> Prune Cornet (Traducteur)

ISBN : 2877309916
Éditeur : Editions Philippe Picquier (2008)


Note moyenne : 3.55/5 (sur 42 notes) Ajouter à mes livres
"Je vais leur montrer, moi, à tous ces villageois, qui est une baguette et qui est une poutre !"
C'est ce cri qui a donné envie à Xinran d'écrire cette histoire. Celle, lumineuse, chaleureuse, émouvante, de trois soeurs qui décident de fuir leur campagne et le mé... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 3.00/5
    Par sylvaine, le 21 mai 2012

    sylvaine
    amateurs de romans passez votre chemin.Xinran,journaliste chinoise formée par l'armée ,émigrée en .Angleterre depuis le début des années 1990, fait ici œuvre de journaliste.Dans un style plat (verbe, sujet, complément),elle nous brosse le devenir de 3 sœurs Trois,Cinq et Six arrivées à Nankin pour fuir la vie de la campagne et échapper au sort commun des jeunes filles de la Chine rurale appelées "baguettes"car seul le garçon est digne d'être appelé "poutre".
    reportage donc , mais reportage fort intéressant ,j'ai beaucoup appris sur la vie en Chine dans les années 2000, sur les différences colossales entre l'état d'esprit des campagnes et celui des villes.Édifiant
    bref une lecture intéressante .sans attrait littéraire réel mais challenge ABC oblige!
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    Critique de qualité ? (15 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par Brize, le 18 juin 2011

    Brize
    L'auteur, Xinran, a fondu au sein de ce roman trois histoires individuelles dont elle avait eu connaissance en tant que journaliste. J'ai beaucoup aimé ce récit croisé, chaleureux et tonique, porté par de jeunes protagonistes qui en veulent, mues par le désir de prouver à leur père que des « baguettes », comme il les surnomme par opposition aux « poutres » que sont les garçons, sont elles aussi capables de rapporter de l'argent à leur famille et donc de la soutenir en subvenant à ses besoins.
    Les caractères des jeunes filles sont intéressants. Cinq, en particulier, illettrée et pas très dégourdie, à qui on a en plus tout le temps dit qu'elle était stupide, est résolue à devenir quelqu'un de compétent dans sa partie (elle a un emploi au sein d'un « centre de culture de l'eau », centre aquatique prodiguant des soins paramédicaux à base de plantes). Quant à Six, elle décide d'apprendre l'anglais grâce à la fréquentation des étrangers côtoyés dans la belle maison de thé où elle travaille.
    Les trois sœurs ont toujours travaillé dur dans les champs et le labeur citadin ne les effraie pas. En revanche, nombre de choses les surprennent voire les choquent en découvrant la vie en ville et c'est nous, lecteurs, qui sommes à notre tour ébahis par le fossé ou plutôt le gouffre qui sépare encore la ville de la campagne. Il ne s'agit pas seulement d'une disparité matérielle criante entre misère et (très) relatif bien-être, mais aussi d'un grand écart culturel : à la campagne, le pater familias règne et personne ne songerait à contredire la loi qu'il édicte, en particulier les épouses et les filles, soumises à son autorité, avant de l'être à leur tour à celle de leur mari. En ville, l'émancipation féminine a fait son chemin et les rapports hommes-femmes se sont occidentalisés. On notera aussi des différences de classe patentes, une crainte profonde (ancrée dans la conscience collective) des agissements de la police, la nécessité d'obtenir le soutien, pour que sa petite entreprise tienne le coup, de tous ceux qui détiennent un quelconque pouvoir local, le flou qui accompagne encore les notions d'interdit-censuré dans les productions littéraires et aussi dans les propos tenus ...
    Au final, un aperçu de la Chine actuelle vif et, en filigrane, engagé, au travers de trois portraits de jeunes filles déterminées qui, tant mieux pour elles et pour le lecteur (pour une fois, pas d'histoire sordide), ont eu la chance de rencontrer des gens accueillants et gentils en ville, ce qui n'est pas toujours le cas pour toutes celles qui y débarquent.
    (et ce livre m'a permis de découvrir Xinran, auteur dont j'avais déjà beaucoup entendu parler sur les blogs à propos de "Chinoises" et "Funérailles célestes")
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    • Livres 2.00/5
    Par Marcelline, le 07 janvier 2012

