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ISBN : 2848051159
Éditeur : Sabine Wespieser (2012)


Note moyenne : 3.38/5 (sur 16 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Étudiant en médecine très protégé par un père qui l’a élevé seul, le narrateur de ce roman de formation s’est trouvé précipité dans l’âge adulte par l’annonce de la maladie. Sur un coup de tête – pour fuir un père trop parfait, constamment à ses côtés lors de son traite... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 3.00/5
    Par Missbouquin, le 06 août 2012

    Missbouquin
    Simon Weber est le dernier ‘tome' de la trilogie de Jean Mattern, trois courts romans entrelaçant l'histoire d'une famille aux lourds secrets, où les générations se côtoient sans dialoguer. Dans le premier, Les bains de Kiraly, un jeune homme, Gabriel, cherche un sens à sa vie, se perd, ce qui est symbolisé par son cheminement dans les rues de Londres, alors qu'il vient d'abandonner sa femme enceinte. Dans De lait et de miel on suit l'histoire du père de Gabriel qui immigre en France avec sa femme Susanne, pour lui offrir une vie meilleure.
    Simon Weber s'attache à la dernière génération de cette famille, le fils de Gabriel, Gabriel que l'on a vu fuir mais qui depuis la mort de sa femme, place tous ses espoirs dans son fils. Ce dernier est la pierre angulaire de la trilogie, dominant les récits d'une manière ou d'une autre.
    Dans ces trois récits, s'entrecroisent les non-dits et les secrets, la mort de la sœur de Gabriel d'abord, celle de la mère de Simon, et puis la présence d'un mystérieux inconnu, ancien ami de Gabriel.
    J'attendais donc avec impatience ce nouvel opus de Jean Mattern, qui écrit de courts romans mais toujours d'une belle qualité. Au premier abord, j'ai été un peu déçue car si j'avais beaucoup apprécié les deux premiers tomes, je les ai lus il y a un certain temps. J'ai donc mis un moment pour me replonger dans l'histoire et pouvoir établir des corrélations entre les trois romans. Une fois ces corrélations remises à leur place, j'ai pu comprendre que Jean Mattern avait admirablement bien clos son histoire, quoique tristement.
    Simon est un jeune homme de 19 ans. Elevé par son père, dont il est très proche, il a reçu une éducation parfaite, et après des études sans problème, il choisit la voie médicale. Mais soudain, la maladie le frappe. Une tumeur au cerveau bouscule son quotidien, et celle de son père :
    "Depuis la mort de ma mère, il avait voulu prouver à la terre entière que son éducation à elle seule ferait de moi un être exceptionnel."
    Il avait oublié que la maladie n'en avait cure, des êtres exceptionnels."
    Lui si entouré, se retrouve seul pour tenter de comprendre pourquoi son corps le lâche aujourd'hui et quel avenir l'attend : "J'étais réduit à des bilans et des statistiques. Simon Weber n'existait plus - un gliome avait pris sa place."
    Il met à nu les différentes réactions de son entourage, entre soutien, surprise et espoir :
    "'Il faut s'accrocher' permettait sans doute au personnel médical de ne pas avoir l'impression de radoter, mais elle ne m'offrait pas plus matière à réfléchir [...], car à quoi pouvais-je bien m'accrocher, à dix-neuf ans ?"[...] à mon âge, je n'avais pas encore assez de passé pour me convaincre que l'avenir ne pourrait en aucun cas se jouer sans moi."
    Pourtant, il choisit de partir et de suivre un quasi-inconnu en Israël où il désire pleinement vivre sa vie, entre deux chimios : "Fais comme-ci tu avais du temps devant toi, tout le temps du monde. [...] Vivre comme si la vie, toute la vie, nous appartenait, comme s'il n'y avait pas de fin à cette aventure."
    Mais la maladie l'empêche de se projeter, et il se retrouve plutôt confronté au passé, au mystère de la vie de son père, à la disparition de sa mère, etc.
    C'est un roman extrêmement poignant que ce nouveau volume, où la psychologie des personnages qui se croisent, est analysée d'une manière très fine. La maladie rôde derrière chaque ligne, empêchant l'insouciance et la légéreté voulue par Simon. le père, Gabriel, voit sa vie détruite car il l'a sacrifié pour ce fils frappé par un mal contre lequel on ne peut rien. Tout l'amour du monde ne pourra les réunir désormais, même celui de l'amie d'enfance de Simon ou de l'ami israélien qui est devenu le confident à la fois du père et du fils.
    Un roman sur la tragédie de la vie, qui sans répondre à nos questions, m'a profondément touché.
    Un conseil cependant : lire les 3 à la suite, ce que je vais m'empresser de faire !

