> Carlo Collodi (Antécédent bibliographique)

ISBN : 2849610674
Éditeur : Les Requins Marteaux (2008)


Note moyenne : 4.41/5 (sur 51 notes) Ajouter à mes livres
Pré-publié en partie dans la revue Ferraille Illustré de 2003 à 2005 et interrompu par Winshluss pour se consacrer avec Marjane Satrapi à la réalisation du film d'animation Persepolis (primé au festival de Cannes et au César et nominé au Oscar), Pinocchio narre les (més... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par chocobogirl, le 16 septembre 2011

    chocobogirl
    Comme vous pouvez vous en douter, l'album ici présent est une relecture de l'histoire originelle de Pinocchio.
    Gepetto est ici un inventeur sans scrupules qui a conçu une arme destinée aux militaires sous la forme d'un androïde de métal, résistant au feu. Alors qu'il s'absente pour fourguer son Pinocchio, ce dernier est habilement utilisé par la femme de Gepetto : ménage, vaisselle, service en tout genre, et même plaisir sexuel... Mais l'accident arrive. Pinocchio prend la route en compagnie d'un cafard SDF qui a élu domicile dans son crâne et se laisse guider au gré de ses rencontres. A son tour, lorsque Gepetto découvre la disparition de son invention et des dégâts provoqués, il prend la fuite et part à la recherche de celui-ci.
    Vous aurez reconnu les différents éléments de l'histoire d'origine habilement détournée en un récit beaucoup plus trash.
    Car le Pinocchio et le monde qui l'entoure sont totalement pervertis par les hommes. C'est donc à une relecture fort désenchantée que nous assistons.
    Le monde pollué donne naissance à des créatures monstrueuses. On tue les SDF pour mieux récupérer leurs organes et les revendre. Les enfants sont des esclaves employés pour fabriquer des jouets (!) puis jetés dans les flammes lorsqu'ils sont trop fatigués pour continuer à travailler. L'ile enchantée s'avère un cloaque d'immondices où la misère règne en maître. Les cirques sont devenus des lieux d'embrigadement sous un emblême ressemblant au drapeau nazi.
    L'auteur n'hésite pas non plus à replacer d'autres mythes classiques ou contemporains qu'il réinterprète à sa manière : Blanche Neige est séquestrée par des nains salaces qui, après lui avoir offert un nouveau coeur, s'adonne au plaisir du viol collectif... Bambi et ses amis ne perdront pas une miette du spectacle et s'avèreront très déçus lorsque celui-ci s'arrêtera. Bref beaucoup de références implicites que je n'ai pas toujours su décoder mais peu importe.
    Vous l'aurez compris, nous sommes loin des images de contes de fées et l'auteur prend plaisir à dévoyer ses personnages et son univers.
    Pinocchio s'avère un spectateur muet de la décadence de notre monde. Winshluss énonce ici une sacré critique de nos sociétés menées par la guerre, le vice et l'appât du gain avant tout.
    L'auteur fait montre d'une grande inventivité narrative et graphique et je rejoins les précédents lecteurs qui crient au chef d'oeuvre.
    Loin d'être un récit linéaire, l'auteur construit son récit en différentes séquences. La narration présente de nombreux personnages qui vont finir d'une manière ou d'une autre par se rencontrer ou se croiser dans une intrigue aux nombreuses portes mais totalement fluide.
    Le récit principal est totalement muet et Winschluss réussit avec brio à construire un récit fort qui se passe de tout commentaire. Il donne à son dessin et à ses couleurs une touche totalement vintage qui rappelle l'esthétique des années 50.
    Les aventures de Pinocchio sans paroles donc alternent avec des encarts très verbaux qui mettent en scène Jiminy Cafard, un alcoolique qui a perdu ses allocations chômage, ainsi que sa copine, et qui se retrouve à squatter l'espace vide de la tête de Pinocchio. Les planches ne sont pas colorisés et se présentent dans l'esprit d'épisodes de revues à suivre. On découvrira également quelques passages indépendants revenant sur le passé misérable de certains personnages secondaires, expliquant leur état de délabrement avancé. Là encore, l'auteur donne un style différent à son dessin.
    Le Pinocchio de Winshluss est un album noir, vous l'aurez compris, cynique et désabusé. Un album extrêmement dense qui mérite même plusieurs lectures afin de bien saisir toute sa richesse narrative et graphique qui nous offerte. Un album pour lequel il y aurait encore beaucoup à dire mais je vous laisse le soin de découvrir par vous-même une oeuvre véritablement marquante. Indispensable !