    Marcelline
    Ouf! Terminé...C'est ce qui me vient à l'esprit, une fois la dernière page lue...
    Pourtant, je ne peux pas dire que je n'ai pas aimé: j'ai été sidérée d'apprendre la condition de vie des femmes en Chine, particulièrement dans les campagnes, et la façon dont elles sont considérées; je n'aurais pas voulu lâcher le récit sans savoir ce que devenait les trois héroïnes, qui sont attachantes; la lecture était facile et, parfois, en relevant la tête, j'ai été surprise d'avoir lu tant de pages sans m'en rendre compte...
    Oui, mais le style et l'écriture!...J'ai eu l'impression d'être retombée en enfance et de lire un récit pour jeunes ados à qui l'on expliquerait: "tu sais que tu as beaucoup de chance de vivre en Occident! Les petits chinois, eux, sont très malheureux..." Parsemé de phrases au style vraiment très naïf, le livre a eu du mal à me toucher et les 3 soeurs, même si elles sont sympathiques, ne m'ont finalement pas vraiment émue.
    Avis mitigé, donc: contente d'avoir lu ce livre jusqu'au bout pour ce qu'il m'a appris (surtout qu'il est quand même inspiré d'histoires vraies), mais pas sûre d'avoir envie de relire un livre du même auteur...
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    • Livres 2.00/5
    Par luocine, le 09 mars 2010

    luocine
    C'est amusant d'écrire à propos de ce livre un 8 mars, journée de la femme. Ce roman raconte la vie de tros jeunes filles de la campagne chinoise qui viennent travailler en ville.
    Je n'imaginais pas, qu'aujourd'hui encore, il y ait un tel décalage entre l'homme et la femme chinoise à la campagne. On appelle les filles, des baguettes pour montrer qu'elles ne valent rien à côté des garçons, les poutres. Trois filles, six, cinq et trois ainsi prénommées par leur père qui ne les juge même pas digne du mal qu'il se serait donné à leur chercher un autre nom que celui de l'ordre dans lequel elles sont venues au monde, trois filles, donc, vont faire leur place à Nankin après avoir fui leur village. Toutes les trois vont réussir à leur manière et finalement prouver à leur père que les baguettes valent bien les poutres. le sujet est intéressant, le roman beaucoup moins . L'écriture est très simple , le récit plein de dialogues souvent inutiles et surtout tout le monde est si gentil avec ces trois filles : elles ne rencontrent que des gens qui leur veulent du bien. J'espère que c'est comme ça en Chine , j'ai un peu de mal à le croire. J'aurais surtout aimé qu'elles prennent plaisir à devenir des femmes libres mais finalement leur seul but c'est de venir offrir de l'argent à leur père et une belle veste rouge à leur mère ....
    http://luocine.over-blog.com/
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    • Livres 3.00/5
    Par Azalyaa, le 31 août 2011

