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Critiques sur Les tendres plaintes (17)


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    • Livres 4.00/5
    Par caro64 le 14/05/2012


    Au centre de ce roman de Yoko Ogawa, un clavecin qui cristallise toutes les passions, même les plus secrètes.

    C'est un bien étrange trio qui gravite autour de cet instrument. Rukiko, la narratrice, calligraphe, fuit un mari violent et infidèle, et se réfugie dans le chalet familial pour essayer de se ressourcer et de faire le vide autour d'elle. Une nuit de tempête qui la prive d'électricité, elle fait la connaissance de Kaoru, une très jeune femme, assistante de Nitta, ancien pianiste reconverti dans la fabrication de clavecins. Tous les deux habitent une cabane dans la montagne en compagnie de leur vieux chien sourd, isolés du reste du monde. Très vite, Ruriko sympathise avec eux, mais rapidement le trouble s'installe. Ses sentiments envers le musicien évoluent peu à peu et se teintent d'une violence feutrée mais bien réelle.

    Quoi de plus banal, à première vue, que cette amitié qui se mue en désir, à peine contrarié par une tierce personne ? C'est oublier qu'Ogawa est vraiment très douée dans la description minutieuse des sentiments. Elle excelle, à partir d'une situation classique, voire familière, dans l'art de distiller la peur, l'inquiétude, le doute. Les mots sont simples, pourtant, et les phrases courtes. Et cependant la tension monte, palpable. Un clavecin que l'on fabrique amoureusement, un autre que l'on détruit violemment symbolisent la passion qui habite ses trois personnages. Passion amoureuse, mais aussi passion que l'on voue à son art : l'amour charnel est-il plus fort qu'un désir platonique ? Jouer de la musique pour quelqu'un est-il plus érotique que de lui faire l'amour ? La romancière se garde bien de répondre de manière tranchée à ses questions. Elle ne fait que suggérer, liant la violence des sentiments à la description d'un paysage tourmenté.

    Mélancolique et cruelle, à l'image de la pièce pour clavecin de Rameau qui donne son titre au roman, la petite musique de l'auteur à mille lieues d'un esthétisme "japonisant", nous fait ressentir tout ce qui fait la richesse de l'amour. Avec cette impression, accentuée par le chant du clavecin, que les secrets de l'autre resteront à jamais voilés. Pour mieux, peut-être, les imaginer. Un beau livre, simple, et doux.

    critique de qualité ? (16 votes positifs)



    • Livres 4.00/5
    Par Tampopo le 06/05/2011


    Une chose est sûre, il règne sur ce roman une atmosphère étrange et particulièrement envoûtante. La forêt semble ensorceler les protagonistes de l'histoire, c'est comme si elle était dotée d'une volonté propre et qu'elle voulait garder pour elle seule les personnages de ce roman et ne plus jamais les laisser repartir.

    C'est ce glissement narratif vers le fantastique qui m'a réellement fasciné dans ce roman et qui lui donne, à mon sens, un supplément d'âme.

    Même si l'auteur nous révèle par bribes le passé de l'héroïne, la violence de son mari, l'existence d'une maîtresse, l'impossibilité de concevoir un enfant… le cœur de cette histoire c'est bien la relation qui se tisse au fil des saisons entre les trois protagonistes : Ruriko aime Nitta dont le sort est indéfectiblement lié à celui de Kaoru, l'équation amoureuse semble insoluble !

    Au contact de Nitta et de Kaoru, Ruriko va révéler autant sa sensibilité artistique que sa force de caractère, tant et si bien que le lecteur en vient parfois à oublier son passé de femme battue et humiliée. Grâce au regard bienveillant que posent sur elle ses nouveaux amis, Ruriko va peu à peu se relever et à reprendre foi en la vie et, comme un clavecin désaccordé, se remettre à sonner juste.

    J'ai découvert en Yoko Agawa une excellente romancière, son écriture très fine m'a définitivement séduite et je poursuis ma découverte avec un autre de ses romans.

    critique de qualité ? (7 votes positifs)



    • Livres 4.00/5
    Par Hebephrenie le 14/01/2011


    Dans ce roman "musical", Yoko Ogawa décrit par petites touches les sentiments affectant ses trois personnes principaux. Ruriko, jeune femme sortie des griffes d'un mari violent et volage s'étant réfugiée dans le chalet de son enfance, rencontre Nitta, facteur de clavecins, homme plein de force et de regrets. Et puis il y a Kaoru, l'assistante de Nitta, dont l'amitié aidera Ruriko à se reconstruire, avant de laisser place à une jalousie impossible...
    Ogawa nous montre avec perspicacité les différentes formes que l'amour peut prendre, du charnel au plus pur spirituel, au vide qu'un mariage raté laisse également. Les relations difficile qui se tissent entre le gens, la reconstruction après les drames, la violence parfois du quotidien. Et tout cela dans un Japon arboré, retiré, nivéal.
    Un roman qui nous offre une belle mise en abyme de l'art en général, puisque tout le style d'Ogawa est calqué sur les sonorités musicales (Les tendres plaintes de Jean-Phillipe Rameau, oeuvre pour violon de Tchaïkovsky), mais aussi sur l'art de la calligaphie (occidentale, oui oui...).
    Un roman envoutant, doucement nostalgique. Un roman vrai sur la vie.

