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ISBN : 2290075868
Éditeur : J'ai Lu (2013)


Note moyenne : 3.83/5 (sur 1683 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
À dix-sept ans, radieuse, prête à toutes les joies, à tous les hasards, Jeanne quitte enfin le couvent. Dans le désœuvrement des jours et la solitude des espérances, de toutes ses rênes, le plus impatient est celui de l'amour...
Oh ! Elle en sait des choses sur l... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par lecassin, le 26 novembre 2013

    lecassin
    « Une vie ». Il s'agit bien là de la narration d'Une vie : celle de Jeanne le Perthuis des Vauds, fille de bonne famille, de sa sortie du couvent du Sacré-Cœur – elle a dix-sept ans – aux vieux jours, enfin apaisée.
    Une vie, certes, mais aussi et surtout, un mariage… raté… Un mariage avec Julien de Lamare , fils d'une noblesse déchue qui s'avèrera un piètre et brutal amant, ainsi qu'un mari infidèle et avare. Et bien pire encore…
    Dans cette fin de XIXème siècle si prolixe – « Une vie » a paru en 1883, la même année que « Au bonheur des dames » de Zola Maupassant nous livre son analyse de la noblesse de terre, dans sa Normandie si chère. Une noblesse à l'image du climat de la région, jamais ni chaud ni froid : bon.
    Autour du Baron Simon-Jacques le Perthuis des Vauds ; on voit évoluer domestiques, journaliers, paysans, Tous croqués avec une grande justesse. Et le Curé ? Peut-être un peu caricatural, mais en même temps tellement vrai !
    Enfin, et c'est devenu un lieu commun : la Nature, véritable personnage du roman, magnifiée par la plume si belle de l'auteur.
    Je persiste et je signe ( et pas seulement pour faire plaisir à Nastasiabuergo qui partage mes origines normandes et un goût certain pour Maupassant ) : Maupassant, n'est pas du « sous-Zola campagnard » ; c'est du grand ! du très grand !
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    • Livres 4.00/5
    Par experyoshi, le 17 janvier 2013

    experyoshi
    Une vie. Un titre simple, pour un roman initiatique, dense et cruel.
    A sa majorité, Jeanne sort du couvent et revient vivre auprès de ses parents dans la propriété familiale nommée « les Peuples » sur la cote normande. Les parents de Jeanne sont issus de la noblesse et possède beaucoup de biens.
    Jeanne est une jeune fille naïve et rêveuse. Elle découvre l'amour auprès du beau Julien, fils de nobles déchus. le mariage s'en suit rapidement et les jeunes gens partent en voyage de noces en Corse. Ce voyage annonce le début de la désillusion et du chagrin.
    Jeanne découvre le vrai visage de son mari. Julien est vénal, infidèle, égoïste et violent. Jeanne semble subir sa vie mais trouve du réconfort auprès des parents. Jeanne accouche alors d'un petit garçon que son père renie...
    Il n'est pas bon être une femme au XIXe siècle.
    Certains personnages sont attachants, notamment les parents de Jeanne, d'autres personnages se révèlent être des gens hypocrites voire odieux comme Rosalie la bonne, la comtesse ou encore le prêtre Tolbiac.
    Certaines scènes sont violentes comme l'accident de Julien ou encore le massacre du chien par le prêtre.
    J'ai beaucoup aimé le style d'écriture De Maupassant, les descriptions sont très belles et emplies d'une certaine mélancolie.
    Ce 1er roman De Maupassant m'a marquée et est un coup de cœur.
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    • Livres 4.00/5
    Par ahasverus, le 17 avril 2012

