> Maïa Bhârathî (Traducteur)
> Claude B. Levenson (Auteur de la postface, du colophon, etc.)

ISBN : 2877307522
Éditeur : Editions Philippe Picquier (2005)


Note moyenne : 4.2/5 (sur 46 notes) Ajouter à mes livres
Funérailles célestes est une histoire d'amour et de perte, de loyauté et de fidélité au-delà de la mort. Xinran dresse le portrait exceptionnel d'une femme et d'une terre, le Tibet, toutes les deux à la merci du destin et de la politique. En 1956, Wen et Kejun sont de j... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par Myrtle, le 17 novembre 2011

    Myrtle
    Eh bien, le moins que l'on puisse dire c'est que j'ai de la chance : ma première lecture dans le cadre de mon challenge ABC est devenue un de mes livres préférés.
    "Funérailles célestes" m'a transportée et m'a donnée envie de m'envoler pour le Tibet pour y suivre les traces de Wen, qui elle-même a suivi celles de son mari disparu.
    L'histoire d'amour que nous raconte l'auteur est magnifique, pure et plus forte que tout. On est encore plus touchés lorsque l'on sait que Xinran n'a rien inventé, elle a juste recueilli le témoignage d'une dame à l'existence hors du commun.
    J'ai adoré découvrir les coutumes tibétaines et en apprendre un peu plus sur les conflits entre ce peuple et la Chine. L'histoire personnelle de Wen m'a ainsi beaucoup émue (notamment lorsque Wen tombe sur le journal intime de son aimé...) mais j'ai vraiment été "happée" par tout historique et culturel.
    C'est beau! A lire absolument!
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    Critique de qualité ? (12 votes positifs)
  • Par christianebrody, le 27 octobre 2011

    christianebrody
    Chine, milieu des années cinquante, un couple de jeunes étudiants en médecine fraîchement marié voit sa vie basculer quand leur pays déclare la guerre au Tibet. Par idéal politique, l'homme s'enrôle dans l'armée. Restée au pays, elle reçoit quelques semaines après l'annonce de sa mort sans les justificatifs qui devraient l'accompagner. Refusant cette nouvelle et ne sachant rien des circonstances de cette disparition, elle fait le voeu de retrouver son mari. Engagée par l'armée en temps que médecin, elle s'achemine cahin-caha vers un destin qui la transformera à jamais. Partie pour quelques mois, elle y errera pendant trente ans.
    Suite à un incident, son convoi est arrété par des combatants tibetains et n'aura la vie sauve que grâce à son statu de médecin. Recueillie par une famille tibétaine, elle pénètre dans un monde inconnu d'elle; aucun repère culturel ne lui sert à quoique ce soit car ce qu'elle a en fance n'est fait que de silence, de vastitude, de solitude et de vide surtout. S'ajoutent à l'étrangeté de sa situation la barrière de la langue, les coutumes qu'elle s'efforce de respecter et une culture dont elle ignore tout. Au-delà d'une frontière physique, tout sépare ces deux pays. Une vie nomade contre une vie sédentaire, une vie tournée vers la spiritualité contre une plus matérialiste, la cacophonie contre l'économie des paroles. Deux univers qui s'entre-choquent.
    Si ma mémoire ne me fait pas défaut, il me semble que Nicolas Bouvier disait que ce n'est pas l'homme qui fait le voyage mais le voyage qui fait l'homme. C'est aussi un des thèmes de cette histoire incroyable, notre médecin s'abandonne complêtement à cette vie. Ne résiste pas car sa vie et sa quête en dépendent. Tout oublier pour accueillir un autre monde en soi et vivre en parfaite symbiose avec son entourage immédiat. Elle suit cette famille dans tous ses déplacements, participe à toutes leurs fêtes, partage leurs tâches quotidiennes et poursuit sa quête. Les rares rencontres qu'elle fait déverrouillent ses dernières résistances. Par hasard, lors d'un déplacement elle entend un chant qui raconte l'histoire d'un homme-médecin qui a eu l'honneur d'avoir des Funérailles célestes. Elles consistent à démembrer un homme et à donner en pâture ses restes aux vautours. A force de pugnacité, elle trouve ce moine, remonte le cours de l'histoire et parvient à obliger les autorités Chinoises installées sur place à notifier les causes du décés de son mari.
    Ce livre n'est pas une énième histoire à l'eau de rose, cette histoire est la définition même de ce qu'est l'altruisme : tout donner sans jamais rien exiger quoique ce soit en retour. L'amour devrait incarner cela, l'absence totale de calculs. Cette fidélité par delà la mort peut prêter à sourire mais à mon humble avis c'est aussi le signe d'une énorme force de caractère et de philosophie existentielle. Mon opinion en vaut une autre je vous l'accorde mais c'est de cette manière que j'entrevois ce témoignage.
    Xinran, journaliste-radio de son état à Pékin, recueillait les confidences des femmes. Cette histoire lui a été suggérée par un auditeur qui venait de rencontrer une femme étrange, celle-là même dont elle tente avec difficultés de percer le secret. Là aussi on assiste à deux mondes qui ne peuvent se comprendre. Xinran n'est allée au Tibet que dans le cadre de son travail, cette terre lui reste étrangère. Cela se sent tout au long de la lecture, elle s'explique plus à elle-même qu'au lecteur, cette incroyable errance. Elle est subjuguée par son récit mais on ne ressent pas son empathie pour ce petit bout de femme. Au lieu d'être un défaut, cette impossibilité à comprendre l'autre sert à merveille cette dualité entre ces deux univers que les mots n'arrivent pas à rapprocher. Souvent vivre certaines choses ne s'expliquent pas, elles doivent juste se vivre et personne ne peut prendre la place de l'autre. le mieux que l'on puisse faire est de comprendre les mots qui sont malheureusement à nouveau traiter à l'aune de ce que nous croyons nous savoir. On ne sort jamais de l'interprétation et l'une n'a rien à voir avec celle du voisin, même si on parle la même langue. » Des traducteurs-traîtres » concernant nos propres expériences? Ou juste des prisonniers consentants? Alors celles des autres…….
    A l'attention de Christiane, with all my love.

