> Henri Mitterand (Autre)
> Alain Buisine (Éditeur scientifique)

ISBN : 2253004243
Éditeur : Le Livre de Poche (1979)


Note moyenne : 3.81/5 (sur 519 notes) Ajouter à mes livres
À dix-sept ans, radieuse, prête à toutes les joies, à tous les hasards, Jeanne quitte enfin le couvent. Dans le désœuvrement des jours et la solitude des espérances, de toutes ses rênes, le plus impatient est celui de l'amour...
Oh ! Elle en sait des choses sur l... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par ahasverus, le 17 avril 2012

    ahasverus
    """On pleure parfois les illusions avec autant de tristesse que les morts."""
    Une vie commence devant un tableau : Pyrame, croyant Thisbé morte, se suicide ; Thisbé, découvrant le corps de Pyrame, se tue.
    Hors du tableau, les yeux et les bras grands ouverts, Jeanne apelle la vie. Ce n'est pas cette vie là que Jeanne vivra, mais une autre, faite de vide, de désillusions, de déceptions, de profits, de mensonges.
    Elle qui avait besoin de "frotter son coeur à des coeurs honnêtes" n'en trouvera point. Elle aura un mauvais mari, un mauvais fils, un mauvais abbé, quelques faux amis, peu de soutien.
    Premier roman de Guy de Maupassant, Une vie brosse le portrait en creux d'une femme arrivée sans savoir dans Une vie de plain-pied. On suppose que c'est un peu le cas de sa mère et de sa tante, Subir.
    Jeanne attendait l'amour ; elle découvre le sexe. Jeanne attendait la complicité ; elle découvre la trahison. Jeanne a échappé à Zola : il y a toujours autour d'elle quelque personnage protecteur ou arrangeant : le baron, l'abbé Picot, Rosalie, lui évitent les abysses.
    Un livre ou, selon Jeanne, il ne se passe rien. Une chûte. Un Bel Ami à rebours parti d'en haut pour tomber sur le pavé. Par l'amour, tout pareil. Sans un rebond.
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    Critique de qualité ? (21 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par MissMarty, le 08 mai 2012

    MissMarty
    Cruel ! Poignant ! Tel est ce roman de Guy de Maupassant, paru en 1883 ! La triste histoire de cette jeune fille trop inexpérimentée, trop passive comme beaucoup de femmes à cette époque !
    Ce livre m'est tombé dans les mains l'année dernière par la prof de français. Elle distribuait des livres (différents) empruntés au CDI du lycée et il fallait faire une fiche de lecture pendant les vacances.
    Le début n'est pas très accrocheur, voire décourageant : énormément de description et peu d'action. J'aurais sûrement lâché si je n'étais pas obligé de le lire (pardonnez mon manque de courage !) et j'avais tendance à penser à autre chose quand je lisais le début et quand j'ai lu le passage où la jeune Jeanne rêvait d'amour et de romanesques promenades avec l'élu de son cœur, j'ai cru que la prof s'était moquée de moi ! Pourtant, je pensais que cela n'allait pas durer longtemps (en connaissant le pessimisme De Maupassant).
    Les descriptions étaient certes, très longues, mais certains montraient la beauté de la Normandie et sa poésie, l'attachement de Jeanne pour ses parents etc.
    Puis, tout change au moment où elle rencontre le séduisant et noble vicomte Julien de Lamare. Il se rencontrent, s'aiment, se fiancent et se marient. Que rêver de mieux quand on est une jeune fille de bonne famille, sortant du couvent ?
    Hélas, Jeanne commença à déchanter lors de la nuit de noces où elle découvre chez Julien, une brutalité sexuelle inconvenante ! Cependant, la passion revient pendant le voyage de noces en Corse mais s'éteint définitivement au retour. Les jours deviennent mornes et Jeanna verra en Julien, un homme impitoyable et avare et égoïste et adultère ! Il lui fera cependant Un fils à qui elle donne tout son amour mais celui-ci ressemblera à son père en tous points et ne sollicitera sa mère que pour payer ses dettes !
    De nombreux thèmes sont évoqués : innocence, passion, trahison, avarice, infidélité, brutalité, fanatisme religieux (avec l'abbé Tolbiac), le libertinage (de nombreuses jeunes femmes étaient enceintes quand elles s'étaient mariées), l'anticléricalisme (avec le père de Jeanne), l'assassinat passionnel, la jalousie, l'ingratitude de la progéniture, la passivité de la femme de l'époque (pas toutes pourtant, il faut prendre du recul), tristesse, pessimisme etc.
    La seule chose que l'on ne pourrait pas reprocher au fanatique abbé Tolbiac est le fait qu'il avait exhorté à Jeanne de quitter son mari infidèle mais celle-ci ne le fera pas par pure passivité !
    ( Info : l'abbé Tolbiac qui a succédé au laxiste abbé Picot, nous voyons alors deux extrêmes religieux : le fanatique et le laxiste.)
    Jeanne devient surtout irritante : son mari la trompe, elle ne fait rien, son fils la rejette, elle ne fait rien, tout s'effondre autour d'elle, elle ne fait toujours rien ! On n'a qu'une envie, la secouer de toutes nos forces !
    Finalement, Jeanne autrefois si belle et si remplie de vie, devenue, vieille et précocement fanée, sera recueillie par sa sœur de lait, la paysanne Rosalie qui lui dira de cesser de payer les dettes de son fils. Jeanne retrouvera finalement goût à la vie en prenant avec elle sa petite-fille issue de l'union de Paul, fils de Jeanne et d'une prostituée.
    Et voici la phrase finale qui illustre, conclut et résume tout : La vie, voyez-vous, ça n'est jamais ni si bon ni si mauvais qu'on croit.
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    Critique de qualité ? (13 votes positifs)
  • Par Aela, le 17 février 2011

