ISBN : 9782848050997
Éditeur : Sabine Wespieser (2011)


Note moyenne : 3.67/5 (sur 15 notes) Ajouter à mes livres
Asral, le personnage central de ce roman antique, est missionné pour produire une copie neuve du testament d’Anhouer, un héros mythique et père des lois de la ville de Sir. Le jeune scribe décide de faire secrètement une deuxième copie de ce testament.
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par Missbouquin, le 14 avril 2012

    Missbouquin
    Comme d'habitude avec des livres publiés chez Sabine Wespieser, je suis toujours grandement surprise, dès les premières pages ! L'histoire n'est jamais centrale dans ces textes, mais il s'agit plutôt d'une ambiance, d'une philosophie reposantes, loin des romans contemporains pleins de bruits et de fureurs. C'est la raison pour laquelle ces romans ne seront jamais des best-sellers mais appréciés de-ci de-là par quelques lecteurs attentifs, qui recherchent une langue recherchée et un style construit.
    Je suis heureuse de découvrir ici encore un bon roman français. de cet auteur, j'avais déjà beaucoup apprécié Les vivants et les ombres, quoique très spécial puisque c'était le récit d'une histoire de famille … racontée par la maison familiale ! Un roman très sombre mais dont l'originalité m'avait charmée.
    Avec Les villes de la plaine, Diane Meur a encore réussi son pari avec moi. Au départ un peu dubitative par l'histoire de ce scribe, Asral, qui recopie les textes sacrés de la ville de Sir, je me suis rapidement laissée transportée au cœur de cette ville antique imaginaire, en particulier grâce au second personnage, Ordjéneb, qui joue le rôle de catalyseur. Enfin, le troisième personnage est bien sûr la ville elle-même, Sir, et son double décadent Hénab. Sir, les habitants, et leur dieu, Anouher.
    Comme chaque année, Asral va donc devoir recopier les “tables de la loi” d'Anouher. Mais rapidement, il commence à se poser des questions, à remettre en doute la figure d'Anouher, là tenter de la comprendre, elle et son histoire, qui sont inextricablement liée à l'histoire de la ville. Ce questionnement est en relation avec le sentiment de perdition, de décadence de la ville de Sir que ressent Asral : “Retourne, peuple de Sir, reviens à toi avant qu'il ne soit trop tard ! Mais celui qui tiendrait cette harangue devant le haut palais, les gardes l'éloigneraient comme un énergumène.” Cette dernière phrase n'est pourtant pas d'Asral mais d'Ordjéneb, le montagnard, qui va offrir le recul nécessaire au premier pour amorcer ces questionnements.
    Petit à petit, Asral avance dans ses réflexions, et conclut :
    “Tout ce que décident les juges se fait au nom d'un Anouher qui n'a plus guère à voir avec le vrai. Dont la parole a été sanctifiée, mais en même temps trahie, détournée de sa lettre. Un Anouher dont la véritable nature a été occultée par une dévotion aveugle, et par l'escamotage de documents gênants.”
    Mais une fois qu'il a mené sa réflexion à terme, à l'écart de son peuple, il s'agit de revenir vers lui, de lui offrir le savoir pour lui permettre d'évoluer : “Et maintenant, pensa Asral en jetant à la ville un dernier regard plein d'attentes et d'une certaine appréhension – maintenant il va falloir qu'il leur explique tout ça.” Ce sera le plus dur.
    En conclusion :
    “Mais Sir, où est donc Sir ? Nulle trace de ses remparts, nulle trace de son orgueilleux saillant sur la plaine subjuguée, rien. Car la ligne inchangée des crêtes environnantes finit par nous le faire admettre : Sir est là, sous nos pieds.” Par une extraordinaire avancée dans le temps, Diane Meur nous a en effet transporté de temps en temps au XIXe siècle, alors que des fouilles sont effectuées dans la région. Et l'on comprend vite que Sir n'existe plus … Incapable de se remettre en question, en refusant d'écouter Asral, le réformateur; en oubliant de réfléchir à ses origines, Sir s'est perdue elle-même.
    C'est donc un roman hors normes que nous offre Diane Meur, un de ces romans où l'on ne peut pas dire : j'aurais pu l'écrire. S'il n'est pas facile d'accès, il me semble qu'il nous donne l'occasion de parcourir un véritable chemin philosophique, de nous interroger sur nos croyances, nos valeurs; et il nous donne envie de revenir à la source des textes, de ces croyances. Il nous montre qu'il faut sans arrêt se poser des questions, se remettre en cause, ne pas rester sur nos acquis, car l'on risque de se perdre et de s'éloigner de ce qui nous est le plus précieux …
    De quoi réfléchir grâce à ce roman qui sonne tellement juste …

