"
Céanothes et Potentilles" est le premier roman de
Martine Pagès, publié cette année aux éditions Volpilière.
Le roman nous dévoile l'histoire de Blanche, une femme ordinaire de 40 ans, passionnée de fleurs, qui travaille pour un couple de pépiniéristes. Blanche est une femme solitaire. Elle n'a jamais vécu en couple et ne connait que très peu d'amis. Elle aime manger le Nutella à la cuillère, ce qui n'est pas sans conséquences sur sa silhouette. Elle aime aussi imaginer sa vie avec Anthony, son voisin de palier qui ne se plaint jamais de ses mises en scène nocturnes, au grand dam de Blanche, prête à tout pour attirer son attention.
Voici une tragi-comédie qui se lit comme une nouvelle. Blanche l'héroïne, dont la vie n'est pas sans rappeler l'existence d'une certaine Bridget, tente d'approcher tant bien que mal Anthony, son voisin de palier, mais celui-ci ne semble pas réagir comme elle l'attend.
Blanche s'imagine des tas de choses le concernant. Oh, elle n'est pas dupe de sa condition.
Elle sait très bien que les hommes ne se bousculent pas à sa porte. Mais elle espère que lui au moins saura prêter attention à elle.
Le récit navigue donc entre les élucubrations dictées par la trop longue solitude vécue par cette femme et les diverses tentatives mises à l'épreuve pour en sortir et casser la routine de toute une vie.
Malgré l'immense détresse de cette femme, l'histoire ne verse jamais dans le mélodrame. Pas de scènes de larmes ni de grand scénario catastrophe façon chick litt.
Nul besoin d'ajouter une couche de poisse à l'histoire. La vie de Blanche suffit en elle-même à susciter l'émotion.
J'ai été séduite par le personnage de Blanche, touchante par sa sensibilité, sa solitude et sa façon maladroite de vouloir s'en sortir. J'ai l'impression que chaque femme seule pourrait se reconnaître en cette héroïne.
J'ai apprécié que l'auteure préfère la poésie (notamment dans les passages consacrés aux fleurs), la justesse et l'humour à la caricature grossière de la "drama-queen".
Seul bémol selon moi : la couverture. Je l'ai trouvée trop légère et si peu représentative du contenu. Je n'imaginais absolument pas Blanche telle la femme séduisante illustrée en couverture et, qui plus est, j'ai été déçue que des marguerites "photoshopées" aient remplacé les
Céanothes et Potentilles si encensées dans le récit au point d'en constituer le titre...
Cela dit, "
Céanothes et Potentilles" n'en fut pas moins une belle découverte que je ne peux que conseiller!
Lien : http://contesdefaits.blogspot.com/2010/02/ceanothes-et-potentilles-m..