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> Gilbert Lely (Préfacier, etc.)

ISBN : 2264026995
Éditeur : 10-18 (1998)


Note moyenne : 3.36/5 (sur 112 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Le duc de Blangis, l'évêque de…, le président de Curval et Durcet. Un noble, un homme d'Église, un juge de France et un bourgeois financier. Quatre personnages en quête d'ardeur. Ou plutôt "quatre scélérats avec lesquels j... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 3.00/5
    Par Tempuslegendae, le 17 janvier 2013

    Tempuslegendae
    En tant que passionné du siècle des Lumières, je ne peux faire abstraction des œuvres du marquis de SADE. «Divin marquis», disait-on d'ailleurs en citant ce noble né dans la même aristocratie provençale que celle de Mirabeau.
    «Les Cent Vingt Journées de Sodome» ne représente pas forcément sa meilleure œuvre, mais à mon sens la plus significative du grand seigneur. Rédigé à la Bastille quelques années avant «sa Prise», il est bon de rappeler que le manuscrit avait été sauvé in-extrémis d'une soi-disant destruction. C'est l'œuvre la plus radicale de SADE. Quatre libertins, représentant les couches privilégiées de l'Ancien Régime, s'enferment dans un château inaccessible avec quatre «historiennes», une vingtaine de victimes des deux sexes et une douzaine d'aides techniques. «L'École du libertinage» (il s'agit du sous-titre) fait alterner les récits des historiennes, d'ailleurs anciennes maquerelles au courant de toutes les passions humaines, et les travaux pratiques. Ne rougissons pas, les écrits sont là et il ne faut pas en oublier le thème voulu par l'auteur!
    La structure du récit peut nous en faire rappeler d'autres, comme par exemple «Décaméron». Bref, à chaque jour correspondent une histoire et des pratiques particulières, mais les jours se succèdent selon une progression inexorable. le premier mois est consacré au passions simples, le deuxième aux doubles, le troisième aux criminelles, le dernier aux meurtrières. On passe ainsi des pratiques anodines aux tortures qui transforment la fin du texte en véritable boucherie. Mais, au fur et à mesure qu'on avance dans ce climat d'horreur, les descriptions minutieuses des premières journées se raccourcissent, laissent place à des notes fragmentaires. Et l'œuvre débouche sur une totale abstraction, enfin sur l'indicible.
    Mais pour en revenir à l'écrivain proprement dit, beaucoup de zones d'ombre demeurent dans sa biographie, laquelle fut marquée par une expérience carcérale et la répression étatique, n'oublions pas le siècle en question. Un marquis déchu, qui resta tout au long de son existence déchiré entre deux rêves: le pouvoir féodal et le sacre de l'écrivain, les deux brisés par la censure…
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    • Livres 3.00/5
    Par Monarch, le 20 avril 2011

    Monarch
    Difficile de résumer en quelques mots l'étendue et l'ampleur de ce que peut être ce livre autrement que par "Voici le livre le plus horrifiant qui ait jamais été écrit".
    Imaginez les fantasmes d'un pervers sexuel notoire, décuplés par un enfermement à la Bastille. Multipliez le résultat par cent, et vous obtiendrez une once de ce que vous pourrez lire ici.
    Rien de ce que la pornographie moderne peut offrir, même la plus underground, la plus illégale, ne se trouve pas ici. de la simple transgression homosexuelle (qui pour l'époque était déjà excessivement scandaleuse) aux tréfonds de l'imaginaire sexuel le plus noir, les 120 journées enfoncent peu à peu le lecteur dans l'horreur, comme si le simple curieux ayant acquis ce livre était puni de la façon la plus abjecte qui soit. Rien chez Sade, pas même dans Juliette ou Les prospérités du vice, ne préfigure les atrocités commises ici au nom du plaisir sexuel.
    Sur les 120 journées du titre, seules 30 ont été rédigées par Sade avant qu'il ne perde son manuscrit. Les 90 restantes, auxquelles s'y ajoutent quelques autres, ne sont qu'à l'état de prises de notes, parfois grossières au point de n'être qu'une idée, un fantasme, et l'on se prend à remercier le cours de l'Histoire de nous avoir épargné la rédaction de ces journées.
    Manies sexuelles, prostitution volontaire ou forcée, enlèvements, viols, pédophilie, scatophagie, tortures, mutilations, exécution ne sont que le sommet de l'iceberg.
    Il n'y a ici aucun intérêt littéraire, aucun intérêt érotique, aucune satisfaction de lecture: le lecteur lui-même, s'il n'est pas prévenu, est soumis à la torture de ces pages, et ressent physiquement la nausée monter en sa gorge et la douleur psychologique s'insinuer en son esprit.
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  • Par NMTB, le 19 décembre 2014