    Lien : http://legrenierdechoco.over-blog.com/article-pinocchio-winchluss-83..
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    • Livres 5.00/5
    Par yvantilleuil, le 13 février 2011

    yvantilleuil
    Après avoir co-réalisé le film d'animation « Persepolis » de Marjane Satrapi (couronné à Cannes et aux Césars et nommé aux Oscars), Vincent Paronnaud, alias Winshluss, livre l'entièreté de cette œuvre partiellement pré-publiée dans les derniers numéros de la revue Ferraille Illustré. Avec « Pinocchio », le talentueux créateur (avec Cizo) de « Monsieur Ferraille » propose une revisite des (més)aventures de la célèbre marionnette de Carlo Collodi.
    Le pantin de bois prend ici les traits d'un androïde créé par un inventeur sans scrupules. Livré malgré lui aux travers de notre monde, le Pinocchio de Winshluss a tout d'un anti-héros. Jiminy Cricket est remplacé par un cafard SDF (Jiminy Cafard) qui squatte la boîte crânienne du robot depuis qu'il a perdu ses allocations chômage. Si Pinocchio n'a aucune personnalité et n'est qu'un spectateur constatant (sans juger) la misère, la haine et les nombreux vices de notre monde, Jiminy Cafard sert quelque peu de conscience, allant même jusqu'à devenir moralisateur au détour d'une bonne cuite.
    L'univers proposé par l'auteur est sombre et impitoyable. Usant de personnages tels qu'une Blanche-Neige non-consentante et ses sept nains violeurs, il n'hésite pas à piétiner les contes de fées. Aidé par d'autres protagonistes tout aussi déjantés (un pingouin kamikaze, un clown dictateur, un clochard aveugle, etc), l'auteur survole avec une virtuosité incroyable des thèmes difficiles tels que le suicide, la manipulation, le capitalisme, la foi, l'écologie, le travail des enfants, le fascisme et la course à l'armement. Les thèmes, les différentes histoires et les personnages s'entremêlent avec brio afin de former un tout cohérent, juste, mais non-moralisateur. Parsemé de nombreux clins d'œil et de références (il y en a même un à AMI de « 20th Century Boys »), le récit de Winshluss fait preuve d'une grande maîtrise et est prenant de la première page jusqu'à cette conclusion étonnamment positive par rapport au reste de l'ouvrage.
    Alternant les styles de narration et débordante d'imagination, cette œuvre majoritairement muette est un modèle du genre. La force graphique de « Pinocchio » est tout bonnement phénoménale : tout est bien amené, les personnages sont décrits en seulement quelques cases, l'humour est muet mais bien présent (l'harmoniciste aveugle Wonder est succulent) et la plupart des planches sont sublimes. Pastichant le dessin et l'univers de Disney des années 40-50, Winschluss va également alterner des planches superbement colorisées (colorisation de Cizo) avec des séquences crayonnées dédiées à Jiminy Cafard. Certaines scènes, comme celle où les enfants se transforment en loups (et non en ânes comme dans le conte), sont assez marquantes. De plus, l'objet proposé par Les Requins Marteaux est de toute beauté.
    Bref, mon nez s'allongerait méchamment si j'affirmais que cet album nommé pour les Essentiels d'Angoulême n'est pas le meilleur que j'ai eu l'occasion de lire en 2008.

    Lien : http://brusselsboy.wordpress.com/2010/03/22/winshluss-pinocchio/
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    • Livres 5.00/5
    Par chartel, le 23 novembre 2009

