ISBN : 9782070131495
Éditeur : Gallimard (2011)


Note moyenne : 4.06/5 (sur 266 notes) Ajouter à mes livres
PRIX GONCOURT DES LYCEENS 2011

En 1187, le jour de son mariage, devant la noce scandalisée, la jeune Esclarmonde refuse de dire «oui» : elle veut faire respecter son voeu de s'offrir à Dieu, contre la décision de son père, le châtelain régnant sur le doma... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par Lolokili, le 02 octobre 2011

    Lolokili
    Quel destin ! Dès les premières lignes, la plume inspirée de Carole Martinez nous emporte très loin, au cœur de ce conte mystique. J'ai vécu au plus près d'Esclarmonde, éprouvé sa réclusion, ses voyages, ses extases, ses errances et son formidable amour de mère. J'ai adoré cette histoire fabuleuse, entre grâce et barbarie intimement mêlées. Un livre accompli et très esthétique, qui se dévore malheureusement beaucoup trop vite !
    Critique de qualité ? (61 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par argali, le 11 novembre 2011

    argali
    Ayant refusé de lire les critiques et commentaires sur ce roman, avant de le lire, j'avoue avoir été décontenancée en débutant ma lecture. En effet, je ne m'attendais pas du tout à cette histoire. Je ne sais d'ailleurs pas à quoi je m'attendais, mais sûrement pas à un récit mettant en scène une emmurée au Moyen Age.
    Peu à peu, cependant, je suis entrée dans le récit et ai savouré, sans bouder mon plaisir, la langue si joliment mise en œuvre par Carole Martinez, ses descriptions fortes qui nous embarquent dans son monde où réalité et fiction se mêlent avec bonheur. La plume fraîche et rythmée de l'auteur donne la parole à une recluse de 15 ans, Esclarmonde, qui a choisi d'être emmurée vivante pour aimer et servir Dieu plutôt que d'être offerte en mariage à Lothaire, un rustre dont elle ne veut. Depuis la cellule qu'elle s'est choisie, et où elle pensait vivre solitaire, elle recevra la visite quotidienne de pèlerins venus lui confier leurs prières, leurs péchés et leurs demandes d'intercession. Son immobilité lui donnera accès à un riche chemin intérieur et devinant les âmes, elle leur servira de révélateur voire de psychanalyste.
    Mais le choix que l'on fait à 15 ans, pure et naïve, ignorante de la vie, peut-il déterminer une vie entière ? La foi, l'amour et l'abnégation peuvent-ils combler à jamais ?

    Ce conte, terrible à bien des égards, est loin des récits à la mode aujourd'hui. Mais malgré l'époque et le thème, il est d'une modernité étonnante. Loin de l'amour courtois, il nous donne à voir la violence des mœurs et la condition des femmes au Moyen Age ; emmurée, Esclarmonde est plus vivante et libre que beaucoup de ses contemporaines ; solitaire, elle est pourtant toute entière liée à sa famille et au monde…
    Les personnages secondaires sont aussi attachants et vrais, tel un Lothaire repenti et voué à un amour platonique et déchirant, ou une Bérengère, assumant pleinement ses atours et sa condition de servante. Ils portent l'intrigue et font avancer le récit.

    Carole Martinez signe ici une ode à la vie, à la sensualité, à l'amour (divin et humain) qui est aussi une merveilleuse parabole qui nous donne à réfléchir sur notre propre vie. C'est aussi une belle réflexion sur la puissance de la foi et les doutes qu'elle suscite.
    On ne sort pas indemne de cette lecture. Il faut prendre le temps de la digérer, de l'apprécier, voire y revenir. Carole Martinez est décidément une formidable conteuse.

    Au moment où j'achevais cette lecture, « Du Domaine des Murmures » recevait le Goncourt des lycéens. Prestigieux prix non galvaudé.