    Lien : http://missbouquinaix.wordpress.com/
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    • Livres 4.00/5
    Par Sando, le 08 octobre 2012

    Sando
    A tout juste vingt ans, Simon apprend qu'il est atteint d'une tumeur au cerveau. Ce jeune étudiant en médecine, confronté jusque alors à la maladie d'un point de vue théorique, voit son quotidien profondément bouleversé. Persuadé d'être condamné, il se soumet néanmoins aux traitements lourds et éreintants qui lui sont imposés. Peu à peu, il se sent disparaître derrière la maladie, jusqu'à n'être plus qu'un objet d'expériences et d'analyses. Cette perte d'identité le pousse à quitter la France pour l'Israël, afin de se recentrer sur lui-même et de profiter de ce qui lui reste à vivre, en attendant les résultats de ses derniers examens, qui lui annonceront peut-être une rémission du mal. Il est accueilli par Amir, avec qui il entretient une relation ambigüe, entre admiration, amour et jalousie. Un voyage qui sera l'occasion pour Simon de s'enrichir de nouvelles expériences, de se réconcilier avec son passé et d'appréhender différemment le futur… Avec son nouveau roman, Jean Mattern nous offre un texte fort et sensible sur les thèmes de la maladie et de la filiation. Loin d'être dans l'auto-apitoiement, Simon se montre plutôt dans l'observation et le ressenti. Il raconte, dans quelques passages particulièrement précis, la dépossession de soi due aux examens. Il témoigne du regard froid et scientifique des médecins qui ne voient en lui qu'un sujet d'analyses et non une victime. Pour autant, son regard n'est absolument pas dépourvu d'humanité, mais l'objectivité dont il fait preuve fait montre d'une certaine maturité chez un personnage aussi jeune. La maladie est également l'occasion pour Simon de faire un point sur sa vie et notamment sur la relation parfois difficile avec un père trop aimant, trop protecteur. C'est aussi le moment pour lui de s'interroger sur la transmission, ce qu'on laisse sur terre après notre passage. Un roman dense, qui soulève des questions essentielles, chez un être trop jeune pour se les poser. Un texte bouleversant, servi par un trio père/fils/confident surprenant et attachant. Il s'agit d'une belle découverte en ce qui me concerne !
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    • Livres 4.00/5
    Par pilyen, le 21 novembre 2012

    pilyen
    Simon Weber est un jeune homme de 19 ans. Ayant perdu sa mère à l'âge de 12 ans, il vit à Paris avec son père qui a sacrifié sa vie pour la réussite de son fils. Appartement dans le secteur des bons lycées, visites de toutes les expos, abonnement au théâtre des Champs Elysées, rien n'a été laissé au hasard pour lui offrir le plus bel avenir possible. Simon est en première année de médecine lorsque, pris de violentes migraines, on lui découvre une tumeur au cerveau. Après un premier traitement chimiothérapique de choc et avant de connaître l'évolution exacte de sa maladie, il décide de partir quelques mois à Jérusalem chez un jeune écrivain rencontré fortuitement lors de l'annonce de son cancer.
    A lire ce résumé, on pourrait s'attendre à un de ces nombreux témoignages sur le parcours terriblement éprouvant d'un cancéreux doublé d'une réflexion sur l'état d'Israël, sa politique et sa ferveur religieuse. Hé bien, pas tout à fait ! Même si ces deux thèmes sont présents en tant que toile de fond ou ressort dramatique, ils servent surtout à Jean Mattern, l'auteur, à explorer la ronde trouble et troublantes de ses personnages. Quels sont les liens exacts qui les unissent ? Un drôle de jeu va s'enclencher en Israël lorsque le père de Simon va venir y passer quelques jours, avec au bout quelques petites surprises sur les sentiments profonds de chacun.
    L'écriture très maîtrisée de ce roman laisse la place à une palette d'interprétations, surprenant de plus en plus le lecteur qui se trouve embarqué dans un terrain qu'il n'avait pas imaginé au départ.
    Un peu plus sur le blog.

    Lien : http://sansconnivence.blogspot.fr/2012/11/simon-weber-de-jean-matter..
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  • Par gilda, le 08 janvier 2013

    gilda
    J'avais un peu peur que la force du livre d'action n'écrase ce roman qui est de l'ordre du récit intime, tranquille, discret. D'une belle qualité d'écriture (3), grande finesse de sentiments, personnages avec une réelle ampleur, comme s'ils étaient vivants.
    Et d'ailleurs à tel point, que j'avais l'impression d'être au café au début d'une soirée entre amis. On ne se serait pas vus depuis longtemps, ils sont de passage à Paris, me racontent les péripéties de leur dernière année durant laquelle la maladie a durement frappé. Et puis justement voilà que celui qui a été malade, semblait aller mieux, mais qu'en sait-on en fait, dit qu'il ne se sent pas très bien, se lève, prend congé, son père ne veut pas le laisser seul, les deux autres s'éclipsent aussi. C'est ce que j'ai ressenti.
    la suite sur "Côté papier"
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    • Livres 4.00/5
    Par LilieBooks, le 12 septembre 2013

