ISBN : 2290335444
Éditeur : J'ai Lu (2003)


Note moyenne : 3.62/5 (sur 170 notes) Ajouter à mes livres
Pierre, médecin, ne comprend pas pourquoi un ami de sa famille a légué sa fortune à Jean, son frère cadet. Au terme d'une véritable enquête policière, il mettra au jour un terrible secret. Le quatrième roman de Maupassant (1850-1893), publié en 1888, est sans doute le m... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par brigittelascombe, le 19 juillet 2011

    brigittelascombe
    Auteur du XIX° siècle, bourgeois,émettant des doutes sur l'identité de son vrai père, Guy de Maupassant a commencé à écrire poussé par Gustave Flaubert.Après avoir quitté l'armée, séducteur et fêtard, il se lie en 1878 aux naturalistes et publie Boule de suif en 1880 son premier vrai roman.Syphilitique, sa vie littéraire, sa vie tout court sera brêve(mort à 43 ans) mais riche en romans, poèmes,récits et pièces de théatre.
    PIERRE ET JEAN parait, petit roman cruel d'étude de moeurs,en 1888, dans une période politique(essor de la bourgeoisie,révolution industrielle,affaire Boulanger) et littéraire (premiers manifestes collectifs naturalistes) agitée.
    Le thème central(inspiré de sa propre vie) est celui du bâtard, de la paternité, et L'Argent de L'Héritage dans une famille bourgeoise.
    Le Havre.
    PIERRE ET JEAN Roland, partis pour une partie de pêche en mer sur "Le perle" avec leurs parents se disputent, rivaux, au sujet de Madame de Rosémilly, une jeune veuve convoitée.
    Pierre rêve de voyager très loin, jaloux de L'Héritage(on pense à le testament publié en 1882) que va percevoir Jean de la part d'un vieil ami de la famille et de la préférence accordée à son frère par la jolie veuve.Il retrouve une liaison, une jeune serveuse et s'épanche. Jean serait il le fils adultère de Maréchal, l'ami défunt ? Il se sent trahi.Et sa mère idolatrée transformée en fautive(on pense à Thérèse, femme adultère, dans Cruelle énigme l'un de ses premiers romans) Non cette fille ment, elle est vulgaire!
    Absinthe,repas de fête(on pense à L'assomoir de Zola). Pierre discute avec Marowsko,le pharmacien polonais exilé, ses soupçons s'affirment.Envies de meurtre.Rêve d'exil.Sa mère est donc comme ces prostituées qui se donnent sans morale? Torture de Pierre.Mutisme de Jean.Madame de Rosémilly accepte la demande en mariage de Jean et les deux frêres s'affrontent.
    Comment se terminera cette tragédie?
    De beaux portraits psychologiques, un art (comme pour Une vie) dans lequel Maupassant excelle.Jean blond,calme et prévisible.Pierre brun,fougueux, jaloux et passionné.Madame Roland, femme adultère mi Anna Karénine, mi Emma Bovary.
    Le Havre enfumé tout d'abord peint à la façon impressioniste, la mer peu à peu embrumée pointe ses ombres vers le fantastique.
    Une étude poussée des sentiments qui vont crescendo au fur et à mesure que l'enquête de Pierre avance.Tout est semblable,et soudain le destin bascule pour créer un contraste de par l'injustice,la préférence,la faute,la trahison. Solitude pour l'un, union amoureuse pour l'autre. C'est un duel sans pitié, un vainqueur(le fils préféré) et un vaincu selon la loi du tout ou rien.A moins que ce ne soit un suicide?
    Pierre le légitime est devenu le vrai bâtard.Du grand art, celui d'un Maupassant éduqué par Flaubert!
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    Critique de qualité ? (10 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par LiliGalipette, le 22 avril 2010