    chartel
    Il y a bien longtemps que je désirais avoir sous mes yeux cet album primé au Festival d'Angoulême 2009 . Je n'ai pas été déçu par cette très libre interprétation de l'histoire originelle du célèbre petit pantin. Il semblerait que Winshluss ait souhaité retrouver la noirceur propre au roman de Collodi, une manière d'estomper un peu l'image sirupeuse et pudibonde qui s'est imposée après la version animée de Walt Disney. Pinocchio doit affronter un monde cruel et féroce, un monde obéissant à la loi du plus fort, où chaque individu agit en fonction de ses intérêts propres et immédiats. Seul le petit automate avance au gré des événements qu'il rencontre, il est comme poussé par le vent, aucun raisonnement, aucun sentiment ne s'imposent à lui, donc aucune morale. L'aventure se construit grâce à l'interconnexion de récits parallèles : un policier dépressif, un cafard, nommé Jiminy, perpétuel looser, sept nains pervers et vicieux en manque de chair fraîche, un couple de fermiers cherchant l'amour filial désespérément. L'album est en tout point remarquable. Winshluss s'amuse à nous plonger dans l'univers des magazines comics américains, en associant plusieurs techniques picturales, en variant les tableaux et les styles. du grand art, justement primé à Angoulême.
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  • Par kbd, le 01 septembre 2010

    kbd
    Pinocchio, c'est le conte de Carlo Collodi écrit à la fin du XIXe siècle. Il met en scène un pantin de bois, créé par Gepetto, qui vient à la vie en rêvant de devenir un véritable enfant.
    Pinocchio, c'est aussi la bande dessinée de Winshluss, parue en 2008 et récompensée au festival d'Angoulême. L'auteur y adapte de façon trash la gentille histoire de la marionnette, en transformant Pinocchio en robot insensible. Dans cette révision contemporaine du conte italien, le personnage principal vivra maintes aventures, croisant sur son chemin la lie de l'humanité, accompagné d'un cafard écrivain raté et alcoolique.

    Lien : http://k.bd.over-blog.com/article-pinocchio-bd-42723632.html
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    • Livres 5.00/5
    Par Gregor, le 12 septembre 2011

    Gregor
    Cette BD est maintenant considérée comme un classique des années 2000. Elle a même reçu le prix du Meilleur album au Festival international de la bande dessinée d'Angoulême 2009. Et c'est bien normal car en lisant les pages foisonnantes de Winshluss, on se rend compte aussitôt de la maîtrise de son dessin, de cette capacité qu'il a à raconter. On savoure ainsi du début à la fin cette parodie du roman de Carlo Collodi qui cingle et qui réveille. Oui, quel fraîcheur ! Quel degré d'impertinence ! le tout forme un sommet de drôlerie et d'absurdité.
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Citations et extraits

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  • Par kaliemlir, le 31 août 2011

    Prendre conscience du génie d'un autre permet dans le même temps de prendre la mesure du sien.
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  • Par Gregor, le 03 octobre 2011

    - Parfois on se retrouve au mauvais endroit, au mauvais moment... On tombe sur une brute épaisse qui vous explique à sa façon la théorie de la sélection naturelle... souvent avec ses poings, parfois avec les pieds pour les plus agiles !
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  • Par chartel, le 23 novembre 2009

    Ce jour-là, Jiminy se dit qu’entre le vide et le néant, il n’avait que l’embarras du choix…
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  • Par zevince, le 09 mai 2012

    Tu veux que je te dise... Le grand projet c'est de nous prendre pour des débiles et tu sais pourquoi ?
    Nan ! Pourquoi ?
    Pour mieux nous enfiler mec !
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  • Par Gregor, le 03 octobre 2011

    - Jimmy avait dépassé la trentaine et il sentait sa vie lui échapper. Il se voyait déjà finir ses jours dans un foyer crasseux, à faire la femme pour des clochards psychopathes... Mais le destin en avait décidé autrement.
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Vidéo de  Winshluss


Vincent Paronnaud (Winschluss) partage son "Poulet aux prunes"
Vincent PARONNAUD (Winshluss), dans le cadre du « Festival du cinéma européen » Pour marquer la clôture de la 28ème édition du festival du cinéma européen, l'auteur de bande dessinée et cinéaste Vincent Paronnaud, nous a honoré de sa présence. En 2007 il reçoit avec Marjane Satrapi, deux Césars pour persepolis et revient en 2011 avec Poulet aux prunes. Fortement salué par la critique, ce roman graphique met en scène le Téhéran des années 50, passant de l'animation au film. L'occasion de revenir sur ce chef-d'œuvre, plein de poésie. Festival du Cinéma Européen à Lille, Roubaix, Tourcoing www.filmcourt-lille.com








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