    LilieBooks
    J'ai vraiment aimé ce roman qui nous raconte la maladie de Simon Weber, jeune étudiant en médecine choyé par son père qui apprend qu'il est atteint d'un cancer. C'est une tranche de vie que nous raconte l'auteur mais au fur et à mesure du roman, on a le sentiment de connaitre de mieux en mieux les personnages. La relation entre le père et le fils, toute en nuances, avec sa part d'amour et de non-dits m'a subjuguée. L'atmosphère de ce roman est très douce, très nostalgique et c'est en même temps une célébration de la vie et de la jeunesse. Un très bon moment de lecture, je regrette simplement de ne pas avoir lu les 2 romans précédents de Jean Mattern avant d'avoir lu celui-ci, lacune que je vais m'empresser de combler!
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Citations et extraits

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  • Par michelekastner, le 27 décembre 2012

    Ne dis rien. Pas maintenant. A moi de te dire quelque chose. : fais comme si. Oui, fais comme si tu avais du temps devant toi, tout le temps du monde. On dit toujours aux gens de vivre comme s'ils devaient mourir demain. C'est une idée vaguement romantiuque, une phrase à la mode. Mais cela n'a aucun sens. C'est l'inverse qu'il faut faire ! Vivre comme si la vie, toute la vie nous appartenait, comme s'il n'y avait pas de fin à cette aventure. Alors ne décide rien maintenant, sous prétexte que tu risques de mourir. Rivka, moi, ou personne, Paris, Jérusalem ou Londres peur-être, prends ton temps. Ne décide rien en fonction de ta peur.
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  • Par michelekastner, le 27 décembre 2012

    Il me plut de croire qu'Amir s'était coupé les cheveux pour moi. Il devait savoir que la chimiothérapie provoquait la chute des cheveux chez la plupart des patients, même les plus jeunes, lui qui avait réussi à plaisanter sur mon beau crâne chauve. Car mes cheveux étaient en effet tous partis dès les premières séances à l'institut Curie. Une humiliation de plus, après les visites au Cecos, et j'avais du mal à m'habituer à ce visage anguleux et dur que me renvoyait le miroir. Mon corps était devenu un objet de spéculation pour les médecins : d'abord, la qualité de mon sperme, ensuite, ma résistance au traitement et, enfin, le nombre de cellules malignes. J'étais réduit à des chiffres, des bilans et des statistiques. Simon Weber n'existait plus - un gliome avait pris sa place. Aux yeux de mon père, qui s'efforçait de comprendre cette succession de chiffres et de résultats qu'on lui présentait pour lui donner courage, c'était une tout autre épreuve, je le sais. La bataille se livrait à l'intérieur de mon corps, en-dehors de son champ d'action, et il était réduit à y assister en spectateur impuissant. Mais pire que cette passivité devait être le sentiment que tous ses efforts depuis des années, exclusivement tournés vers un seul but - ma réussite - allaient s'avérer vains, dérisoires. Je ne risquais plus de le décevoir en échouant dans mes études, non, l'écroulement était bien plus radical. Je risquais tout simplement de disparaître et de ke laisser seul avec ses projets pour moi. Depuis la mort de ma mère, il avait voulu prouver à la terre entière que son éducation à elle seule ferait de moi un être exceptionnel.
    Il avait oublié que la maladie n'en avait cure, des êtres exceptionnels.
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  • Par Missbouquin, le 06 août 2012

    "'Il faut s'accrocher' permettait sans doute au personnel médical de ne pas avoir l'impression de radoter, mais elle ne m'offrait pas plus matière à réfléchir [...], car à quoi pouvais-je bien m'accrocher, à dix-neuf ans ?"[...] à mon âge, je n'avais pas encore assez de passé pour me convaincre que l'avenir ne pourrait en aucun cas se jouer sans moi."

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  • Par Missbouquin, le 06 août 2012

    "Depuis la mort de ma mère, il avait voulu prouver à la terre entière que son éducation à elle seule ferait de moi un être exceptionnel.

    Il avait oublié que la maladie n'en avait cure, des êtres exceptionnels."

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  • Par Accalia, le 09 novembre 2012

    On dit toujours aux gens de vivre comme s'ils devaient mourir demain. C'est une idée vaguement romantique, une phrase à la mode. Mais cela n'a aucun sens. C'est l'inverse qu'il faut faire! Vivre, comme si la vie, toute la vie, nous appartenait, comme s'il n'y avait pas de fin à notre aventure.

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