ISBN : 284805056X
Éditeur : Sabine Wespieser (2007)


Note moyenne : 3.67/5 (sur 30 notes) Ajouter à mes livres
Avec cette saga familiale qui se déploie sur près d’un siècle, Diane Meur confirme son formidable talent de romancière.
En Galicie, terre rattachée à l’empire habsbourgeois depuis le partage de la Pologne, l’obscure famille Zemka reconquiert le domaine fondé par ... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 3.00/5
    Par Mamzelle, le 20 juin 2008

    Mamzelle
    Si je n'accorde pas ou peu de crédit aux prix littéraires alloués tous les ans, je suis par contre de près les sélections faites. C'est assez contradictoire mais, plus que tout, c'est là que je puise mes envies de nouveaux livres.
    Cette année, je me suis interessée de près au Prix du Style, fondé par Antoine Buéno qui, en plus d'être quelqu'un que j'estime beaucoup, est aussi un écrivain (entre autres de l'excellent "Triptyque de l'asphyxie") et chroniqueur littéraire qui siège vaguement au Sénat.
    Cette définition est bien évidemment très réductrice, je ne donne pas cher de mon scalp s'il passe par là.
    C'est donc dans sa sélection de septembre 2007 que j'ai puisé le livre dont je vais vous parler aujourd'hui, "Les vivants et les ombres" de Diane Meur.

    Pavé de 720 pages sorti aux Editions Sabine Wespieser pour la rentrée littéraire 2007, "Les vivants et les ombres" est donc le dernier ouvrage de Diane Meur, romancière et traductrice belge.
    Cette saga familiale qui démarre en 1820 met en place 4 générations de bourgeois en Galicie, région alors rattachée à l'empire habsbourgeois depuis le partage de la Pologne. Pendant plus d'un siècle, à travers les soulèvements de cette région, les révolutions de 1848 et jusqu'aux prémices de 1914, Diane Meur nous fait suivre les affres d'une famille qui va se déchirer et se retrouver sans cesse dans une atmosphère de lutte pour l'indépendance polonaise.
    Le style de ce roman pourrait être complètement standard, on est ici dans la saga historique classique. Mais Diane Meur ne positionne pas l'un ou l'autre des éléments de la famille Zemka-Ponarski comme narrateur.
    Le récit est fait ici par la maison elle-même, théâtre de tous les évènements qui vont secouer ses occupants.
    La grande batisse blanche est donc ici à la fois murs, toits, colonnes néo-classiques, salon de bal et chambres mais plus encore atmosphère, odeurs, rayons de soleil, poussières et messes basses.
    C'est en elle que s'inscrivent toutes les émotions, que se cachent les ombres du passé et que se définissent les vivants qui l'occupent. Elle ne se lasse pas d'observer la vie, la mobilité et la liberté que ses habitants possèdent et qui ne sont que chimères pour elle-même.
    A travers tous les personnages que la maison va voir défiler en ses murs, elle va s'attarder plus spécifiquement sur les femmes, ces femmes qui la fascinent...
    Le titre lui-même annonce la couleur, Diane Meur ne met pas en opposition les "vivants et les disparus" mais les "vivants et les ombres", comme si rien ne disparaissait, tout se transformait en ombre.
    Comme la maison le dit si bien "Vous êtes poussière et vous redeviendrez poussière. Cette phrase (... ) me parait avoir été écrite pour nous, bien plus que pour les hommes. Car enfin soyons sérieux! Chacun sait que les hommes, eux, laissent infiniment plus qu'un peu de poussière. Ils laissent leur nom, des descendants, une mémoire, la trace de leurs actes ou même de leurs oeuvres. Alors pas de misérabilisme, pas de pleurnicheries anthropocentriques: ce n'est pas à nous qu'on apprendra ce que c'est que disparaître de la face du monde".
    A tous ceux qui ne sont tentés que moyennement par ce type de livre, sagas familiales sur fond d'histoire, je ne peux que conseiller ce livre. Je n'étais pas fan de ce type de littérature à la base mais je n'ai pas décroché de celui-ci tellement les mots de Diane Meur, à travers les yeux de la maison, sont justes, mélodieux et captivants.
    Un style qui définitivement explique sa sélection et une narration excessivement originale, c'est une autre de mes belles découvertes de cette rentrée.
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    • Livres 3.00/5
    Par Ellcrys, le 16 mai 2010

