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> Rose-Marie Makino-Fayolle (Traducteur)

ISBN : 2742754911
Éditeur : Actes Sud (2005)


Note moyenne : 3.84/5 (sur 134 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Un jeune muséographe vient d'entrer en fonction dans un manoir aux confins du monde. Sous la direction d'une vieille femme plutôt étrange, il devra recenser, agencer, mettre en scène une véritable collection d'objets, de reliques du quotidien, de vestiges d'une intimité... > Voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par joedi, le 10 janvier 2014

    joedi
    L'histoire est celle d'un jeune muséographe engagé par une vieille dame étrange pour la création d'un musée sur sa propriété, un vieux manoir et ses dépendances. Habite avec la vieille dame, une jeune fille qu'elle appelle sa fille, nommée la jeune fille dans le roman. Sur cette propriété située près d'un petit village, vivent également dans une des annexes, un couple formé par le jardinier et la femme de ménage. le père, le grand-père, l'arrière grand-père, les aïeux du vieux jardinier étaient déjà jardiniers au domaine du manoir. le jeune muséographe travaille à la création du musée avec la jeune fille sous la férule de la vieille femme. C'est une vie en huis clos, les objets qui seront exposés sont parfois bizarres, ils ont été volés aux défunts du village. le voisinage est tout aussi étrange car dans la montagne existe un monastère habité par des prédicateurs qui ont fait voeu de Silence.
    Comme dans les romans de Kafka et dans le roman « l'enquêteur » de Philippe Claudel, Yoko Ogawa ne donne aucun nom à ses personnages, c'est par leur fonction qu'elle les cite.
    J'aime l'écriture de Yoko Ogawa, les émotions et la poésie qu'elle apporte à ses sujets.
    À lire !
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    • Livres 4.00/5
    Par nounours36, le 20 décembre 2014

    nounours36
    Un univers un peu différent, dans ce roman d'Ogawa. En premier on remarque que le narrateur est un homme, et que l'action se passe dans un village isolé au bout du monde qui semble à la frontière entre la réalité et l'irréel.
    Un jeune muséographe embauché par une vieille femme ‘acariâtre' dans un village au bout du monde doit organiser un musée ou seront disposés les souvenirs du village. Rassemblement d'objets qui caractérisent le mieux les personnes après leur mort. Il lui faudra donc cataloguer puis récolter les objets des défunts ( en les subtilisant, ou en les volant) . On part dans ce récit du réel pour s'éloigner peu à peu dans un monde fantastique. Ce narrateur dont le métier est la conception d'expositions pour les musées, et qui a une parfaite connaissance et une grande expérience de ce milieu, se trouve à rassembler, cataloguer des objets qui possèdent une âme. Une incursion pas pas dans un monde irréel, blanc, et muet.

