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ISBN : 9791033901433
Éditeur : Harper Collins (01/03/2017)

Note moyenne : 3.94/5 (sur 18 notes)
Résumé :
Norvège, 1893. Le petit village de pêcheurs d’Åsgardstrånd, en Norvège, se prépare à l’arrivée de la noblesse mais aussi à celle d’un cercle d’artistes très controversés, la Bohême de Kristiania. Tous viennent profiter du fjord, dont la lumière estivale décuple la beauté.
Johanne Lien, la fille d’un modeste fabricant de voiles, devient le temps d’une saison la servante de l’impétueuse Tullik Ihlen. La jeune femme l’entraîne dans sa passion pour Edvard Munch, ... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (14) Voir plus Ajouter une critique
Lprieur
17 février 2017
★★★★★
★★★★★
(Cette critique sera peut-être modifiée après coup)
C'est une lecture que j'ai beaucoup appréciée. D'emblée, quelque chose m'a interpellée : le titre a été modifié ; originellement, il s'appelle The Strawberry Girl. Chose que l'on comprend aisément, car c'est une étiquette qui poursuit l'héroïne : Johanne, dévolue à la cueillette des fruits – dont les fraises – a été peinte par Heyerdahl dans un tableau du même nom lorsqu'elle était plus jeune.
On comprend le titre français (Car si l'on nous sépare) vers la fin du livre ; cela le justifie, et je dois dire qu'il est accrocheur. Plus accrocheur que le titre original ? C'est une vraie question que je me pose là.
Il faut aussi se dire que ce roman raconte l'évolution (entre autres) de Johanne, qui n'est plus la cueilleuse de fraises. Disons que, d'un côté, elle aimerait le rester, d'un autre, elle souhaite changer. La peinture comme expression des sentiments, voilà ce qui la touche, voilà ce à quoi elle aimerait toucher surtout !
Car si l'on nous sépare est un roman qui nous permet, en tout cas, de traverser la peinture d'Edvard Munch. Je suis bien loin de connaître tous ses tableaux, mais j'ai apprécié de pouvoir les imaginer, de leur donner corps avant qu'ils soient créés, en quelque sorte. Là est tout le plaisir du lecteur.
Si je devais « résumer » certains personnages, ...
- Johanne serait « colorée » : elle a une manière de voir, d'entendre, de ressentir les choses, qui nous font voyager dans le prisme des couleurs.
- Tillek « s'est oubliée quelque part », s'est perdue en bord de route, quand on pensait la voir se trouver. Lorsqu'elle rencontre Munch, elle était déjà au bord de l'implosion, mais une implosion continue : la vie. Elle se sent enfermée dans une vie qui ne lui convient pas, dans le carcan d'une bienséance assommante. Elle a grandi.
Alors, quand elle trouve Munch (porte de sortie ?), on ressent une bouffée d'enthousiasme, d'espoir… ! Alors qu'en fait, c'est comme si elle achevait de se mettre à l'écart de tous, et que son seul point d'attache dérivait à son tour… Mais Tillek ne s'en aperçoit pas ou ne veut pas le voir ; ses inquiétudes convergent et trouvent un point d'orgue dans l'existence de sa soeur, Milly, qui a autrefois eu une liaison avec Munch, et qui refait surface - ce qui achève de la plonger dans le délire.
- Milly serait « prétexte ». Elle ne semble apparaître que pour faire du mal à sa soeur. Il est dit une fois ou plus que Tillek n'a « pas autant de force » que Milly. Cela présuppose, à mon sens, que Milly aurait, tout comme elle, essuyé l'affront d'être délaissée (c'est ainsi que Tillek le ressent). Or, il n'en est rien, puisque c'est Milly qui clairement s'est débarrassée de Munch. Elle fait preuve d'un certain dédain envers ce peintre, ce soupirant accroché à ses basques (selon ses dires – en d'autres termes, évidemment). Dès lors, j'ai du mal à comprendre la comparaison.
- Munch serait « évanescent ». Personne n'a pu le saisir (moi la première), sinon Johanne je trouve, qui l'a compris.
- Ragna serait « acariâtre ». Pourquoi aussi acariâtre, Ragna ? Pourquoi tant de hargne ? Il me semble que rien ne le justifie, d'autant plus que sa haine ne gagne pas en intensité : elle est, voilà tout.
