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ISBN : 2070781550
Éditeur : Gallimard (2007)

Note moyenne : 3.39/5 (sur 128 notes)
Résumé :
Au centre du roman, une chaussure abandonnée sur un toit parisien. Tous les personnages du livre fréquentent le même immeuble, à proximité des rails de la gare du Nord. On rencontrera un enfant rêveur, un cambrioleur amoureux, trois malfrats déjantés, un unijambiste, un présentateur vedette de la télévision soudain foudroyé par l'évidence de sa propre médiocrité, un chien mélancolique, un immigré sans papiers, une vieille excentrique, un artiste (très) contemporain,... >Voir plus
Critiques, Analyses & Avis (27) Voir plus Ajouter une critique
zabeth55
zabeth5511 septembre 2015
  • Livres 3.00/5
Et bien voilà une très sympathique découverte, trouvée au hasard d'un vide grenier.
C'est un roman où chaque chapitre serait une nouvelle. le point commun étant que ça se passe dans le même immeuble, et qu'à chaque fois, il y a une histoire de chaussure qui atterrit sur le toit du dit immeuble.
Chaque histoire est originale et agréable à lire. Les personnages, tous très différents, il y a même un chien parmi eux, sont traités avec intelligence et sensibilité. Il y a aussi de l'humour, ce qui ne gâche rien.
Une bonne petite parenthèse passée avec ces habitants près de la gare du nord.
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aliquis
aliquis16 novembre 2010
  • Livres 2.00/5
Ce livre est un bouquin-concept. C'est à dire ? Je m'explique. Alors que je m'attendais à un roman classique, qui traiterais d'une chaussure sur un toit, que nenni. Je commence donc l'ouvrage, l'histoire commence sur une petite fille qui voit un ange triste qui jette ses chaussures, à ce moment je me dis que l'auteur va être très fort pour pouvoir continuer son livre sur 200 pages après un préambule pareil.
Et là, étonnement, le chapitre suivant, n'est pas la suite, mais une variation sur le titre, c'est à dire, une autre facon de penser la cause de la chaussure sur le toit. Au final, près de dix histoires dont le ressort narratif est à un moment ou à un autre cette chaussure sur le toit. C'est plaisant de se trouver avec un exercice de style de ce type qui est plutôt bien réussi, la plupart des histoires sont novatrices, intéressantes.
De plus, on retrouve d'une histoire à l'autre, des personnages, des enchevêtrements entre les chapitres, c'est bien fait.
Un livre donc plutôt très agréable à lire, qui défend parfaitement son concept avec en filigrane de chaque histoire, de chaque chapitre, la solitude et l'absence d'échanges entre les hommes.
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AmandineMM
AmandineMM24 septembre 2012
  • Livres 3.00/5
Vincent Delecroix prend comme point de départ de chaque nouvelle une chaussure sur le toit d'un immeuble parisien : à partir de ce motif, il développe toute une série de récits expliquant la présence insolite de cet objet à cet endroit ou dans lesquels cela joue un rôle important. Ainsi, cette chaussure va susciter une très belle rencontre entre une vieille dame et un jeune pompier, quoi qu'en pense le neveu de la première ; une discussion en équilibre entre Ulysse, Philoctète et le fils d'Achille ; le souvenir d'un amour perdu pour une adolescente ; celui d'un étrange cambriolage pour un autre ; et bien d'autres histoires. Celles-ci présentent différentes ambiances, tour à tour tendres, ironiques, cruelles, dramatiques ou humoristiques. L'une emprunte même le ton pompeux et prétentieux d'un discours d'artiste lors d'une exposition. C'est d'ailleurs dans cette nouvelle qu'est exposé le projet littéraire de l'auteur et l'intérêt que présente cette chaussure sur le toit. Ce qui est particulièrement intéressant dans ce recueil, ce sont les liens qui se tissent progressivement entre toutes ces nouvelles : certains personnages reviennent d'un texte à l'autre ou sont mentionnés, certains actes se croisent, de même que certains textes écrits par un personnage. Tous ces croisements créent en quelque sorte un roman, celui de quelques instants de vie des habitants d'un même immeuble.
Si j'ai apprécié la construction très réfléchie de ces nouvelles et de ce roman dans son ensemble, surtout lorsque les références se multiplient à la fin, je n'ai par contre guère accroché au style de l'auteur. Il se rapproche selon moi de l'oralité grâce à certaines répétitions et expressions destinées à un auditeur, afin de donner l'impression d'une conversation entre voisins de palier. le procédé s'inscrit bien dans le projet, mais ne me plaît pas. Si ce style ne vous déplaît pas, je vous recommande ce livre difficilement catégorisable dans un seul genre et très bien construit.
Lien : http://minoualu.blogspot.be/2012/09/la-chaussure..
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absolu
absolu01 août 2012
  • Livres 4.00/5
"L'imbrication des histoires les unes dans les autres à l'intérieur du roman permet à Vincent Delecroix d'aborder des registres très différents, du délire philosophique à la complainte élégiaque en passant par la satire des moeurs et par la peinture drolatique de la solitude".
Ils se débrouillent pas mal chez Gallimard, pour donner un avant-goût en peu de lignes. Ne pas trop en dire, le plus juste possible. Pas facile. Moi j'ai toujours eu du mal à faire court.
Toujours est-il que l'auteur parvient à faire d'une chaussure la cause, la conséquence, le moyen, la finalité d'une histoire ou d'une autre. Point de départ ou d'arrivée, vous êtes assurés de la retrouver, dans chaque histoire, toujours sur ce toit. Elle peut tout aussi bien appartenir à un ange en imper, perché sur ce toit, les bras en croix, en pleine nuit, envoyée là par un cambrioleur enragé, abandonné par un amoureux transi venu saluer sa belle accoudée à la fenêtre d'en face.. Tout est possible. Et plausible.
Et puis, l'une des histoires en fait appartient au narrateur d'une autre, et le chevalier anonyme d'une Cendrillon du 21ème siècle se retrouve à caresser un chien en colère contre son maître qui a gâché une relation avec une femme formidable, à cause d'une tragédie grecque, laquelle se joue un peu plus loin dans l'espace ou le temps, sur le toit d'un immeuble. Tout converge vers cette chaussure, ou tout commence. Ce roman est un véritable exercice de style, d'imagination, d'imbrication, d'entrelacements d'histoires sans jamais en perdre le fil. Ariane en serait comblée. Un tissage poétique à ridiculiser Pénélope (vous savez, celle qui fait et défait son tissage chaque nuit).