    Un village particulier au niveau de ses règles : le paiement des impôts est régi par les oreilles des contribuables.
    « Il y a très longtemps, ces trous étaient utilisés pour faire le tri des contribuables. On pensait que le corps s'arrêtait un jour de grandir, mais que les os des oreilles continuaient toute la vie à se développer. C'est pourquoi ceux qui arrivaient à glisser leur oreille dans ces trous et entendre les bruits au travers n'étaient pas encore obligés de payer l'impôt. p28
    Le personnage principal : le muséographe qui est notre attache à la réalité dans cet univers proche du fantastique, semble tomber sous l'emprise de ce village et de ce musée petit à petit. La réalité ou le monde réel auquel il se raccroche est son frère marié qui va avoir un enfant, et également le livre « le journal d'Anne Franck » dont il relit chaque soir un passage. Il s'enferme dans son rôle afin de transmettre l'histoire des ces objets. Et là, il perd peu à peu pied, ce substituant au musée.
    Des personnages singuliers font leur apparition : ils sont présentés par leur fonction plutôt que par leur nom. Tout d'abord cette femme acariâtre, désagréable et plutôt repoussante, qui garde la mémoire des défunts par des objets. Elle est entourée de sa fille adoptive, d'une bonne et d'un jardinier ( homme à tout faire de père en fils, dont la passion est la coutellerie également de père en fils), Un prédicateur du silence (p35) ascèse du silence(discipline volontaire du corps et de l'esprit cherchant à tendre vers une perfection, par une forme de renoncement) , secte ou confrérie mystérieuse qui parait au premier abord antinomique, ils portent comme vêtement une fourrure de bison des roches blanches(??) et qui prône la disparition des mots pour le silence, un tueur sadique qui prend les mamelons des femmes qu'il tue, un terroriste.
    Et également tous ces personnages dont l'âme et le souvenir se transmettent par la mémoire des objets qui leur ont été proches.
    Troublant, l'ensemble des liaisons que l'on peut faire ( fortuites ou recherchées) , on retrouve le thème de la collection d'objets par ce musée du silence, de l'obsession du classement, de la volonté de garder une trace du passé. On retrouver « l'annulaire, » mais aussi par croisement on retrouve ce thème dans des nouvelles. Un des thème que j'aime chez cette auteure est l'importance qu'elle donne aux organes et a leur conservation : on ne sera pas en reste avec les bouts de mamelons. Si l'on fouille également dans l'ensemble de l'oeuvre d'Ogawa, cette histoire sur les oreilles fait penser à ‘l'amour en marge‘ ou il était donnée une importance assez importante aux sons. Il semble également que par le biais des cycles lunaires et des changements de lune que l'on puisse retrouver une liaison avec un roman de Paul Auster. Une atmosphère étrange, de plus en plus étouffante pour ce livre, mais dans un ton poétique qui est la signature d'Ogawa, des choses simples, naturelles racontées avec franchise délicatesse qui nous emmène dans un monde des plus étrange. .
    A découvrir
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    • Livres 3.00/5
    Par Lune, le 03 juin 2008

    Lune
    Un simple objet peut-il résumer une vie? C'est ce que veut prouver ce "Musée du silence" dont on assiste à l'élaboration durant tout ce livre. Une vieille, très vieille dame acariâtre, étrange, colérique, physiquement répugnante tend à l'oeuvre unique de sa vie : montrer et dé/montrer la continuité dans un objet représentatif d'un être défunt (objets qu'elle dérobe à chaque mort depuis l'âge de 12 ans). Tout est "hors" monde dans ce roman, depuis le manoir où elle vit entourée d'un jardinier, d'une femme de ménage, d'une jeune fille éthérée qu'elle a adoptée, jusqu'au village et les faits qui s'y passent, jusqu'au monastère dont les moines "prédicateurs du silence" ont fait de celui-ci une ascèse évocatrice de l'inutilité des mots. Chargé de constituer ce lieu, un muséographe se joint à tout ce petit monde plus qu'étrange et sera happé au fur et à mesure au point de perdre son identité. La fin de ce livre est édifiante et évoque le phénix renaissant de ses cendres, continuité, disparition de l'ancien pour que le nouveau puisse être sans oublier ce qui fut. Livre où le morbide peut déranger - tout dépend de l'état d'esprit que l'on a au moment de sa lecture. Des destins se croisent et perdurent au-delà de la mort grâce à l'objet. Dorénavant, je regarderai différemment les musées en y pénétrant. Roman déstabilisant dont on ne perçoit pas très bien les répercussions en nous. Avis mitigé donc, tout en étant admirative face à l'imagination et le savoir faire (psychanalytique) de l'auteur.
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    • Livres 3.00/5
    Par bodi, le 02 janvier 2013

    bodi
    On entre dans cette histoire sans se rendre compte que l'auteur va nous conduire dans un cul de sac. L'atmosphère assez légère du début s'appesantit au fil des pages pour devenir de plus en plus lourde. La fin n'est pas de l'ordre du choix mais plutôt de l'inexorable, du « subi ». J'ai mieux compris le parallèle que font certains lecteurs et critiques entre Yôko Ogawa et Haruki Murakami (je pense à « La fin des temps », à « Chroniques de l'oiseau à ressort »): un style apparemment simple, des personnages qui paraissent isolés et qui pourtant ne sont pas seuls, des endroits mystérieux et irréels, du symbolisme et cette impression que l'homme n'est pas maître de son destin. On sort de ce livre, un peu morose, sans joie, mais avec beaucoup de questions… sans doute une qualité de ce livre !
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    • Livres 5.00/5
    Par Woland, le 23 octobre 2008