- Je ne sais trop quoi penser de Thomas. Je n'arrive pas encore à me prononcer.
Lorsque j'ai lu l'épilogue, je me suis demandé à quoi il servait. (C'est aussi à cause de lui que je ne sais que penser de Thomas. Disons que je l'ai moins aimé, en ayant su ce qu'il était devenu.) Un peu blasée donc, j'ai continué ma lecture, jusqu'à cet endroit :
« Elle le déroule délicatement car les bords en sont déchirés et le papier, un parchemin froissé, est vieilli et fragile.
- Ils l'ont trouvé dans le mur de l'atelier quand ils l'ont rénové, m'explique-t-elle.
Je le regarde et je vois […] »
Et c'est alors que je me suis pris dans la figure une énorme comète d'émotions entremêlées. Un tableau pour un roman.
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Derfuchs
02 mars 2017
★★★★★
★★★★★
Mon avis :
En cet été 1893, la bourgade norvégienne de Åsgardstrånd est en ébullition. Chez les Lien on frotte et on astique pour laisser la maison, pour l'été, à la famille Heyerdahl, le célèbre peintre, celui-là qui a fait le portrait de Johanne, la fille de la famille, un papier de fraises à la main. Pour sûr que cette dernière préférerait aller se baigner avec Thomas, son amoureux, ou aller dessiner chez son ami Munch qui l'accueille et la laisse utiliser crayons, fusains et couleurs et lui donne, même, papier et toile. Seulement voilà, Edvard Munch n'est pas en odeur de sainteté dans le village, pensez, un homme qui peint ce qu'il peint et que, même, le docteur, qui est instruit, prévient que regarder les oeuvres de Munch donnerait des maladies ! Alors la petite Johanne devra poser ses jolis yeux ailleurs et, pourquoi pas poser, de nouveau, pour M. Heyerdahl qui, lui, peint des choses remarquables.
Ce qui est défendu est attirant et l'herbe est tellement plus verte quand il est risqué de s'y aventurer, n'est-ce pas. Aussi la jeune fille passera outre les recommandations de maman.
Pour l'heure, Johanne passe l'été chez l'Amiral Ihlen et sa famille comme bonne à tout faire.
Elle deviendra la confidente de Tullik, la puinée, qui s'amourachera de Edvard jusqu'à la folie, sans être aimée en retour.
J'ai attendu d'avoir rencontré l'auteure, Lisa Stromme, avant de donner mon avis sur ce livre que j'ai terminé, maintenant, depuis plusieurs semaines.
Le personnage principal de cet ouvrage est, incontestablement, la peinture et ce d'un bout à l'autre du récit.
Pour juge, l'incipit :
-Je me cachais dans le tableau, dans l'espoir qu'elle ne voie pas ce que j'étais devenue.
Là, Johanne explique son rôle dans la peinture d'Heyerdahl, précisant que de petite fille elle était passée à l'adolescence.
Lisa Stromme cite, en tête de chaque chapitre, Goethe et son traité des couleurs. Je ne trouve pas que ce soit nécessaire, à contrario les termes employées comme titre des chapitres : toile vierge, rouge ou écarlate, conviennent bien mieux à définir le texte. Ce n'est que mon avis que je partage, il va de soi.
Le lecteur que je suis sait que l'histoire entre Tullik Ihlen et Munch est à sens unique. Tullik qui colle à Munch comme un papier peint et que ce dernier rabroue n'a aucune chance d'amener Munch au mariage, même dans la fiction. le peintre est un rêveur qui pense toile, mange couleurs, fume pinceaux et rêve lumière, aussi en bon écorché vif il ne peut s'arrêter à un amour, il n'essaie même pas, pourquoi faire. La fille se donne, il prend et quand venant dire adieu à la belle il sera éconduit par le paternel, eh bien ma foi il continuera son chemin sans autre. Tullik en revanche, pensant que Munch venait demander sa main, prendra mal le refus de son père, ce qui l'amènera à une certaine folie.
Et Johanne ? Elle est reçue par Munch dans d'autres relations collégiales, si je peux me permettre de dire ceci car, en fait c'est bien de cela qu'il s'agit, non ? Elle passe chez le peintre qui la laisse disposer de son matériel, la conseille à persévérer sur ce chemin. Cependant elle sera la complice de Tullik, notamment lorsqu'il faudra cacher le fameux tableau « le Cri ».
