ISBN : 2812603135
Éditeur : Editions du Rouergue (2012)


Note moyenne : 3/5 (sur 5 notes) Ajouter à mes livres
Le chiffre, ce sont les initiales que la grand-mère de l'auteur brodait sur le linge de ses enfants, au début du siècle dernier... Annabelle, l'ainée de la fratrie, tient salon à Maillac, petite ville industrielle où l'on joue au rugby depuis toujours, au golf depuis pe... > voir plus
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Critiques et avis(3)

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    • Livres 3.00/5
    Par pilyen, le 31 janvier 2012

    pilyen
    Après avoir vraiment aimé un précédent livre "Les ronces" en 2006, je lis régulièrement Antoine Piazza. Avec plus ou moins de bonheur il faut dire. "La route de Tassiga" ne m'avait guère emballé et "le voyage au Japon" m'avait beaucoup plus intéressé par son côté récit de voyage.
    Avec "Le chiffre des soeurs", l'auteur continue d'explorer sa vie et c'est cette fois-ci se retourne vers le passé pour nous parler de sa famille et surtout de ses tantes.
    La première chose qui impressionne quand on ouvre un livre d'Antoine Piazza, c'est la densité de l'écriture. Densité, pour l'oeil, car, son texte est absent de tout dialogue, ce qui donne une vision très touffue de chaque page. Mais se plonger dans la lecture est un réel bonheur car il y a un vrai talent d'écrivain, qui déploie des phrases amples et profondes, au fort pouvoir d'évocation, arrivant en quelques mots à cerner un univers, un sentiment.
    Ici, l'écriture est au service d'un projet ambitieux : raconter à travers la vie de ses quatre tantes Annabelle, Alice, Armelle et Angèle, l'histoire, l'opulence d'une ville prospère et de ses habitants, des années trente aux années soixante et son lent déclin à la fin du siècle dernier. Ou comment à partir d'un matériel très personnel, arriver à généraliser, ouvrir la boîte aux souvenirs de son lecteur tout en racontant une France aujourd'hui disparue.
    Pour ma part, c'est pas mal réussi. On sent un reste de naphtaline sur les vêtements, les bois cirés, on voit les napperons en dentelle sur la table du salon, on se courbe à cause la vie codifiée et rigidifiée par les bonnes moeurs et le qu'en dira-t-on. Pourtant, le passé rejaillit sans aucune nostalgie. On sentirait même une légère ironie pour tous ces personnages qui semblent avoir trouver une vraie liberté d'esprit que dans la dernière partie de leur vie, une fois que les convenances n'eurent plus autant d'importance.
    la fin sur le blog :

    Lien : http://sansconnivence.blogspot.com/2012/01/le-chiffre-des-soeurs-dan..
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    • Livres 2.00/5
    Par csapin, le 13 avril 2012

    csapin
    En véritable passionnée des fresques familiales, je me suis jetée corps et âme dans cette lecture prometteuse... selon l'éditeur. Au final, j'ai la même sensation qu'en ayant lu Comme une ombre de Michel Schneider : il est difficile de captiver quelqu'un d'autre que soi (ou son entourage) avec l'autobiographie. Et même quand le style est infiniment maîtrisé comme dans Rien ne s'oppose à la nuit de Delphine de Vigan, j'ai du mal à accrocher. L'exercice périlleux se révèle une nouvelle fois un échec à mes yeux. Je me suis ennuyée. J'ai eu la sensation de contempler des anecdotes posées çà et là, sans véritables liens si ce n'est celui du sang. Décidément, le cru 2012 se révèle un peu fade jusqu'à présent.

    Lien : http://gwordia.hautetfort.com/archive/2012/01/03/rentree-litteraire-..
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    • Livres 4.00/5
    Par michelekastner, le 06 mai 2012

    michelekastner
    Un long texte à l'écriture travaillée pour raconter pêle-mêle les souvenirs et les portraits de famille du début du siècle à nos jours : les quatre tantes (religieuse, infirmière militaire, professeure de piano, épouse d'industriel), les liens qui les unissent, les petites manies, les frasques, les actes de résistance, mais aussi les penchants de certains pour le maréchal Pétain, la longue prospérité de la petite ville industrielle où vécut la famille, l'usine administrée par le beau-frère avant les difficultés dues à la concurrence. Je n'avais pas été captivée par "La route de Tassiga" qui m'avait ennuyée, mais Antoine Piazza développe un réel talent d'écrivain dans ce texte touffu.
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Critiques presse (2)


  • Lexpress , le 03 février 2012
    A travers le portrait d'une famille, Antoine Piazza écrit une part oubliée de l'histoire de France.
    Lire la critique sur le site : Lexpress
  • Telerama , le 25 janvier 2012
    L'auteur bouscule la chronologie, recompose avec un goût proustien le puzzle familial, se révélant une fois encore un merveilleux explorateur du temps perdu, doublé d'un chroniqueur plein de malice.
    Lire la critique sur le site : Telerama

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Citations et extraits

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  • Par michelekastner, le 06 mai 2012

    J'étais arrivé quand mes tantes, pour s'asseoir, opéraient un laborieux ballet devant l'étroit canapé qu'elles rejoignirent à la façon de ces avions de chasse qui se détachent un à un de leur escadrille pour piquer vers leurs cibles. Comme je n'étais pas grand et que je me présentais au moment où les quatre femmes commençaient leur manoeuvre, l'une ayant trouvé sa place, une autre amorçant sa descente, les deux dernières tournant encore, la première chose que je vis d'elles ne fut pas leur visage mais leurs cuisses charnues alignées sur le canapé comme des pièces de viande sur leur étal, et au milieu desquelles, trônant comme un officier au milieu de ses soldats, Nabelle affichait la toile opaque de ses bas galonnés de jarretelles qu'elle portait en toute saison. Alors que, en s'asseyant, la plupart des femmes s'arrangeaient d'ordinaire pour ramener le bord de leur jupe sur leurs genoux serrés, mes tantes livraient à la vue de tous la prolifération de leurs cuisses additionnées et, à quatre reprises, parce que les bustes et les visages étaient enfoncés dans les profondeurs du canapé et que mes tantes n'avaient pas bougé pour que je pusse les embrasser facilement, je dus plonger mon corps d'enfant dans la croisée obscure de ces jambes mal refermées et m'imposer une interminable apnée pour échapper à des odeurs de femmes mûres compliquées de transpiration et d'un peu d'incontinence.
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