    Woland
    Chinmoku Hakubutsikan
    Traduction : Rose-Marie Makino-Fayolle
    C'est probablement le roman le plus long de Yoko Ogawa - et c'est aussi pour cela que je l'ai lu. ;o) le style en est simple, concis et je suis tentée d'écrire intemporel. Contrairement à ce qu'il se passe d'habitude en effet chez les écrivains japonais, l'intrigue pourrait, à première vue, se situer à peu près n'importe où dans le monde. Seuls, de temps à autre, quelques menus - très menus - details rappellent que nous nous trouvons au Japon. La communauté monastique des Moines du Silence elle-même ne paraît pas précisément japonaise : aucune référence au taoisme, au bouddhisme ou au zen.
    L'histoire, elle aussi, est très simple : une vieille dame obsédée par l'idée de créer un Musée du Silence, contenant des objets dont chacun aura la charge d'évoquer une seule vie, fait venir un muséologue afin qu'il donne corps à son rêve. La Mort la presse, elle le sent à défaut de le dire expressément. L'entourent une jeune fille qu'elle a adoptée et qui la considère comme sa mère, le jardinier et sa femme qui s'occupent du domaine. Au loin, le village d'où est originaire la vieille dame et où elle a dérobé - il n'y a pas d'autre mot - à chaque mort en partance pour le cimetière un objet particulier destiné à l'immortaliser dans le fameux musée.
    L'ambiance est recueillie, lourde, glauque, parfois malsaine (tout ce qui a trait aux meurtres de jeunes femmes et à leur assassin sans visage), étouffante, avec des touches de cauchemar ou de fantastique. Avec les personnages et en particulier le muséologue qui, finalement, restera de son plein gré pour diriger le musée à la mort de la vieille dame, le lecteur descend en lui-même, se pose des questions sur le sens de la vie - de sa vie - et, bien sûr, sur notre place de ciron dans ce phénomène inexplicable qui commence (??) à notre naissance et se finit par notre mort (??).
    Un auteur intéressant, très subtil mais à déconseiller à toutes celles et tous ceux qui souffrent de dépression ou qui, par nature, voient la vie en noir. Un auteur qu'on peut lire de temps à autre, au compte-goutte. ;o)
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Citations et extraits

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  • Par joedi, le 09 janvier 2014

    Avec elle, nous nous partageâmes les préparatifs pour transporter la collection dans le musée.
    ...
    C'était un travail ingrat qui prenait du temps. Qui me fit encore une fois toucher du doigt le manque de cohérence des formes de la collection du musée du Silence. Je n'avais jamais expérimenté cela aillleurs. Nous avions beau, par souci d'efficacité, mettre le plus possible d'objets dans les cartons, toutes sortes de formes, sphériques, tubulaires, cubiques et autres ficelles, liquides ou poudres, s'affirmaient selon leur bon vouloir, sans s'accomoder de leur présence mutuelle, créant des espaces inutiles.
    La seule chose qui les reliait entre elles était ce terme d'objet. Ce mot était discret comme le fil reliant les perles d'un collier, mais il avait aussi une rigueur qui gouvernait l'ensemble du musée, dépassant sans difficulté les différences de formes.

