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> Gilbert Lely (Préfacier, etc.)

ISBN : 2264026995
Éditeur : 10-18 (1998)


Note moyenne : 3.33/5 (sur 87 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Le duc de Blangis, l'évêque de…, le président de Curval et Durcet. Un noble, un homme d'Église, un juge de France et un bourgeois financier. Quatre personnages en quête d'ardeur. Ou plutôt "quatre scélérats avec lesquels j... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 3.00/5
    Par Tempuslegendae, le 17 janvier 2013

    Tempuslegendae
    En tant que passionné du siècle des Lumières, je ne peux faire abstraction des œuvres du marquis de SADE. «Divin marquis», disait-on d'ailleurs en citant ce noble né dans la même aristocratie provençale que celle de Mirabeau.
    «Les Cent Vingt Journées de Sodome» ne représente pas forcément sa meilleure œuvre, mais à mon sens la plus significative du grand seigneur. Rédigé à la Bastille quelques années avant «sa Prise», il est bon de rappeler que le manuscrit avait été sauvé in-extrémis d'une soi-disant destruction. C'est l'œuvre la plus radicale de SADE. Quatre libertins, représentant les couches privilégiées de l'Ancien Régime, s'enferment dans un château inaccessible avec quatre «historiennes», une vingtaine de victimes des deux sexes et une douzaine d'aides techniques. «L'École du libertinage» (il s'agit du sous-titre) fait alterner les récits des historiennes, d'ailleurs anciennes maquerelles au courant de toutes les passions humaines, et les travaux pratiques. Ne rougissons pas, les écrits sont là et il ne faut pas en oublier le thème voulu par l'auteur!
    La structure du récit peut nous en faire rappeler d'autres, comme par exemple «Décaméron». Bref, à chaque jour correspondent une histoire et des pratiques particulières, mais les jours se succèdent selon une progression inexorable. le premier mois est consacré au passions simples, le deuxième aux doubles, le troisième aux criminelles, le dernier aux meurtrières. On passe ainsi des pratiques anodines aux tortures qui transforment la fin du texte en véritable boucherie. Mais, au fur et à mesure qu'on avance dans ce climat d'horreur, les descriptions minutieuses des premières journées se raccourcissent, laissent place à des notes fragmentaires. Et l'œuvre débouche sur une totale abstraction, enfin sur l'indicible.
    Mais pour en revenir à l'écrivain proprement dit, beaucoup de zones d'ombre demeurent dans sa biographie, laquelle fut marquée par une expérience carcérale et la répression étatique, n'oublions pas le siècle en question. Un marquis déchu, qui resta tout au long de son existence déchiré entre deux rêves: le pouvoir féodal et le sacre de l'écrivain, les deux brisés par la censure…
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    • Livres 3.00/5
    Par Monarch, le 20 avril 2011

    Monarch
    Difficile de résumer en quelques mots l'étendue et l'ampleur de ce que peut être ce livre autrement que par "Voici le livre le plus horrifiant qui ait jamais été écrit".
    Imaginez les fantasmes d'un pervers sexuel notoire, décuplés par un enfermement à la Bastille. Multipliez le résultat par cent, et vous obtiendrez une once de ce que vous pourrez lire ici.
    Rien de ce que la pornographie moderne peut offrir, même la plus underground, la plus illégale, ne se trouve pas ici. de la simple transgression homosexuelle (qui pour l'époque était déjà excessivement scandaleuse) aux tréfonds de l'imaginaire sexuel le plus noir, les 120 journées enfoncent peu à peu le lecteur dans l'horreur, comme si le simple curieux ayant acquis ce livre était puni de la façon la plus abjecte qui soit. Rien chez Sade, pas même dans Juliette ou Les prospérités du vice, ne préfigure les atrocités commises ici au nom du plaisir sexuel.
    Sur les 120 journées du titre, seules 30 ont été rédigées par Sade avant qu'il ne perde son manuscrit. Les 90 restantes, auxquelles s'y ajoutent quelques autres, ne sont qu'à l'état de prises de notes, parfois grossières au point de n'être qu'une idée, un fantasme, et l'on se prend à remercier le cours de l'Histoire de nous avoir épargné la rédaction de ces journées.
    Manies sexuelles, prostitution volontaire ou forcée, enlèvements, viols, pédophilie, scatophagie, tortures, mutilations, exécution ne sont que le sommet de l'iceberg.
    Il n'y a ici aucun intérêt littéraire, aucun intérêt érotique, aucune satisfaction de lecture: le lecteur lui-même, s'il n'est pas prévenu, est soumis à la torture de ces pages, et ressent physiquement la nausée monter en sa gorge et la douleur psychologique s'insinuer en son esprit.
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    • Livres 5.00/5
    Par steka, le 17 octobre 2012

