Soledad, la narratrice, née dans un petit village d'Espagne dans les années 1930, raconte l'histoire de sa mère, Frasquita, jeune et belle couturière, qui a hérité d'un curieux coffret et d'un don étrange de sa propre mère.
Frasquita sublime les chiffons. Elle confectionne des robes et fait naître sous son aiguille des broderies tellement captivantes qu'elles semblent animées. Qui plus est, elle recoud les hommes déchirés. Elle assemble des pièces disparates pour mieux rassembler les hommes, les idées, les mondes, au cours de son errance.
Chacun de ses six enfants possède lui aussi un don surnaturel : Anita -muette puis conteuse, Angela -a la voix d'or, Pedro -l'artiste peintre, Clara -l'enfant lumière, Martirio -la fille des ténèbres au baiser mortel- et Soledad… Un destin qui va les entraîner dans des aventures qui les conduiront, après une traversée de l'Espagne, jusqu'au Maroc.
Ce roman-conte, brodé par une femme, est une histoire de Femmes.
Il traite de rupture avec les traditions, de fuite, d'exil, d'émancipation, de choix, de liberté, de force, de solidarité, de promesse, d'idéal, de liens familiaux, de don de soi et d'amour,… le tout, dans une atmosphère remplie de senteurs, de couleurs, de lumières, de chaleur,… et de magie.
Un émouvant chant d'amour d'une fille à sa mère, qui ne lui a jamais donné un baiser…
Un récit onirique composé comme un patchwork : trois chapitres, dont les deux derniers -faute d'y trouver un fil conducteur et/ou de plonger dans cet univers imaginaire-, m'ont un peu égarée, laissée en marge du rêve et, par conséquent, détournée du voyage auquel
Carole Martinez souhaitait me convier….
Malgré cela, l'écriture de
Carole Martinez révèle une grande sensibilité doublée de poésie et d'imagination.