    Lien : http://www.immobiletrips.com/dramatique/funerailles-celestes-de-xinr..
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    • Livres 4.00/5
    Par brigittelascombe, le 28 novembre 2011

    brigittelascombe
    Rite séculaire bouddhiste pour les Tibétains, barbarie pour les Chinois les Funérailles célestes sont l'envol d'un corps mort démembré grâce aux vautours sacrés.
    Le récit de la recherche durant trente ans (à partir de 1958) et du sacrifice de son mari chinois ( médecin dans l'armée populaire de Libération) par Shu Wen (à Xinran, alors journaliste à Pékin), acte de bravoure pour rapprocher les deux peuples, relate une époque, bien après la prise de pouvoir en 1949 par les communistes, où les soldats chinois souvent analphabètes étaient incapables de comprendre la culture tibétaine différente de la leur.
    Funérailles célestes, est un roman d'amour (quête incessante, à travers le Tibet, d'un homme aimé passionnément) , d'amitié (rencontre de Zhuoma la Tibétaine qui elle aussi recherche Tienanmen dont elle a été séparée), de fraternité car Wen va vivre au Tibet avec la population locale dans un lieu isolé des guerres et de la politique, d'histoire qui parle du temps où Mao voulait contrôler le Tibet et de la fuite du Dalaï Lama loin du Potala.
    Funérailles célestes est un roman qui réchauffe le coeur de par son registre émotionnel très riche.
    C'est une histoire véridique poignante recueillie par Xinran journaliste qui est également l'auteur de Chinoises et de Femmes du monde.
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    • Livres 5.00/5
    Par le_Bison, le 29 mars 2012

    le_Bison
    Pourquoi est-ce que ces « Funérailles célestes » de Xinran m'ont tant bouleversé ? A vrai dire, il y aurait tellement à dire, de sentiments à décrire que je ne sais par lesquels commencer. Ce bouquin, il est TERRIBLE – émouvant, poignant, troublant, bouleversant et plein d'autres trucs finissant en ‘ant'.
    1. Pendant cette longue errance presqu'inimaginable, j'entrevois la vie tibétaine au sein d'une famille nomade qui vagabonde de montagnes en montagnes. de simples gestes pour des gens simples. Je partage leur petit-déjeuner, leur déjeuner, leur souper, leur nuit et leur réveil. J'ai l'impression de me retrouver dans une émission de Frédéric Lopez du genre « Rendez-vous en terre inconnue… dans une famille tibétaine ». Sans les images, mais à quoi bon, les mots me suffisent à ressentir cette chaleur humaine qui englobe cette famille tibétaine – et plus globalement ces tibétains. Oui, je mange avec eux, je bois avec eux, je sors de la yourte pour aller pisser dehors, tout seul conservant mon intimité et ma dignité…
    2. Pendant cette longue errance presqu'inimaginable, je m'ébahis devant la splendeur des lieux. Des sommets mythiques et enneigés à l'immensité des plaines, je sens le vent froid fouetter mon visage buriné et les herbes folles. Je me demande si tout cela est bien réel, je me demande si je ne vais pas me réveiller au bout milieu de la nuit avec un bouquin à mes pieds, je me demande si ce lieu existe vraiment et s'il n'est pas sorti d'un conte de fée ou d'une légende pour endormir les mioches chinois. Non, je ne veux pas me réveiller, je veux continuer à sentir ce froid lorsque j'atteins les sommets enneigés après avoir marché, grimpé, descendu, roulé, marché de nouveau. Je ne ressens même plus cette fatigue latente qui pèse en moi après une telle errance. Imaginez-vous : passer trente années de sa vie à marcher, sans réel but, si ce n'est les rencontres, le bien-être des animaux ou le destin…
    3-4-5-6. Si vous voulez boire un thé au beurre rance dans une yourte tibétaine ou une bière à base d'orge avec des lamas, RDV sur le blog...
    En vous attendant, ce bouquin est d'une immense beauté et d'une intense émotion…

