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Critiques de Alexandre Lenot (73)
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Écorces vives

Des hameaux perdus entre montagnes et forêts. Quelques familles dont chaque membre mâche indéfiniment de vieilles rancoeurs comme tétées en même temps que le lait maternel. Quel écho a le monde en ces lieux où l'imagination semble bloquée par la verticalité des monts et des arbres ? Rivalités ancestrales, bêtise et cruauté sourdent des vieux murs, enserrent les âmes et déploient leurs tentacules visqueuses jusque dans l'épicerie du village, jusque dans les chemins forestiers où l'on aime chasser comme pour entendre le chuintement du sang et de la vie qui s'écoulent, comme pour savourer, l'espace d'un instant, l'idée de toute puissance. La vie, c'est pourtant là qu'Eli avait voulu la poursuivre et que Louise réapprend à l'aimer. C'est là que le capitaine Laurentin efface des souvenirs trop lourds et que Lison défriche un nouveau chemin. C'est là que Jean se dresse contre ceux qui humilient, ceux qui ricanent, ceux qui tirent une fierté mauvaise et illusoire d'être nés ici.

L'histoire de chacun de ces cinq personnages est racontée peu à peu, presque à mots couverts. Comme si l'essentiel était, en définitive, ce lieu qui les accueille au même moment quels que soient les fardeaux qu'ils y apportent. Cinq écorchés vifs qui, de manière différente, se greffent des peaux d'écorces vivantes et vitales. C'est un récit insoumis qui se blottit dans des buissons de ronces jusqu'à s'y fondre et progresse lentement, en prenant le temps d'installer une atmosphère où le noir le dispute à la lumière. Un récit qui ouvre des brèches dans des vies subies et qui pare la rébellion d'une couleur rouge-flamme.

Alexandre Lenot excelle à faire ressentir le désarroi comme la colère, la haine comme la naissance de l'amour, la bienveillance comme la méchanceté. On s'enfonce dans son roman comme dans une forêt qui ne laisserait percer que des bulles de lumière dans lesquelles les personnages principaux trouveraient le courage d'affronter les ténèbres en apprenant à dire non et en s'affranchissant des systèmes asphyxiants.

J'ai été envoûtée par ce roman, par l'âpreté sauvage de l'histoire et par la force évocatrice d'une écriture qui semble fusionner avec ce qu'elle raconte.

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Écorces vives

Amateurs de sensations fortes, d'intrigues à rebondissements passez votre chemin. Ce roman n'est qu'atmosphère. Mais n'est-ce pas le plus difficile ? Faire ressentir... Ce qui fait ce livre - un premier roman ! - c'est la force de son écriture d'où jaillissent des images et des sons, les bruits de la nature, la splendeur d'une bête sauvage, la souffrance des douleurs enfouies. Les phrases se savourent. On ne sait s'il en restera grand-chose dans quelque temps mais on profite du voyage, de cette plongée singulière dans les tréfonds de la nature humaine.



Nous sommes au cœur du Massif Central, en pleine nature, loin des villes. Ici, les fermes sont isolées, la parole est rare. Ici, les inconnus ne sont pas les bienvenus. Le lieu est idéal pour enfouir ses chagrins, tenter de soigner ses souffrances. Pourquoi Eli a-t-il incendié une vieille ferme avant de se transformer en ermite dans les bois ? Quelle souffrance Louise a-t-elle perçu chez lui, elle qui a choisi de s'isoler aussi, loin de sa famille et qui se reconstruit doucement et sans bruit ? Louise est la seule à tendre la main à Eli, cible de la vindicte des villageois, faite de rancœurs accumulées et de haine des étrangers. Que fuit le Capitaine Laurencin venu s'enterrer ici après une brillante carrière ? C'est à travers ces trois voix que s'esquissent peu à peu les contours d'une tension de plus en plus palpable tandis que tous les protagonistes convergent vers le drame annoncé...



C'est noir. Sans beaucoup d'espoir. Cette confrontation impossible, interdite entre l'homme et la nature. La nature pourrait-elle être le refuge des êtres cassés par la vie ? Cette même nature que la civilisation détruit, asservit sans pour autant garantir une vie meilleure. Tout ceci affleure sous la prose puissante de l'auteur et on se laisse envahir par les bruits de la forêt, l'odeur de l'humus et le crissement des feuilles sous les pas des chasseurs. Par la sensation d'un monde qui ne tourne pas rond. C'est noir, mais finement mené. Ce qu'il en reste - car finalement il en reste bien quelque chose - c'est une sensation de malaise, par rapport aux enjeux que l'actualité nous rappelle de façon de plus en plus pressante.