    Lien : http://missbouquinaix.wordpress.com/2012/04/14/les-villes-de-la-plai..
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    • Livres 3.00/5
    Par Cath36, le 05 mars 2012

    Cath36
    Voici un livre, qui à partir d'une histoire sympa se dilue entre le conte, la fable et le roman dans une tentative de style oriental qui se veut lent, raffiné et un peu lyrique à la manière antique mais qui est surtout doucereux et assez superficiel. A partir d'une cité imaginaire, l'auteur évoque les relations entre la politique et la religion, la réflexion personnelle et la soumission à l'ordre établi, le rôle des hommes et la place des femmes tout en essayant de mettre en lumière ce qui demeure permanent dans toute civilisation.
    Mais ce livre assez bâtard, qui tente une sorte de syncrétisme historique, mais qui n'est ni historique, ni science-fiction, ni antique ni moderne m'a finalement mise assez mal à l'aise et ne m'a guère convaincue, d'autant que l'histoire se perd dans les méandres des descriptions et des palabres un peu comme un fleuve se noie dans les marais de son delta.
    Ce texte n'aura pas été une lecture désagréable, mais j'ai franchement eu l'impression à moult reprises de perdre mon temps.
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    • Livres 2.00/5
    Par canel, le 28 août 2011

    canel
    - - - Abandon...
    Période et région indéfinies, décor de fable orientale.
    Déshonoré par des pertes dans son troupeau, le berger Ordjeneb est contraint de fuir sa famille et son village de montagne. Après quelques jours d'errance, il arrive dans la ville de Sir, dont les habitants vouent un culte au prophète Anouher. le jeune homme trouve un emploi chez le scribe Asral qui retranscrit les propos du messie, il y sera gardien des manuscrits religieux.
    Sous ses airs naïfs et malgré son illettrisme, Ordjeneb est sage, curieux, futé, et pousse son maître dans ses retranchements, le laissant à court d'arguments sur bien des sujets (polythéisme/monothéisme, besoin d'amour humain...).
    Conte philosophique qui m'a réjouie par moments - par son côté exotique et les débats intéressants - mais globalement agacée, donnant une impression de déjà-lu. Une plume en outre trop lyrique, qui me semble artificielle, posée. J'ai abandonné au tiers.
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    • Livres 4.00/5
    Par estrella_oscura, le 21 janvier 2012

    estrella_oscura
    Tout le décor de l'intrigue fait appel à l'imaginaire. Nous voici donc dans une époque inconnue, vraisemblablement antique et dans une ville fantasmée, Sir. Territoire d'une civilisation unifiée sous la bannière d'Anouher, il y règne l'ordre social et une certaine froideur propre aux grandes villes. C'est ici que vont se croiser trois personnalités : Ordjéneb, le montagnard loyal à la naïveté éclairée, Djili la courageuse et Asral, le maître scribe qui doit fournir une nouvelle copie des lois d'Anouher. Animé tout d'abord d'un respect aveugle des traditions, il s'ouvrira peu à peu à une compréhension plus ouverte de cette héritage figé au fil des ans.
    Tout est imaginaire, disais-je, mais quoi de mieux que l'imaginaire pour faire passer quelques questionnements bien d'actualité ? C'est la Religion et la politique qui viennent immédiatement à l'esprit, Anouher métaphorisant à la perfection nos systèmes de pensées instrumentalisés et vidés de leurs sens à force de pétrification délétère. Puis l'on comprend que l'ouvrage est plus largement une réflexion sur l'homme et sa formidable capacité à abdiquer sa liberté dans la joie et la bonne humeur - et à la fin, ça file d'ailleurs un peu les miquettes autant d'enthousiasme à l'asservissement.
    Que ces considérations à deux sesterces ne vous découragent pas de plonger dans ce roman, néanmoins! Car certes excellement bien écrit, dans une langue subtile, érudite et d'une grande simplicité, Les villes de la plaine se lit avant tout comme une très bonne épopée moderne, avec un soupçon de roman d'amour et de philosophie. Il est à mettre entre toutes les mains, les intellos qui décortiquent pour le plaisir comme ceux qui lisent pour se divertir (et ça marche aussi pour les ceux qui sont les deux à la fois, c'est ça qui est bien!)

