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> Albert Camus (Préfacier, etc.)

ISBN : 207036206X
Éditeur : Gallimard (1972)


Note moyenne : 3.91/5 (sur 11 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Voici un écrivain français de Tunisie qui n'est ni français ni tunisien... Il est juif et sujet tunisien...
Cependant il n'est pas réellement tunisien, le premier pogrome où les Arabes massacrent les juifs le lui démontrent. Sa culture est française... Cependan... > Voir plus
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Critiques, analyses et avis (2)

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    • Livres 3.00/5
    Par Luniver, le 19 avril 2015

    Luniver
    La statue de sel raconte la quête d'identité d'Alexandre, alter ego de l'auteur, composée essentiellement de paradoxes. Né en Tunisie dans une famille pauvre peu avant la seconde guerre mondiale, il est le seul enfant de la famille à poursuivre ses études au lycée et tente de s'intégrer au monde bourgeois qu'il admire et méprise à la fois. Son éducation étant française, il rejette l'Orient et se sent profondément occidental, bien que son accent, son nom et sa tête ne lui permettront jamais d'être considéré comme tel. Il est enfin né dans une famille juive, vivant dans un ghetto. Avec l'instruction qu'il a reçue, il ne peut plus s'identifier aux croyances ancestrales de sa religion, qui continue pourtant à lui coller à la peau.
    Alexandre se retrouve alors seul, perpétuellement écartelé. Lui qui abandonné ses racines se voit refuser l'accès à tous les cercles auxquels il s'identifie. Les nombreuses trahisons de l'Occident qu'il admirait le laisseront encore plus amer : la France de Pétain abandonne les valeurs d'égalité qu'Elle représentait pourtant à ses yeux, mais celle de de Gaulle refuse aussi d'inscrire un nom juif sur la liste de ses combattants.
    Le héros en colère, rempli d'une certaine rancoeur, rend cette lecture assez éprouvante. Elle doit s'apprécier davantage quand on a vécu soi-même ce déchirement décrit par l'auteur.
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    • Livres 5.00/5
    Par miriam, le 01 février 2015

    miriam
    Pendant l'épreuve de l'agrégation de philosophie, Alexandre Mordekhai Benillouche, au lieu de disserter sur "les éléments condillaciens dans la philosophie de Stuart Mill", écrit l'enfant qu'il fut, dans l'Impasse entre sa mère analphabète s'exprime en patois, et son père bourrelier, dans l'innocence, puis l'écolier de l'Alliance israélite, remarqué et choisi pour être boursier au lycée...
    Roman d'apprentissage, recherche d'identité pour le lycéen qui choisit la culture française et se détourne aussi bien de la religion - il n'est pas croyant - que de toutes les superstitions des juifs du ghetto. Lycéen solitaire, fils d'artisan parmi des camarades de milieux aisés et même bourgeois, il peine à trouver sa place.
    Les lois de Vichy lui rappellent brutalement sa judéité. Il démissionne fièrement de son poste dans le lycée avant qu'on ne le renvoie. L'invasion allemande lui ôtera toute illusion sur ses illusions françaises. Même le professeur de philosophie, dont il était le disciple préféré ne fera rien pour l'aider ou pour le cacher. Juif indigène, il rejoindra les siens au camp de travail. Il n'a plus rien de commun avec les pauvres du ghetto, ne sait plus prier, ne sait pas leur parler d'idées en patois tunisien, il se sentira étranger parmi eux.
    Libéré du camp, il songe à s'engager mais on lui suggère de modifier son nom, mettre peut être Mohamed," pour les Arabes il n'y a pas de limites".
    J'ai beaucoup aimé les récits de la vie quotidienne de son enfance, sa famille, au début du roman. Les années d'apprentissage au lycée, avant la guerre montrent la société coloniale, raciste mais aussi les espoirs mis dans l'éducation, la culture et la philosophie, dans la France. La dernière partie - le Monde - est tragique. La quête de l'identité du héros se terminera ainsi :
    "Je suis étonné de ne pas avoir peur ; mais l'habitude dispense du courage et, en vérité, j'ai longtemps épié ma découverte. je meurs pour m'être retourné sur moi-même. Il est interdit de se voir et j'ai fini de me connaître. Comme la femme de Loth, que Dieu changea en statue, puis-je encore vivre au-delà de mon regard?"

    Lien : http://miriampanigel.blog.lemonde.fr
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Citations et extraits

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  • Par Luniver, le 18 avril 2015

    — Je t'ai nourri, habillé, j'ai accepté que tu ailles en classe alors que les fils de tous mes confrères sont au magasin à se durcir les doigts sur le cuir.
    Il ne pouvait pas dire qu'il me payait mes études et cela manquait dans son argumentation. Il en était d'autant plus furieux. Mais il réclamait pour le manque à gagner et mes années d'enfance. Et à cela je ne pouvais rien rétorquer et j'en étais exaspéré. Il présentait sa note, c'était tout.
    — Je t'ai élevé.
    — Oui, découvris-je, mais ton père t'a élevé, tu avais une dette ; j'élèverai mes enfants et je serai quitte aussi.
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  • Par oenone, le 17 juin 2014

    Je veux m'en souvenir : ma vie connut des jours d'innocence où il me suffisait de fermer les yeux pour ne pas voir.

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Vidéo de Albert Memmi

A l'occasion de la réédition du "Mirliton du ciel" aux éditions Chemins de tr@verse, Albert Memmi revient sur ce livre (son seul recueil de poésie !), sa signification pour lui, et son rapport à sa Tunisie natale.








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