"Peut-être qu'il faudrait nager dans les courants, se jeter dans les rapides, fermer les yeux et crier très fort en arrivant aux chutes. Peut-être qu'il faudrait se réinventer un petit dieu, le faire à notre main, lui imaginer des chants païens, comme l'ont fait nos parents. Peut-être qu'il nous faut de nouveaux rites pour en finir avec nos peurs, de nouvelles forêts pour nous abriter du regard du ciel, de nouveaux faisceaux pour éclairer nos nuits, de nouvelles phalanges pour nous garder de nos ennemis. De nouvelles pluies pour nous faire reverdir enfin".



C'est noir mais c'est beau. C'est noir mais c'est fort.
Lien : http://www.motspourmots.fr/2..
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Écorces vives

Abandonné, ça veut tout dire.

Écorces vives n’est pas un livre pour moi.

Je me suis perdue dans les personnages, dans les histoires. Des phrases trop longues m’ont fait repartir en arrière, des répétitions dû mots « papa » telles que je ne savais plus de quel père on parlait.

J’ai abandonné. Je ne suis pas faite pour cette lecture



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Écorces vives

Avec Écorces vives, Alexandre Lenot impose une voix singulière et des personnages totalement originaux dans le roman français.
Lien : http://www.lesoir.be/206688/..
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Écorces vives

Polar qui sent le sous-bois, qui fait ressentir le froid et l'humidité du Cantal, qui appelle au retour à la Nature et à son respect. Intéressant.
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Écorces vives



Premières pages du livre. Voici ce que je lis : "Siskiyou partie, personne ne lui dessinerait plus la carte du ciel-qui-tombe, personne ne lui chanterait plus l'or du matin et la plie du soir, personne ne lui tiendrait plus les mains quand elles tremblent. Personne ne songerait à soigner sa voix brisée. Personne ne lui ferait plus de parade digne d'un soleil ou d'une comète. Personne ne descendrait jamais de lui, et personne ne l'appellerait vieux père au crépuscule de sa vie. Personne ne lui embrasserait les yeux au soir du grand sommeil et personne n'égrènerait ses poussières à sa mort."

Extraordinaire, un texte de toute beauté, ciselé comme je les aime. Ca commence très bien. Je me frotte les mains, je vais me régaler avec cette lecture, savourer chaque mot, chaque expression. Un vrai festin littéraire. Mais bien vite je déchante. Pas à cause d’un changement de style car Alexandre Lénot manie les mots avec subtilité, doigté, une grande poésie. Je déchante car je me perds dans les méandres de son histoire. Qui parle ? Comme plusieurs personnages ont des profils assez proches ou des caractéristiques communes, il me faut du temps pour savoir de qui l’on parle au début de chaque chapitre, Ah oui, c’est lui, qu’a-t-il vécu déjà ? Quel est son état d’esprit ? Je suis désorientée, perdue. Et voilà j’ai décroché. Alors j’ai continué à le lire jusqu’à la fin bien sûr mais sans conviction. Peut être suis-je passée à côté d’un beau livre ? Sûrement car excellemment bien écrit mais je n’ai pas ni courage ni l’envie de le relire. Trop noir, trop dur Et pourtant j’aime la nature dans ce qu’elle a de sauvage.

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Écorces vives

Ecorces vives je l'avais noté lors du dernier masse critique. Ce livre m'intriguait et j'ai eu envie de le lire. Et pourtant je ne suis pas attirée par cette collection chez Actes sud. Là j'aimais bien le dessin de couverture....

Ma lecture a été laborieuse et pourtant le roman ne fait que deux cents pages. Sans doute la lenteur de l'action et l'incompréhension au début. Ce n'est qu'à la page 100 que l'on a l'impression d'être enfin dans un policier, là où l'histoire s'emballe un peu.

Sinon c'est un ode à la nature, c'est aussi une plongée dans une région âpre, dans un monde clos et irrespirable, roman à vif qui avance lentement, ne se dévoilant pas. On ferme le livre un peu surpris. L'auteur ne nous donne pas les clés, il manque quelques explications pour relier les fils.

Après il y cette nature vivante et violente, des gens bruts et brutaux.... Des plaies et des douleurs et quelques beaux personnages.