    LiliGalipette
    Roman de Guy de Maupassant.
    Pierre et Jean Roland sont deux frères que tout oppose, le physique comme le caractère. Entre eux perdure un sentiment puissant d'amour et d'émulation. Jean, le doux, le calme, hérite un jour d'un mystérieux ami de la famille, Léon Maréchal, dont le décès bouleverse sa mère. Pierre, le violent, le jaloux, soupçonne alors un passé trouble dans lequel sa mère n'est pas aussi pure et intouchable qu'elle semble désormais l'être. Entre Pierre et Jean, le lien est rompu. Un climat de suspicion et de haine s'installe. Jean, tout à ses amours avec la belle Madame Rosemilly, ne mesure pas l'ampleur du gouffre qui le sépare de son aîné. Il faut que la vérité éclate, et quand elle est révélée, elle chasse ceux qui l'ont déterrée.
    La figure du père est bien malmenée dans ce roman. M. Roland Père est un petit bourgeois aux vues médiocres et aux projets limités. le père supposé de Jean est une figure d'absence et d'éloignement. Guy de Maupassant pensait que Gustave Flaubert était son père. Les soupçons de l'auteur quant à sa filiation prennent un visage violent et tourmenté. L'image de la mère, loin de celle de la femme vertueuse et respectueuse, se teinte de mystère et de souffre. Un peu Emma Bovary, Mme Roland a été une femme légère, étourdie par la prestance d'un homme dénué des tristes habitudes maritales.
    L'omniprésence de la mer - le récit se déroule au Havre - est hypnotique. Que les flots soient à l'étale ou qu'ils se déchaînent, ils attirent les regards. Les grands moments dramatiques éclatent près de l'élément liquide. Et c'est la mer qui sépare, qui exclue Pierre du cercle familial.
    Le thème du secret de famille est finement traité par l'auteur. C'est en ouvrant les tiroirs, en fouillant la lingerie et en cherchant des lettres que la vérité apparaît au jour. le lecteur participe presque physiquement à la quête de preuves. Parfaitement voyeur, il farfouille avec jubilation dans les petites affaires d'une famille apparemment sans histoire.
    Ce roman très court, aux accents pleinement naturalistes, se lit avec délectation et férocité. Qu'il est bon de voir ce qui se cache derrière les rideaux des voisins!
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    Critique de qualité ? (9 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par kathy, le 08 mai 2011

    kathy
    Le Havre. Pierre et Jean, deux frères, liés par une douce amitié, et aimés de leur mère, vont faire les frais d'un héritage inattendu et injuste qui va bouleverser les rapports familiaux.
    Ce livre obéit à une intéressante progression. Les premiers chapitres sont l'expression des questions, des soupçons et des déductions auxquels se livre Pierre. L'enquêteur suit plus ou moins aisément ses pistes, mais c'est lui qui a la maîtrise du discours romanesque. Ensuite, la mécanique commence à se détraquer. Jean sort de l'ombre où il a été cantonné. Cette reprise en main de son destin par Jean contribue à l'exclusion cruelle de Pierre. le désir de l'un anéantit le désir de l'autre. Les rôles sont désormais inversés et, si Pierre retrouve quelquefois, un semblant de maîtrise, il demeure voué à l'exil et marqué par l'exclusion où le regard des autres le rive. Celui qui avait pu, un temps, se poser en bourreau est devenu une victime de plus en plus consentante. Il a l'étrange mission d'expier la faute de sa mère par une sorte d'autocastration qui aurait le pouvoir d'agir sur elle, de la rappeler désespérément à son amour.

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    Critique de qualité ? (7 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par cicou45, le 20 juin 2011

    cicou45
    On n'aurait jamais pu croire que Pierre et Jean étaient frères tant ils ne se ressemblaient en rien.
    Lorsqu'un vieil ami du couple lègue son seul héritage au cadet des deux fils Roland, Jean, une rivalité entre les deux frères éclate et Pierre en vient à se poser la question de savoir s'il est réellement le fils légitime de ses parents, ce qui fera éclater un énorme secret de famille
    Court roman de Guy de Maupassant qui traite d'un sujet délicat, celui de la famille et notamment des rivalités ou de jalousie qui peuvent exister ou se créer au fil des ans entre frères et sœurs.
    L'écriture de Maupassant est d'une extrême légèreté et cet ouvrage se laisse lire en un rien de temps. A découvrir !
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    Critique de qualité ? (6 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par Chiwi, le 02 février 2012

    Chiwi
    Pierre et Jean sont les deux fils d'une famille petite bourgeoise normande.
    Un jour, Jean hérite d'un vieil ami de la famille. Pierre, titillé par la jalousie et la curiosité, va chercher à savoir pourquoi son frère hérite d'une petite fortune alors que lui ne reçoit rien. Tout doucement il va mettre à jour un secret de famille.