    Aela
    une vie, le premier roman de Maupassant, raconte l'histoire de Jeanne le Perthuis des Vauds, jeune femmes sensible et romanesque, depuis sa sortie du couvent. C'est le bilan d'une vie, un bilan sans concession, où apparaît beaucoup d'amertume et de désillusions.
    Jeanne, pleine d'illusions dans sa jeunesse, va épouser le vicomte Julien de Lamarre, qui se révèle hypocrite, calculateur et coureur de jupons impénitent. Après la mort de celui-ci, assassiné par un mari jaloux, elle élève seule leur petit garçon, qui, à dix-huit ans s'enfuit en Angleterre et l'amène à la ruine.
    La mort de ses parents la conduit au bord de la folie.
    Un destin tragique qui l'emmène vers une lente mais inexorable déchéance physiquen financière et physique. Un sort quelque peu allégé par la présence fidèle et attentive de Rosalie, sa bonne, ainsi que le souvenir des jours heureux passés dans les paysages normands chers à Maupassant.
    A mon sens le plus beau roman de Maupassant...le roman du temps qui passe..
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    • Livres 5.00/5
    Par araucaria, le 26 avril 2012

    araucaria
    J'ai beaucoup lu Maupassant, et j'aime beaucoup son style, ses descriptions. La lecture de ce roman a été une révélation, j'ai été bouleversé par le destin de Jeanne. Il n'était pas facile d'être une jeune fille à marier au 19ème siècle surtout lorsqu'on quittait à peine le couvent. Jeanne était une victime toute désignée, car trop naïve, trop pure, inexpérimentée. "une vie" reste mon roman préféré de Guy de Maupassant. Un superbe roman qui peut tirer des larmes, et ne laisse aucunement indifférent.

    Lien : http://araucaria.20six.fr/
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    • Livres 5.00/5
    Par brigittelascombe, le 27 juin 2011

    brigittelascombe
    Une vie ou une non vie?
    La vie de Jeanne vaut bien celle d'une Emma, au point de vue valeur littéraire, j'entends.
    Guy de Maupassant qui appartenait à la génération dite 'naturaliste', a su peindre de main de maître ce douloureux portrait de femme romantique et y méler intrigues, descriptions et échanges verbaux pour créer un roman qui a traversé deux siècles et perdure.
    On la voit cette campagne normande, on la sent, on la touche, comme cette bruine fine qui inonde tour à tour la chevelure, le coeur, les yeux et le destin de Jeanne. Avec un simple arc en ciel en fin de course, où l'auteur se rattrappe de sa cruauté.
    Petite noblesse provinciale. Après un passage austère dans un couvent pour jeunes filles rangées, après un début de mariage auréolé de huit jours d'éveil des sens avec un hobereau charmeur, Jeanne découvre la vraie vie, sa vie, mais celle aussi de nombreuses femmes du XIX° siècle, soumise à un goujat intéressé par une bourse remplie d'or.
    Libre, prête à saisir les bonheurs de la vie, rêveuse,radieuse,confiante, elle possède pourtant bien des atouts:une chair d'aristocrate nuancée de rose,des cheveux blonds,des yeux bleus, une taille ondoyante, une poitrine ferme,une voix nette, un rire franc qui sème la joie tout autour, mais voilà! Romantique,émotive,vulnérable, timide, et amoureuse, elle défaille lorsqu'elle surprend Julien, le traitre dans le lit de Rose la petite bonne, enceinte de surcroit.
    Pauvre petite chose humiliée,abandonnée, chiffonnée, souffrante, jalouse, accablée! Où trouver du soutien?
    "Tout le monde était donc perfide, menteur et faux."
    Sa 'petite Mère', égoïste, nie la tromperie, les autres aussi.
    Elle perd ses illusions, sa confiance.
    "Tout faisait souffrir et pleurer."
    Même l'abbé l'influence.
    "Tout était misère, chagrin, mort."
    Sa vie est morne et sans attente.
    "Sa sentimentalité maladive et grandssante, ses rêveries exaltées, tout le désordre de sa pauvre âme secouée par le malheur"
    La voilà désespérée.
    Et ce secret horrible dévoilé à la mort de sa mère.
    "Sa dernière confiance était tombée avec sa dernière croyance"
    Un enfant, elle a un enfant et l'idolatre, et a peur de le perdre et la vie se poursuit. Et le mari meurt de la jalousie d'un autre. Et la vie continue. Et la vie s'éclaircit... en fin de vie.
    Sublime comme la douce complainte d'une pluie bretonne!
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Citations et extraits

