Michel Valière, ethnologue, chercheur et enseignant, nous décrit l'aventure du conte avec verve et passion. Abordant ce domaine sous son angle traditionnel et populaire, il s'attache néanmoins à montrer sa dimension intemporelle tout en mettant en exergue son inscription sociale et contemporaine. En cela, cet ouvrage proposant une vue générale sur les arts de la parole, est original et inédit.
C'est l'aspect protéiforme du conte qui est développé ici, car celui-ci semble rétif à toute tentative de définition.
Récit oral versus texte écrit ? C'est oublier l'action réciproque des cultures savante et populaire…
Un récit local ? Les collectes de littérature orale par les érudits et les savants (frères Grimm, Afanassiev…) ou les folkloristes regroupent les contes et les différents genres de « littérature orale » ou d'« ethnotextes » sans distinction formelle ou scientifique. La confrontation de ces moissons régionales de récits souligne au contraire la diffusion internationale des contes…
Une construction scientifique ? L'observation des terrains et des pratiques de l'oralité (Canada, Québec et régions de France) montrent la réalité sociologique du conte…
Un texte populaire ? La réflexion sur les conditions de recueil des contes met en évidence l'importance de la dimension orale des contes, et a débouché sur la mise en place de méthodologies dans le domaine du collectage et de la retranscription des textes…
Des textes épars et foisonnants ? L'élaboration de catalogues et le regroupement des textes en familles de contes mettent en exergue des logiques sous-jacentes au genre…
Des textes révolus et inadaptés au monde actuel ? le conte apparaît au contraire profondément contemporain : il est utilisé comme médiateur interculturel, les bibliothèques/médiathèques lui consacrent un espace spécifique, la lecture psychanalytique de Bettelheim dans les années 70 a débouché sur un usage thérapeutique des contes largement mis en pratique aujourd'hui…
À travers ce fil rouge concernant la définition du conte, Michel Valière aborde ses différentes facettes pour conclure sur son renouveau : la multiplication des initiatives, des festivals et des manifestations, l'intérêt scientifique et éditorial accordé aux contes, le développement associatif, la professionnalisation des conteurs autour des arts de la parole montrent la dimension actuelle du conte et son inscription dans l'avenir culturel, littéraire et artistique.
Finalement, la volonté politique de sauvegarder le conte apparaît parfois artificielle : la diffusion des récits et de l'imaginaire peuvent-ils réellement se décréter ? Finalement, les contes ne se débrouillent-t-ils pas très bien tout seuls pour parcourir les continents, pour aller de bouche en livre, pour passer des manuscrits aux pages web, pour voyager entre contrées reculées et cités urbaines ?
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