> François Happe (Traducteur)

ISBN : 2351780310
Éditeur : Gallmeister (2010)


Note moyenne : 3.57/5 (sur 7 notes) Ajouter à mes livres
Véritable trip hallucinogène, Méditations en vert suit les membres d'une unité de renseignement militaire durant la guerre du Vietnam: Claypool, à qui l'on avait promis un emploi de bureau et qui se retrouve au milieu des combats; Payne, obsédé par le film sur la guerre... > voir plus
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Critiques et avis(3)

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    • Livres 3.00/5
    Par Corboland78, le 26 mars 2012

    Corboland78
    Stephen Wright est né en 1946, appelé sous les drapeaux en 1969 et envoyé au Vietnam l'année suivante. de retour aux Etats-Unis il publie en 1983 Méditations en vert unanimement salué par la critique à sa sortie. A ce jour il a écrit quatre romans et il vient tout juste d'être traduit et publié en France.
    Méditation en vert nous replonge dans l'enfer de la guerre du Vietnam mais rarement l'expression galvaudée et devenue cliché n'a été aussi adaptée que dans ce livre. Pour vous en faire une idée je vous citerai le film Apocalypse Now. Rappelez-vous ces images surréalistes faites de violence terrible, de rock'n roll en fond sonore, de visions hallucinatoires dues aux drogues, d'Américains surarmés et de Vietnamiens pieds nus, imaginez ces odeurs de napalm, de sueur et de sang, de végétation en décomposition sous la chaude humidité, de shit entêtant et enivrant. Toutes ces images me sont revenues en mémoire à mesure que je m'enfonçais dans la lecture de ce roman.
    Car on s'y enfonce, traçant notre chemin de lecture à la machette, surtout au début du roman particulièrement ardu et déroutant qui peut vous donner envie d'abandonner tant sa compréhension en est difficile. Et puis lentement, on s'habitue, on se laisse prendre par la forme éclatée de la narration où le vrai se mêle aux fantasmes et hallucinations causés par les drogues.
    Si vous avez tenu jusque là, vous faites désormais partie de l'unité de renseignement militaire où nous accompagnerons James Griffin qui cherche à conserver sa raison, Kraft l'agent de la CIA, Wendell qui filme la guerre, le commandant Holly ou le soldat Franklin un black énervé et le trop jeune Claypool.
    Certains passages du roman sont très difficiles à lire car ils semblent écrits sous l'empire d'un hallucinogène puissant mais si vous arrivez à passer outre, vous lirez un très beau livre sur la folie absurde de la guerre, folie dans le sens premier de délire, démence, qui atteint des sommets lors de cette guerre.
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    • Livres 4.00/5
    Par alaiseblaise, le 11 avril 2011

    alaiseblaise
    Un oppressant pavé halluciné de 400 pages dans la mare glauque de la guerre du Vietnam.
    Paru 4 ans après le voyage au bout de l'enfer du cinéaste Coppola, "Apocalypse Now".
    L'auteur, Stephen Wright, 64 ans, ancien du Vietnam, de retour de guerre, se lance à l'assaut de l'écriture. Professeur à Princeton, il enseigne aujourd'hui l'écriture à New-York.

    Dans une jungle obsédée de vert, l'auteur nous immerge, jusqu'à suffoquer, dans les boues nauséabondes de la guerre du Vietnam.
    Le soldat James Griffin, de l'unité de renseignement militaire (un alter ego de l'auteur ?) se bat pour conserver, sauver sa santé mentale et...sa peau...
    Beaucoup de ses camarades de "casse" finiront morts au combat ou reviendront au pays...morts-vivants.
    Le style hyperréaliste de l'auteur (impeccablement traduit) cauchemardera le lecteur. Décidément, cette guerre "d'appelés" a terriblement et durablement traumatisé le peuple américain.
    James Griffin, la guerre finie, se réfugie dans l'étude des plantes vertes intérieures (l'obsession du vert ?). Auprès de sa petite amie Huey, une artiste-peintre loufoque et de son copain Trips, un rescapé-déglingué du Vietnam, James tente de se reconstruire dans une Amérique qu'il ne reconnaît plus...une Amérique qui ne le reconnaît plus.

    Ce livre est difficile, mais il contient aussi des passages souriants : la description du camp militaire comme un guetto hippie, la permission ratée à Saïgon, la préparation de la visite des lointains chefs, par exemple.
    Rire nerveux du lecteur au détour d'un dialogue, d'une scène.
    Car tous ces soldats sont, deviennent plus ou moins dingues. Souvent drogués (à écouter "Foxy Lady" de Jimi Hendrix), alcoolisés (à se battre dans le mess des Officiers), mais surtout apeurés, ils ont tous "un grain".