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  • Par marina53, le 14 mai 2012

    Il ne comprenait pas ces énervements de femmes, les secousses de ces êtres vibrants affolés d'un rien, qu'un enthousiasme remue comme une catastrophe, qu'une sensation insaisissable révolutionne, affole de joie ou désespère.
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  • Par mandarine43, le 10 février 2012

    [Incipit.]

    Jeanne, ayant fini ses malles, s'approcha de la fenêtre, mais la pluie ne cessait pas. L'averse, toute la nuit, avait sonné contre les carreaux et les toits. Le ciel bas et chargé d'eau sem­blait crevé, se vidant sur la terre, la délayant en bouillie, la fondant comme du sucre. Des rafales passaient pleines d'une chaleur lourde. Le ronflement des ruisseaux débordés emplissait les rues désertes où les maisons, comme des éponges, buvaient l'humidité qui pénétrait au-dedans et faisait suer les murs de la cave au grenier.
    Jeanne, sortie la veille du couvent, libre enfin pour toujours, prête à saisir tous les bonheurs de la vie dont elle rêvait depuis si longtemps, craignait que son père hésitât à partir si le temps ne s'éclaircissait pas ; et pour la centième fois depuis le matin elle interrogeait l'horizon.
    Puis elle s'aperçut qu'elle avait oublié de mettre son calendrier dans son sac de voyage. Elle cueillit sur le mur le petit carton divisé par mois, et portant au milieu d'un dessin la date de l'année courante 1819 en chiffres d'or. Puis elle biffa à coups de crayon les quatre premières colonnes, rayant chaque nom de saint jusqu'au 2 mai, jour de sa sortie du couvent.
    Une voix, derrière la porte, appela : «Jeannette !»
    Jeanne répondit : «Entre, papa.» Et son père parut.
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  • Par litolff, le 24 août 2011

    Mignonne, je vais remplir un role difficile qui devrait revenir à ta mère. Mais, comme elle s’y refuse, il faut bien que je prenne sa place. J’ignore ce que tu sais des choses de l’existence. Il est des mystères qu’on cache soigneusement aux enfants, aux filles surtout, aux filles qui doivent rester pures d’esprit, irréprochablement pures jusqu’à l’heure ou nous les remettons entre les bras de l’homme qui prendra soin de leur bonheur. C’est à lui qu’il appartient de lever le voile jeté sur le doux secret de la vie. Mais elles, si aucun soupçon ne les a encore effleurées, se révoltent souvent devant la réalité un peu brutale cachée derrière les rêves. Blessées en leur âme, blessées même en leur corps, elles refusent à l’époux ce que la loi, la loi humaine et la loi naturelle lui accordent comme un droit absolu. Je ne puis t’en dire davantage, ma chérie, mais n’oublie point ceci, que tu appartiens tout entière à ton mari.
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  • Par sentinelle, le 07 décembre 2009

    La vue d’une marguerite blottie dans une touffe d’herbe, d’un rayon de soleil glissant entre les feuilles, d’une flaque d’eau dans une ornière où se mirait le bleu du ciel, la remuait, l’attendrissait, la bouleversait en lui redonnant des sensations lointaines, comme l’écho des ses émotions de jeune fille, quand elle rêvait par la campagne.
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  • Par torevan, le 16 avril 2012

    (...) et elle sentait entre elle et lui comme un voile, un obstacle, s'apercevant pour la première fois que deux personnes ne se pénètrent jamais jusqu'à l'âme, jusqu'au fond des pensées, qu'elles marchent côte à côte, enlacées parfois, mais non mêlées, et que l'être moral de chacun de nous reste éternellement seul par la vie.
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Vidéo de Guy de Maupassant

Bande annonce du roman de Guy de Maupassant signée Declan Donnellan et Nick Ormerod avec Robert -Twilight- Pattinson,Uma Thurman, Kristin Scott Thomas et Christina Ricci dans les rôles titres.








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