L'écriture est puissante, très poétique.

J'ai pensé au dernier Goncourt "Leurs enfants après eux" pour la satire sociale, le coté désespéré.... J'y ai retrouvé aussi un peu de "Chien-loup" de Joncour.

Minutieux et terriblement efficace mais pas pour les amateurs de thriller...



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Écorces vives

Où le parti pris de la "littérature" l'emporte sur la clarté du texte, ce que le titre du roman pouvait laisser subodorer. Alexandre Lenot écrit bien et ce, sans la lourdeur d'images qui se veulent littéraires mais qui prêtent souvent à rire. On lui pardonnera ses titres de chapitres qui portent alternativement le nom de ses personnages, procédé qui ne tardera sans doute pas à fatiguer nombre de lecteurs. Il est en revanche difficile de le suivre quand son ambition littéraire se manifeste au détriment d'une intrigue qui ne m'a guère accroché malgré toute la bonne volonté dont j'ai pu faire preuve, ayant rarement effectué autant de retours en arrière qu'au cours de cette lecture. Un roman élitiste qui néglige de traduire l'anglais des paroles d'une chanson et qui ne prend pas la peine de vérifier l'orthographe de la marque des tracteurs John Deere, qui deviennent ici des John Dear, bah, quelle importance pour Alexandre Lenot qui a estimé que pas un de ses utilisateurs ne serait en capacité de se plonger dans son texte ...
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Écorces vives

Alexandre Lenot propose ici un étrange roman dont le personnage principal pourrait bien être le pays lui-même, zone nord du Cantal où les vents ont tous des noms, où les températures sont aussi rudes que les paysages . Belle région, sans doute, mais manifestement encore repliée sur son mode de vie austère. Cela peut sembler accumulation de clichés (éleveurs taiseux, chasseurs mal dégrossis, voisins prudents, vieilles histoires et vieilles rancunes). Pourtant c'est sans doute une réalité, pas seulement propre au Cantal. Le paysage façonne les cœurs et les âmes.



Les personnages ne sont pas très nombreux et pourtant ils restent comme mal définis, avec des contours flous. Pourtant l'auteur ordonne son récit en donnant leur prénom à chaque chapitre. Il y a Eli, trente-six ans, venu là dans une idée précise : mettre le feu à la ferme qu'il aurait voulu acheter il y a déjà longtemps. Et renoncer à ses rêves.

Puis le capitaine Laurentin, gendarme venu de la ville, à la recherche d'un lieu où oublier le passé.

Et trois femmes par qui on en apprend un peu plus sur l'histoire. Louise, jeune femme qui travaille chez le couple américain installé là, Lison, la veuve chargée de deux petits à élever et Céline, venue de loin et jamais repartie



Mais en fait, c'est quoi, l'histoire ? Un trou perdu, où la vie est dure et qu'on cherche plutôt à quitter, des événements suspects qui se succèdent : après l'incendie, des pierres peintes en rouge disposées selon des règles inconnues, des inscriptions mystérieuses  et subversives. Alors, un nouveau Larzac ? Des écolos extrémistes ? Des rôdeurs animés de mauvaises intentions ? Le capitaine de gendarmerie doit mener l'enquête.

Il n'y a pourtant pas grand chose de commun entre ce récit et un polar.

On se laisse happer par la brume qui entoure les personnages, par l'évocation des lieux, par l'écriture savante et travaillée qui restitue ce monde rural,. Au point d'y perdre le sens des faits. C'est ce qui m'est arrivé , j'ai l'impression d'avoir feuilleté un album de photos anciennes, brumeuses, dont les personnages et les actions n'ont finalement pas la première importance.

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Écorces vives

Dans ce roman choral assez lent Alexandre LENOT met en scène des personnages cassés, usés avant l’âge dans un monde violent où on ne parle pas beaucoup. C’est un drame sur la solitude, la difficulté à vivre dans le monde contemporain, la bêtise humaine, l’intolérance, la peur de l’étranger. La nature est omniprésente , une nature belle, glaciale, il pleut et vente beaucoup. Le pays est rude, les hommes aussi, quand aux femmes elles semblent subir. Les villages sont abandonnés. Pas sûr que j’irai m’y promener seule!

Ce n’est pas un roman policier comme pourrait l’indiquer la série dans laquelle il est édité. C’est un roman rural noir qui me fait beaucoup penser aux romans américains d’aujourd’hui.

