monde géré par l'argent où les frontières n'existent plus, un monde qui se partage les ressources financières, où l'Afrique et le tiers-monde, symbolisé par le serveur noir, n'ont pas leur place. Autant dire que c'est un roman très actuel, puisque de coups bancaires en emprunts en cascades, il nous conduira à l'inévitable crise financière du début du XXIème siècle.
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    • Livres 5.00/5
    Par litolff, le 30 juin 2011

    litolff
    Un livre coup de poing absolument captivant !
    Fabrice Humbert nous livre ici une analyse impitoyable des méfaits à l'échelle mondiale du dieu Argent, en articulant son histoire autour de quelques personnages et d'une scène d'anthologie : un américain riche, vulgaire et brutal frappe violemment un jeune serveur africain, beau et pur, dans les premières pages, sous les yeux d'un oligarque russe las et lâche et de deux jeunes français que tout oppose. Aucun ne lèvera le petit doigt au cours de cette scène qui bouleversera le destin des protagonistes enlisés dans un monde façonné par l'argent.
    Décryptage passionnant du dépeçage de la Russie après 1990 par les oligarques, qui se sont enrichis démesurément à la faveur de la transition de l'économie russe vers l'économie de marché, analyse des prémices de la crise des subprimes aux Etats-Unis, critique au vitriol contre l'argent-roi, les banques et les traders de Londres et New York, Fabrice Humbert frappe juste avec une écriture magnifique et efficace, au service d'une histoire de rêves, d'ambition, de violence et de déclin.
    Une lecture que je recommande très vivement !
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    • Livres 5.00/5
    Par ancoline, le 30 octobre 2011

    ancoline
    Dans un restaurant de luxe parmi les clients, un couple de russes, deux jeunes amis français, une famille américaine en vacances avec son fils turbulent qui manque de bousculer le serveur avec ses assiettes. Les parents ne semblent pas d'accord sur l'attitude à adopter envers lui. Pour éviter de troubler le service des assiettes le serveur reprend le garçon en le sommant de se rassoir. Rapidement le père, un homme à la carrure d'un footballeur américain se lève et envoie un coup de poing dans le nez du serveur. Silence, personne ne bouge. L'américaine est honteuse, la femme russe regarde effarée son mari indifférent reprendre son repas, les deux français observent tout ce petit monde mais ne font rien non plus. de cet incident, tel "l'effet papillon" la vie de ses personnes va être changée. le serveur après des soins pour nez cassé, veut comprendre les raisons de ce geste et va travailler à Miami, ville d'origine de son agresseur. le russe continue son ascension professionnelle, mais sa femme réalise qu'elle ne suit plus la même voix que son mari. L'américaine ne se pardonnera jamais d'être la femme d'un homme de plus en plus odieux. Les deux français vont vouloir découvrir encore plus ce monde de fortunés.
    Nous découvrons le passé de chaque personnage, ses qualités, ses défauts, ses aspirations, ses compromis pour un monde meilleur ou pas, ses choix. On évolue dans le nouveau monde des finances, de l'individualisme et des nouveaux codes de la fin du 20ème siècle.
    Je l'ai dévoré rapidement, et ai été émue de ces situations. Qu'aurais-je fait à mon tour dans de telle situation ? Ne sommes nous pas chacun coupable de ne plus rien faire. Indignons-nous.
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Critiques du Magazine Littéraire



  • Critique de Aliette Armel pour le Magazine Littéraire

    La violence est une «faille béante» dans le destin de tout être humain. Porté par cette conviction, l'auteur de L'Origine de la violence (éd. du Passage, 2009) poursuit son exploration de la férocité contemporaine ... > lire la suite

    Critique de qualité ? (2 l'ont appréciée)

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Citations et extraits

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  • Par caro64, le 08 mars 2011

    Toute société, en ses origines, est dirigée par des voleurs et des criminels, qui s'imposent dans un monde sans loi, et ce n'est qu'ensuite, par le gauchissement de l'épopée et de la mémoire, que les criminels deviennent de grands hommes. Les seigneurs du Moyen-Âge furent des pilleurs sauvages, comme l'avaient été les premiers Grecs et les premiers Romains. De même que les millionnaires du XIXe siècle américain furent des bandits érigeant leur fortune d'acier et de pétrole dans le vol et le chantage avant de se refaire une morale dans de belles fondations artistiques et citoyennes dont leurs descendants s'enorgueillissent, Lev appartient à une époque sauvage où les criminels et les voleurs arrachèrent les meilleurs morceaux de la dépouille impériale.
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  • Par fabricel, le 09 février 2013

