ISBN : 2867465508
Éditeur : Liana Lévi (2010)


Note moyenne : 3.97/5 (sur 39 notes) Ajouter à mes livres
Quand, après la guerre du Vietnam et treize ans de silence, Jim Lamar revient dans son village du Missouri, tous lui sont hostiles. Tous sauf Billy, 13 ans, le narrateur, qui partage avec lui son goût pour les parties de pêche dans le Mississippi. Le vétéran lui confie ... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par le-mange-livres, le 29 avril 2012

    le-mange-livres
    "Y'a quand même une chose que tu dois savoir. Y'a trois sortes de gars qui sont revenus de là-bas : les vivants, les morts, et les morts-vivants ! Et quelque chose me dit que Jim Lamar fait partie de la troisième catégorie ..."
    D'où revient Jim Lamar ? de l'antichambre de l'enfer, c'est-à-dire du Vietnam, une guerre à laquelle il a survécu, mais qui l'a prématurément vieilli et l'a transformé, presque marqué au fer rouge, différant de plusieurs années son retour. "Jimmy avait vécu des évènements dont personne n'avait la moindre idée, traversé un océan de feu où beaucoup s'étaient abîmés, côtoyé des destins liés à celui de la Nation, forgé ses convictions sur l'enclume de la guerre, de la détresse, et de la fraternité."
    Où rentre-t-il ? A Stanford, Missouri, un village d'agriculteurs auprès du Mississippi, "fabuleux serpent nourricier louvoyant à travers ce vaste continent", celui de ses parents, morts de chagrin de l'avoir trop attendu ... et il n'y est pas le bienvenu, faisait même l'objet d'une certaine hostilité dans ce chez-lui qui lui est devenu étranger. "Je ne sais pas ce qu'il en est aujourd'hui, mais à Stanford, à l'époque, on n'aimait pas bien les étrangers".
    Au coeur du récit, l'amitié. Celle de Jim pour ses camarades, morts au combats."Aucun de nous deux ne savait qui était l'autre, d'où il venait, comment il avait vécu. Et pourtant, à l'instant même où je suis entré sous la tente, où une bonne partie des types dont j'allais partager la vie des mois durant se trouvaient réunis, mes yeux ont rencontré ceux de Butch, et l'affaire était bouclée". Entre ceux-là, de jeunes Américains moyens sans histoire, c'est une fraternité indissoluble, forgée à l'épreuve du feu, dans les liens émouvants de la peur et de la confiance, au sein d'un conflit dont les enjeux les dépassent largement, au-delà des barrières sociales et des interdits.
    Celle enfin qu'il noue avec le narrateur, un adolescent à la croisée des chemins, à l'heure de la perte des illusions de chacun. "Jim Lamar m'observait en se frottant les mains avec un drôle d'air. Il semblait hésiter entre la nécessité de poursuivre et celle, je crois, de couper là, de s'en tirer par une pirouette". Bientôt, ces deux-là s'apprivoisent, et tissent les liens d'une complicité solide.
    Avec une écriture qui aborde par vagues successives et lentes l'expérience irréductible de Jim au travers de sa relation avec le jeune Dennis, Lionel Salaün réussit un roman touchant et efficace.
    "Or ce que je lisais dans les yeux de Jimmy n'avait rien à voir avec le sentiment que j'avais expérimenté. C'était quelque chose d'autre, quelque chose de poisseux, quelque chose qui fait mal, qui fait honte, que rien n'efface jamais. Et pourtant cette chose que je ne parvenais pas à identifier, Jimmy me l'avait laissé entrevoir avant, comme accablé par le poids de ce terrible aveu, de passer une main dans mes cheveux, et de lâcher, grave, presque douloureux : Si on allait faire un tour ?"

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    • Livres 4.00/5
    Par Seraphita, le 27 décembre 2010