    Lien : http://argali.eklablog.fr
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    Critique de qualité ? (41 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par LiliGalipette, le 26 janvier 2012

    LiliGalipette
    Une promenade en Bourgogne nous conduit dans les ruines d'un château que le temps a connu puissant. Dans un récit à rebours des siècles, nous entendons les pierres raconter l'histoire d'Esclarmonde. « La tour seigneuriale se brouille d'une foule de chuchotis, l'écran minéral se fissure, la page s'obscurcit, vertigineuse, s'ouvre sur un au-delà grouillant, et nous acceptons de tomber dans le gouffre pour y puiser les voix liquides des femmes oubliées qui suintent autour de nous. » (p. 15) Asseyons-nous et écoutons…
    Esclarmonde, blonde enfant trop belle pour les exigences du monde, refuse l'homme que son père lui a choisi. En disant « non » devant les hommes et reniant le sang de son père, Esclarmonde embrasse un destin de recluse. En 1187, une fille qui se refuse au mariage pour préserver son union avec le Christ n'a d'autre choix que de soustraire au siècle. Emmurée dans une petite cellule attenante à la chapelle de Sainte Agnès, Esclarmonde croit échapper au malheur terrestre pour jouir d'une béatitude que seule mamort rendra plus sublime. « Je suis devenue la vierge des murmures. » (p. 17)
    « J'avais charge d'âmes. » (p. 123) Ainsi parle celle qui revêt au yeux du monde un glorieux habit de sainte. Les pélerins se pressent contre les barreaux de sa petite fenêtre. « Tous ces êtres en mouvement venaient voir l'immobile et la vie passait devant moi, qui pourtant l'avais quittée. » (p. 52) Alors que tous lui prêtent des miracles et la mort-même semble reculer devant le pouvoir de sa foi, Esclarmonde se découvre pleine. Sa solitude de recluse n'en est plus une, mais pour combien de temps ?
    Quand vient le jour où on lui arrache ce qui la comblait, Esclarmonde est prête à tout renier : son engagement religieux, sa promesse éternelle et sa foi vacillante. Que lui importe désormais de suivre les traces de son père parti en Terre-sainte mener une croisade qui périclite dans le sang et la boue ? Que lui importe donc de tenir la Mort en respect si la vie elle-même lui est retirée ? « À défaut de croire en Dieu, j'ai commencé à croire en moi, en la force de ma parole dont je voyais chaque jour croître l'incroyable pouvoir. » (p. 166) Voilà que la sainte devient démone, mauvaise femme à la langue de fiel, elle dont la voix était à elle seule une bénédiction. Mais n'est-ce finalement pas une épreuve de foi, une dernière épreuve d'amour ?
    Ce superbe récit est nourri de merveilleux. Entre les pages déambulent une géante verte aux courbes superbes et le cruel spectre d'un cheval blanc. On entend aussi la voix des anges quand ils se penchent sur les mains stigmatisées d'un enfant et sur l'éclat extraordinaire du soleil de Palestine. Carole Martinez mêle avec un talent éblouissant des légendes bourguignonnes, une hagiographie fictive et une célébration du verbe. le verbe, c'est celui d'Esclarmonde qui repousse les murs de sa cellule, celui de Dieu quand il daigne se faire entendre et c'est surtout celui de l'auteure qui porte ce récit sur les ailes de la poésie. Dans ce roman où le murmure se veut la racine de toute parole et son élan premier, Esclarmonde s'adresse à nous d'une voix fantôme qui s'échappe de la mousse des pierres effondrées.
    Perdue dans les confins d'une maladie qui s'éternise et me vide de mon énergie, j'ai trouvé dans ce superbe roman un souffle qui m'a emportée, qui a sublimé ma veille et m'a émue au-delà des larmes. Bouche bée, muette, sans même un murmure, j'ai lu et relu certaines phrases jusqu'à m'engourdir les yeux. Poésie pure et lumière, la plume de Carole Martinez chante une femme exceptionnelle : que nous importe alors que tout ne soit que romance ? Si certains aspects de cette éblouissante histoire m'ont rappelé le très beau roman de Clara Dupont-Monod, La passion selon Juette, il y a dans Du domaine des murmures une forme de littérature après laquelle je cours sans cesse. Et quand je la toruve enfin, c'est le souffle coupé que je la contemple.
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    Critique de qualité ? (30 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par nadejda, le 29 août 2011

