ISBN : 286746532X
Éditeur : Liana Levi (2010)


Note moyenne : 3.96/5 (sur 115 notes) Ajouter à mes livres
Une femme voyage à travers le désordre des souvenirs : l'enfance dans sa cage d'or à Saigon, l'arrivée du communisme dans le Sud-Vietnam apeuré, la fuite dans le ventre d'un bateau au large du golfe de Siam, l'internement dans un camp de réfugiés en Malaisie, les premie... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par Zazette97, le 29 janvier 2012

    Zazette97
    Publié en 2009, "Ru" est le premier roman de l'écrivaine québecoise d'origine vietnamienne Kim Thuy.
    A l'âge de 10 ans, l'auteure s'est vue contrainte de quitter son pays, le Vietnam, avec une partie de sa famille et quelques 2000 autres "boat people". Avant de rejoindre le Québec, ces hommes et ces femmes échouent en Malaisie, dans un camp de réfugiés à l'espace limité et aux conditions sanitaires plus que douteuses.
    Kim Thuy évoque la misère et l'arrivée des communistes sur sa terre natale, la débrouillardise de chacun mais aussi la solidarité pour pouvoir survivre.
    Peu importe la dureté de son climat, l'auteure salue la générosité de sa terre d'accueil et de son peuple qui lui ont offert à elle et ses proches un nouveau départ et une indépendance auxquels ils ne pensaient plus pouvoir prétendre.
    "Ru" apparaît comme une histoire de départ, de sacrifices et de rencontres.
    Kim Thuy raconte les difficultés et la peur de l'exil vers une terre promise qui demeure inconnue et le sentiment de déracinement du au manque de repères face à une culture diamétralement opposée.
    Le rapport à la famille et à la maternité est également très présent dans ces lignes. Si l'auteure affiche un certain détachement pour les choses matérielles et l'amour d'un seul homme, elle laisse entrevoir un lien très fort avec ses parents, ses oncles, ses tantes et ses deux fils dont elle prépare l'avenir en leur inculquant les notions de vie simple et de partage.
    Au récit de sa propre histoire, l'auteure mêle des témoignages d'autres Vietnamiens qui comme elle ont connu l'horreur de la guerre et en ont gardé des séquelles ou qui au contraire se sont sacrifiés pour que d'autres puissent aspirer au "rêve américain".
    Le schéma narratif de ce roman est particulièrement intéressant. Dépourvu de chapitrage et ménageant de larges espaces entre chaque bloc de phrases, il évoque cette mémoire qui vous prend par surprise, par flash-backs, le dépaysement, la difficulté de composer avec des réalités présentes et passées, de passer d'une culture à une autre tout en gardant son identité.
    Chaque histoire semble se clore sur elle-même avant de se prolonger quelques pages plus loin.
    Aussi, bien que le roman parte un peu dans tous les sens, je ne me suis pas sentie perdue pour autant.
    Pour ne rien gâcher, l'écriture sensible et pudique de ce roman est magnifique ! J'étais d'autant plus impressionnée quand j'ai appris que Kim Thuy avait écrit ce premier roman en français.
    Malgré la dureté des histoires rencontrées, le ton ne se veut en rien misérabiliste. Ici la douleur se devine plus qu'elle ne s'expose et il se dégage finalement de ce roman un puissant hymne à la liberté.
    Un coup de coeur pour 2012 et pas des moindres, youhou !

