> Marie-Claire Bancquart (Éditeur scientifique)

ISBN : 2070371395
Éditeur : Editions Flammarion (1979)


Note moyenne : 3.5/5 (sur 8 notes) Ajouter à mes livres
Né du drame de 48, Les Maîtres Sonneurs est celui des romans champêtres qui évoque avec le plus d'ampleur les trésors des sociétés rurales, leurs croyances occultes, leurs rites d'initiation, leurs traditions secrètes. Deux pays, deux cultures : le Berry et le Bourbonna... > voir plus
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Critiques et avis(1)

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    • Livres 4.00/5
    Par jcfvc, le 26 octobre 2009

    jcfvc
    A mon avis, le plus achevé des romans champêtres de la dame de Nohant. Sand y réalise une synthèse parfaite de ses idées sur la manière dont il convient de "rendre" la langue paysanne. Ces théories sont expliquées dans la première des deux citations que je donne, qui est extraite de l'avant propos. Elles sont illustrées dans ma seconde citation où l'on trouve des exemples des divers procédés utilisés dans le roman pour trouver un compromis entre une langue authentiquement locale, mais comprise par tous. Dans ce livre, le recours aux particularismes est bien plus abondant et systématique que dans les autres romans champêtres. Les exemples donnés sont extraits du seul premier chapitre, ce qui suffit à démontrer en quoi, quantitativement et qualitativement, ce roman de terroir se distingue des autres textes du même genre où le recours à la langue populaire est beaucoup plus discret (La mare au diable ou François le Champi, La petite fadette ou Le meunier d'angibault.
    J'éprouve également une tendresse particulière à l'égard du roman car l'action se déroule dans une région chère à mon coeur, que je connais bien pour l'avoir sillonnée dans ma jeunesse, avec une bande de copains avec lesquels nous écumions les bals de campagne. Cette région se situe à la frontière de l'Allier de du Berry. C'est là que les musiciens Berrichons rencontre les sonneurs bourbonnais qui leur apprendront à jouer de manière plus experte. J'ai d'ailleurs écrit un roman qui est une sorte d'hommage aux Maîtres sonneurs dans la mesure ou le narrateurs et les personnages s'expriment dans le sabir local, d'une manière beaucoup plus grivoise et pichrocholine que dans le texte sandien il est vrai. Si l'on veut prendre connaissance de ma version plus contemporaine du parler de ces confins déjà un peu berrichons du bourbonnais, il suffira d'aller sur mon blog dont l'adresse est donnée ci-dessous. Une fois sur le site, cliquer sur le lien "Le prince des parquets salons", situé en bas de la colonne de droite, sous le sous titre : "Un roman de jcf".

    Lien : http://jcfvc.over-blog.com
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Citations et extraits

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  • Par jcfvc, le 26 octobre 2009

    Extrait de l'avant propos, dans lequel Sand explique comment il convient, selon elle, d'utiliser les parlers locaux :

    "Il y a déjà longtemps que le père Depardieu dort du sommeil des justes, et il était assez vieux quand il me fit le récit des naïves aventures de sa jeunesse. C’est pourquoi je le ferai parler lui-même, en imitant sa manière autant qu’il me sera possible. Tu ne me reprocheras pas d’y mettre de l’obstination, toi qui sais, par expérience de tes oreilles, que les pensées et les émotions d’un paysan ne peuvent être traduites dans notre style, sans s’y dénaturer entièrement et sans y prendre un air d’affectation choquante. Tu sais aussi, par expérience de ton esprit, que les paysans devinent ou comprennent beaucoup plus qu’on ne les en croit capables, et tu as été souvent frappé de leurs aperçus soudains qui, même dans les choses d’art, ressemblaient à des révélations. Si je fusse venue te dire, dans ma langue et dans la tienne, certaines choses que tu as entendues et comprises dans la leur, tu les aurais trouvées si invraisemblables de leur part, que tu m’aurais accusée d’y mettre du mien à mon insu, et de leur prêter des réflexions et des sentiments qu’ils ne pouvaient avoir. En effet, il suffit d’introduire, dans l’expression de leurs idées, un mot qui ne soit pas de leur vocabulaire, pour qu’on se sente porté à révoquer en doute l’idée même émise par eux ; mais, si on les écoute parler, on reconnaît que s’ils n’ont pas, comme nous, un choix de mots appropriés à toutes les nuances de la pensée, ils en ont encore assez pour formuler ce qu’ils pensent et décrire ce qui frappe leurs sens. Ce n’est donc pas, comme on me l’a reproché, pour le plaisir puéril de chercher une forme inusitée en littérature, encore moins pour ressusciter d’anciens tours de langage et des expressions vieillies que tout le monde entend et connaît de reste, que je vais m’astreindre au petit travail de conserver au récit d’Étienne Depardieu la couleur qui lui est propre. C’est parce qu’il m’est impossible de le faire parler comme nous, sans dénaturer les opérations auxquelles se livrait son esprit, en s’expliquant sur des points qui ne lui étaient pas familiers, mais où il portait évidemment un grand désir de comprendre et d’être compris.
    Si, malgré l’attention et la conscience que j’y mettrai, tu trouves encore quelquefois que mon narrateur voit trop clair ou trop trouble dans les sujets qu’il aborde, ne t’en prends qu’à l’impuissance de ma traduction. Forcée de choisir dans les termes usités de chez nous ceux qui peuvent être entendus de tout le monde, je me prive volontairement des plus originaux et des plus expressifs ; mais, au moins, j’essayerai de n’en point introduire qui eussent été inconnus au paysan que je fais parler, lequel, bien supérieur à ceux d’aujourd’hui, ne se piquait pas d’employer des mots inintelligibles pour ses auditeurs et pour lui-même."
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  • Par jcfvc, le 26 octobre 2009