    ahasverus
    """On pleure parfois les illusions avec autant de tristesse que les morts."""
    Une vie commence devant un tableau : Pyrame, croyant Thisbé morte, se suicide ; Thisbé, découvrant le corps de Pyrame, se tue.
    Hors du tableau, les yeux et les bras grands ouverts, Jeanne apelle la vie. Ce n'est pas cette vie là que Jeanne vivra, mais une autre, faite de vide, de désillusions, de déceptions, de profits, de mensonges.
    Elle qui avait besoin de "frotter son coeur à des coeurs honnêtes" n'en trouvera point. Elle aura un mauvais mari, un mauvais fils, un mauvais abbé, quelques faux amis, peu de soutien.
    Premier roman de Guy de Maupassant, Une vie brosse le portrait en creux d'une femme arrivée sans savoir dans Une vie de plain-pied. On suppose que c'est un peu le cas de sa mère et de sa tante, Subir.
    Jeanne attendait l'amour ; elle découvre le sexe. Jeanne attendait la complicité ; elle découvre la trahison. Jeanne a échappé à Zola : il y a toujours autour d'elle quelque personnage protecteur ou arrangeant : le baron, l'abbé Picot, Rosalie, lui évitent les abysses.
    Un livre ou, selon Jeanne, il ne se passe rien. Une chûte. Un Bel Ami à rebours parti d'en haut pour tomber sur le pavé. Par l'amour, tout pareil. Sans un rebond.
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    • Livres 4.00/5
    Par MissMarty, le 08 mai 2012

    MissMarty
    Cruel ! Poignant ! Tel est ce roman de Guy de Maupassant, paru en 1883 ! La triste histoire de cette jeune fille trop inexpérimentée, trop passive comme beaucoup de femmes à cette époque !
    Ce livre m'est tombé dans les mains l'année dernière par la prof de français. Elle distribuait des livres (différents) empruntés au CDI du lycée et il fallait faire une fiche de lecture pendant les vacances.
    Le début n'est pas très accrocheur, voire décourageant : énormément de description et peu d'action. J'aurais sûrement lâché si je n'étais pas obligé de le lire (pardonnez mon manque de courage !) et j'avais tendance à penser à autre chose quand je lisais le début et quand j'ai lu le passage où la jeune Jeanne rêvait d'amour et de romanesques promenades avec l'élu de son cœur, j'ai cru que la prof s'était moquée de moi ! Pourtant, je pensais que cela n'allait pas durer longtemps (en connaissant le pessimisme De Maupassant).
    Les descriptions étaient certes, très longues, mais certains montraient la beauté de la Normandie et sa poésie, l'attachement de Jeanne pour ses parents etc.
    Puis, tout change au moment où elle rencontre le séduisant et noble vicomte Julien de Lamare. Il se rencontrent, s'aiment, se fiancent et se marient. Que rêver de mieux quand on est une jeune fille de bonne famille, sortant du couvent ?
    Hélas, Jeanne commença à déchanter lors de la nuit de noces où elle découvre chez Julien, une brutalité sexuelle inconvenante ! Cependant, la passion revient pendant le voyage de noces en Corse mais s'éteint définitivement au retour. Les jours deviennent mornes et Jeanna verra en Julien, un homme impitoyable et avare et égoïste et adultère ! Il lui fera cependant Un fils à qui elle donne tout son amour mais celui-ci ressemblera à son père en tous points et ne sollicitera sa mère que pour payer ses dettes !
    De nombreux thèmes sont évoqués : innocence, passion, trahison, avarice, infidélité, brutalité, fanatisme religieux (avec l'abbé Tolbiac), le libertinage (de nombreuses jeunes femmes étaient enceintes quand elles s'étaient mariées), l'anticléricalisme (avec le père de Jeanne), l'assassinat passionnel, la jalousie, l'ingratitude de la progéniture, la passivité de la femme de l'époque (pas toutes pourtant, il faut prendre du recul), tristesse, pessimisme etc.
    La seule chose que l'on ne pourrait pas reprocher au fanatique abbé Tolbiac est le fait qu'il avait exhorté à Jeanne de quitter son mari infidèle mais celle-ci ne le fera pas par pure passivité !
    ( Info : l'abbé Tolbiac qui a succédé au laxiste abbé Picot, nous voyons alors deux extrêmes religieux : le fanatique et le laxiste.)
    Jeanne devient surtout irritante : son mari la trompe, elle ne fait rien, son fils la rejette, elle ne fait rien, tout s'effondre autour d'elle, elle ne fait toujours rien ! On n'a qu'une envie, la secouer de toutes nos forces !
    Finalement, Jeanne autrefois si belle et si remplie de vie, devenue, vieille et précocement fanée, sera recueillie par sa sœur de lait, la paysanne Rosalie qui lui dira de cesser de payer les dettes de son fils. Jeanne retrouvera finalement goût à la vie en prenant avec elle sa petite-fille issue de l'union de Paul, fils de Jeanne et d'une prostituée.
    Et voici la phrase finale qui illustre, conclut et résume tout : La vie, voyez-vous, ça n'est jamais ni si bon ni si mauvais qu'on croit.
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    • Livres 3.00/5
    Par Guylaine, le 26 mai 2013