    Seraphita
    A vingt ans, Jim Lamar quitte la ferme familiale de Stanford pour aller combattre au Vietnam. Nous sommes en 1968. La guerre finie, Jim ne revient pas au pays. Ses parents sombrent dans le chagrin. En 1975, meurt le père de Jim Lamar. Puis c'est au tour de sa mère de s'éteindre en 1979. Au printemps 1981, la maison endormie, que les habitants ont pris soin de dépouiller, reprend vie : à la grande stupéfaction des villageois, Jim Lamar est revenu. L'hostilité et la peur d'un homme qui est devenu un étranger au fil des ans deviennent les sentiments dominants. Un autochtone cependant va vaincre la crainte collective : il s'agit de Billy, un adolescent de treize ans. Une complicité s'instaure entre Jim et lui.
    Voici un beau roman que nous offre Lionel Salaün qui dépeint avec brio cette amitié solide qui se noue entre un adolescent et un homme qui, au fil des années, est devenu un paria et qui inspire crainte et répulsion. le rythme est lent au début, l'auteur prenant le temps de nouer l'intrigue pour décrire progressivement la rencontre des deux protagonistes. Cette progression m'a beaucoup plu.
    Jim Lamar est décrit comme l'Anderer, ce personnage qui incarne l'altérité dans « Le rapport de Brodeck » de Philippe Claudel. Cet autre est dérangeant dans la mesure où l'on ne saisit pas ses motivations : pourquoi n'est-il pas revenu tout de suite après la guerre ? Pourquoi n'a-t-il donné aucune nouvelle ? Pourquoi a-t-il laissé mourir de chagrin ses parents ? En quel homme la guerre l'a-t-il transformé ? Jim Lamar, c'est la part sombre de tout un chacun, l'ambivalence que l'on porte tous en soi. Ce côté obscur ne rebute pas Billy, au contraire. Il a su percevoir en Jim un véritable être humain, beaucoup plus tendre et paternel envers lui que son propre père.
    Nous apprenons beaucoup sur l'histoire et les motivations de Jim, mais l'auteur nous éclaire aussi sur la famille de Billy, avec ses personnages antipathiques, tel l'oncle Homer, qui incarne la violence et la brutalité.
    Un petit bémol cependant : à mon avis, les chapitres commencent à chaque fois par de trop longues digressions. Mise à part cette nuance, le roman est passionnant, le lecteur s'identifie à Billy qui semble très attachant. L'auteur sait décrire sans pathos les sentiments qui lient Jim et Billy. Les personnages sont présentés sans manichéisme, dans toute leur ambivalence. La fin surprenante sait d'ailleurs le rappeler. Un roman sur l'altérité, l'amitié, l'adolescence, la guerre et ses conséquences. Un roman qui se déroule en Amérique, sur les rives du Mississipi, écrit par un français. Un roman qui mérite la découverte.
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    • Livres 4.00/5
    Par liratouva2, le 27 juin 2011

    liratouva2
    Jimmy et Billy, deux jeunes du même pays, d'un même village, Stanford, un trou perdu du Missouri dans les années soixante dix vont vivre l'espace d'un été une de ces amitiés insolites et fortes capable de changer le cours de leurs vies. Billy a treize ans et Jimmy le double. L'un n'est qu'un écolier qui s'ennuie, victime d'un père alcoolique et violent et d'un oncle raciste et menaçant. L'autre est un géant de retour du Vietnam, treize ans après la fin de la guerre.
    C'est de ces treize années de silence qu'il va être surtout question dans ce roman. Qu'est devenu Jimmy entre la fin de la guerre et son retour chez lui au bout de treize ans? Pourquoi n'est-il pas revenu voir ses parents décédés entre temps?
    Les habitants ont profité de son absence pour mettre à sac sa maison. Tout ce qui pouvait être utile a été pillé, jusqu'au très lourd fourneau qui se retrouve maintenant dans la maison du narrateur, ce jeune Billy qui est le premier à rencontrer Jimmy à son retour au village.
    Tout le monde, sauf lui, est hostile à cette installation. Tous ont quelque chose à se reprocher et se sentent coupables envers le jeune soldat.
    Peu à peu ces deux solitaires vont apprendre à se parler et à se connaître. Jimmy finira par raconter sa guerre et par confier les raisons de sa longue absence.
    J'ai beaucoup aimé ces deux personnages et surtout ce jeune soldat isolé et incompris qui ne perd jamais espoir et qui, parti de rien, a tout appris de ses expériences, s'en est enrichi et cultivé, toujours fidèle à ses amitiés.
    A cela s'ajoute la présence du Mississipi et de la nature environnante qui parfois se fait plus menaçante que les hommes eux-mêmes. La société américaine d'alors, avec ses révoltes et ses figures charismatiques comme Martin Luther King pèse aussi de tout son poids.
    C'est un beau livre qui vient de recevoir le Prix des lecteurs du Télégramme

    Lien : http://liratouva2.blogspot.com/2011/06/le-retour-de-jim-lamar-de-lio..
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    • Livres 4.00/5
    Par sylire, le 19 février 2012

    sylire
    Nous sommes sur les bords du Mississipi, dans un petit village de la campagne profonde. Treize ans après la fin de la guerre du Vietnam, Jim Lamar est de retour. Ses parents sont morts et sa maison a été pillée, mais Jim ne parait pas en faire cas. Les habitants sont à la fois suspicieux (qu'à t'il fait pendant toutes années ?) et mal à l'aise (ils ont tous participés au pillage). Seul le jeune Billy, qui n'a pas connu Jim dans sa vie d'avant, n'a pas d'à priori et va à l'encontre du rejet collectif. Il se montre même fort intéressé par la personnalité de ce Vétéran du Vietnam, qui peu à peu se livre à lui….
    Voilà un premier roman assez étonnant quand on sait qu'il est publié par un français ! On l'imaginerait plutôt écrit par un américain tant l'atmosphère moite et étouffante des abords du fleuve est bien rendue. Outre l'originalité de son thème, du moins pour un romancier français, le roman est bien construit et tient en haleine. On avance dans l'histoire, impatient de comprendre qui se cache derrière cet homme d'apparence si étrange. L'analyse de la mentalité des villageois est assez subtile notamment cette façon de chercher des fautes à l'autre pour soulager sa propre conscience. C'est par ailleurs une histoire d'amitié originale et touchante avec en toile de fond le traumatisme de la guerre du Vietmam.
    Un très bon premier roman qui vient d'obtenir le Grand prix des lecteurs du Télégramme, sortant de l'ombre un homme qui écrit depuis plus de vingt ans et tentait désepéremment se faire publier. Bravo à la maison d'édition Liana Levi d'avoir cru en lui !