    [pages 276-277]
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  • Par Irisa, le 08 juillet 2010

    A la réunion de décision des pièces à détruire, j'étais toujours silencieux et de mauvaise humeur. Je n'arrivais pas à me calmer, comme si j'avais été contraint de me retrouver dans un endroit où je ne me sentais pas à ma place.
    Les spécimens végétaux qu'il n'était plus possible de restaurer étaient passés à l'effilocheuse. Un socle de l'Acropole qui s'était fendu en cours de reproduction était réduit en morceaux à coups de marteau. Et pour la simple raison que c'était trop banal, le diorama sur la vie des abeilles était mis au feu.
    Et ils n'étaient pas inhumés avec autant de soin que des animaux de laboratoire sacrifiés à l'élaboration de nouveaux médicaments. Il n'y avait ni prières ni fleurs. Près d'un conservateur novice qui les détruisait mécaniquement l'un après l'autre, une autre jeune recrue inscrivait les données nécessaires dans un classeur. Pas pour garder une trace de ce qui disparaissait, plutôt pour vérifier, conformément aux statuts des musées, que la destruction avait été effectuée selon la manière prévue.
    Je me tenais un peu en retrait, seul à leur dire adieu, en suivant des yeux jusqu'au bout les éclats qui jaillissaient ou les cendres qui s'élevaient en tourbillonnant. Alors qu'ils auraient certainement pu devenir, dans n'importe quelle région reculée du monde, un fragment constitutif de ce monde.

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  • Par Irisa, le 08 juillet 2010

    ‒ C'est en manipulant, jour après jour, toutes sortes d'objets que je m'en suis rendu compte. Alors que ce devaient être des preuves de la vie des gens, je ne sais pourquoi j'ai l'impression qu'ils racontent ce qu'il est advenu de ces personnes dans le monde d'après la mort. Ce ne sont pas des boites qui renferment le passé, mais peut-être des miroirs qui reflètent le futur.
    ‒ Des miroirs ? Questionna-t-elle en sondant toujours l'espace.
    ‒ Oui, c'est ça. Quand j'ai le livre de ma mère entre les mains, je sens que l'univers de la mort, qui devrait être entouré d'un halo de frayeur, tient agréablement à l'intérieur de ma paume. Alors que je suis en train de tourner les pages, de deviner ce qui est écrit ou de sentir l'odeur du papier, toute peur finit pas disparaître. J'ai parfois même l'impression qu'il s'agit d'une vieille amie qui m'est chère. C'est pour cela que lorsque je suis en contact avec les objets je respire mieux, je me sens calme, et je m'endors plus facilement.
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  • Par joedi, le 06 janvier 2014

    La veillée et les funérailles sont une sorte de fête. Tout le monde est excité par la situation où la mort est venue brutalement interrompre la monotonie du quotidien, l'équilibre hormonal est perturbé, les bras et les jambes sont maladroits et perdent leur calme. Dans ces moments-là, personne n'a le temps de réfléchir ni de faire attention aux autres. Il suffit de porter un vêtement de deuil pour être reconnu comme quelqu'un en conformité avec l'endroit.
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  • Par Irisa, le 08 juillet 2010

    De tous les endroits où je suis allée récolter des objets laissés par les défunts, aucun ne m'a fait une impression aussi forte que cet atelier. S'il faut l'expliquer avec des mots, je dirais qu'il s'agissait d'une baraque pratiquement en ruine, qui donnait une impression palpable de manace. Une menace qui poussait à faire un pas en arrière, prendre une inspiration et adresser une prière à Dieu avant d'entrer.
    En tout cas dans l'atelier, on ne voyait rien d'autre que des tableaux et du matériel de peinture. Vous me direz que c'est normal, mais il n'y avait pas de tasse de café, ni collyre, factures, photos encadrées, cigarettes, miettes de biscuits, rouge à lèvres... rien. Pas de consolation, de rappel du quotidien, rien pour se détendre.
    C'était un spectacle impressionnant, implacable, à donner le frisson. Un chevalet, des carnets de croquis et des toiles jonchaient le sol, plusieurs dizaines de pinceaux aux poils durcis étaient tombés, et de la peinture avait giclée partout, des murs jusqu'au plafond. Des tableaux de toutes tailles, étaient-ils terminés ou en cours de réalisation ? se pressaient sur des étagères dont ils tombaient en cascades pour s'empiler les uns sur les autres.
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