    Guylaine
    Ecouté lors de mes balades, lu par Anny Duperey (dont j'ai beaucoup apprécié la voix, et l'interprétation).
    Je suis assez partagée... j'ai adoré, comme par le passé, l'écriture De Maupassant, sa capacité à peindre les paysages, les gens, une touche par ci, un peu de couleur par là, il donne à voir et m'en a mis plein les yeux !
    Mais, petit à petit, et de plus en plus (!), j'ai été terriblement agacée par Jeanne, le personnage principal dont Maupassant nous raconte la vie !
    Je sais bien qu'elle a passé toute sa jeunesse au couvent, je sais bien qu'elle est idéaliste et qu'elle aspire au beau... Mais trop c'est trop, elle ne voit rien, elle ne soupçonne même pas les coucheries de Julien, son mari, lorsque sa bonne met son fils au monde, au pied de son lit à elle...
    Elle est désarmante de stupidité (désolée... je sens que je ne vais pas me faire que des amis)...
    Et elle n'est pas meilleure en tant que mère, étouffante, égoïste...
    Tout au long du roman, j'ai eu envie de la secouer, de l'obliger à réagir un peu !
    Mais vous avez raison, je vous entends d'ici, c'est facile de dire ça depuis mon confortable XXIème siècle, j'aurais peut-être fait moins la maligne si j'étais née à l'époque de Jeanne...
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Citations et extraits

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  • Par jeannebertrand, le 23 avril 2014

    Jeanne se sentait vaguement troublée par cette fermentation de vie. Elle avait des alanguissements subits en face d'une petite fleur dans l'herbe, des mélancolies délicieuses, des heures de mollesse rêvassante.

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  • Par jeannebertrand, le 23 avril 2014

    Il ne comprenait pas ces énervements de femme, les secousses de ces être vibrants affolés d'un rien, qu'un enthousiasme remue comme une catastrophe, qu'une sensation insaisissable révolutionne, affole de joie ou désespère. (p95)

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  • Par jeannebertrand, le 23 avril 2014

    Ceux-ci causaient tranquillement, comme deux amis, car ils étaient devenus amis par le contact de leurs âmes droites, de leurs cœurs simples; ceux-là parlaient bas souvent, riaient parfois par éclats violents, se regardaient soudain comme si leurs yeux avaient à se dire des choses que ne prononçaient pas leurs bouches; et ils partaient brusquement au galop, poussés par un désir de fuir, d'aller plus loin, très loin.
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  • Par jeannebertrand, le 23 avril 2014

    La verdure à tons noirs rendait profond, austère et lugubre l'étang; et, quand le vent soufflait, les gémissements des arbres semblaient la voix du marais.

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  • Par jeannebertrand, le 23 avril 2014

    (...) et Jeanne attendrie répétait : "Comme on est bien! que c'est bon la campagne! Il y a des moments où je voudrais être mouche ou papillon pour me cacher dans les fleurs." (page 60)

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