    Il avait entendu parler de la menace des crédits hypothécaires, dits subprimes, à la fin de 2007, sans bien en mesurer l'impact. Mais, lorsque Lehman Brothers, à la stupéfaction générale, s'était effondré, dans le fracas de ses titres immobiliers dévalorisés, il avait imaginé avec jubilation l'onde de choc parmi ses petits camarades et il avait su qu'ils tremblaient tous de peur, parce que les comptes de toutes les banques étaient criblés d'actifs toxiques. Mais il n'y avait rien eu : les petits contribuables avaient payé pour les milliardaires en danger et les pertes avaient été mutualisées. Le gouvernement américain avait racheté les actifs pourris. Dans un scandale encore plus incroyable que celui des oligarques russes, puisque par une ruse de l'argent personne n'avait eu le choix - c'était sauver les banques ou périr tous -, et alors même que la crise économique ruinait les petits épargnants, asséchait les entreprises, et que les chômeurs, par dizaines de millions, allongeaient leurs files, l'essentiel avait été préservé, au prix de quelques boucs émissaires et de licenciements de traders sans importance. Et au vu du taux de l'argent et de la disparition des banques rivales, on pouvait même s'attendre à de merveilleux bonus en fin d'année. (p 348)
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  • Par fabricel, le 07 février 2013

    Le monde tournait ainsi. Il fallait des capitaux énormes pour tous les pays en développement et, quant aux pays développés, ils étaient pris d'une outrance de consommation qui s'alimentait à la dette. Les salaires étaient faibles, l'offre immense : tout le monde achetait à crédit. Le monde entier était sous perfusion de crédit, sans rien pour payer d'ailleurs, mais cela ne changeait rien. Il fallait que la roue tourne et tourne encore, jusqu'à ce que tout explose. (p. 208).
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  • Par ophrys, le 26 novembre 2011

    Matt ricana puis il lui expliqua pourquoi ses propos dérogeaient à la règle suprême des affaires, qui était l’hypocrisie. (…) Les mots devaient recouvrir les choses d’une nappe brillante, reflétant la splendeur des désirs, faute de quoi, si les vérités étaient dites, tout éclaterait. Etendant son raisonnement, dans une de ces envolées lyriques qu’il appréciant tant, surtout en fin de soirée, il affirma que d’ailleurs cette règle concernait la société tout entière, qui vivait de mythes et qui logeait tous ses espoirs dans des constructions idéologiques, pures images égalitaires et démagogiques, nourrissant le Moloch social d’illusions nécessaires. p239
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  • Par litolff, le 29 juin 2011

    Le cours du monde est fait pour que les riches deviennent plus riches et les pauvres plus pauvres et pour que les classes moyennes explosent. Et ce sont les classes moyennes qui font les démocraties libérales bien tranquilles. Les riches et les pauvres font les combats.

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Vidéo de Fabrice Humbert

Avant la chute de Fabrice Humbert .
Voir l'émission : http://www.web-tv-culture.com/avant-la-chute-de-fabrice-humbert-418.htmlFabrice Humbert est un auteur que nous suivons depuis plusieurs années sur Web TV Culture. Après « Autoportraits en noir et blanc » et « Biographie d'un inconnu », que lCon pourrait considérer comme des romans de jeunesse, Fabrice Humbert a été découvert par le public en 2009 avec « L'origine de la violence » qui fut un coup de coeur pour les libraires et qui sera prochainement adapté au cinéma. A suivi « La fortune de Sila » et ses deux derniers titres ont reçu plusieurs prix. Tout le talent de Fabrice Humbert, c'est son écriture. Une écriture sobre, discrète, sans artifice, pour laisser la place aux personnages, aux intrigues. Fabrice Humbert, dans ses romans, nous dépeint le monde, notre société, avec ses faiblesses, avec ses détresses. Voici le nouveau titre de Fabrice Humbert, son 5e roman « Avant la chute » aux éditions le Passage. Un roman qui nous mène en Colombie, au Mexique, mais aussi dans les cités de la banlieue parisienne. Des personnages aux prises avec la violence contemporaine, la violence de la mondialisation. « Avant la chute » par Fabrice Humbert. Fabrice Humbert que l'on retrouve au restaurant Les Princes à Paris, là où il a ses habitudes. Fabrice Humbert est sur Web TV Culture.








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