Ecriture précise "caméléonne", modulant son amplitude, son délié, en fonction des caractères et caractéristiques de chacun, et toujours autour d'un même sentiment, la solitude. L'ange dit : "Mais eux ne faisaient jamais les rencontres que je faisais, qui d'ailleurs étaient toujours plus nombreuses et fréquentes, de sorte que mon accablement était toujours plus profond. Pas un jour sans que j'aperçoive une larme sur un visage, une disgrâce quelconque, un geste méprisable, des vêtements usés, une nuque ployée. Il aurait fallu que je sois un monstre pour ne pas rentrer accablé et avec sur le visage cet air à la fois douloureux et fatigué qui finissait par lasser tout le monde.", quand l'amoureuse exhale son désarroi :"Ma mère ne veut pas savoir que j'ai vieilli deux fois, une première fois quand tu m'as prise dans tes bras, la deuxième fois quand on m'en a arrachée -la première fois je suis devenue une femme, la seconde une morte. Je suis plus vieille que ma mère, plus vieille que n'importe qui.", et que Philoctète agonise sur le toit : "Exactement, mon garçon, ricana Philoctète, ils sont au spectacle, un spectacle qui dure depuis un moment déjà. Inquiet, Ulysse demandé à Philoctète : mais aucun n'a prévenu la police ? Ils sont au spectacle, je te dis, ils ne font rien d'autre. Ils attendent ce qui va se passer. Ils me regardent crever ou gémir. Parfois, je les terrorise, avec mes coups de fusil, parfois ils me prennent en pitié."
D'ailleurs, ce dernier extrait est tiré de la seule histoire narrée à la troisième personne. Monsieur Delecroix, (pardonnez la question), est-ce intentionnel ? Mais surtout, si ça l'est (mes excuses), dans quel but ? Si vous passez dans le coin, je vous en prie, ne vous déchaussez pas. Cela me contrarierait.
Lien : http://www.listesratures.fr/archive/2007/11/19/l..
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JulyF
JulyF15 février 2014
  • Livres 4.00/5
Dix récits se déroulent les uns après les autres, à proximité les uns des autres, de nos jours à Paris... le point commun de ces histoires ? Une chaussure gisant, seule et exposée aux éléments, sur le toit d'un immeuble où se croisent nos personnages.
Exercice de style avec ses dix narrateurs différents, jeu de références où on saisit le regard d'un narrateur sur le narrateur précédent, émaillé aussi de réflexions esthétiques ou philosophiques, ce livre est amusant. Pas vraiment un roman puisqu'il y manque une véritable unité, bien plus qu'un simple recueil de nouvelles, on vogue d'un chapitre à l'autre au gré des mots d'une vieille dame, d'un amoureux transi ou d'un chien attentif.
Lecture agréable, indice aussi sur le travail d'artiste et l'imagination qu'un objet insolite peut éveiller, ce livre est une jolie découverte.
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Citations & extraits (22) Voir plus Ajouter une citation
SchimisaSchimisa17 avril 2014
Ayant mis au point à l'avance le jeu des questions et des réponses, je n'ai bientôt plus prêté attention à ce qu'il disait et je m'attardais davantage sur la question de savoir où il avait acheté sa chemise. (Pouvoir m'acheter de telles chemises, m'avait-il confié dernièrement au restaurant, qui assurent un succès presque immédiat auprès des filles, c'est la raison première de ma vocation philosophique, la seconde étant de vouloir libérer l'humanité des mensonges qui l’oppriment.) Lorsque, soudain, j'ai subi un choc de plein fouet. Il s'est passé quelque chose de totalement inattendu : j'ai entendu une voix.

