Pas besoin d'être grand clerc pour constater que, du monde, de soi et des autres, on ne sait pas grand chose. Il n'empêche. Il en est, biologiste, astrophysicien ou écrivain, qui ne désespèrent pas d'en savoir plus. C'est le cas de l'... > voir plus
L'auteur, au gré de ses réflexions au divagations, propose une série de constatations autour de thèmes divers et nous invite à approfondir des sujets auxquels on ne prête peut-être pas suffisamment attention, à dérouler le fil de nos pensées pour les explorer davantage, comme lorsqu'enfant, on questionnait sans relâche pour tenter de trouver une réponse ou une explication aux grandes interrogations de la vie.
Je sais que Je sais est un recueil de très courts poèmes d'Ito Naga édité par Cheyne Editeur, une maison qui accompagne l'œuvre écrite d'un support digne d'elle. Je sais que ces poèmes commencent toujours par les mêmes mots : Je sais. Je sais qu'il y a 469 poèmes. Je sais qu'une profonde humanité et une grande sérénité se dégagent de cette œuvre et que son auteur doit être quelqu'un de profondément bon. Je sais que ces poèmes font souvent aussi sourire.
Un de mes plus beaux coups de cœur! La simplicité liée à la beauté des mots, l'humour, l'évidence, la naïveté, le bonheur de lire chaque ligne. Ito Naga commence chacune de ses pensées par "Je sais" ... et la suite est à chaque fois délicieuse.
Je sais en écrivant une résolution que déjà les mots faiblissent, qu'il faudra à nouveau me convaincre moi-même.
Je sais que, même s'ils sont identiques, mes propres mots me parlent moins que ceux d'un maître.
Je sais que les mots qu'on emploie sont ainsi habités par quantité de personnes.
Je sais que, lorsqu'on se demande si l'on a bien compris quelque chose, on ne sait plus ce que signifie véritablement comprendre.
Je sais qu'il faut accepter de ne pas comprendre exactement comme on l'espère.
Je sais que j'ai mis longtemps à voir qu'insulter l'autre, c'est avant tout s'humilier soi-même : par le mépris qu'on s'inspire après-coup.
Je sais qu'elle parle trop vite et trop fort pour s'aimer vraiment.
Je sais que soutenir son regard est comme un bras de fer.
Je sais qu'avec la fatigue, le corps apparaît comme une malle à traîner : de métro en autobus, d'escalier en escalier.
Je sais que, curieusement, transporter le corps dans d'autres endroits du monde le repose.Je sais qu'en marchant dans le parc Jean-Jacques Rousseau, on aurait pu se croire en Italie mais ce n'était pas l'Italie. D'où venait cette intime conviction ?
Je sais que nous sommes surpris en imaginant à une époque plus ancienne les visages qui nous entourent.
« Je sais qu’on est sommé d’avoir un avis sur tout, quand on en a sur quasiment rien ».
« Je sais que j’ai mis longtemps à voir qu’insulter l’autre, c’est avant tout s’humilier soi-même : par le mépris qu’on s’inspire après coup ».
« Je sais que j’ai engendré un être mortel » dit simplement Anaxagore en apprenant la mort de son fils.
Je sais qu'avec les gens qu'on n'aime pas, on n'aime pas jusqu'à l'air qu'ils déplacent.
Je sais que l'inverse est vrai aussi : on aime l'air que déplacent les gens qu'on aime.