    NMTB
    Alors, évidemment, si l'on considère que la lecture doit être un plaisir, en lisant Sade on risque de se retrouver dans une situation très embarrassante. Par contre, si l'on estime que la littérature ne doit pas seulement nous divertir mais également nous révéler quelque chose de l'Homme, Sade devient quasiment une lecture par laquelle il faut passer tant bien que mal. de nombreux écrivains au cours du vingtième siècle se sont penchés sur l'œuvre de Sade, et ces analyses sont souvent passionnantes, que ce soit du côté de la morale, de la philosophie, de la politique ou de la psychologie. Ces nombreux points de vue prouvent au moins que le cas de Sade pose des questions essentielles.
    Il faut d'abord prendre en compte que cette œuvre n'aurait jamais vu le jour sans l'emprisonnement de son auteur. « Les 120 journées de Sodome » est son premier livre et il a été clairement écrit en réaction contre son enfermement. La société croit le punir en l'enfermant, mais Sade rétorque qu'au contraire elle augmente sa jouissance, que la débauche ne peut se faire que cachée ; ainsi les quatre libertins dont il est question dans ce livre commencent par s'emmurer eux-mêmes dans un château. Interdire Sade, le cacher, c'est aller dans son sens.
    « Justine », que Sade écrivit plus tard, est un livre assez différent, plus intéressant d'une certaine manière. Les justifications philosophiques sont plus abondantes et brisent la lassitude qu'on peut ressentir à la lecture des 120 journées. Malgré tout, une chose apparait peut-être plus évidente dans « Les 120 journées de Sodome », c'est l'influence qu'a eu la philosophie des Lumières sur Sade. En particulier, on s'aperçoit que la pensée de Sade est née de sa lecture des écrits de Rousseau et qu'elle s'est développée contre lui.
    De ces 120 journées - qui finalement n'en contiennent que 30, puisque suite aux vicissitudes de l'Histoire, Sade n'a pu en rédiger les autres - il ressort une profonde monotonie. Chaque journée se ressemble, se passe de la même façon, elles sont toutes construites sur le même schéma, encastrées dans la même structure rigide, aucune place n'est laissée aux digressions, tout est extrêmement réglementé. Toute évolution y est bannie, aussi bien des personnages que de l'histoire, le seul intérêt qu'a voulu donner Sade à son texte est l'augmentation progressive des horreurs. Mais quel ennui au bout du compte ! Dans quelle mesure Sade en avait-il conscience ? Son but était-il vraiment d'exciter son lecteur ou même de le dégoûter ? Car il est évident que cette accumulation d'infamies a quelque chose qui va à l'encontre des textes purement érotiques ; au bout d'un moment, aussi porté sur la bizarrerie qu'on puisse l'être, on ne peut ressentir que de la lassitude et, ainsi, tout ce qu'écrit Sade a paradoxalement l'effet contraire de ce qu'il affirme. Mais doit-on interroger Sade en termes moraux ? Doit-on en faire le plus grand athée qui n'ait jamais existé ou, au contraire, voir dans ses excès extrêmes un profond besoin de Dieu ? Au passage, s'interroger sur sa haine de l'Homme, de Dieu ou de la Nature, revient au même. Ces questions sont bien sûr intéressantes, mais elles resteront à jamais en suspend et c'est à chacun de se débrouiller avec.
    Cependant, je ne crois pas qu'il faut remettre en question l'athéisme de Sade, ni son rejet de tout ce qui n'est pas l'affirmation de soi. Sade est très contradictoire, il affirme que le vice fait partie de la nature, qu'il adore le vice, et pourtant il haït la nature et son rêve ultime serait de la détruire ; il est incompréhensible, comme tous les hommes, sauf qu'il l'est excessivement. Au-delà de tout ça, peut-être que le but secret de Sade était de rendre son lecteur aussi blasé que les libertins de son livre, de lui faire ressentir l'insensibilité et ce besoin de toujours aller plus loin. D'ailleurs, les passages où Sade aborde le masochisme (sans le nommer, bien évidemment) sont très intéressants. Certains psychologues ont mis l'accent sur les différences qui existaient entre le sadisme et le masochisme et que les réunir sous un même concept était une absurdité. Sade en parle un peu dans « Les 120 journées de Sodome » et prétend que ce qu'on appelle aujourd'hui le sadisme est en quelque sorte la même passion que le masochisme et qu'il en est même issu. Tous deux sont une jouissance du remords, même si l'un s'y complait et que l'autre va au-delà. La seule différence réside dans le fait que le sadisme est une révolte contre le sentiment et en particulier le sentiment de honte.
    D'un point de vue strictement littéraire, Sade n'écrit pas mal (il ne faut pas oublier que ce texte est une ébauche, qu'il contient des approximations et qu'il n'aurait jamais dû être publié dans cet état), il emploie quelques jolies formules et il a un certain sens de l'humour, même si cet humour est extrêmement grinçant et que le terme de « jolie » ne convient pas tout à fait à son style. Mais, encore une fois, sa passion des chiffres, de la structure ordonnée, symétrique, rend Les 120 journées de Sodome très monotones, très pénibles à lire, bien plus que l'accumulation des horreurs extrêmes qui, au final, sont plus surréalistes qu'autre chose.
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    • Livres 5.00/5
    Par steka, le 17 octobre 2012