    critique de qualité ? (7 votes positifs)



    • Livres 5.00/5
    Par wictoria le 10/08/2010


    Tokyo. Ruriko quitte le domicile conjugal et un mari violent et adultère pour s'installer dans le chalet de ses parents dans la montagne. Lors de sa retraite volontaire, elle compte faire le point et avancer un peu ses travaux de calligraphie. Mais elle fait connaissance de ses voisins : Kaoru, une jeune femme qui fuit le souvenir d'un drame sanglant auprès de Monsieur Nitta, l'ancien pianiste incapable de jouer en public, tous deux fabriquent désormais des clavecins d'exception. Ruriko va tomber sous le charme de cet endroit et de ses habitants tout en prenant conscience de son immense solitude.

    Lire la suite


    Lien : http://monbiblioblog.blogspot.com/2010/08/les-tendres-plaintes.html

    critique de qualité ? (6 votes positifs)



    • Livres 4.00/5
    Par nadejda le 16/02/2011


    Ruriko, calligraphe, fuit Tokyo et l'infidélité de son mari. Elle se réfugie dans un chalet, en pleine forêt, où elle passait des vacances avec ses parents et sa soeur étant enfant. Elle fait alors la rencontre et se lie avec Nitta et Kaoru facteurs de clavecin qui vivent à proximité.
    Yoko Ogawa a l'art de créer des ambiances douces, pleine de poésie et de beauté dans lesquelles elle distille angoisse et cruauté. Tension et violence des sentiments rôdent, suintent et finissent par faire irruption au grand jour.

    critique de qualité ? (5 votes positifs)



    • Livres 4.00/5
    Par Lune le 31/01/2011


    Insidieusement, un rythme s'est imposé à ma lecture. Je lis très rapidement mais c'est à partir du moment où j'ai accepté que le souffle de cette écriture s'installe que j'ai pu m'y intégrer, le quitter en le laissant flotter en moi, y retourner et partir. Il y a une magie dans ces mots : celle, en quelques phrases, de vous transposer dans les lieux et de vous permettre de vous y poser avec l'héroïne. Tenter de comprendre avec elle cette descente en jalousie. Vouloir tout posséder chez l'être aimé, ne supporter aucun partage, c'est entrer dans la spirale du conflit et de la souffrance. Yôko Ogawa nous en montre les affres que subit l'héroïne Ruriko qui, blessée dans sa relation maritale, voudrait l'absolu. Il y Nitta, pianiste aux rides expressives, ayant renoncé à une carrière prometteuse pour des raisons obscures que son inconscient exprime mal, mystérieux homme d'apparence sereine qui intrigue et dont Ruriko ne manquera pas de tomber amoureuse. Amour "réel"? Métaphore de ce que pourrait être l'amour? Désespérance de la solitude, de l'humiliation subie auprès de son mari? Tout lui parle : les gestes, les doigts, les rares paroles, les non-dits, la rivalité en la personne de Kaoru, l'assistante du facteur de clavecin qu'est devenu Nitta. Kaoru plus qu'observée, épiée, enviée : Nitta joue pour elle "Les tendres plaintes" de Rameau, lui qui se refusait à interpréter en public. Plus que n'importe quel geste de tendresse, plus que la chair, Ruriko ne supportera pas cette offrande particulière dont Kaoru est seule bénéficiaire. Chaque personnage a ses propres douleurs qui le font et le défont. le trio (si pas le quatuor) sans se déchirer restera un duo, ( le clavecin), et une femme seule en proie aux blessures de la jalousie dans laquelle elle dérive. Il y a des descriptions magistrales de la construction d'un clavecin, nous pénétrons dans un monde peu connu, ses exigences, ses rêves et ses perfections rigoureuses. La calligraphie que pratique Ruriko tient aussi une place prépondérante puisque la signature qu'elle offre au luthier pour le dernier clavecin qu'elle voit construire est symbolique de la place qu'elle aurait aimé occuper mais que Ruriko conservera : il est des mondes dans lesquels on ne pénètre jamais pleinement. La fin du livre peut être désarçonnante pour certains. J'aime l'interpréter comme "Les tendres plaintes" de l'être humain dont tout est plus fugitif que ce qu'il voudrait croire.

    critique de qualité ? (5 votes positifs)



    • Livres 4.00/5
    Par kathel le 25/06/2011


    Paru chez Actes Sud en 2010, ce roman a été publié au Japon en 1996, ce qui n'en fait pas le dernier des romans de Yoko Ogawa, loin de là… Tout cela pour dire, que même si j'ai lu pas mal de ses livres, comme ils ne paraissent pas dans l'ordre chez nous, il est inutile que j'essaye de trouver une évolution dans ses thèmes de prédilection. Dans ce roman, il est question de musique, de nature, de sentiments… Ruriko a quitté la ville et un mari infidèle et brutal, pour retrouver un chalet de famille où elle allait en vacances, enfant. Elle profite du calme et de la solitude pour travailler à son ouvrage de calligraphie occidentale. Quelques rares personnes rompent cet isolement, et parmi eux un facteur de clavecin et son apprentie. Un homme, deux femmes, les relations sentimentales deviennent à la fois très simples et très compliquées, d'autant que la musique vient s'immiscer dans les émotions qu'ils éprouvent.