    Ellcrys
    Je risque d'avoir du mal à vous parler de ce livre, et un lourd sentiment de culpabilité m'assaille... Je culpabilise de ne pas avoir sû apprécier ce roman à sa juste valeur.
    Nous sommes en Galicie, région de l'Europe de l'Est située le long des Carpates, au XIXe siècle. ce roman nous conte l'ascension puis la décadence de Jozef Zemka, polonais ambitieux qui veut reconquérir le domaine fondé par son noble ancêtre désargenté en mariant la fille de l'actuel propriétaire.
    Diane Meur, nous compte cette histoire à travers la voix d'une maison. Oui, vous avez bien compris, une maison. C'est original et en plus, c'est franchement bien construit. L'histoire est passionnante, fascinante. Tout aurait dû me plaire, mais le hic, c'est que je ne suis pas arrivé à pénétrer dans cette maison et à me laisser aller à écouter ses paroles. C'est comme si je survolais le récit, ne m'attanchant à rien ou si peu.
    J'ai eu beau chercher le pourquoi du comment, je n'ai pas trouvé. Pourtant, je suis allée jusqu'au bout de ma lecture et je ne regrette pas, car l'auteur a une écriture très belle et un style enchanteur. Alors pourquoi cet effet négatif qui me reste en travers de la gorge ? Je ne sais pas ! N'était-ce pas le bons moments ? Pourtant, c'est un roman historique, un de mes genres fétiches. Alors pourquoi ?
    Je regrette énormément de ne pas avoir sû être entraînée par ce récit... un jour, peut-être, je retenterai cette lecture, histoire de ne pas rester sur cet échec.
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    • Livres 3.00/5
    Par mariech, le 21 juillet 2011

    mariech
    Fresque familiale sur plus d'un siècle qui débute en 1821 en Galicie , province polonaise sous le joug de l'empire austro-hongrois .
    L'originalité du roman tient au fait que c'est la maison du domaine lui-même qui raconte l'épopée , roman fleuve qui met en scène Clara et se filles .
    J'ai regardé les critiques avant de mettre la mienne , et je n'ai pas été trop étonnée de ne pas être en phase avec les critiques élogieuses quasi unanimes , de toute façon , chacun réagit différemment à la lecture d'un livre ; il m'a semblé , mais ceci est personnel , qu'il manquait un peu d'âme à ce roman , et pourtant ce n'est pas la longueur qui m'a rebutée .
    J'aimerai connaître d'autres personnes qui ont modérement appréciés.
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    • Livres 4.00/5
    Par zembla, le 14 octobre 2011

    zembla
    En 1821 en Galicie l'obscure famille Zemka reconquiert le domaine fondé par un ancêtre issu de la noblesse et s'engage fiévreusement dans la lutte d'indépendance de la Pologne. Pour retracer son ascension puis sa décadence, l'auteur convoque une singulière narratrice:la maison elle même qui derrière sa façade blanche et son fronton néo-classique, épie ses habitants. Indiscrète et manipulatrice, elle attise les passions , entremêle les destins, guette l'écho des événements qui font l'histoire de l'Europe. Les femmes surtout, condamnées à la réclusion dans la sphère domestique, la fascinent.L'une d'elles, enfin, va réussir à s'en aller...
    Si vous êtes amateur de grandes et belles saga, ce livre est pour vous. On sent le vent de l'histoire traverser ce livre. C'est très bien écrit et l'idée de raconter cette histoire par une maison est non seulement original mais apporte beaucoup de sens . Seul bémol : une histoire sans grande surprise et une fin un peu incongrue.
    Un très bon moment de lecture. Un livre qui se lit d'une traite. Ma note sera de 7.5/10.
    Ce livre a eu le prix Rossel 2007 (équivalent de notre prix Goncourt en Belgique), prix du meilleur roman adaptable au cinéma 2008(???), prix du roman historique 2008.

