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> Angel Pino (Traducteur)
> Isabelle Rabut (Traducteur)

ISBN : 2742774378
Éditeur : Actes Sud (2008)


Note moyenne : 4.11/5 (sur 96 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
A travers le portrait de deux adolescents qui atteignent l’âge adulte au moment où la Chine entre dans l’ère tumultueuse des « réformes » et de « l’ouverture », le roman de Yu Hua oppose les années 1960 et 1970 – marquées en Chine par la répression morale et les atrocit... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par caro64, le 12 avril 2010

    caro64
    Cet épais roman (700 pages, pas moins) dresse le récit de deux demi-frères, Li Guangtou et Song Gang qui, se retrouvant orphelins à l'aube de la période de la libéralisaion, suivront des destins opposés mais bien caractéristiques de ce qu'il advient aujourd'hui de pas mal de citoyens chinois : réussite rapide et mirifique pour certains, souffrances, misères et échecs pour les autres, les laissés pour compte de ce formidable "bond en avant" de la société chinoise. On suit donc avec passion le destin de ces deux frères, leur vies sentimentales parfois rocambolesques, leurs réussites et leurs déboires. On y découvre aussi le quotidien chinois d'hier et d'aujourd'hui et c'est cela qui est tout particulièrement passionnant : voir un pays évoluer, passer de l'obscurantisme à la modernité, du XXe siècle finissant et qui semblait voir la Chine somnoler jusqu'à ce que l'aube du XXIe siècle, elle se révèle un microcosme parfaitement représentatif de ce qui s'est passé un peu partout en Chine depuis vingt ans.
    Yu Hua montre comment l'évolution du pays est vécue par ses acteurs et dénonce les absurdités commises par les responsables du pays au nom du sacro-saint développement.
    Ce qui m'a frappé en lisant ce gros livre, c'est le plaisir indéniable et visible que prend l'auteur à nous relater cette histoire : des personnages meurent, d'autres apparaissent, les scènes se succèdent à vive allure, on y pleure parfois, on y rit beaucoup ; l'invention y est permanente, la fantaisie sans limite, la bouffonnerie, le grotesque et la gaudriole rabelaisienne y côtoient l'émotion et la tragédie poignantes, le sentimentalisme ou la poésie tout simplement.
    J'avais adoré "Vivre" et "Brothers" est un véritable coup de coeur. Ce livre marque une nouvelle étape dans la découverte de la littérature chinoise puisqu'il s'étend jusqu'aux toutes dernières années de la Chine et parle de ces décennies extraordinaires de développement frénétique qui ont laissé le peuple chinois ravi de connaître la croissance et la modernité, mais aussi parfois meurtri et malmené par les dérives du capitalisme le plus sauvage.
    N'ayez pas peur de vous attaquer à ce pavé, les pages se tournent à vive allure et on ne voit assurément pas le temps passer avec Yu Hua.
    La sortie de "Brothers" en livre de poche (mars 2010) est l'occasion de (re) découvrir un écrivain talentueux et un conteur magique.
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    • Livres 4.00/5
    Par litolff, le 08 janvier 2012

    litolff
    Avec l'histoire de ces deux faux-frères (le père de l'un a épousé la mère de l'autre) nés pendant la révolution culturelle, c'est la Chine de Mao, d'abord, puis la Chine contemporaine que l'on découvre avec bonheur au gré des truculences de l'auteur.
    Brothers, c'est un pavé de plus de 900 pages à la fin duquel on aura un peu découvert et compris la mentalité chinoise. Car évidemment, pour comprendre un tant soit peu la Chine actuelle, il faut d'abord décrypter l'anéantissement des valeurs et l'"aculturation" dans lesquels la Chine a été plongée pendant toutes les années Mao, jusqu'à l'aube du 21e siècle. Mais loin d'un roman "intellectuel", Brothers se pose comme une saga picaresque et truculente, pleine d'humour et de réalisme, un réalisme à la chinoise où les petits garçons dont les parents sont accusés d'être des ennemis capitalistes, en sont réduits à avaler leur salive pour déjeuner... Dans une langue très crue, Yu Hua décrit la vie de villageois ordinaires au cours des 40 années qui ont bouleversé et transformé la Chine quand il a fallu des siècles en Europe pour sublir les mêmes transformations. Et c'est aussi de la solidarité qui unit ses frères chinois que Yu Hua nous parle, des liens d'amour fraternel, filial ou conjugal qui unit ses héros, de sexe et d'argent, de pragmatisme et d'opportunisme. Dans les destins tragiques et burlesques de ces deux frères, c'est une Chine très politiquement incorrecte que nous découvrons ébahis et réjouis !
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    • Livres 4.00/5
    Par Rhodopsine, le 05 octobre 2014