    Dès le début, j'ai trouvé plaisir au style concis et poétique à la fois, aux petites phrases sibyllines… Seule Ruriko m'a parfois arraché quelques soupirs d'agacement, avec ses comportements quelque peu infantiles pour une femme qui a déjà vécu des choses difficiles, mais on peut comprendre cette façon comme une autre de faire montre d'une jalousie envahissante. Bref, je me suis laissée porter par cette mélodie jusqu'au bout, sans aucune fausse note.

    critique de qualité ? (4 votes positifs)



    • Livres 5.00/5
    Par lostinbooks le 21/09/2010


    Ruriko, la narratrice, quitte Tôkyô et son mari infidèle pour se réfugier dans le chalet de son enfance, isolé au fond d'une forêt.
    Calligraphe de profession, elle a prévu d'achever sa dernière commande, la biographie d'une très vieille dame anglaise qu'une longue suite de tragédies ont finalement menée au Japon.
    Elle fait la connaissance de ses plus proches voisins par une nuit de tempête : d'abord Kaoru, puis Nitta, facteur de clavecin dont Kaoru est l'assistante. Ruriko est subjugée par le charme de Nitta, pourtant plutôt taciturne. Une étrange relation à trois s'instaure, les trois personnages solitaires ayant chacun vécu une histoire sentimentale douloureuse : Ruriko a quitté son mari, la femme de Nitta l'a quitté et Kaoru a fui Nagasaki après avoir perdu son fiancé dans des circonstances tragiques.
    On retrouve dans ce dernier roman traduit (publié au Japon en 1996) de Yoko Ogawa quelques unes des obsessions de l'auteur : l'écriture, quelle que soit sa forme (calligraphie, dactylographie), la nécessité de solitude, ces fameuses « cavités », celles où l'on peut se cacher et se soustraire au monde extérieur, le manque et l'absence, et les doigts, plus précisément le bout des doigts, vecteurs de sensibilité et donc particulièrement vulnérables. Et bien sûr, les éléments naturels, en particulier l'eau, calme ou tourmentée, reflet des sentiments ou des états d'âme des personnages, et qui occupe une place importante dans l'œuvre de Yoko Ogawa.
    Apparaissent également au fil de l'histoire quelques allusions à des romans précédents de Yogo Ogawa, comme la dame au bonnet de bain rose de "La petite pièce hexagonale" (paru au Japon en 1991) ou la mutilation du doigt à sa partie la plus tendre, qui fit le sujet de "L'annulaire" (paru au Japon en 1994).

    Ce roman d'atmosphère, à la fois sensible et oppressant, sur l'amour et la jalousie, bercé par "Les tendres plaintes", œuvre toute en douceur de Jean-Philippe Rameau, petit bijou de musique baroque, m'a toutefois laissé un sentiment un peu mitigé. Comme toujours, le style inimitable de Yoko Ogawa m'a transportée, mais ma lecture s'est terminée sur un (léger) sentiment d'insatisfaction, assez difficile à exprimer, d'ailleurs, car j'ai aimé l'histoire et ses personnages. A relire, donc, dans quelque temps. Ce qui n'empêche nullement que j'attends avec grande impatience une nouvelle traduction d'un roman (ancien ou récent) de Mme Ogawa !


    Lien : http://perduedansleslivres.blogspot.com/2010/07/les-tendres-plaintes..

    critique de qualité ? (4 votes positifs)



    • Livres 4.00/5
    Par Glacha le 24/04/2012


    Encore une fois Yoko Ogawa parvient à décrire l'indicible. Elle arrive à parler de sentiments avec une sensibilité que je retrouve souvent dans la littérature japonaise. Tout en retenue mais avec une véritable précision. J'ai beaucoup aimé le lieu (les chalets dans la forêt isolée) et le rôle que joue la musique (deux des personnages partagent le métier de "fabricants de clavecin").

    critique de qualité ? (3 votes positifs)



  • Par philip-paul le 10/06/2011


    Ruriko, Kaoru, Nitta, Dona et un clavecin.

    Cinq personnages.

    Un récit sur la douleur quand l'amour est fini. Quand le vide s'installe.
    L'ambiance est malgré tout légère, paradoxalement.
    Beaucoup de sensibilité, des paysages subtils à regarder au travers ces lignes, des ambiances finement installées.
    Belle écrivaine.....qui donne envie d'en savoir plus sur cette culture japonaise.

    critique de qualité ? (3 votes positifs)






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