    Azalyaa
    Xinran est une auteur que j'apprécie beaucoup. J'ai déjà lu Chinoises que j'avais vraiment adoré. Cette auteur chinoise est très engagée pour la protection et la reconnaissance des Chinoises en Chine. J'aime particulièrement sa prose sensible, délicate et facile à lire.
    Dans Baguettes chinoises, Xinran dépeint l'exode en ville de trois soeurs, trois baguettes. Les filles dans les campagnes Chinoises sont très mal considérées. Celles-ci n'étaient tellement pas souhaitées qu'elles n'ont pas de prénoms, que des numéros. Trois est la première à quitter sa campagne. Elle est promise au fils infirme d'un haut fonctionnaire de son village. Elle ne veut pas finir comme sa mère et sa première soeur, mariées de force et malheureuses ou comme sa deuxième soeur qui s'est suicidée plutôt que d'épouser cet infirme. Avec l'aide d'un oncle, elle débarque donc à nankin où elle découvre une vie à cent mille kilomètres de la sienne. le progrès grandissant de la Chine capitaliste a envahit la ville en laissant la campagne derrière elle. Elle trouve assez facilement un travail qui lui plaît et va alors commencer sa nouvelle vie.
    Devant ce succès, quatre et six la rejoignent à Nankin. Quatre ne sait ni lire ni écrire. Elle est considérée comme idiote par tout le monde dans son village. Elle possède cependant des dons typiques de campagnarde qui pourront l'aider dans sa vie professionnelle. Six, elle, est extrêmement intelligente et cultivée. Elle trouve un travail dans un salon de thé / bibliothèque où elle rencontre des étudiants étrangers. Avec eux, elle va découvrir que la Chine qu'elle connaît n'est pas la même que celle qui est dépeinte dans les médias du monde entier.
    Ce livre est vraiment très intéressant : cet oeil naïf qui découvre "la vraie" vie est très touchant. On découvre également la vie quotidienne des Chinoises. La vie quotidienne à la campagne et la vie quotidienne à la ville. On découvre un monde complètement différent du notre. Même si bien sûr on se doute de ces différences, quand elle nous sont énoncées comme cela elles sont encore plus flagrantes.
    J'ai hâte de lire son nouveau livre. Il traîtera de mamans Chinoises qui ont dû abandonner leurs filles à l'adoption.


    Lien : http://quefontlesprofsdochorsducdi.over-blog.com/article-emily-a-lu-..
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Critiques presse (1)


  • Lecturejeune , le 01 septembre 2008
    Lecture jeune, n°127 - L’auteur a été journaliste à Pékin et a animé une émission de radio à Nankin avant d’émigrer en Angleterre en 1997. Son métier lui a permis de recueillir des témoignages de femmes de toutes conditions sociales, aux quatre coins de la Chine. Le roman, né de ces chroniques, évoque le sort de trois jeunes paysannes pauvres qui émigrent à Nankin et qui, à force de travail, de volonté et d’énergie, brisent le destin qui leur était réservé. En effet, seuls les garçons, considérés comme des « poutres », représentent l’avenir de la famille. Alors que les filles sont comme des « baguettes », utilitaires et jetables.

    Le lecteur découvre le quotidien de la population de cette grande cité en pleine mutation, à travers le regard de ces jeunes filles. Ce livre est à rapprocher de Chinoises (Éditions Philippe Picquier, 2003), du même auteur, où l’on découvre les vies brisées de quatorze femmes, victimes d’une société où l’égalité des sexes n’a jamais existé en dépit de la révolution communiste.

    Colette Broutin

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Citations et extraits

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  • Par iarsenea, le 21 septembre 2010

    Ainsi, la première fois qu'elle était allée aux toilettes chez ses patrons, Trois s'était trouvée dans le plus grand dilemme face à un siège dont elle ignorait l'usage, quand chez elle un simple trou à ras du sol permettait de s'exonérer. Dans l'urgence, elle avait fini par sauter à pieds joints sur le siège pour s'y accroupir. La chose faite, la chasse d'eau posa une autre énigme que toute sa réflexion ne put résoudre. Elle referma la porte et retourna avec Wang Tong au restaurant, sans souffler mot. Le soir, à son retour à la maison, le couple fut saisi par l'odeur nauséabonde qui avait envahi les lieux. En ouvrant la porte des toilettes, il découvrit deux empreintes de pas sur le siège et un magnifique étron qui flottait à la surface de l'eau. Guan Buyan manqua de perdre connaissance et s'en prit aussitôt à sa femme : comment avait-elle pu oublier de montrer à la simplette l'usage de ces commodités ? Wang Tong, beaucoup plus indulgente, se contenta de nettoyer en silence et ce ne fût que plusieurs semaines plus tard, quand Trois revient chez elle, qu'elle lui montra comment s'asseoir convenablement sur le siège. Trois, embarrassée, prit tout à coup conscience de la mauvaise « impression » qu'elle avait dû laisser lors de son premier passage dans cette demeure immaculée et si délicatement parfumée.
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  • Par iarsenea, le 21 septembre 2010