    nadejda
    Carole Martinez nous prend pour la seconde fois dans les rets de son talent de conteuse qu'elle met cette fois au service d'une recluse volontaire du XIIème siècle. Elle va recoudre et mettre bout à bout, broder les murmures qu'Esclarmonde lui fait parvenir en tendant «l'oreille pour percevoir les filets de voix entrelacés... les mots jamais inscrits mais noués les uns aux autres et qui s'étirent en un chuintement doux". Esclarmonde va pouvoir enfin, par-delà les siècles, dire son désir de liberté, son amour débordant, sa sensualité et ouvrir l'espace au sein de son étroite cellule où elle ne sera pas séparée du monde. Malgré sa réclusion elle vivra comme tout un chacun une vie faite de joie et de douleurs avec peut-être une plus grande intensité.
    Je n'en dirais pas plus car ce serait enlever la surprise et déflorer la beauté de ce conte empreint, comme tous les contes, de merveilleux mais aussi leçon de vie parfois cruelle.
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    Critique de qualité ? (33 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par MissG, le 24 mai 2012

    MissG
    "Je suis celle qui s'est volontairement clôturée pour tenter d'exister. Je suis devenue la vierge des murmures."
    Parce qu'Esclarmonde le jour de son mariage a refusé de dire "Oui" pour se faire entendre dans sa volonté de consacrer sa vie à Dieu, elle est emmurée vivante dans une cellule attenante à la chapelle du château de son père et n'en sortira que morte.
    Mais loin de vivre en recluse, le monde au contraire vient à elle et même elle réussit par l'esprit à franchir les barrières de sa cellule de pierre.
    Autant le dire tout de suite, je ne suis pas autant enthousiaste que l'ensemble des critiques sur ce livre, et même si je lui reconnais beaucoup de qualités je lui ai trouvé quelques défauts qui viennent contrebalancer mon appréciation de ce récit.
    Pour les aspects très positifs du livre, il faut bien le dire, le style narratif de Carole Martinez est admirable et elle utilise et abuse de formulations très poétiques pour le plus grand plaisir du lecteur.
    L'entrée en matière du livre revêt d'ailleurs un côté particulièrement enchanteur et j'ai beaucoup aimé certaines remarques de l'héroïne, notamment celle-ci : "La douleur est une saison en soi.".
    De plus, avec cette histoire l'auteur dresse une étude précise et ciselée du personnage féminin d'Esclarmonde, présentée dans un premier temps comme une sainte, puis dans un deuxième temps sous un jour plus sombre, particulièrement lorsqu'elle découvre le pouvoir qu'elle a sur les autres derrière ses murs : "A défaut de croire en Dieu, j'ai commencé à croire en moi, en la force de ma parole dont je voyais chaque jour croître l'incroyable pouvoir."
    Esclarmonde est sans nul doute le personnage le plus travaillé et le plus précis de tout le récit, c'est en tout cas celui qui connaît le plus d'évolution basculant de la lumière à l'ombre pour revenir à la lumière : "Comment pouvait-on tant apprendre, tant changer, tant souffrir, tant vieillir, en si petit espace ?"
    Ce basculement s'explique au regard de l'histoire et même si l'issue de ce personnage était attendue et connue, il n'en reste pas moins que c'est celui qui cristallise en lui les différentes facettes de la personnalité humaine.
    J'ai également aimé la dimension fantastique que l'auteur apporte à son histoire, notamment avec une mystérieuse et puissante femme de vert vêtu, ainsi que son inspiration de légendes bourguignonnes.
    Maintenant pour les quelques aspects négatifs, je n'ai pas apprécié le traitement du personnage de Lothaire qui bascule trop facilement et sans explication aux deux extrémités, passant du tout méchant au tout gentil.
    Ensuite, la réclusion d'Esclarmonde est un peu trop douce et arrangée à la convenance de l'auteur à mon goût.
    Dans la réalité, ces femmes ne communiquaient plus avec le monde extérieur, la nourriture leur était jetée car leur fenestrelle était aménagée suffisamment haut pour que la recluse ne puisse y accéder.
    A partir de là, la majorité de l'intrigue de l'auteur s'écroule.
    Certains dénouements concernant le secret d'Esclarmonde sont sans grande surprise, en tout cas il n'y en a pas eues pour moi.
    A travers ce récit oscillant entre poésie et fantastique, Carole Martinez y dévoile un très beau portrait de femme vouant sa vie à Dieu et surtout une très belle plume avec une palette d'émotions.
    Certes, sa magie n'a pas totalement agi sur moi, mais je reconnais de grandes qualités à ce récit et à cette auteur.
    Une découverte intéressante à approfondir.