    Lien : http://lapetitemarchandedeprose.hautetfort.com/archive/2011/12/06/le..
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    • Livres 4.00/5
    Par vegalia, le 22 avril 2012

    vegalia
    Deux villes et deux manières d'appréhender l'existence. L'une très régulée, hiérarchisée, vivant sur un passé révolu. le moindre problème la fera voler en éclat. L'autre plus volatile, qui s'amuse, qui vit le jour le jour, qui fait du commerce mais qui résistera au temps.
    Un montagnard, avec sa simplicité et son intelligence naïve mais éguisée, va pousser un maître de la loi : le scribe Asral a mettre en doute la parole du maître. Il va chercher non plus à la recopier mais à la comprendre et dès lors, tout va être bouleversé.
    C'est bien écrit. La psychologie des personnages est bien travaillée.
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Critiques presse (3)


  • LeSoir , le 17 octobre 2011
    Dans « Les villes de la plaine », Diane Meur émerveille par une narration rudement bien construite et interroge sur la place de la politique et de la religion dans la société.
    Lire la critique sur le site : LeSoir
  • Telerama , le 05 octobre 2011
    Limpide et enjouée, la langue de Diane Meur donne une verve à ces combats personnels qui prennent une seule et même source : le refus de se soumettre. La naïveté n'est toujours qu'apparente, et la parole sans cesse remise en question, dans ce livre aussi consistant que léger.
    Lire la critique sur le site : Telerama
  • Actualitte , le 27 septembre 2011
    Les villes de la plaine est d'une grande justesse. Après quelques relectures, le style semble un peu aride, et plus à même encore de la réalité romanesque. L'on garde cette crainte que le sujet ne soit pas très facile d'accès - tout en le regrettant, tant Diane Meur déploie avec élégance et intelligence l'histoire de cette civilisation, grandeur, décadence et destruction.
    Lire la critique sur le site : Actualitte

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Citations et extraits

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  • Par Cath36, le 05 mars 2012

    Je suis dure, se redit-elle encore. Et elle ne savait plus si c'était un rappel à l'ordre. (N'oublie pas : tu es dure) ou un regret, un reproche. Dure, n'aurait-elle pu l'être moins ? Pour le sable soulevé par le vent de la plaine, ou recueilli par une paume qui le laissait doucement, grain à grain, retomber vers le sol, n'était-il pas une façon de se sentir être, de se sentir être soi ?
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  • Par estrella_oscura, le 21 janvier 2012

    Il faudrait que, se levant du milieu de la foule, un inspiré adjure : "Gens de Sir, vous avez changé. Quoi que vous croyiez peut-être, le temps des fondateurs, le temps d'Anouher est révolu. Tout ce qu'ils ont planté ou posé est devenu sacré pour vous, intangible, et vous en concluez que le temps n'avance plus, que rien ne change ni ne bouge. Mais de ce changement, n'êtres-vous pas la preuve? Chaque année rend vos règles plus rigides, chaque année vous fige davantage dans le souvenir de ce passé. Et cette pétrification n'est-elle pas un processus, un devenir, cela même, en d'autres mots, que vous prétendez bannir? Retourne, peuple de Sir, reviens à toi avant qu'il ne soit trop tard!"
    Mais celui qui tiendrait cette harange devant le haut palais, les gardes l'éloigneraient comme un énergumène. Au Marché de la porte des Buffles, les passants le feraient taire en lui disant : Nos n'aimons pas ta chanson.
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  • Par Missbouquin, le 14 avril 2012

    “Retourne, peuple de Sir, reviens à toi avant qu’il ne soit trop tard ! Mais celui qui tiendrait cette harangue devant le haut palais, les gardes l’éloigneraient comme un énergumène.”
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  • Par Cath36, le 05 mars 2012

    Ah, comment raconter un évènement historique, comment savoir où il commence et où il se termine ! Dès qu'on essaie de l'appréhender, il se met à ressembler à ces mauvaises herbes que l’eunuque jardinier d'Asral s'efforce vainement de faire disparaître des rocailles et des massifs. On croit le tenir, on découvre n'avoir entre les mains qu'un bout de rhizome menant ailleurs, et encore ailleurs, et dont l'origine semble n'être nulle part. La pensée se perd dans ce dédale, la notion de causalité se brouille. On ne voit plus très bien où sont les causes et où sont les effets. Si une même cause peut produire tantôt un effet, tantôt l'effet contraire, est-elle encore une cause ? Et si advient un fait qui serait advenu de toute façon, n'est-il pas oiseux de rechercher de quelle cause il pourrait être l'effet ?
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  • Par Missbouquin, le 14 avril 2012

    Tout ce que décident les juges se fait au nom d’un Anouher qui n’a plus guère à voir avec le vrai. Dont la parole a été sanctifiée, mais en même temps trahie, détournée de sa lettre. Un Anouher dont la véritable nature a été occultée par une dévotion aveugle, et par l’escamotage de documents gênants.”
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Diane Meur : Quel point de départ pour un roman ? .
Quel est le point de départ d'un roman ? Quels sont les éléments qui enclenchent chez l'auteur l'envie d'écrire un nouveau récit ? Diane Meur, auteure du livre "Les villes de la plaine" (Sabine Wespieser, 2011) raconte comment lui est venue cette idée d'écrire sur un personnage qui traduit un texte de loi. Une traduction qui bouleverse la face du monde...








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