    Lien : http://leranchsansnom.free.fr/?p=2537
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    • Livres 4.00/5
    Par spleen, le 07 avril 2012

    spleen
    Les Funérailles célestes c'est le rite ancestral tibétain où le corps démembré du défunt est offert aux vautours sacrés.
    "nous arrivons dans le monde de façon naturelle et nous le quittons de façon naturelle. La vie et la mort font partie de la roue de la réincarnation" explique le maître de cérémonie.
    Bien sur, tout ce qui concerne le Tibet me ravie , et on a pu reprocher à Xinran, journaliste et écrivain d'origine chinoise une approche approximative et un tantinet colonialiste .
    Mais cela demeure une belle histoire d'amour, une leçon de courage , de fidélité et de ténacité donnée par cette chinoise Wen, partie à la recherche de son mari, médecin engagé dans les troupes Chinoises lors de l'invasion du Tibet et qui va vivre une trentaine d'années au milieu des montagnes, recueillie par une famille d'éleveurs .
    Cela montre également la vie rude et courageuse des tribus nomades tibétaines et prouve que dans tous les conflits il peut y avoir aussi une approche différente, il n'y a pas que des mauvais soldats chinois envahisseurs, souvent de jeunes hommes analphabètes et quelques hommes hors du commun tout en se souvenant que cela est écrit par un écrivain d'origine chinoise !
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Citations et extraits

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  • Par sylvie, le 26 mars 2010

    "Wen craignait que la famille ne procède à des funérailles célestes. Zhuoma avait décrit comment, après la mort de son père, son corps avait été démembré et laissé en pâture aux vautours sur un autel de montagne. Face à la réaction horrifiée de Wen, elle avait répondu que ce rituel n'était qu'une des manifestations de l'harmonie entre le ciel et la terre, la nature et l'homme : il n'y avait rien de répugnant là-dedans. Mais, malgré ces explications de Zhuoma, wen ne pensait pas pouvoir regarder le corps de Ni offert aux vautours. en l'occurrence, elle fut épargnée : la famille emmena le cadavre au lac pour des funérailles aquatiques."p : 100
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  • Par Myrtle, le 17 novembre 2011

    Comme elles avançaient péniblement dans la tempête, le cheval a soudain émis un long gémissement de frayeur et les a jetées à terre. Quelques instants plus tard, elles ont entendu le bruit sourd que faisait son corps en s'écrasant au fond d'un ravin. En les jetant à bas, il les avait loyalement sauvées d'une mort certaine. Étourdies, elles se sont cramponnées l'une à l'autre dans le vent violent, surprises d'être encore en vie. Les paroles de Wang Liang ont traversé l'esprit de Wen : "La guerre ne vous laisse pas le loisir d'étudier et pas la moindre chance de vous adapter."
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  • Par litolff, le 21 décembre 2010

    Les 4 cameramen et moi avons été abasourdis par le vide des paysages,
    le vent invisible soufflant sur la terre inculte, le ciel haut, infini, et le silence total. Mon esprit et mon âme se sentaient propres et vides. J’avais perdu toute notion de l’endroit où je me trouvais, ainsi que le besoin de parler. Les simples mots qu’avait utilisés Wen, « froid », « couleur », « saison », « perte », prenaient une autre dimension.
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  • Par sylvie, le 26 mars 2010

    Sans possibilité d'échapper à sa situation, Wen avait cessé d'y penser. Son corps et son esprit s'étaient adaptés au mode de vie tibétain; elle ne prêtait plus une si grande attention à ses besoins et ses désirs. Quand la famille priait, elle priait avec eux, tournant son propre moulin à prières. Elle ajoutait aux prières les paroles de Wang Liang : "Le seul fait de rester en vie est en soi une victoire."P : 101
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  • Par le_Bison, le 19 mars 2012

    Elle en venait petit à petit à comprendre que le Tibet tout entier était un grand monastère. Tous ses habitants étaient inspirés par le même esprit religieux, qu’ils portent ou non des robes de moines.
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