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Citations sur Le coeur cousu (14)


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  • Par antigoneCH le 10/05/2009


    "Il me faut t'écrire pour que tu disparaisses, pour que tout puisse se fondre au désert, pour que nous dormions enfin, immobiles et sereins, sans craindre de perdre de vue ta silhouette déchirée par le vent, le soleil et les pierres du chemin.
    O mère, il me faut ramener des profondeurs un monde enseveli pour y glisser ton nom, ton visage, ton parfum, pour y perdre l'aiguille et oublier ce baiser, tant espéré, que jamais tu ne m'as donné !
    Il me faut te tuer pour parvenir à mourir...enfin.
    Mon lumineux cahier sera la grande fenêtre par où s'échapperont un à un les monstres qui nous hantent.
    Au désert !"

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  • Par vdubois le 26/08/2009


    Extrait du livre – page 399 – Le cœur cousu – Carole Martinez
    Mais quelques boutons n’auraient pas suffi. As-tu vu ce regard qu’elle porte sur moi ? Elle n’aime comme jamais personne ne m’a aimé. Clara n’est pas une idiote. C’est une poésie. Sache que j’ai moi-même la nuit en horreur. Elle m’a toujours fait peur.
    Lien www.veronique-dubois.com – rubrique livres sur la droite de l’écran

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  • Par luocine le 09/08/2009


    Depuis le premier soir et le premier matin, depuis la Genèse et le début des livres, le masculin couche avec l’Histoire. Mais il est d’autres récits. Des récits souterrains transmis dans le secret des femmes, des contes enfouis dans l’oreille des filles…….Ce qui n’a jamais été écrit est féminin.

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  • Par luocine le 09/08/2009


    En cousant les linceuls, on regretta le curé et l’église. Les maigres discours des anarchistes loqueteux ne valaient pas la pourpre des rituels catholiques, ils ne pouvaient promettre à ces hommes tombés pour la cause le moindre au-delà ! Les adieux prenaient un caractère définitif et dérisoire.

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  • Par luocine le 09/08/2009


    Cette fois, elle ferma les volets, couvrit le miroir, ce piège à âmes, arrêta l’horloge … Elle venait faire un mort.

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  • Par luocine le 09/08/2009


    La Maria privilégiait l'hygiène, la Blanca, la magie. L'une représentait l’avenir, la science; l'autre le passé et ses forces obscures bientôt oubliées. Situées chacune à un bout du temps, en regard de part et d'autres du moment présent, ces deux femmes ne se parlaient jamais directement. Seule l'une des deux était présente lors d'un accouchement. Pourtant, quand la chose se présentait mal, elle faisait appeler l'autre. Alors, sans s'adresser un mot, les deux femmes agissaient de concert et il était bien rare qu'elles ne sauvent pas la mère, car toutes les deux contrairement à un bon nombre de celles qui les avaient précédées, faisaient passer la vie de la femme avant celle de son enfant et c'était sans doute sur cet accord silencieux que se fondait leur entente.

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  • Par luocine le 09/08/2009


    Un dimanche, la mère surpris ces œillades et, de retour chez elle, la jeune fille fut giflée.

    - Tes yeux ne doivent voir que le pare! Hurla Francisa.

    - Pourquoi ? lui demanda la future fiancée.

    - Parce qu'ils portent des jupes, continua sa mère en larmes. Si quelqu'un surprend ton manège, on te prendra pour une fille perdue, on ira raconter que tu te donnes, que tu écartes les jambes quand on te paye et alors plus personne ne voudra de toi. Pense à la grand Lucia qu'on couche dans tous les buissons, qu'elle le veuille ou non, tout ça parce qu'on l'a vue se retourner pendant la messe vers celui auquel on l'avait promise.

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  • Par Theoma le 11/05/2009


    Écoutez mes sœurs ! Écoutez cette rumeur qui emplit la nuit ! Écoutez... le bruit des mères ! Écoutez-le couler en vous et croupir dans vos ventres, écoutez-le stagner dans ces ténèbres où poussent les mondes !

    Depuis le premier soir et le premier matin, depuis la Genèse et le début des livres, le masculin couche avec l'Histoire. Mais il est d'autres récits. Des récits souterrains transmis dans le secret des femmes, des contes enfouis dans l'oreille des filles, sucés avec le lait, des paroles bues aux lèvres des mères. Rien n'est plus fascinant que cette magie apprise avec le sang, apprise avec les règles. Des choses sacrées se murmurent dans l'ombre des cuisines.

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  • Par bacoltrane le 26/04/2009


    La Carasco ne parlait pas ou si peu.
    Grognements inaudibles, mots dévorés, mis en pièces, mots éviscérés, longuement mastiqués, puis recrachés comme de vieilles chiques. Noirs, pleins de salive, à moitiés digérés. La vieille parlait comme on crache. Elle torturait la langue, la tordait comme un vieux chiffon pour l'adapter à sa bouche édentée. Elle mêlait un filet de bave sale à chacune des ses phrases, faisait des sons une terrible bouillie et pourtant ne répétait jamais rien. Frasquita obéissait à ces paroles détruites, elle acceptait l'autorité de cette langue difforme. En tant que belle-fille, elle se devait de saisir ces débris de langage.