    Lien : http://lemondedemissg.blogspot.fr/2012/05/du-domaine-des-murmures-de..
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    Critique de qualité ? (17 votes positifs)

Critiques du Magazine Littéraire



  • Critique de Juliette Einhorn pour le Magazine Littéraire

    Carole Martinez figure dans la dernière sélection du prix Goncourt avec son dernier roman Du domaine des Murmures. Pour échapper à une union avec Lothaire, fils du seigneur voisin qu&... > lire la suite

    Critique de qualité ? (6 votes positifs)

Critiques presse (12)


  • LeMonde , le 09 novembre 2011
    Cet aspect didactique, destiné à prouver que le sort des femmes n'a pas tant changé, constitue l'une des limites du texte. Une autre étant qu'un esprit rétif au mysticisme a peu de chance de trouver son bonheur romanesque dans la cellule d'Esclarmonde.
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  • Cyberpresse , le 31 octobre 2011
    Cette fable superbement écrite nous entraîne tant dans la contemplation mystique et la fantaisie des légendes que dans la violence des croisades et des moeurs d'une époque où les femmes ne s'appartiennent pas.
    Lire la critique sur le site : Cyberpresse
  • LesEchos , le 18 octobre 2011
    Située dans un Moyen Age sombre, boueux, où la violence du sexe n'a rien à envier à la cruauté des superstitions religieuses, l'intrigue de « Du Domaine des Murmures » se noue et se tord dans un univers où Dieu et le diable, le sexe et l'hostie, l'amour filial et l'inceste ne cessent de converser en voisins intimes.
    Lire la critique sur le site : LesEchos
  • LePoint , le 14 octobre 2011
    Le doute et la foi, la brutalité des hommes et la sensualité de la maternité, et surtout la rédemption, sublime et généreuse, éblouissent les pages de Du domaine des murmures. Mieux qu'un roman inoubliable servi par une langue racée, une véritable gemme.
    Lire la critique sur le site : LePoint
  • Lexpress , le 26 septembre 2011
    Sous la plume chaloupée de Carole Martinez, ce roman hors modes apparaît étonnamment moderne. Tout en contrastes - violence des moeurs et style courtois, destins brisés et langage châtié, ténèbres lumineuses -, Du domaine des Murmures déroule sa musique, enivrante.
    Lire la critique sur le site : Lexpress
  • Culturebox , le 20 septembre 2011
    […] un conte médiéval dont on ressort émerveillé et rasséréné, quelle qu’en soit la noirceur.
    Lire la critique sur le site : Culturebox
  • Lexpress , le 19 septembre 2011
    L'auteur réussit la gageure d'écrire un roman haletant et immobile : un pari audacieux porté par un phrasé poétique. Écrit à la première personne, Du domaine des Murmures développe le point de vue d'Esclarmonde, accompagne sa métamorphose physique et mentale
    Lire la critique sur le site : Lexpress
  • LaLibreBelgique , le 13 septembre 2011
    Carole Martinez nous plonge dans un envoûtant conte médiéval.
    Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
  • Telerama , le 07 septembre 2011
    De rebondissement en rebondissement finement orchestrés, le récit - ou plutôt l'entêtante voix d'Esclarmonde - nous entraîne par-delà le temps au royaume des vivants et des morts, de l'histoire et de la légende.
    Lire la critique sur le site : Telerama
  • LeFigaro , le 26 août 2011
    Le deuxième roman de Carole Martinez est fait de la même eau que son premier, Le Cœur cousu, qui enchanta des dizaines de milliers de lecteurs et pas moins de neuf jurys de prix littéraires. Il confirme que cette femme de quarante-quatre ans est une conteuse merveilleuse.
    Lire la critique sur le site : LeFigaro
  • Bibliobs , le 25 août 2011
    Il y a du D. H. Lawrence chez Carole Martinez.
    Lire la critique sur le site : Bibliobs
  • Bibliobs , le 18 août 2011
    «Du domaine des murmures» de Carole Martinez s'impose comme le roman phare de la rentrée.
    Lire la critique sur le site : Bibliobs