Et cette voix m'a dit, très distinctement : qu'est-ce que tu fous ici?

Le choc a été tel que je me suis redressé brutalement, envoyant valdinguer toutes mes fiches. Je me suis tourné vers mon invité que mon violent mouvement avait coupé net en plein milieu d'une phrase (il faut bien dire la vérité, même si ça peut faire grincer des) et qui fixait maintenant sur moi des yeux ahuris. Puis je me suis tourné tour à tour vers chacun de mes chroniqueurs stupéfaits et figés.

Il y eut un blanc.



Un silence qui a duré quelques secondes, effroyable. De nouveau, je me suis retourné vers mon invité et, ayant totalement oublié que j'étais à l'antenne, comme on dit, je lui ai demandé : qu'est ce que tu viens de dire?

Après un bref moment de surprise pendant lequel il a cherché à son tour le regard des chroniqueurs, il a esquissé un sourire, a toussoté et a repris : je disais qu'il faut bien dire la vérité, même si ça peut faire grincer des. Non, non : avant ça.

De nouveau, un blanc.



Les chroniqueurs, maintenant, regardaient dans tous les sens, complétement affolés (l'émission était, comme chacun s'en souvient, en direct et en public). Mais à cet instant même, j'ai compris que ce n'était pas lui qui avait parlé, que cette voix venait d'autre part. Un instant j'ai été saisi d'une très courte mais très intense terreur. Juste un instant. Après quoi, je me suis ressaisi. Laisse tomber, lui ai-je dit, continue ton speech. Plutôt ébranlé, il a repris tant bien que mal le fil de son propos. Mais c'est à ce que moment là que c'est faite la véritable révélation. Et, sous le coup de cette découverte éclatante, j'ai eu le sentiment de déclarer à haute voix : mais qu'est-ce que je fous ici? La fin de l'émission a été un désastre.
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MarsupMarsup18 mai 2010
Oh mon amour, je voudrais que, là où tu te trouves, tu ne souffres plus jamais. Par moments même, je voudrais que tu m'aies oubliée, pour que je ne sois pas un objet de souffrance pour toi. Et puis, le moment d'après, bien sûr, je voudrais que tu ne m'oublies jamais, au contraire, et n'être pas la seule à regarder par la fenêtre en pleurant, à rester là comme une idiote, les bras ballants, inutile, avec tout mon corps inutile et mon sourire pour personne, ces dents éclatantes pour ne rien croquer, et tous ces jours vides devant moi.

Au moment où je t'ai perdu,j'ai bien compris que la souffrance allait être terrible. Je l'ai compris immédiatement, avec les premières larmes et les premières injures. Mais ce que je n'avais pas prévu, c'était l'ennui. Je m'apprêtais à souffrir d'amour et d'injustice, mais pas à souffrir d'ennui. Cette souffrance-là aiguise les autres, et les creuse et les écorche à chaque instant. Je veux bien que les souvenirs me brûlent, mais je ne sais pas quoi faire avec ce présent vide, cette plaie.

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SchimisaSchimisa13 avril 2014
Au sortir de la salle de bains, je suis tombé sur le chat qui me fixait avec des yeux luminescents et dépourvus d'intelligence. Je lui ai murmuré : casse-toi, Cerbère. (Cerbère, c'est vraiment stupide comme nom, pour un chat.) Il n'avait pas l'air bien hostile, mais je me souvenais que certains des plus méticuleux cambrioleurs se font régulièrement découvrir par un maladroit écrasement de queue de chat (les cris que poussent les chats dans ces cas-là sont susceptibles de réveiller n'importe qui). Après un temps d'observation réciproque, il s'est nonchalamment détourné pour aller prendre une nouvelle ration de croquettes dans sa gamelle, parce que la vie nocturne des chats est bien moins palpitante qu'on ne se l'imagine. Bon, c'est pas tout ça, mais il faut faire quelque chose.
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julinoujulinou11 février 2011
Au moment où je t'ai perdu, j'ai bien compris que la souffrance allait être terrible. Je l'ai compris immédiatement, avec les premières larmes et les premières injures. Mais ce que je n'avais pas prévu, c'était l'ennui. Je m'apprêtais à souffrir d'amour et d'injustice, mais pas à souffrir d'ennui.
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luocineluocine27 août 2009
Je songeais à publier un recueil de mes opinions sur la littérature mondiale. Je connaissais Gérard Depardieu. Je laissais planer avec délices toutes les rumeurs possibles concernant ma véritable sexualité. J’hésitais à acheter un chat. Je possédais trois paires de mocassins John Lobb et j’avais annoncé la mort officielle de la littérature postmoderne.
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Vincent Delecroix nous présente sa bibliothèque idéale du solitaire.
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La Curée d'Emile Zola

Paru en 1872, La Curée, deuxième roman de la série des Rougon-Macquart d'Emile Zola se déroule en 1851. Il dépeint les milieux enrichis et spéculateurs à Paris peu après le coup d'Etat de Louis-Napoléon Bonaparte. Ceci est:

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faux
partiellement exact: le roman se passe en 1869, peu avant la guerre
La Curée est bien d'Emile Zola mais est un roman indépendant qui ne fait pas partie du cycle des Rougon-Macquart

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Thèmes : littérature française , rougon-macquart , xixème-xxème sièclesCréer un quiz sur ce livre