    Lien : http://contesdefaits.blogspot.com/2012/01/ru-kim-thuy.html
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    Critique de qualité ? (8 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par Seraphita, le 17 mai 2010

    Seraphita
    Une femme raconte pêle-mêle ses souvenirs, depuis son enfance au Vietnam jusqu'à son destin de boat-people, fuyant ce pays vers une contrée plus accueillante, celle du rêve américain, le Québec. Auparavant, elle aura vécu avec ses proches dans un camp d'internement en Malaisie.
    Un mot pour commencer sur le titre insolite de ce roman : « ru ». En français, ru signifie « petit ruisseau » et, au figuré, « écoulement (de larmes, de sang, d'argent) » (Le Robert historique). En vietnamien, ru signifie « berceuse », « bercer ». Ce titre résume les deux grands objectifs de ce roman : le témoignage d'une souffrance, celle de l'exil et de la recherche identitaire, la volonté de « bercer » en contant une histoire qui comprend sa part de beauté, celle du souvenir de moments – souvent malheureux – mais aussi heureux.
    Il s'agit du premier roman de Kim Thuy, écrivain qui a fui le Vietnam à l'âge de 10 ans pour rejoindre le Québec qu'elle habite depuis une trentaine d'années. Dans ce roman, la narratrice - dont on pressent qu'il s'agit de l'auteur - dépeint, en de très courts chapitres (d'une ou deux pages), l'écheveau de ses souvenirs. Les récits sont tour à tour drôles, tragiques ou émouvants.
    « Ru » nous présente des tableaux successifs, il est écrit par petites bribes, avec des va-et-vient géographiques et temporels, à la manière d'un puzzle. Ce roman en quelques sortes en lambeaux dit la vie de Kim Thuy, éclatée. le passage d'un chapitre à l'autre se réalise par évocations ténues. Ce procédé donne la légèreté de l'ouvrage et sa poésie, même si l'auteur dépeint, derrière cette légèreté, l'aspect tragique de son destin.
    On peut voir dans cette œuvre un roman de reconstruction, à travers la force de vie de l'auteur ainsi que la générosité des québécois qui l'accueillent. Kim Thuy a dû opérer un véritable travail de deuil par rapport à toute sa vie passée au Vietnam. Elle a été dépossédée de tout ce qui faisait sa vie avant et a dû se reconstruire au Québec. Cette contrée constitue en quelque sorte une page blanche où elle va pouvoir réécrire son destin.
    Voici un roman qui nous parle du travail de mémoire, la narratrice abordant son enfance, et à travers elle, sa famille nombreuse, aux ramifications multiples. A travers une histoire singulière, où le lecteur découvre des mœurs vietnamiennes – l'alimentation par exemple ou encore des coutumes – c'est l'Histoire d'un pays qui nous est contée, notamment l'arrivée du communisme dans le Sud-Vietnam. La narratrice expose ses fragilités, ses souffrances – telle la maladie (l'autisme) de son fils – mais aussi ses moments plus heureux.
    Reste l'ambivalence fondamentale de l'auteur, son état « hybride » : elle nous dépeint l'inconfort, le malaise des déracinés, à cheval entre deux cultures.
    Un roman court (un peu moins de 150 pages) qui a obtenu le grand prix RTL-Lire 2010.
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    Critique de qualité ? (4 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par nadejda, le 03 mai 2011

    nadejda
    Autant de petits textes qui se répondent l'un l'autre, formant comme des fils de trame qui permettent de ravauder le tissu de la vie déchirée de cet enfant devenue femme que les événements tragiques de la guerre au Viet-Nam vont mener, à travers bien des épreuves, d'une vie privilégiée au dénuement : la fuite enfermée dans la cale d'un bateau, le séjour dans un camp en Malaisie et l'exil final au Canada. Dénuement, exil qu'elle retrouve devant Henri, son enfant autiste, exilé lui-aussi dans son monde, mais pour lequel elle décide de se battre comme elle l'a fait jusque là même si le combat semble vain.
    C'est avec retenue, pudeur, une écriture à la douceur poétique, sans rancoeur et sans haine que Kim Thuy relie présent et passé dans un même embrassement en rendant un bel hommage, plein de compassion à sa famille et à bien des êtres démunis que son chemin lui a fait croiser.
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    Critique de qualité ? (9 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par maevedefrance, le 07 octobre 2010

