Confortablement installé dans son canapé, un témoin regarde la télévision et il y voit le monde tel qu'il semble aller. C'est-à-dire mal, d'images de guerre en images de guerre, toute vie niée. C'est bien sûr cet examen de ce qu'on lui donne à voir - jusqu'à ce que frag... > voir plus
Ô Dzamala ! Dzamala ! Ceux-d'en-ville ont pris nos enfants. Ceux-d'en-ville ont fumé nos entrailles.
La meute, nous appelle-t-on, la meute.
Ceux-d'en-ville nous ont chassés des terres et nous ont relégués dans ces ordures. Nous avons fumé, ô Dzamala. Nous avons oublié, oublié toutes ces misères.
La meute, nous appelle-t-on, la meute. Nous pillons, nous violons, nous tuons.
Ceux-d'en-ville, maintenant, nous massacrent, nous brûlent. Ceux-d'en-ville ont quitté leurs ruelles; ont gravi les collines et fouillé dans leurs propres ordures pour retrouver nos enfants.
La meute, nous appelle-t-on, la meute.
Ceux-d'en-ville ont pris nos enfants, ceux-d'en-ville ont fumé nos entrailles
Elle saura enfin, ma mère, que j'avais pris un morceau de ferraille pour d'un coup trancher ta gorge. Elle saura la hache lourde qui a fendu tes seins, le pot en terre où j'ai cueilli ton coeur. Elle saura ma mère le soleil qui a bruni le sol aride du village, l'ombre s'étendant, me soûlant de noirceur et d'appréhension.
Te dirai-je la première vague qui a soulevé mon âme ? Nous voguâmes sur une mer tranquille. Apaisés. Heureux. Certains d'atteindre tous l'autre rive. L'épaisseur douce de l'océan nous portait voluptueusement tandis que le soleil se couchait dans la couleur sang de nos chairs à vif.
Nous dérivâmes ainsi des jours entiers, déroulant nos corps et nos âmes sur des courants rapides. Nous rêvions à l'Être qui aurait créé son propre corps et qui n'aurait jamais à le redonner à la terre, poussière parmi les poussières. Nous divaguâmes nos âmes sur des espoirs de rencontre, sur des envies de découverte.