    Rhodopsine
    Challenges ABC 2014-2015 et pavés
    Li Guangtou a perdu son père dans des circonstances peu avouables, Song Gang a perdu sa mère: un remariage et les voilà frères. La révolution culturelle de Mao n'est pas un long fleuve tranquille, les enfants se soutiennent devant l'horreur, ils grandissent, aiment, travaillent . Li Guangtou, contre toutes les prévisions, fait fortune, Song Gang épouse sa belle, mais dans la vie n'est prévisible et les deux frères ont un destin peu commun.
    Beaucoup de redites et de longueurs, mais malgré tout, un roman passionnant: de la Chine de Mao avec autocritiques et rééducation à la Chine d'aujourd'hui, décomplexée et prête à dominer le commerce mondial.
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    • Livres 5.00/5
    Par sentinelle, le 24 septembre 2013

    sentinelle
    L'auteur nous livre une fresque magistrale de la Chine contemporaine à travers l'histoire de deux frères par alliance. Divisé en deux partie, la première concerne l'enfance lors de la Révolution culturelle et la deuxième l'âge adulte lors de l'ouverture économique progressive de la Chine.
    Quelle cruauté, quel cynisme dans ces pages mais aussi quels bouleversements, quelles adaptations nécessaires à la survie, quelles forces. Un humour omniprésent mais teinté d'amertume, de férocité, d'absurdité aussi. Quand ce n'est pas simplement l'horreur et l'effroi qui nous surprend lors de scènes qui pourraient autant nous faire pleurer que rire par l'énormité de la bêtise humaine. L'auteur n'hésite pas à aller parfois très loin dans le mélodramatique mais cela fonctionne à merveille tant on est aspiré par cette tornade infernale.
    Des personnages extrêmement attachants dont le père de Song Gang pétri d'humilité, de courage, d'abnégation et de résignation. Un personnage littéraire au destin si tragique qui me marquera à jamais.
    Un grand roman furieux et d'une verve satirique incroyable que je ne peux que vous conseiller.
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    • Livres 4.00/5
    Par gilles3822, le 21 juin 2010

    gilles3822
    Un pavé de 980 pages en version poche, quand on s'y attaque, on se demande si on arrivera au bout. Au final, c'est plus facile à lire que Proust et surtout, il s'y passe plein de choses. L'Histoire chinoise depuis les années 60 déroule son tissu de contradictions et d'horreurs, de grands moments de bonheur et de souffrances infinies. Je ne sais si les évènements relatés ici prennent une dimension épique parcequ'ils sont lointains et si l'hallucinante violence sociale et humaine est propre à un pays encore mystérieux à bien des égards. Cette brutalité existe-t-elle ici, en France, aujourd'hui ?
    Chacun connaît en suivant l'actualité le changement radical opéré en Chine depuis 25 ans. Nous avons ici au travers de personnages fictifs le film de ce qui se passe là-bas. Ceux-ci peuvent sembler caricaturaux mais ils ne le sont pas. Ils donnent vie à une entité appelé Chine que nous percevons, à tort ou à raison, comme une menace pour notre économie, notre mode de vie occidental. La transformation d'un pays passe par les femmes et les hommes qui le peuplent. Cette mutation profonde et rapide ne laisse que peu de place aux états d'âme individuels. Song Gang, un des deux personnages principaux, est une victime toute désignée. Son frère, Li Guangtou, a trouvé sa voie dans l'enrichissement.
    L'un est sensible, respectueux et fidèle, l'autre, arrogant, brutal et sans scrupules. Les deux sont complémentaires dans l'adversité de leur plus jeune âge, ils se respectent mais quand le premier est tétanisé par cette relation, le deuxième la dépasse, l'instinct de vie prenant le dessus.
    C'est une histoire dramatique, vu d'ici, à l'aune de nos valeurs, mais l'auteur y ajoute un humour distancié, se moquant des travers de ses compatriotes. le rire est omniprésent dans les réactions de la foule, elle aussi composante essentelle de la réalité chinoise. Rire de son prochain relève ici de la catharsis quand chacun voit son destin basculer sans rien savoir de ce que l'avenir lui réserve.
    Ce livre est une fiction mais il reflète la réalité d'un peuple dont les capacités de résistance à l'adversité et à la souffrance me laissent dubitatif.
    A lire ne serait-ce que pour donner une âme aux dépêches d'agence de presse.
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Citations et extraits

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  • Par Taltan, le 28 août 2011