Lisa Stromme a réalisé un coup de maître pour un premier livre. Son oeuvre est une ode à la peinture, mieux c'est un tableau peint avec des mots, bleu, rouge, jaune et encore bleu, rouge et jaune… Ses répétitions incitent à considérer son oeuvre comme des aplats posés sur une toile. Elle avoue aimer Munch et la peinture mais ne pas pratiquer, mais fichtre que c'est bien imité, enlevé et convaincant. J'ai reconnu les toiles qu'elle décrit tant la description était bonne et juste.
Il y a des moments de bravoure dont une tempête dont on entend siffler le vent, la pluie mouiller les pages du livre. J'ai transpiré quand il faisait chaud, dansé au bal, me suis rafraîchi en me baignant dans ces rigolos maillots de la fin du XIXème…
Quant-à savoir qui est le personnage tourmenté du cri…je laisse la réponse à votre perspicacité.
Un auteur de talent, un livre comme un cadeau, un moment de lecture magique et un véritable coup de coeur.

Je remercie Babelio, les éditions Harper et Collins et Lisa Stromme pour m'avoir permis de lire cet ouvrage. Je remercie le cercle norvégien pour son accueil.

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SeriallectriceSV
01 mars 2017
★★★★★
★★★★★
Sensuel et captivant (au début) ... Lisa Stromme s'est inspirée des peintures d'Édouard Munch pour créer cette belle histoire d'amour et de passion, que j'ai aimée lire; et pourtant, une petite semaine après avoir refermé ce livre, je me dis qu'il m'a manqué ce petit quelque chose qui aurait pu rendre cette histoire davantage fascinante. Un brin plus de psychologies des personnages peut-être.
Je connaissais Edvard Munch et plus particulièrement son "Cri". Lisa Stromme en fait une analyse intéressante, personnelle, qui s'intègre parfaitement bien dans l'histoire entre Edvard Munch et Tullik, cette jeune femme, belle et fragile, devenue sa muse. L'auteure donne une âme à ce tableau, et c'est assez fascinant.
Lisa Stromme nous décrit aussi l'atmosphère d'une époque dans un petit village nordique, où l'on se méfie des qu'en dira-t-on, où le regard des autres importent énormément, où dévier du "droit" chemin prend vite des allures de scandale. «Nous devrions suivre ceux qui sont lumière, qui nous montrent le chemin. Mais que faisons-nous ? Nous les persécutons. Les gens ignorent la lumière, ils préfèrent l'obscurité.» Munch n'est pas très populaire dans ce village, il est associé au cercle d'artistes de la Bohême de Kristiana, qui fait à l'époque outrage aux bonnes moeurs.
Le personnage de Johanna Lien, la cueilleuse de fraises, est attachant. Elle fréquente Edvard Munch, avec qui elle peut partager librement sa passion pour la peinture, et devient la confidente de Tullik.
Un bon roman, original, qui m'a absolument captivée au début, mais pour lequel mon engouement s'est un peu essoufflé au fil des pages, irritée certainement par les nombreux clichés qui étouffent les splendides passages sur l'art, les couleurs.
Je remercie Babelio et les éditions Harper Collins, ce fût un bon moment de lecture malgré tout, et je n'hésiterai pas à recommander ce livre.
J'ai hâte de rencontrer Lisa Stromme, ce soir, et de l'écouter parler de ce roman, de son inspiration, et de pouvoir partager cette lecture avec elle. Double merci !

Lien : https://seriallectrice.blogs..
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Ariane84
04 mars 2017
★★★★★
★★★★★
C'est une très jolie histoire que nous conte Lisa Stromme ici.
"The strawberry girl", "Car si l'on nous sépare" dans sa version française, nous raconte plusieurs histoires.
Celle de Johanne toute jeune servante à l'esprit libre, celle de Tullik éprise de Munch jusqu'à la folie, celle de la peinture en général et du "Cri" en particulier.
L'écriture est vive, pétillante, colorée, et l'on est réellement transporté au coeur de l'été norvégien en cette fin de 19ème siècle.
J'ai beaucoup aimé d'autant que j'avais en tête les peintures de Munch tout au long de ma lecture.