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  • Par sylvie le 13/11/2008


    Écoutez, mes sœurs ! Écoutez cette rumeur qui emplit la nuit ! Écoutez... le bruit des mères ! Des choses sacrées se murmurent dans l'ombre des cuisines. Au fond des vieilles casseroles, dans des odeurs d'épices, magie et recette se côtoient. Les douleurs muettes de nos mères leur ont bâillonné le cœur. Leurs plaintes sont passées dans les soupes : larmes de lait, de sang, larmes épicées, saveurs salées, sucrées. Onctueuses larmes au palais des hommes

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  • Par sylvie le 13/11/2008


    Combien de temps ai-je rebroussé chemin, reprenant à l'envers le fil du temps, afin de retrouver les traces laissées par ma mère trente ans auparavant dans le sable de ce pays?[…] Je n'ai rien volé à ma nièce qu'une douleur promise. La boîte restera au désert, je ne la lui remettrai pas à Pâques comme le veut la tradition. Elle ne passera plus de main en main. Sa course s'arrête ici, à mes pieds, dans l'immensité absurde de cette étendue blanche. Ce cahier décousu où reposent les débris rêvés de nos existences, je le rends feuille à feuille au vent dont il est issu… Les pages s'envolent une à une … Je n'ai plus qu'à gaspiller la dernière des prières du troisième soir. Alors, se lèveront les morts pour la dernière fois avant de regagner le néant à tout jamais et le fil sera coupé
    Et maintenant, que, par ma prière surgisse la voix des mères:
    Mon nom est Frasquita Carasco. Mon âme est une aiguille. Tes feuilles lancées au désert, les voici réunies, reliées dans un livre que tu pourras refermer à jamais sur mon histoire. Soledad, ma fille, sens ce vent sur ton visage. C'est mon baiser. Celui que jamais je ne t'ai donné.

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  • Par sylvie le 13/11/2008


    Il y eu ce dessin qui emplit soudain les yeux de ma mère, cette maison devenue bateau, cette grande voile de crépi blanc, ce trompe l'œil maladroit et le silence des enfants, cette rue aveugle et ses fenêtres closes. Puis, dans ce vide solaire, il n'y eu plus que le grand navire, dressé là d'un coup face à elle, comme la seule porte ouverte.
    Elle vit apparaître par delà le dessin. Il venait le chercher, l'enlever. Si loin de la mer, si loin de tout cours d'eau, il avait avancé par les chemins, il avait remonté les rivières à sec. Il avait élargi la petite rue poussiéreuse, toutes voiles dehors, poussé par un vent constant, et s'était échoué devant sa porte.
    Un bateau à sa mesure pour embarquer sa douleur et sa joie, un bateau pour que cessât l'horreur ne ne pas s'appartenir, un bateau pour être, enfin !
    L'heure du départ.
    Tout le silence de la mer s'était déversé dans les rues. Tant d'eau à venir, tant de chemins à parcourir ! Et cet enfant roux qui l'embarquait dans son rêve !
    Elle ne put résister à l'envie de croire à cette issue, à ce monde dessiné. ...
    ... Il lui fallait croire à ce navire, prendre son sac à couture et embarquer tous les enfants dans l'arche.

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  • Par sylvie le 13/11/2008


    "Il y avait tant de bobines, tant de couleurs dans cette boite qu'il lui semblait impossible qu'il existât assez de mots pour les qualifier. De nombreuses teintes lui étaient totalement inconnues comme ce fil si brillant qu'il lui paraissait fait de lumière. Elle s'étonnait de voir le bleu devenir vert sans qu'elle y prenne garde, l'orange tourner au rouge, le rose au violet. Bleu, certes, mais quel bleu ? Le bleu du ciel d'été à midi, le bleu sourd de ce même ciel quelques heures plus tard, le bleu sombre de la nuit avant qu'elle ne soit noire, le bleu passé, si doux, de la robe de la Madone, et tous ces bleus inconnus, étrangers au monde, métissés, plus ou moins mêlés de vert ou de rouge. Qu'attendait-on d'elle ? Que devait-elle faire de cette nouvelle palette qu'une voix mystérieuse lui avait offerte dans la nuit ? Bombarder de couleurs le village étouffé par l'hiver. Broder à même la terre gelée des fleurs multicolores. Inonder le ciel vide d'oiseaux bigarrés. Barioler les maisons, rosir les joues olivâtres de la mère et ses lèvres tannées. Elle n'aurait jamais assez de fil, assez de vie, pour mener à bien un tel projet. Elle se rabattit donc sur l'intérieur de la maison."

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  • Par luciolerouge le 22/05/2008


    "Ecoutez, mes sœurs ! Ecoutez cette rumeur qui emplit la nuit ! Ecoutez... le bruit des mères ! Des choses sacrées se murmurent dans l'ombre des cuisines. Au fond des vieilles casseroles, dans des odeurs d'épices, magie et recettes se côtoient. Les douleurs muettes de nos mères leur ont bâillonné le cœur. Leurs plaintes sont passées dans les soupes : larmes de lait, de sang, larmes épicées, saveurs salées, sucrées. Onctueuses larmes au palais des hommes !

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