    Dans un petit village au nord de Shanxi, j'avais entendu dire qu'une femme s'était suicidée en avalant un pesticide parce qu'elle n'arrivait pas à donner naissance à un garçon ou, comme le disent les Chinois, à « pondre un oeuf ». Apprenant que personne ne voulait se rendre à son enterrement, j'ai interrogé son mari pour savoir ce qu'il ressentait. « On ne peut pas leur en vouloir, m'a-t-il dit sans le moindre ressentiment, ils ne veulent pas attraper la poisse. Et puis, c'est sa faute à elle si elle n'a su mettre au monde qu'une poignée de baguettes et aucune poutre ! » J'ai été profondément choquée par cette façon de désigner les filles et les garçons. Je n'en avais jamais entendu parler jusqu'à ce jour mais cela semblait traduire parfaitement la façon dont les Chinois appréhendent la différence entre les hommes et les femmes. Ainsi, tandis que les hommes qui subviennent aux besoins de la famille sont considérés comme les piliers sur lesquels repose le toit du foyer, les femmes, elles, sont de simples outils de travail, de fragiles ustensiles dont on se sert tous les jours, puis qu'on jette.
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  • Par iarsenea, le 29 septembre 2010

    L'argent peut acheter un lit mais pas une bonne nuit de sommeil.
    L'argent peut acheter une maison mais pas une famille.
    L'argent peut acheter de la nourriture mais pas le bon goût.
    L'argent peut acheter des machinespour entretenir le corps mais pas la santé.
    L'argent permet de faire du commerce mais pas de s'acheter des amis.
    L'argent peut acheter un titre mais pas l'ambition.
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  • Par joedi, le 30 mai 2011

    Dans la mesure où certains caractères chinois se prononcent de la même façon, cette langue permet de se livrer à loisir à de joyeux calembours. On citera par exemple le nom de Cinq, dont la prononciation en chinois, wumei, peut signifier soit "cinquième petite soeur", soit "charmant". Finaud, notre Vieux Guan s'était à l'époque délecté de ces homophonies pour rédiger sa lettre de résolution et faire passer son message sans éveiller les soupçons. Ainsi, si vous écoutiez quelqu'un lire cette lettre à haute voix, le message pouvait donner :
    Je m'engage à nettoyer tous les jours la merde laissée par les représentants du féodalisme, du capitalisme et du révisionnisme ; je m'engage aussi à balayer le chemin carrelé de blanc et à suivre scrupuleusement l'enseignement de nos dirigeants paysans.
    Mais si vous regardiez les caractères, le message pouvait aussi se lire ainsi :
    Je m'engage à nettoyer tous les jours l'histoire du féodalisme, du capitalisme et du révisionnisme ; je m'engage aussi à balayer les intellectuels et à suivre les pieds crottés de nos dirigeants paysans.
    Bien sûr, le paysan assigné à la direction de l'université ne savait pas lire.
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  • Par iarsenea, le 21 septembre 2010

    Deuxième Oncle était le frère cadet de la famille de Li, le père de Trois était l'aîné. Les deux frères, poursuivis tous deux par la même guigne, n'avaient pour progéniture que des filles. Ainsi, Trois était la troisième d'une fraterie de six. Son père, très déçu de ne pas avoir eu de fils, n'avait jamais pris la peine de donner de véritables noms à ses filles : elles devaient se contenter du numéro correspondant à leur ordre d'arrivée.
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