    Li Guangtou passa à l’offensive et, dès l’après-midi, ses troupes étaient sous les murs de la ville. Flanqué de ses quatorze fidèles boiteux, idiots, aveugles et sourds, il arpenta les rues de notre bourg des Liu, et les nombreux spectateurs qui assistèrent à cette joyeuse parade s’en firent mal au ventre et s’éraillèrent la voix de rire. Li Guangtou, craignant que les deux boiteux, qui se déplaçaient trop lentement, ne se laissent distancer, les avait placés en tête de cortège. Si bien que toute la troupe des soupirants était sans arrêt gênée dans sa progression, et qu’elle avançait en ordre dispersé. Les deux boiteux qui ouvraient la marche penchaient l’un à gauche, l’autre à droite, et au bout d’un moment le premier se retrouva à l’extrême gauche de la rue, et le second à l’extrême droite. De sorte que les trois idiots qui venaient derrière ne savaient pas qui suivre, effectuant quelques pas vers la gauche pour se rabattre immédiatement vers la droite. Bras dessus, bras dessous, ils faisaient bloc, et comme ils oscillaient continuellement de gauche à droite et de droite à gauche, les quatre aveugles qui les suivaient en se guidant avec leur perche de bambou se cognèrent violemment contre eux et tombèrent par terre. Quand ils se furent relevés, un seul continua à avancer, deux autres partirent en sens inverse, et le dernier se dirigea vers le côté de la rue où il fut arrêté par un platane […] Li Guangtou ne savait plus où donner de la tête. A peine avait-il ramené les deux aveugles repartis en arrière que celui qui marchait dans la bonne direction fut une nouvelle fois renversé par les trois boiteux tandis que le quatrième, à côté de son platane, continuait à appeler au secours. […] Ce fut notre spectacle curieux d’aujourd’hui et d’autrefois. Les gens couraient pour se faire part de la nouvelle […] Dans les magasins, les vendeurs avaient sollicité une autorisation de sortie, et dans les usines un nombre encore plus grand d’ouvriers s’étaient éclipsés. La foule grossissait dans la rue. Les masses de notre bourg des Liu jouaient des coudes, et telles des ondes qui se forment autour des tourbillons ils entouraient la troupe des soupirants de Li Guangtou...
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  • Par BMR, le 03 septembre 2008

    [...] Avant de quitter le bourg des Liu pour prendre son deuxième envol, Li Guangtou se rendit comme l'autre fois à la boutique de dim sum de la mère Su pour y manger des petits pains farcis à la viande. Tout en mastiquant, il sortit son passeport de sa veste râpée et le montra à la mère Su pour élargir son horizon. La mère Su prit le document avec curiosité, l'examina sous toutes les coutures et, comparant la photo du passeport avec l'individu qu'elle avait sous les yeux, elle remarqua :
    - On dirait vraiment que le type sur la photo c'est toi.
    - Comment ça, on dirait ? mais c'est moi, répliqua Li Guangtou.
    La mère Su n'arrivait pas à détacher ses yeux du passeport :
    - Et avec ça, tu peux sortir de Chine et aller au Japon ? s'étonna-t-elle.
    - Évidemment, répondit Li Guangtou, qui reprit son passeport des mains de la mère Su : Tu as les mains grasses.
    La mère Su, confuse, s'essuya les mains sur son tablier, et Li Guangtou frotta le passeport avec sa manche râpée pour en effacer les taches de gras.
    - Tu vas aller au Japon habillé comme ça ? demanda la mère Su en regardant les vêtements râpés de Li Guangtou...
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  • Par gridou, le 29 octobre 2010

    Li Guantou, un nabab de chez nous, au bourg des Liu, avait conçu l'idée insensée de dépenser 20 millions de dollars rien que pour s'acquitter du droit d'aller faire du tourisme dans l'espace à bord d'un vaisseau Soyouz. Assis sur la lunette de ses toilettes en plaqué or, dont la renommée avait franchi les limites de nos murs, il imaginait déjà, les yeux clos, sa vie future de vagabond intersidéral lancé sur orbite: dans le silence insondable, il se penchait en avant et voyait la surface magnifique de la Terre se dérouler progressivement.
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  • Par Taltan, le 28 août 2011

    Les six brassards rouges un peu requinqués se ruèrent sur Song Fanping et le plaquèrent au sol. Song Fanping ne résistait plus et il commença à demander grâce. Lui qui ne se soumettait jamais, à présent il aurait tant voulu continuer à vivre. Rassemblant ses dernières forces, il s'agenouilla. Alors, crachant le sang à pleine bouche, soutenant de sa main droite son ventre d'où le sang s'échappait à flots, il supplia en pleurant les six brassards rouges de ne plus le frapper. Ses larmes étaient mêlées de sang. Il sortit de sa poche la lettre de Li Lan, et bien que son bras gauche disloqué fût devenu raide il réussit tout de même à l'ouvrir. Il voulait leur prouver qu'il ne songeait nullement à s'enfuir.
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  • Par litolff, le 04 janvier 2012

    Une bicyclette Forever, qu'est-ce-que c'était ? A l'époque, l'équivalent d'une Mercedes ou d'une BMW, et notre district n'en touchait que trois par an. En ce temps-là, même quand on en avait les moyens financiers, on ne pouvait pas s'en procurer une neuve.

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Yu Hua parle de son livre "Brothers". Sous-titrage en italien (!)








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