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Note moyenne 3.39 /5 (sur 18 notes)

Nationalité : Haïti
Né(e) à : Artibonite , le 12/04/1936
Biographie :

Frankétienne, ou Franketienne, en créole Franketyèn, de son vrai nom Frank Étienne, est un écrivain (en français et en créole haïtien), peintre et comédien haïtien.

Né en Haïti, suite au "viol d'une paysanne haïtienne de treize ans par un vieil industriel américain", Frankétienne aime se définir comme un génial mégalomane. Il a fondé au début des années 70, avec ses amis écrivains Jean-Claude Fignolé et René Philoctète, le mouvement Spiralisme, qui propose l'éclatement des formes, des genres et des imaginaires.

Également comédien, metteur en scène et peintre, Frankétienne partage son temps entre l'écriture, le théâtre, la peinture et les voyages.

Source : www.sudplanete.net
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Vidéo de
FRANKÉTIENNE – Ultravocal (RFI, 2004) L’émission « Entre les lignes », par Kathrin Rousseau, diffusée le 30/05/2004 sur Radio France Internationale. Invité : le poète en personne.
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Citations et extraits (10) Ajouter une citation
 Frankétienne
DeuxYeux   18 janvier 2015
Frankétienne
Le rêve est incontestablement le premier des chemins qui conduisent à la liberté. Rêver, c'est déjà être libre.
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alzaia   28 juin 2015
Mûr à crever de Frankétienne
Haute philosophie de la lame qui tranche. Je confie mon coeur blessé à la chirurgie savante des araignées du temps. Doigts d'horloge glissant sur la toile de l'oubli. Psychiatrie empirique. Les vents nocturnes lisent avec rudesse les sentences des arbres malades de solitudes. Lecture anarchique. Ce n'est que déluge de mots pour si peu de gestes. La source ne raconte qu'aux pierres discrètes ses aventures souterraines. Le temps s'épaissit dans l'absence obscure sous les picotements de l'impatience. Les démangeaisons de l'âme en proie au désespoir. J'attends toujours quelqu'un qui ne vient jamais, ou qui revient différemment que j'y pensais. Pourtant je bénis la course des feux imaginaires. je me lave de mes larmes. Je mets ma douleur en quarantaine. Puis, je tente de rire en marge de moi.

Fausse liberté, le verre anéantit la révolte des poissons de l'aquarium. Moi, j'enrage contre la mémoire neutre des miroirs frivoles et la cécité des parois de verre. Je dis la puissance de mes yeux sur les lacs, sur la mer, sur les fleuves et sur toutes les régions où vit un peuple de miroirs bavards.

Nous avons vécu si longtemps dans une aire enténébrée que nous ne savons plus en quoi le rêve se distingue du réel, ni la cécité du sommeil. Nos paupières sont cousues de fil invisible. Progéniture au visage sans yeux. Ne pouvant et ne voulant rien, que valons-nous vraiment ? Il faudra que vienne la lumière, telle une immense et brutale armée de bistouris.

Battre la générale ! Sonneries. Tambours. La tempête me révèle la profondeur du coeur. La complexité de la vie.

Par présomption, je m'étais pris pendant longtemps pour un dieu vivant. Beau. Terrible. Je m'étais cru volontiers une force irrésistible. Fleuve viril. Lumière féconde. Vent puissant. Vague houleuse labourant la mer. Bourradant navires, épaves et corps noyés. Je m'étais cru forêt touffue. Chaîne de montagne. Batterie d'orages. Séisme irriguant, de mon sang, les veines de la terre. Avalanche de silex éclatés. flamme brûlante. Bouche dévorante. Eclair Tranchant. Amas de nuages gonflés de pluie. Avalasse irrésistible.

Longtemps, superbe, je m'étais cru dieu magnifique à pouvoir coucher tout seul la vie. Solitude effroyable! Je n'ai connu, à la limite, que la faiblesse et la vulnérabilité du simple mortel isolé dans l'échec. J'ai appris alors l'humilité pour éviter l'humiliation. Je m'initiai douloureusement à devenir un homme parmi les homes. J'ai souffert. Je souffre encore de vire. Mais j'accepte la vie minuscule des gouttelettes d'eau et des grains de poussière, s'ils contribuent à la croissance de l'arbre. Et aujourd'hui plus que jamais, me reconnaissant brin d'herbe fragile, je vibre au moindre bruit de pas dans un sentier ténébreux. Et mêmement frêle au frisson des étoiles, je frémis comme fleur de lune au soupçon d'une voix nocturne.
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 Frankétienne
alzaia   27 novembre 2015
Frankétienne
DEFINITION EXTRAITE D'UN DICTIONNAIRE POETIQUE PLUS RICHE ET PLUS NUANCE QUE LE LAROUSSE, LE ROBERT ET LE LITTRE REUNIS : Le GENOU est un jeu d'articulations éphémères et chimériques du Je au Nous, à travers une série de grincements cacophoniques et une succession d'inflexions musicales jusqu'au silence nocturne le plus pur.



La voyance est un châtiment des dieux.

un brasier de supplice au mitant des ténèbres.



Les écrivains, exception faite d'une très infime minorité de créateurs littéraires, ont toujours été esclaves d'une sémantique réductrice et prisonniers d'une syntaxe normative stérilisante.



Une seule minute dans la vie d'un être humain est plus dense et plus riche que toutes les bibliothèques du monde entier.
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 Frankétienne
DeuxYeux   18 janvier 2015
Frankétienne
Mwen se echantiyon yon ras k'ap boujonnen, min ki pa ko donnen.
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alzaia   27 juin 2015
Mûr à crever de Frankétienne
"Chaque jour, j'emploie le dialecte des cyclones fous. Je dis la folie des vents contraires.