    steka
    La lecture des 120 journées de Sodome est sans conteste extrêmement éprouvante et provoquera le plus souvent colère et indignation. Mais à quoi donc avons-nous affaire ici ? Sade était-il un dément en s'appliquant ainsi à faire un catalogue quasiment exhaustif des perversions les plus inimaginables que puisse envisager l'esprit humain. Avant de se précipiter vers cette hypothèse commode et quelque peu hypocrite, il est préférable d'aller à la rencontre de cette personnalité tout à fait hors du commun.
    Sade fut embastillé sans jugement (par décret royal) et pour une sorte d'éternité jusqu'à ce que la Révolution Française le fasse libérer opportunément.
    Cet emprisonnement ne fut consécutif à aucun crime grave mais provoqué par ce que la Bonne Société de l'époque considérait comme un comportement scandaleux; non pas pour son libertinage mais par le fait que notre Marquis s'obstinait à ne pas vouloir le dissimuler et s'affichait ostensiblement.
    Voilà ce qui décidément n'était pas pardonnable pour l'hypocrisie bourgeoise montante. Sa mise à l'écart fut donc décidée et sans qu'aucune limite ne soit fixée à sa peine.
    Sade était de ce genre d'êtres qui porte la liberté en eux-mêmes comme une brulure. Sans aucune issue vers l'extérieur, il ne lui resta plus qu'a plonger en lui-même, au plus profond, pour pouvoir la retrouver.
    Et alors, à sa manière, Sade inventa la psychanalyse, plus d'une centaine d'années avant Freud ...
    Se prenant lui-même comme unique objet de son analyse, ( et pour cause), il plongea dans les recoins les plus obscures de son inconscient, ne reculant devant rien et motivé par la rage inextinguible qu'il ressentait du fait de sa situation, il produisit cet ouvrage sidérant.
    Ce livre est donc un acte de libération; le seul qui était alors à sa portée.
    Il faut le comprendre comme une exploration radicale de l'inconscient, dans ce contexte très particulier ou se trouvait alors le divin marquis.
    Sortant donc de sa prison avec la révolution, nous le retrouvons membre actif de la Section révolutionnaire des Piques et seuls, ceux qui n'auront pas compris sa manière toute particulière d'envisager l'aristocratie s'étonneront de le trouver là, jusqu'à ce que le tyran Bonaparte le fasse à nouveau enfermer.
    En vieux français, le mot "sade" signifiait: doux, gentil, charmant ...
    Vérifiez !
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    • Livres 1.00/5
    Par Gwen21, le 04 mars 2013