    steka
    La lecture des 120 journées de Sodome est sans conteste extrêmement éprouvante et provoquera le plus souvent colère et indignation. Mais à quoi donc avons-nous affaire ici ? Sade était-il un dément en s'appliquant ainsi à faire un catalogue quasiment exhaustif des perversions les plus inimaginables que puisse envisager l'esprit humain. Avant de se précipiter vers cette hypothèse commode et quelque peu hypocrite, il est préférable d'aller à la rencontre de cette personnalité tout à fait hors du commun.
    Sade fut embastillé sans jugement (par décret royal) et pour une sorte d'éternité jusqu'à ce que la Révolution Française le fasse libérer opportunément.
    Cet emprisonnement ne fut consécutif à aucun crime grave mais provoqué par ce que la Bonne Société de l'époque considérait comme un comportement scandaleux; non pas pour son libertinage mais par le fait que notre Marquis s'obstinait à ne pas vouloir le dissimuler et s'affichait ostensiblement.
    Voilà ce qui décidément n'était pas pardonnable pour l'hypocrisie bourgeoise montante. Sa mise à l'écart fut donc décidée et sans qu'aucune limite ne soit fixée à sa peine.
    Sade était de ce genre d'êtres qui porte la liberté en eux-mêmes comme une brulure. Sans aucune issue vers l'extérieur, il ne lui resta plus qu'a plonger en lui-même, au plus profond, pour pouvoir la retrouver.
    Et alors, à sa manière, Sade inventa la psychanalyse, plus d'une centaine d'années avant Freud ...
    Se prenant lui-même comme unique objet de son analyse, ( et pour cause), il plongea dans les recoins les plus obscures de son inconscient, ne reculant devant rien et motivé par la rage inextinguible qu'il ressentait du fait de sa situation, il produisit cet ouvrage sidérant.
    Ce livre est donc un acte de libération; le seul qui était alors à sa portée.
    Il faut le comprendre comme une exploration radicale de l'inconscient, dans ce contexte très particulier ou se trouvait alors le divin marquis.
    Sortant donc de sa prison avec la révolution, nous le retrouvons membre actif de la Section révolutionnaire des Piques et seuls, ceux qui n'auront pas compris sa manière toute particulière d'envisager l'aristocratie s'étonneront de le trouver là, jusqu'à ce que le tyran Bonaparte le fasse à nouveau enfermer.
    En vieux français, le mot "sade" signifiait: doux, gentil, charmant ...
    Vérifiez !
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    • Livres 1.00/5
    Par Gwen21, le 04 mars 2013

    Gwen21
    Nausée
    NB : Je cède à la pression bienveillante que plusieurs lecteurs ont eu la gentillesse d'exercer sur moi et informe les flâneurs littéraires égarés sur cette page que le développement de cette parcimonieuse critique se trouve dans les commentaires...
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    • Livres 2.00/5
    Par JLDragon, le 13 octobre 2013

    JLDragon
    L'épuisement du désir par la satisfaction du vice voilà ce que cherche à nous enseigner Sade dans cette œuvre abominable qui ne pourra qu'exciter les plus dégénérés d'entre nous (le monde étant déjà bien dégénéré, il pourrait malheureusement plaire à beaucoup de monde).
    Étant donné que le désir s'épuise vite, Sade nous apprend ici que pour qu'il renaisse, il faut que le vice monte en crescendo. Plus les pages défilent, plus les passions sont fortes, violentes et intolérables pour aller jusqu'au meurtre.
    Même si ce livre nous donne une leçon, on ne peut pas l'apprécier (sauf si on est profondément pervers).
    En définitive, c'est un exploit que de pouvoir finir ce livre jusqu'au bout ! Exploit réalisé pour ma part en restant sourd sur certains passages et en ayant des nausées sur beaucoup d'autres ! Et pourtant j'en ai lu des livres d'horreurs…
    Attention pour lecteurs avertis (ou profondément pervers !) ! ! !
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Citations et extraits

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  • Par nounounaji, le 18 septembre 2012

    "Nous autres libertins, nous prenons des femmes
    pour être nos esclaves; leur qualité d'épouses les rend plus soumises que des
    maîtresses, et vous savez de quel prix est le despotisme dans les plaisirs que
    nous goûtons."

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  • Par Monarch, le 20 avril 2011

    "Viens, putain, lui dit-il, quand on a gobé le poisson, il faut y mettre la sauce; elle est blanche, viens la recevoir!"

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Vidéo de Marquis de Sade

Sade, l'ange de l'ombre de Gonzague Saint Bris .
Voir l'émission : http://www.web-tv-culture.com/l-autre-rive-du-bosphore-de-theresa-revay-574.html 200 ans après sa mort, en décembre 1814, le marquis de Sade continue à effrayer, à choquer, à provoquer. Mais au-delà de l'écrivain sulfureux, qui se cache derrière cet homme né sous Louis XV et mort dans les derniers feux du 1er empire. Avec sa verve habituelle et après de multiples recherches, Gonzague St Bris s'empare du mythe et nous présente un homme, trop humain sans doute. « Sade, l'ange de l'ombre » de Gonzague St Bris aux éditions Télémaque. Gonzague Saint Bris est sur WTC.








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