    Pour l'année 2012, j'ai décidé de lire ou de relire des ouvrages du 19° siècle. Alors j'ai commencé par ce court roman De Maupassant.
    A la relecture de Pierre et Jean j'ai eu l'impression d'avoir à faire à une intrigue policière. En effet Pierre va mener sa petite enquête afin de connaître les raisons qui ont poussé un vieil ami à léguer sa fortune à un garçon qu'il connaissait à peine. En avançant la rivalité entre les deux frères va s'exacerber. L'un va pouvoir s'offrir ce qu'il veut pour réussir sa carrière, l'autre va devoir y renoncer.
    Jean apparaît au début comme le plus sympathique, mais sa richesse va le rendre antipathique car il ne va pas se poser de questions sur les raisons de ce legs.
    Pierre en faisant ses recherches va apparaître comme celui qui veut mettre fin à la paix familiale alors qu'il met juste au jour une trahison, trahison qui devient pour lui une injustice. le choix de Pierre, à la fin du roman, est une sorte de victoire de l'immoralité. Alors fatalement on ne peut être que solidaire de Pierre qui se retrouve exclu de la famille.


    Lien : http://cachouchiwi.over-blog.com/article-pierre-et-jean-guy-de-maupa..
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Citations et extraits

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  • Par kathy, le 08 mai 2011

    Mais lorsque Pierre eut quitté son collègue et se retrouva dans la rue, une tristesse nouvelle s'abattit sur lui, et l'enveloppa comme ces brumes qui courent sur la mer, venues du bout du monde, et qui portent dans leur épaisseur insaisissable quelque chose de mystérieux et d'impur comme le souffle pestilentiel de terres malfaisantes et lointaines.
    En ses heures de plus grande souffrance il ne s'était jamais senti plongé ainsi dans un cloaque de misère. C'est que la dernière déchirure était faite; il ne tenait plus à rien. En arrachant de son coeur les racines de toutes ses tendresses, il n'avait pas éprouvé encore cette détresse de chien perdu qui venait soudain de le saisir.
    Ce n'était plus une douleur morale et torturante, mais l'affolement de la bête sans abri, une angoisse matérielle d'être errant qui n'a plus de toit et que la pluie, le vent, l'orage, toutes les forces brutales du monde vont assaillir. En mettant le pied sur ce paquebot la chair d l'homme s'était révoltée contre l'insécurité de tous les lendemains futurs.(...)
    Et il se trouvait condamné à cette vie de forçat vagabond, uniquement parce que sa mère s'était livrée aux caresses d'un homme.
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  • Par FranckDuflot, le 31 août 2011

    Et sa vie s'était écoulée ainsi, uniforme, tranquille, honnête, sans tendresse !...
    Sans tendresse ?... Etait-il possible qu'une femme, n'aimât point ? Une femme jeune, jolie, vivant à Paris, lisant des livres, applaudissant des actrices mourant de passion sur la scène, pouvait-elle aller de l'adolescence à la vieillesse sans qu'une fois, seulement, son coeur fût touché ? D'une autre il ne le croirait pas, - pourquoi le croirait-il de sa mère ?
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  • Par some-books, le 03 juin 2010

    Le baiser frappe comme la foudre, l'amour passe comme un orage, puis la vie, de nouveau, se calme comme le ciel, et recommence ainsi qu'avant. Se souvient-on d'un nuage ?
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  • Par Spilett, le 20 mars 2011

    — Zut! s’écria tout à coup le père Roland qui depuis un quart d’heure demeurait immobile, les yeux fixés sur l’eau, et soulevant par moments, d’un mouvement très léger, sa ligne descendue au fond de la mer. [...] Ça ne mord plus du tout. Depuis midi je n’ai rien pris. On ne devrait jamais pêcher qu’entre hommes; les femmes vous font embarquer toujours trop tard.
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  • Par Kro, le 29 décembre 2009

    Haut comme une montagne et rapide comme un train, le navire, maintenant, passait presque à toucher la Perle. Et Mme Roland, éperdue, affolée, tendit les bras vers lui, et elle vit son fils, son fils Pierre, coiffé de sa casquette galonnée, qui lui jetait à deux mains des baisers d'adieu. Mais il s'en allait, il fuyait, il disparaissait, devenu déjà tout petit, effacé comme une tache imperceptible sur le gigantesque bâtiment. Elle s'efforçait de le reconnaître encore et ne le distinguait plus.
    Jean lui avait pris la main.
    "Tu as vu? dit-il.
    -Oui, j'ai vu. Comme il est bon."
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Bande annonce du roman de Guy de Maupassant signée Declan Donnellan et Nick Ormerod avec Robert -Twilight- Pattinson,Uma Thurman, Kristin Scott Thomas et Christina Ricci dans les rôles titres.








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