    Lien : http://sylire.over-blog.com/article-le-retour-de-jim-lamar-lionel-sa..
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    • Livres 4.00/5
    Par tessgeffroy, le 05 mai 2011

    tessgeffroy
    rencontre de cet auteur ce 5 mai 2011 a Morlaix. inutile de vous décrire cet instant magique !
    Il est tout simplement sublime....
    c'est très intéressant de rencontrer un écrivain dont on a aimé le livre, il nous expose
    toutes les étapes (dans la construction), ce qui l'a fait choisir ce thème.....
    on sort de là, complètement hypnotisé, par la somme de travail que ça représente,par
    l'écrivain lui-même....
    il en est quand même a son 15ème romans, essais, polars....
    ce qui m'a le plus surprise c'est quand il nous a annoncé qu'il n'avait jamais mit les pieds
    au états-unis ! par sa façon d'écrire, je m'y voyais avec son personnage dans cette
    contrée....
    en ce qui concerne le "pourquoi il s'est mit a écrire" il a écrit très vite pour combler le vide
    qu'il avait de vouloir voyager. ses écrits eux le lui permettaient.....
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Critiques du Magazine Littéraire



  • Critique de Juliette Einhorn pour le Magazine Littéraire

    Treize ans. C'est le nombre d'années que Jim passe loin de son Missouri natal. C'est aussi l'âge de Bill, qui deviendra son confident : comme si la naissance de son futur ami, l'année du départ au Vietnam de Ji... > lire la suite

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Critiques presse (1)


  • Telerama , le 23 février 2012
    Une fiction signée d'un auteur français qui respire le blues et la douleur de l'éternel retour.
    Lire la critique sur le site : Telerama

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Citations et extraits

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  • Par le-mange-livres, le 29 avril 2012

    Or ce que je lisais dans les yeux de Jimmy n'avait rien à voir avec le sentiment que j'avais expérimenté. C'était quelque chose d'autre, quelque chose de poisseux, quelque chose qui fait mal, qui fait honte, que rien n'efface jamais. Et pourtant cette chose que je ne parvenais pas à identifier, Jimmy me l'avait laissé entrevoir avant, comme accablé par le poids de ce terrible aveu, de passer une main dans mes cheveux, et de lâcher, grave, presque douloureux : Si on allait faire un tour ?
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  • Par le-mange-livres, le 29 avril 2012

    La première chose que j'ai faite quand je suis revenu, la toute première, c'est de venir ici, embourbé jusqu'aux mollets, me remplir les poumons de cette foutue brume poisseuse. Des heures à écouter le murmure du fleuve tapi dessous, son frottement continu contre le flanc des berges, le frémissement des roseaux, le cri de chouettes, le champ des grenouilles, des heures à le regarder apparaître dans le petit jour.
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  • Par le-mange-livres, le 29 avril 2012

    C'était comme ça, et, finalement, c'était rassurant de se sentir du bon côté. C'était pour ça qu'il avait tacitement accepté la présence invisible de cette paroi qui faisait manger le Sonny Boy d'un côté et lui de l'autre. Et c'est pour ça qu'il avait craché par terre quand une certaine Rosa Parks, dans un bus de Birmingham, avait osé remettre en cause l'existence de cette frontière. Et c'est pour ça qu'il avait serré les mâchoires quand d'autres avait secoué le principe sacré de la ségrégation jusqu'à le fissurer dangereusement, avait serré les poings quand ils étaient parvenus à l'abattre. C'était encore tout frais, il n'avait rien oublié de sa rage, de sa haine envers les Noirs.
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  • Par maylibel, le 12 mai 2011

    "D'accord, Sid, vous avez fait votre boulot, mais nous, maintenant, qu'est-ce qu'on fait de ce gars ?
    -Vous lui foutez la paix et vous retournez à vos occupations !"
    Le tonnerre de protestations qui éclata à ces mots, souligné par le silence d'une bonne moitié de la population consternée, avait engendré un malaise que le maire, une fois encore, s'était efforcé de dissiper.
    "Mais enfin Sid, je ne comprends pas... Pourquoi ?
    - Parce que ce gars-là, il est chez lui !"
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  • Par le-mange-livres, le 29 avril 2012

    Aucun de nous deux ne savait qui était l'autre, d'où il venait, comment il avait vécu. Et pourtant, à l'instant même où je suis entré sous la tente, où une bonne partie des types dont j'allais partager la vie des mois durant se trouvaient réunis, mes yeux ont rencontré ceux de Butch, et l'affaire était bouclée.
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