Bien que l'histoire soit romancée c'est un joli hommage au plus célèbre artiste norvégien.
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balloonvenus
16 mars 2017
★★★★★
★★★★★
Eté 1893 dans un petit village de pêcheurs en Norvège. La famille de Johanne Lien s'apprête à prêter sa maison au peintre Heyerdahl pour qui Johanne a posé enfant. Entre une mère rigide et un père taiseux mais aimant, Johanne s'étiole. La peinture académique de Heyerdahl l'ennuie, elle lui préfère la profondeur, les couleurs d'un autre peintre, mais maudit celui-ci : Edvard Munch. D'ailleurs ce dernier l'encourage à s'exprimer sur la toile. Johanne rentre au service d'une grande famille dont une des filles, Tullik, esprit rebelle, est follement amoureuse de Munch. Une passion qui mettre les deux jeunes filles en danger.
J'ai été très déçue par ce roman qui n'accorde dans le fond que très peu de place à la peinture mais décrit plutôt les émois de deux adolescentes, fangirls du peintre, dans le fond personnage secondaire du livre. Pour résumer, un roman de chick-lit sur l'un des peintres les plus torturés de cette période. Un grand manque de profondeur.
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Citations & extraits (16) Voir plus Ajouter une citation
MahaDeeMahaDee05 mars 2017
Je me cachais dans le tableau, dans l'espoir qu'elle ne voie pas celle que j'étais devenu. J'y parvenais parfois. Les yeux fermés, je pensais aux fraises et je sentais et alors les fils déchirés de la robe chatouiller mon épaule nue, tandis que Herr Heyerdahl balayait la palette de son pinceau et enduisait la toile. À force de concentration, je retrouvais l'expression à la fois renfrognée et docile qu'il avait su saisir ; je pouvais même sentir entre mes doigts l'entrelacs des tiges de jasmin, délicat comme une toile d'araignée. Mon autre main, crispée sur le bol, tremblait de fatigue. L'épaule me démangeait, mais je gardais la pause - surtout ne pas bouger, ne pas parler, rester parfaitement immobile.
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SeriallectriceSVSeriallectriceSV01 mars 2017
Mon père disait toujours qu'il y avait bien des manières de pénétrer dans la forêt. L'on pouvait y entrer en courant, le coeur ouvert à tous les possibles, sans savoir ce qui vous attendait au prochain tournant; ou l'on pouvait aller d'un pas tranquille, en devisant et en riant avec des amis, insensibles aux bruits discrets de la forêt; ou encore flâner au bras d'un amant, à la recherche d'un refuge pour des instants volés à deux. L'on pouvait enfin s'y glisser silencieusement, attentif au moindre souffle de la forêt, dans un état de communion magique et d'osmose muette de la nature.
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PickItUpPickItUp26 février 2017
[ ... ] Je pus rendre visite à la petite chambre secrète dans ma tête tout en travaillant. L'analyse des trésors que j'y avais consignés rendait supportable le nettoyage des tapis et des sols. Mon amitié grandissante avec Tullik compensait quant à elle la rancune que Ragna faisait mijoter dans sa cuisine.
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SeriallectriceSVSeriallectriceSV28 février 2017
- Non, non, les gens ne remettent pas en cause votre technique. Mais ils disent que ce que vous faites est grossier et vulgaire.
- La vérité paraît souvent vulgaire, vous ne croyez pas ? Et les mensonges brillent parfois comme une belle nuit d'été.
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oktaokta23 janvier 2017
Je me mis au défi de prononcer son nom au grand air, marchant avec vigueur pour assourdir le son de ma voix. Je commençai par murmurer tout doucement ces deux mots qui sentaient le soufre. Puis je lâchai son nom à voix haute. « Edvard Munch. »
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Video de Lisa Stromme (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Lisa Stromme
Entretien avec Lisa Stromme à l'occasion de la rencontre entre l'auteur et les lecteurs de Babelio.com, le 1er mars 2017 pour son roman Car si l'on nous sépare, édité chez Harper Collins.
Merci à Jean-Marie Doury pour l'interprétation.
La page du livre : http://www.babelio.com/livres/Stromme-Car-si-lon-nous-separe/918443 Le compte-rendu de la rencontre entre Lisa Stromme et ses lecteurs :
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