    maevedefrance
    Par ce roman court mais dense, Kim Thuy donne la parole à une narratrice, Nguyen An Tinh, qui lui ressemble comme deux gouttes d'eau : celle d'une femme vietnamienne d'origine chinoise, issue de la bourgeoisie de Saïgon. Père préfet, mère femme au foyer n'ayant jamais tenu un balai. Une famille poussée à l'exil par la victoire des communistes, les camps de rééducation et la confiscation de leurs biens, sous la surveillance d'un jeune inspecteur qui "avait marché dans la jungle depuis l'âge de douze ans pour libérer le sud du Vietnam des mains "poilues" des Américains". La narratrice a parfaitement conscience de son état de privilégiée et remarque que "les filles et les garçons de la jungle possédaient tous les mêmes effets: un casque vert, des sandales faites de lanières de pneus usés, un uniforme et un foulard à carreaux noirs et blancs. L'inventaire de leur bien prenait trois secondes, contrairement au nôtre, qui dura un an".
    C'est l'exil et ses conséquences qui nous sont contés, mais aussi une page forte de l'histoire du Vietnam. La fuite dans la cale nauséabonde d'un bateau, partant "clandestinement" en toute connaissance de cause, tout simplement parce qu'il transporte des Viêtnamiens d'origine chinoise, autrement dit, aux yeux des communistes, des "anticommuniste de par leur origine ethnique, de par leur accent". Même si ces boat people ont emporté avec eux leurs souvenirs et toute la fortune qui pouvait l'être (des dollars cachés dans les serviettes hygiéniques des femmes, les diamants dissimulés dans des braclets d'acrylique ou des cols de chemise), c'est pourtant une toute autre vie qui les attend. La narratrice, après avoir vécu avec ses concitoyens entassés dans un camp de réfugiés en Malaisie , au milieu des excréments et des vers blancs, a dû se reconstuire une identité et une vie au Québec, qui feront d'elle quelqu'un de différent, à tout jamais, une personne naviguant sans cesse entre passé et présent, racines sino-vietnamiennes et culture canadienne.
    La narration, très "aérée" et aérienne, faite de textes brefs, sans vraiment de chronologie, à la manière d'une pensée vagabonde, file tel un "ru" - un petit ruisseau -, sans pourtant gêner la lecture et la compréhension des événements. Kim Thuy donne à voir une série d'instantanés où le passé et le présent se rejoignent, pour ne faire qu'un : celui de l'identité complexe de la narratrice, au sens fort du terme.
    J'ai beaucoup apprécié ce tour de force littéraire ou comment l'écrivaine arrive à dire tant de choses en si peu de mots, sans jamais étouffer ou affliger le lecteur malgré les vérités crues qu'elle décrit. Au contraire, elle le berce et l'émeut tout à la fois.
    Ce livre est le récit pudique et "zen" d'une femme qui ne s'apitoie jamais sur son sort. Elle porte sur elle-même , sa famille et l'histoire du Viêtnam, un regard distant, touchant et dépourvu de rancoeur. J'ai vraiment été charmée et bercée par les mots ! Une belle découverte.


    Lien : http://millelectures.canalblog.com
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    Critique de qualité ? (4 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par BMR, le 08 octobre 2010

