L'art d'
Anne Perry est l'art de tisser une trame serrée entre tous ses romans. Elle n'est pas de ces romancières qui créent un personnage et l'oublie aussitôt. Dix ans et de nombreuses enquêtes ont passé depuis l'Etrangleur de Carter street, et nous retrouvons Dominic Corde, le beau-frère de Charlotte Pitt. Ces dix année sl'ont transformé, mais ne lui ont pas fait oublié le passé.
Alors qu'
Ashworth Hall était un drame politique, Brunswick Garden a tout du drame intime. Pitt est ici pour éviter le scandale. Il se déplace vers chacun des membres de la maisonnée (dans les enquêtes modernes, nous avons plutôt l'habitude que les suspects se déplacent), les découvrant ainsi dans leur intimité. Seul Dominic, qui n'est que de passage dans cette famille, fait exception, et va presque de lui-même parler à Thomas Pitt.
Eviter le scandale est le but, si ce n'est que Pitt et son supérieur tiennent avant tout à établir la vérité, pour rendre justice à la victime et aussi pour que la suspicion ne plane pas sur un innocent. Thomas se trouve pris entre son devoir de policier et son inimitié pour Dominic. Celui-ci ferait un coupable idéal, et Thomas se surprend à espérer qu'il puisse l'être - ce dont il frémit aussitôt. L'inspecteur ne laisse pas passer les faiblesses et surtout pas les siennes.
Roman intime, Brunswick Garden montre la place des femmes dans la société victorienne, et le difficile combat de celles qui voulaient être reconnus à leur juste valeur. Unity, par sa passion, par son intransigeance, aura été le catalyseur qui déchaînera les passions.
Le dénouement sera à l'image du roman : intimiste.