Chaque soir, jutilise le patois des pluies furieuses. Je dis la furie des eaux en débordement.

Chaque nuit, je parle aux îles Caraïbes le langage des tempêtes hystériques. Je dis l'hystérie

de la mer en rut.

Dialogue des cyclones. Patois des pluies. Langage des tempêtes. Déroulement de la vie en spirale. Fondamentalement la vie est tension. Vers quelque chose. Vers quelqu'un. Vers soi-même. Vers le point de maturité où se dénouent l'ancien et le nouveau, la mort et la naissance. Et tout être se réalise en partie dans la recherche de son double. Recherche qui se confond à la limite avec l'intensité d'un besoin d'un désir et d'une quête infinie. Des chiens passent - j'ai toujours eu l'obsession des chiens errants - ils jappent après la silhouette de la femme que je poursuis. Après l'image de l'homme que je cherche. Arpès mon double. Après la rumeur des voix en fuite. Depuis tant d'années. On dirait trente siècles.

La femme est partie. Sans tambour ni trompette. Avec mon coeur désaccordé. L'homme ne m'a point tendu la main. Mon double est toujours en avance sur moi. Et les gorges déboulonnées des chiens nocturnes hurlent effroyablement avec un bruit d'accordéon brisé.

C'est alors que je deviens orage de mots crevant l'hypocrisie des nuages et la fausseté du silence. Fleuves.Tempêtes. Eclairs. Montagnes. Arbres. Lumières. Pluies. Océans sauvages. Emportez moi dans la moelle frénétique de vos articulations
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alzaia   28 juin 2015
Mûr à crever de Frankétienne
la source ne raconte qu'aux pierres discrètes ses aventures souterraines.
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 Frankétienne
DeuxYeux   18 janvier 2015
Frankétienne
Je ne reconnais ...plus ma terre, jadis rebelle, aujourd'hui travestie, soumise à la terreur des ombres, endormie dans la moelleuse routine in subversive.
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alzaia   23 juillet 2015
Les affres d'un défi de Frankétienne
Chaque samedi matin, Rita s'approvisionne en vivres au marché (...) L'invariable litanie alimentaire à laquelle s'accroche Gédéon : le riz aux grains longs, le maïs-moulu de Saint-Marc, le haricot rouge, la viande de boeuf, le petit-salé, la banane, la pomme de terre, l'igname, les légumes. Pas de musardise. acheter en un tournemain. En cours de route, Rita regarde les gosses de son âge s'amuser en pleine rue. Désir fou. Le rythme de son coeur s'accélère. Brusquement jaillies du fond de sa conscience, l'image et la voix de Gédéon font surface. Les réprimandes. Les injures. Crispation de l'âme. Crainte. Aigreur. Chagrin. Et elle retient difficilement ses larmes. Parfois Rita regarde les pancartes, les enseignes qui foisonnent dans les rues. Ne sachant pas lire, elle ne comprend pas. Elle ne comprend rien. Les lettres de l'alphabet, telles des mouches, des fourmis, des maringouins, des libellules, des vonvons, des vingt-quatre-heures, des papillons, des couleuvres (...) s'entrelacent dans une danse étincelante dont Rita ne parvient jamais à dégager le sens. Pourtant, chaque fois qu'elle regarde ces sortes de signes, elle frissonne des pieds à la tête, transportée dans un ailleurs lointain, jusqu'aux frontières de l'inconnu. Ensuite, elle dégringole, plonge aux fond des mers où elle rencontre la Maîtresse-des-eaux.

-Ô belle Sirène ! Emporte moi sur ton dos

- Les ignorants et les analphabètes n'entrent pas dans mon royaume

- Et s'il m'arrive, ô Sirène, de retrouver ton peigne, en cherchant, en recherchant, en fouillant partout ?

- Tu cesserais de regarder à travers des bouteilles noires. Tu sortirais des ténèbres. Tu saurais sur quel pied danser.

- J'ai soif de lumière. Je te supplie, ô Sirène, de me conduire dans ton royaume de clarté. Tends-moi la main, je t'en prie, belle Sirène !

- Apprends à tracer des vêvês. Apprends à écrire. Je te porterai sur mon dos. Je t'emmènerai dans mon palais d'or et de lumière.

Rita éprouve un vertige hallucinant, avec la sensation qu'un moulin lui broie la cervelle. Les avertisseurs d'un camion retentissent. Elle sursaute près du trottoir, et reprend ses sens. Arrivée au marché, elle s'empresse d'exécuter les achats, pour regagner aussitôt la vieille maison de Gédéon. Reprendre l'interminable calvaire. Gravir et descendre l'escalier, plusieurs fois par jour. Cuisiner. Servir la nourriture et l'eau. Balayer la cour. Nettoyer les chambres. Lessiver. Repasser les linges. Epousseter les meubles. Cirer le parquet. Torréfier le café. Avaler des flots d'injures. S'étioler dans un coin. L'existence de la petite Rita se ramène au fond à grimper une échelle à laquelle manqueraient plusieurs barreaux. Sa vie, un épouvantable mât-suiffé.
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 Frankétienne
DeuxYeux   18 janvier 2015
Frankétienne
Je dis que l'homme est fondamentalement un créateur.
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 Frankétienne
SherlandeDESBOUQUETS   22 octobre 2017
Frankétienne
Tout rêve est nocturne,même à midi
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