    Quelques expressions et passages illustrant la manière dont Sand s'y prend pour faire parler ses personnages ou pour donner à la langue de son narrateur une authenticité locale. Ces exemples sont extraits du seul premier chapitre, les mêmes procédés se retrouvant dans tout le roman, de manière beaucoup plus systématique que dans ses autres romans champêtre.
    Afin de "rendre" ces parlers locaux, elle s'y prend, je crois, quatre manières différentes :

    A) La plupart du temps, le lecteur comprend très bien ce qui est dit, l'écart lexical ou syntaxique par rapport à une norme "nationale" ou "littéraire" si l'on veut, produisant un effet de naïveté et d'exotisme tout à fait charmant à mon avis :
    - "n’ayant pas grande souvenance de mes premiers ans"
    - "je me sentais déjà d’aimer Brulette"
    - "Voici comment le grand-père à Brulette et la mère à Joseph demeuraient sous même chaume"
    - "elle s’estimait heureuse de ne pas payer gros pour sa locature"
    - "et, si elle s’oubliait à gaminer au catéchisme.."
    - "tous tant que nous étions de gars assez diversieux au catéchisme,"
    - "mêmement"
    - "à fine force d’écouter de leurs oreilles."
    - "quand je venais à bout de tenir mon corps tranquille et de rasseoir mes esprits grouillants."
    - "les mots ne se mettent point en ordre dans ma souvenance"
    - "C’est de là que commencent les grandes amitiés de jeunesse, et quelquefois aussi des haïtions qui durent toute la vie.."
    - "Quand on s’arrêtait pour quelque amusette, il s’en allait seoir ou coucher à trois ou quatre pas des autres"
    B) Parfois, assez rarement enf ait, une note de bas de page explique un terme qui ne serait pas compris par un lecteur étranger au terroir :
    "rhabillant1 les nippes" => reprisant
    " emmi1 les filles" => parmi
    - "en l’appelant Joset l’ébervigé1, d’où le nom lui resta" => littéralement l’étonné, celui qui écarquille les yeux
    - "Nous partions en bande, le matin, à travers les prés et les pâtureaux, par les traquettes1, par les échaliers, par les traînes2" =>
    1 Petits sentiers qui longent les champs.
    2 Petits chemins encaissés.

    C) Le plus souvent, les particularismes locaux sont utilisés dans le cazdre d'une syntaxe soutenue. C'est ce qui fait l'originalité de ce roman par rapport aux autres romans champêtres de Sand, où les empruns au dialecte sont bien moins importants :
    - "Ce n’est pas qu’il fût bien riche et que le vivre fût bien conséquent"
    - "Comme cette femme aimait la propreté et se tenait toujours aussi brave1 que son moyen le lui permettait.."
    - "celle-ci était si sage, si ragoûtante et si coquette dans toute son habitude, que chacun la voulait embrasser"
    - "elle m’a tant enchargée de penser pour deux, que je tâche de n’y point manquer."

    D) L'expression est parfois en italique, et expliquée dans le corps du texte lui-même :
    "il avait l'air d’écouter ou de regarder quelque chose que les autres ne saisissaient point : c’est pourquoi il passait pour être de ceux qui voient le vent
    - "j’en augurai qu’il écoutait gros, comme nous disions dans ce temps-là, pour signifier une personne dure de ses oreilles."
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La petite fadette
Adaptation de "Le petite Fadette", roman de George SAND, réalisée pour la télévision par Jean Paul CARRERE, racontant l'histoire de Fanchon Fadet, dite La petite fadette, et de son amour pour Landry, l'un des jumeaux du père Barbeau, le tout dans un contexte de croyances païennes ancestrales.








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