    BMR
    Kim Thuy est née à Saïgon pendant l'offensive du Têt. Elle quittera le Vietnam 10 ans plus tard en compagnie d'autres boat people. Depuis elle vit au Québec.
    Elle a écrit Ru, son premier roman, en français.
    Largement autobiographique, ce petit bouquin est comme un collage de souvenirs et d'époques : les derniers temps de l'opulence coloniale avant l'arrivée des communistes, la fuite en bateau jusqu'au Canada via les camps de réfugiés de Malaisie, la vie d'immigrante au Québec puis ses deux enfants, son retour provisoire au pays de nombreuses années après, ... Kim Thuy entremêlent habilement de petites scènes vécues dans ces différents lieux à différents moments de sa vie. le patchwork prend forme et peu à peu se dessinent quelques portraits : le sien bien sûr, mais également celui de sa famille, sa mère, Tante 7 un peu simplette ou encore l'incorrigible Oncle 2, play-boy désinvolte et charmeur ...
    Bien sûr quitter le Vietnam dans ces conditions et à cette époque n'a pas été une excursion touristique : quelques scènes évoquent des souffrances et des blessures pas faciles à oublier ...
    Mais l'auteure sait aussi nous faire partager quelques moments de pure poésie asiatique.
    Mais les plus belles pages sont celles qui évoquent son arrivée au Canada, il y a trente ans, et l'accueil que leur réservaient les québécois. Des pages à lire et relire, salutaires à notre époque où l'on se préoccupe plutôt d'élever des murs et de fermer les frontières.
    Le bouquin est construit presque comme un journal intime, mélangeant les lieux et les époques. Intime est bien le mot. Toute en pudeur, Kim Thuy essaie de se raconter.
    Mais on ressort un peu frustré de ce petit bouquin avec l'impression d'avoir passé une charmante soirée avec une jeune femme asiatique agréable à la conversation très intéressante et qui a su nous faire entrevoir plein d'épisodes de sa vie mouvementée, plein de petites choses curieuses d'autres lieux et d'autres époques et puis qui nous laisse page 143, bon, cher monsieur, il faut que j'y aille, ravie de vous avoir rencontré ...
    Oui certes, mais, mais ... on aurait aimé plongé plus au coeur peut-être pas de la vraie vie de Kim Thuy, ne soyons pas indiscrets, mais au coeur d'un bon gros roman qui nous aurait emporté des heures, là-bas, autrefois.
    À trop vouloir coller à sa réalité intime, l'auteure finit par se cacher, c'est bien naturel. D'ailleurs, elle en convient elle-même : petite, elle était l'ombre de sa cousine, plus grande, l'ombre de ses hommes ... Une histoire romancée lui aurait permis de plus en raconter en même temps que mieux se cacher, ombre parmi ses personnages. Mais ne boudons pas le plaisir à lire ces quelques belles pages, même peu nombreuses !
    Deux autres livres sont en préparation : peut-être l'occasion de passer à nouveau une ou deux agréables soirées en compagnie de cette charmante dame ...

    Lien : http://bmr-mam.over-blog.com/article-bouquin-ru-58533361.html
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Critiques presse (1)


  • Telerama , le 07 septembre 2011
    Kim Thúy se souvient de ses vies multiples, dans un texte mosaïque qui refuse l'apitoiement et la haine, parle d'espoir et de renaissance, porté par l'énergie d'une survivante.
    Lire la critique sur le site : Telerama

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Citations et extraits

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  • Par luocine, le 14 mars 2010

    On oublie souvent l’existence de toutes ces femmes qui ont porté le Vietnam sur leur dos pendant que leur mari et leurs fils portaient les armes sur les le leur. On les oublie parce que sous leur chapeau conique, elles ne regardaient pas le ciel. Elles attendaient seulement que le soleil tombe sur elles pour pouvoir s’évanouir plutôt que s’endormir. Si elles avaient pris le temps de laisser le sommeil venir à elles, elles se seraient imaginé leurs fils réduits en mille morceaux ou le corps de leur mari flottant sur une rivière telle une épave. Les esclaves d’Amérique savaient chanter leur peine dans les champs de coton. Ces femmes, elles, laissaient leur tristesse grandir dans les chambres de leur cœur. Elles s’alourdissaient tellement de toutes ces douleurs qu’elles ne pouvaient plus redresser leur échine arquée, ployée sous le poids de leur tristesse.