    Gwen21
    Nausée
    NB : Je cède à la pression bienveillante que plusieurs lecteurs ont eu la gentillesse d'exercer sur moi et informe les flâneurs littéraires égarés sur cette page que le développement de cette parcimonieuse critique se trouve dans les commentaires...
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Citations et extraits

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  • Par Rattus, le 13 avril 2015

    Si nous n'avions pas tout dit, tout analysé, comment voudrais-tu que nous eussions pu deviner ce qui te convient.
    C'est à toi à la prendre et à laisser le reste; un autre en fera autant; et petit à petit tout aura trouvé sa place. C'est ici l'histoire d'un magnifique repas où six cents plats divers s'offrent à ton appétit. Les manges-tu tous?
    Non, sans doute, mais ce nombre prodigieux étend les bornes de ton choix, et, ravi de cette augmentation de facultés, tu ne t'avises pas de gronder l'amphitryon qui te régale. Fais de même ici: choisis et laisse le reste, sans déclamer contre ce reste, uniquement parce qu'il n'a pas le talent de te plaire.
    Songe qu'il plaira à d'autres, et sois philosophe.
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  • Par Rattus, le 13 avril 2015

    Vous êtes déjà mortes au monde et ce n'est plus que pour nos plaisirs que vous respirez. Et quels sont les êtres à qui vous voilà maintenant subordonnées? Des scélérats profonds et reconnus, qui n'ont de dieu que leur lubricité, de lois que leur dépravation; de frein que leur débauche, des roués sans dieu, sans principes, sans religion, dont le moins criminel est souillé de plus d'infamies que vous ne pourriez les nombrer et aux yeux de qui la vie d'une femme, que dis-je, d'une femme? de toutes celles qui habitent la surface du globe, est aussi indifférente que la destruction d'une mouche.
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  • Par Rattus, le 13 avril 2015

    En un mot, frémissez, devinez, obéissez, prévenez, et avec cela, si vous
    n'êtes pas au moins très fortunées, peut-être ne serez-vous pas tout à fait
    malheureuses.

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  • Par Rattus, le 13 avril 2015

    Indignés contre les autels qui ont pu nous arracher quelques grains d'encens, notre fierté et notre libertinage les brisent dès que l'illusion a satisfait les sens, et le mépris presque toujours suivi de la haine remplace à l'instant dans nous le prestige de l'imagination.

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  • Par Rattus, le 13 avril 2015

    Mille fois plus soumises que ne le seraient des esclaves, vous ne devez vous attendre qu'à l'humiliation, et l'obéissance doit être la seule vertu dont je vous conseille de faire usage : c'est la seule qui convienne à l'état où vous êtes.

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"Sade, attaquer le Soleil", visite guidée au musée d'Orsay avec Noëlle Châtelet .
L'exposition relie les écrits du divin marquis aux ?uvres d?art de toutes les époques. Rien de mieux que l'écrivain philosophe Noëlle Châtelet pour nous conduire dans cet hommage. À VOIR Sade, attaquer le soleil jusqu'au 25 janvier 2015 au Musée d'Orsay, à Paris. À LIRE Entretien avec le marquis de Sade, de Noëlle Châtelet, Editions Plon (2011) RÉALISATION Pierrick Allain / INTERVIEW Marine Relinger / Télérama.fr - Octobre 2014 Pour suivre nos vidéos, abonnez-vous à la chaîne ou rejoignez-nous sur : https://www.facebook.com/Telerama https://twitter.com/Telerama








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