    La guerre finie, le livre fermé,
    le retour à la réalité est dur pour tout le monde !
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    • Livres 5.00/5
    Par Filisimao, le 25 septembre 2010

    Filisimao
    Méditations en vert ou le quotidien d'une unité de renseignement américaine pendant la guerre du Vietnam.
    On suit la vie d'une poignée d'entre eux, en particulier celle du soldat Griffin, personnage central qui est parfois le narrateur. Leur mission principale est de débusquer une hypothétique faction de vietcongs. Pour ce faire, des pilotes d'avions équipés de caméras embarquées explorent les environs. le travail de Griffin consiste ensuite à visionner les bandes pour tenter de repérer toute présence humaine suspecte et à relever leurs coordonnées géographiques afin que les pilotes puissent ensuite bombarder ces points stratégiques. En complément, des expéditions au sol sont parfois menées. Les opérations se succèdent mais l'ennemi reste invisible, à cause de cette "foutue jungle". L'armée décide donc d'utiliser une nouvelle arme : l'agent orange. Cet herbicide est alors épandu par avion sur la jungle et sur les zones de cultures, dans le but de débusquer les vietcongs et de détruire leur agriculture.
    Voilà pour la mission de ces soldats. Mais leur vie quotidienne est surtout dominée par la peur et l'ennui. Faute de résultats, la hiérarchie militaire tente de maintenir l'apparence du camp en attribuant des corvées aux soldats. Ceux-ci les accomplissent d'ailleurs sans trop rechigner, l'essentiel étant de s'occuper l'esprit entre deux bombardements ennemi. Beaucoup s'évadent par le biais des drogues. De longues journées paraissent donc filer à toute vitesse, tant dis que d'autres instants s'étirent pendant une éternité. Griffin choisit lui aussi cette solution.
    Dans sa structure et son contenu le récit est donc lui aussi assez volatile. Méditations, délires, souvenirs et réminiscences se succèdent et se mêlent pour nous donner une vision tantôt lucide, tantôt hallucinée de cette période.
    On a beau connaître les faits, on sort de cette lecture abasourdi par l'absurdité et le tragique de ce guerre.
    On découvre des soldats loin du stéréotype habituel de la grosse brute stupide. Ces hommes sont pour la plupart opposés à cette guerre, mais finissent parfois par souhaiter connaître un peu d'action tant ils s'ennuient. Cette torpeur finie aussi par toucher le commandement du camp, son autorité s'émousse. Chacun s'adonne à ses petites activités. Un soldat abandonne son travail et se met à filmer la vie du camp, dans le but d'en faire un documentaire sur la guerre ! D'autres sortent du camp pour aller voir des filles. La tenue du camp se délite... On est surpris par la relative liberté qui règne dans le camp. Ces anecdotes distillent donc un humour moite et lourd dans ce tableau déjà très sombre.
    Méditations enfin, car Griffin est revenu du Vietnam et qu'il a pour habitude de méditer. Cela calme ses angoisses. L'Etat lui a prescrit des séances de psychanalyse, mais celle-ci ne fonctionnent pas. Alors il médite. Trips, l'ami de Griffin, est lui aussi revenu, mais totalement instable, paranoïaque. Ce livre aborde donc la place des vétérans dans la société américaine d'après guerre. Que fera la nation pour ces soldats brisés ? Après de telles atrocités on comprend mieux les raisons de l'émergence du mouvement Hippie.

    Lien : http://ranatoad.blogspot.com/2010/07/meditations-en-vert-stephen-wri..
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Citations et extraits

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  • Par Corboland78, le 26 mars 2012

    « Une enfant maigrichonne et maladive s’avança vers lui, ses profonds yeux noirs résolument fixés sur les siens. Elle avait plusieurs plaies au bras gauche, un côté du visage brûlé, et une partie de ses cheveux étaient roussis. Elle devait avoir neuf ou dix ans. Elle avait besoins de soins médicaux. Le voyant près du grand chef avec les barrettes, elle avait dû penser qu’il était médecin. Kraft lui sourit. – Non de Dieu ! s’exclama quelqu’un. Elle tient une grenade ! Les hommes autour de Kraft se jetèrent au sol pour se mettre à l’abri. Il pouvait voir la grenade maintenant grosse comme un melon dans une main aussi minuscule. Il ne pouvait dire si elle était dégoupillée ou non. La petite fille continuait à avancer vers lui tranquillement. – Arrête-toi ! hurla Kraft. Dung lai ! Il leva son fusil. La petite continuait.
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  • Par Filisimao, le 25 septembre 2010

    "Pour ceux qui ont été transformés en graphiques, tableaux, données informatiques, et pour tous ceux qui n'ont pas été comptés."
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