    Lien : http://www.desgoutsetdeslivres.fr/
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    • Livres 5.00/5
    Par wakinasimba, le 18 janvier 2009

    wakinasimba
    En Galicie, Joseph Zemka, obscure fabricant et vendeur de bonbons, se marie avec Clara von Kotz, unique héritière des von Kotz qui possèdent un grand domaine agricole.
    Joseph est entreprenant, il sait faire prospérer le domaine. Ensemble, ils auront 6 enfants, mais 6 filles, au grand désespoir de Joseph :
    - Maria, qui se mariera avec son cousin afin que le domaine reste dans la famille, sauf que le cousin est un fils d'un officier émigré en France, et pour lui ne compte que la guerre. Avec Maria et leur fille, ils décèdent donc en Turquie après moults périgrinations ;
    - Urszula qui se marie avec Agenor. Celui-ci fera une brillante carrière politique à la ville, et Urszula deviendra une maîtresse-femme, mais loin du domaine ;
    - Wioletta, la plus jolie de la famille, qui aura un fils hors mariage. Elle est alors obligée, après avoir abandonné son fils, de vivre en recluse dans la maison, et deviendra un peu folle entre son père et ses peintures ;
    - Jadwiga qui se fera nonne ;
    - et Zosia, qui se mariera avec un jeune juif, ce que Joseph ne lui pardonnera pas. Ils partiront donc habiter ailleurs.
    Puis Joseph décède à son tour, laissant la maison à Wioletta et aux 2 enfants d'Urszula, Kazimierz et Tessa.
    Si Kazimierz part faire ses études, Tessa est obligée de rester dans la maison avec sa tante. Un jour pourtant, Tessa, enceinte des oeuvres de son frère, décide de partir et d'émigrer.
    Un roman très original, car la narratrice est la maison elle-même.
    J'ai beaucoup aimé la fin et la morale de l'histoire : même si la maison est vivante (car elle nous parle à nous lecteur), elle souhaite avant tout le bonheur de ses occupants, quitte à ce que ceux-ci s'enfuient...

    Lien : http://lescouassous.over-blog.com/article-21978271.html
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Citations et extraits

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  • Par Neigeline, le 30 octobre 2009

    Il désirait vraiment qu'elle l'aime assez pour se donner à lui. Mais déjà ce désir était déstabilisant et, pour lui, une source d'angoisse. Désirer, lui ? Avait-il jamais désiré quoi que ce soit dans sa vie ? Ce n'était pas agréable. Cela vous faisait battre le coeur, vous réveillait la nuit. Une petite victoire (la main que vous frôliez en jouant au bilboquet, par exemple, et qui ne se dérobait pas) ne vous rendait heureux que cinq minutes ; après, il vous en fallait plus. L'insatisfaction devenait votre mode d'être, vous n'étiez plus jamais content, plus jamais tranquille. Vous ne vous apparteniez plus : vous étiez livré, corps et âme, au bon vouloir d'une autre.
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  • Par Neigeline, le 30 octobre 2009

    Et je commence à comprendre ce que sont, pour les humains, le temps et son écoulement irrémédiable. Moi qui me laissais vivre dans l'idée que tout est toujours là et peut être rappelé à loisir, je découvre l'humaine amertume des occasions manquées.
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  • Par Neigeline, le 30 octobre 2009

    C'était donc ça, la vie des hommes ? Se lier aux autres, se prendre d'intérêt pour eux, placer en eux son espérance - et être cruellement frappé par leur départ ou par leur mort ? Je regrettais de ne pas être restée à ma place, d'avoir voulu sortir du lot commun des maisons, passives, sans affects et, partant, sans douleurs.
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  • Par Neigeline, le 30 octobre 2009

    Un jour vint donc où Clara cessa d'espérer et de craindre. Elle retrouva la paix...
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  • Par Neigeline, le 30 octobre 2009

    Est-ce qu'on regarde encore ceux qu'on voit tous les jours ?
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