À l'âge de quatorze ans, Philippe, promis aux plus hautes fonctions du royaume de France, s'égara lors d'une chasse en forêt. De la bouche d'un être que d'aucuns auraient cru légendaire, il apprit de quelle fantastique ascendance il était l'héritier, ainsi que la vérita... > voir plus
C'est au règne du grand Philippe Auguste, roi de France de la fin du XIIe – début XIIIe siècle, qu'est consacrée cette uchronie dans laquelle Michel Pagel propose d'insérer des éléments propres à la fantasy afin d'éclaircir certains points demeurés obscurs. L'auteur met un point d'honneur à suivre scrupuleusement les événements historiques, s'appuyant pour cela sur les chroniques de l'époque (dont chaque début de chapitre nous offre un bref passage). L'action s'enchaine, les personnages passent et disparaissent sans vraiment que l'on ait assez de temps pour s'en émouvoir. L'existence d'une race non humaine caractérisée par le milieu dans lequel ses membres évoluent (l'eau, le végétal, la pierre...) est toutefois très originale et apporte une grande dose fraicheur au récit. C'est d'ailleurs quand l'auteur s'écarte vraiment des chroniques et de la trame historique que le roman devient vraiment intéressant. Les passages consacrés à Isambour de Danemark sont ainsi ceux que j'ai trouvé les plus réussis et les plus captivants (soit la seconde partie du roman). Une lecture agréable, récompensée en 2003 par le grand prix de l'imaginaire.
Le peuple n'avait pas de nom car ses membres n'en avaient jamais ressenti le besoin, et il était d'une diversité étonnante – quoique bien inférieure à celle que lui prêtaient les légendes humaines. Centaures, sirènes, satyres, toutes ces créatures à mi-chemin entre l'homme et la bête étaient nées d'affabulations. Il y avait ceux des rivières qui vivaient et pouvaient se fondre en l'eau; il y avait ceux des forêts qui habitaient les arbres et les fougères, qui voyageaient pas les chemins végétaux; il y avait ceux des pierres et de la terre, qui occupaient montagnes ou cavernes.