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Citations et extraits

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  • Par karine28, le 27 mai 2012

    L’histoire se déroule à l’époque du moyen-âge au domaine des Murmures, où Esclarmonde, l’unique fille d’une famille noble, s’oppose au mariage que veut lui imposer son père. Pour échapper à cette union forcée, elle s’emmure dans une cellule qui jouxte la chapelle afin de consacrer toute son existence à Dieu. L’héroïne nous raconte son histoire à la première personne du singulier. La simplicité du style de Carole Martinez est facile à lire et à comprendre. Le lecteur est pris par l’histoire dès les premières pages. Certains passages du roman sont violents et mettent mal à l’aise sans toutefois altérer l’envie du lecteur de connaître la fin de l’histoire. Que va devenir la jeune fille ? Comment réagira son père ? Et quel terrible secret les unit ?
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  • Par katix, le 20 mai 2012

    Le monde en mon temps était poreux, pénétrable au merveilleux. Vous avez coupé les voies, réduit les fables à rien, niant ce qui vous échappait, oubliant la force des vieux récits. Vous avez étouffé la magie, le spirituel et la contemplation dans le vacarme de vos villes, et rares sont ceux qui, prenant le temps de tendre l'oreille, peuvent encore entendre le murmure des temps anciens ou le bruite du vent dans les branches. Mais n'imaginez pas que ce massacre des contes a chassé la peur! Non, vous tremblez toujours sans même savoir pourquoi.
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  • Par Neigeline, le 18 mai 2012

    Je connais le poids des choses, je connais la force de l'amour et la torture des morts lentes. L'amour revient ensuite dans le souvenir et l'on mange sur leurs tombes pour calmer les défunts, mais l'agonie est un calvaire pour ceux qui sont contraints d'y assister et surtout quand l'amour s'y mêle. Devenir un poids pour ceux que j'ai portés en ma chair, dans mes bras, dans mon coeur, serait la pire des fins. Oui, mieux vaut partir avant, mieux vaut ne pas durer si longtemps
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  • Par nadejda, le 29 août 2011

    p15 Car ce château n’est pas seulement de pierres blanches entassées sagement les unes sur les autres, ni même de mots écrits quelque part en un livre ou de feuilles volantes disséminées de-ci de-là comme graines, ce château n’est pas de paroles déclamées sur le théâtre par un artiste qui userait de sa belle voix posée et de son corps entier comme d’un instrument d’ivoire.
    Non, ce lieu est tissé de murmures, de filets de voix entrelacées et si vieilles qu’il faut tendre l’oreille pour les percevoir. Des mots jamais inscrits, mais noués les uns aux autres et qui s’étirent en un chuintement doux.
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  • Par kathel, le 10 septembre 2011

    Jehanne est partie pour Paris à pied avec son maigre baluchon et un ventre déjà rond qu’elle m’avait palper depuis la fenestrelle en riant.
    Nous étions séparées pour de bon. Elle, en branle de par le monde, ferait de routes sa demeure, elle traverserait le pays, mesurerait la création à l’aune de sa foulées, elle vivrait sous le ciel tel un aubain, travaillerait en chemin, s’arrêtant où Pierre et son père trouverait de l’ouvrage, elle irait au-delà du grand calvaire qui marquait la fin de cette terre et barrait l’horizon. Sa marche n’aurait plus d’autres bornes que sa fatigue et que celle de ses compagnons et de leurs mules. elle enflerait la vague des marcheurs, ce peuple nomade, composé d’errants, de fugitifs, de jongleurs, de compagnons et de pèlerins. Ceux qui traînaient leur croix, ceux qui coupaient leurs liens, ceux qui marchaient leur rédemption. et moi, je resterai en ma cellule, contemplant les univers que le Christ me donnerait à voir, immobile, toute à mon voyage vertical, à mon ascension par la prière et chacun saurait où me trouver, comme on sait où trouver un moulin ou une tombe. Elle serait une parole vivante livrée au vent et déjà envolée, et moi un mot lourd gravé dans la pierre.
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