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  • Par agilmo, le 04 mai 2010

    Mes parents nous rappellent souvent, à mes frères et à moi, qu'ils n'auront pas d'argent à nous laisser en héritage, mais je crois qu'ils nous ont déjà légué la richesse de leur mémoire, qui nous permet de saisir la beauté d'une grappe de glycine, la fragilité d'un mot, la force de l'émerveillement. Plus encore, ils nous ont offert des pieds pour marcher jusqu'à nos rêves, jusqu'à l'infini.
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  • Par chocobogirl, le 05 mai 2010

    C'est grâce aux GI que mon oncle a pu acheter son passage et ceux de sa femme et de sa fille. Ses parents sont devenus très riches grâce à la glace. Les soldats américains en achetaient des blocs entiers pour les mettre sous leur lit. Ils avaient besoin de se rafraîchir après avoir sué de peur pendant des semaines dans la jungle vietnamienne. Ils avaient besoin de retrouver le courant d'air frais du Vermont ou du Montana. Ils avaient besoin de se retrouver dans cette fraîcheur pour cesser un instant de soupçonner qu'une grenade était cachée dans les mains de chaque enfant qui venait toucher les poils de leurs bras. Ils avaient besoin d'être froids pour quitter les femmes qui portaient leurs enfants sans ne plus jamais revenir, sans jamais avoir révélé le nom de leur famille.
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  • Par Aela, le 18 septembre 2011

    J'avais oublié que l'amour vient de la tête et non pas du coeur. De tout le corps, seule la tête importe. Il suffit de toucher la tête d'un Vietnamien pour l'insulter, non seulement lui mais tout son arbre généalogique.
    Si une marque d'affection peut parfois être prise pour une offense, peut-être que le geste d'aimer n'est pas universel: il doit être traduit d'une langue à l'autre, il doit être appris. Dans le cas du vietnamien, il est possible de classifier , de quantifier le geste d'aimer par des mots spécifiques: aimer par goût (thích), aimer sans être amoureux ( thuong), aimer amoureusement (yeu), aimer avec ivresse ( mê), aimer aveuglément ( mu quang), aimer par gratitude (tinh nghia). Il est donc impossible d'aimer tout court, d'aimer sans sa tête.
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  • Par nadejda, le 03 mai 2011

    (...) tous les dimanches, j'allais au bord d'un étang à lotus en banlieue de Hanoi, où il y avait toujours deux ou trois femmes au dos arqué, aux mains tremblantes, qui, assises dans le fond d'une barque ronde, se déplaçaient sur l'eau à l'aide d'une perche pour placer des feuilles de thé à l'intérieur des fleurs de lotus ouvertes. Elles y retournaient le jour suivant pour les recueillir, une à une, avant que les pétales se fanent, après que les feuilles emprisonnées avaient absorbé le parfum des pistils pendant la nuit. Elles me disaient que chaque feuille de thé conservait ainsi l'âme de ces fleurs éphémères.
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Kim Thuy
Causerie avec Kim Thuy autour de son dernier livre À toi publié chez Libre expression. 22 octobre 2011 / 14h / Entrée libre À toi est composé de récits croisés nés d'un coup de foudre littéraire entre un auteur franco-slovaco-suisse et une auteure québécoise d'origine vietnamienne. Ce dialogue du féminin et du masculin est une invitation au lecteur à partager cet univers intime. On y retrouve le charme poétique qui a passionné les milliers de lecteurs de Ru. Écrits au rythme lent de la mémoire ou au souffle syncopé d'un monde changeant, ces textes racontent les préoccupations du présent, universelles ou personnelles. Attentifs à la sensualité des détails, leurs récits se font écho, s'amplifient, se complètent et vibrent, dans une complicité rare. Leurs mots traversent un océan et six fuseaux horaires, passent par-dessus les murs, les frontières et les différences culturelles, pour dire la beauté du monde et la fragilité de la vie. Kim Thuy est récipiendaire de plusieurs prix dont : Prix du public Archambault, 2011. Prix littéraire du Gouverneur général du Canada, 2010. Prix du Grand public La Presse -- Salon du livre de Montréal, 2010. www.librairiemonet.com








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