Je n’ai pas toujours su où l’auteur veut en venir, des idées sont lancées mais pas toujours abouties et si je n’ai pas bien compris la fin ni adhéré à tout ce qui est sûr c’est qu’un auteur est né avec une écriture, un style bien à lui. A suivre….






Lien : https://ffloladilettante.wor..
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Écorces vives

Un roman noir illuminé de la présence des femmes, d'un verbe exigeant. Si vous cherchez un moment d'inscouciance, passez votre chemin. Alexandre Lenot vous brosse à rebrousse-poils un récit où les femmes sont belles, fortes presque à leur insu, évoquent la rudesse d'un monde reculé avec tendresse pour ces hommes taiseux, brutes de s'être frottés à des hivers rugueux.



La terre, la guerre, l'héritage, les hommes. les femmes solides, douces, maternelles, sauvages pourtant, aident à vivre dans ce monde hostile. Lison, Louise, Céline fragiles et robustes à la fois ; prêtent à se battre s'il le faut.



Le noir du monde se dispute à la poésie du style anachronique dans cet environnement montagnard, rebelle, où les arbres prennent soin de leurs racines, comme les hommes s'y accrochent rudement. Une vibrante ode au territoire. A la magie de la nature, de la rencontre Louise et Eli, écorcés par la vie, mais vibrants encore, vivants doucement.



Les nombreux destins croisés additionnés à l'écriture sophistiquée rendent la lecture absorbante. Pas de distractions possibles, tout est tendu jusqu'au dénouement.



Une plume délicate et rude, qui vous visse résolument au récit mordant de la vie des habitants accrochés à leur territoire déserté, jusqu'à l'épilogue.



Un premier roman de la sélection 68 Premières Fois qui ne laisse ni indifférent, ni indemne. Hâte de découvrir le second opus.



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Écorces vives

Un vagabond prénommé Eli met le feu à la maison dans laquelle il a vécu des jours heureux avec une femme aimée, avant d'être recueilli par Louise. Laquelle a quitté les siens pour se consacrer aux chevaux qu'élève un couple d'Américains. Le capitaine de gendarmerie Laurentin, qui lui a fui quelque chose ou quelqu'un, est nommé depuis peu dans la région qu'il sillonne avec ses chiens, tentant sans conviction de mener l'enquête sur cet incendie. Autour d'eux gravitent d'autres personnages, Lison la veuve inconsolable qui peine à s'occuper de ses deux garçons, Céline la vacancière qui la console, Jean et Patrick, les deux frères sauvages et taiseux qui vont tourner la ferme familiale. Ce roman polyphonique dit les âmes cabossées, les écorchés vifs, les mal dégrossis ou les trop sensibles ; il fait la part belle à la nature de cette région du Massif Central et à ceux qui y vivent, comme ils peuvent plutôt que comme ils le voudraient. Certaines pages sont d'une grande poésie, d'autres d'une grande justesse comme cette description du bal (p.94) où la musique est assurée par un homme-orchestre qui "appauvrit tout à tour Tino Rossi et Edith Piaf, leur soustrait toute sève, leur enlève toute portée", et fait danser les vieux couples tandis que les jeunes n'ont que l'envie d'en découdre. A travers les bouches de chacun de ces personnages se dessine une histoire aux multiples méandres, jusqu'à un dénouement un peu onirique et, à mon avis, quelque peu décevant.



Roman lu dans le cadre des "68 premières fois"
Lien : http://usine-a-paroles.fr/le..
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Écorces vives

Je ne vais pas faire une longue critique, je ne peux pas dire que je n’ai pas aimé ce livre mais j’ai vraiment eu du mal à rentrer dedans... et je me suis souvent perdu, j’étais embrouillée... alors c’est peut-être la période, je suis fatiguée, j’arrive peut être moins à me concentrer et ça a peut être joué ? Peut-être qu’une autre fois, a un autre moment ce livre aurait pu me plaire... Mais à l’issue de ma lecture, je referme le livre sans qu’il n’ait réussi à me toucher.

Ça arrive....
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Écorces vives

C'est un livre intéressant même  si l'histoire est très lente et très  noire. L'auteur nous narre cette histoire au travers de cinq personnes. Chacune joue un rôle et leur prénom représente un chapitre différent à chaque fois. Chaque chapitre est court et l'on passe d'une version de l'histoire à une autre. Ce qui fait que ce livre a une écriture fluide et le vocabulaire est riche.

Nous sommes plongés au coeur du massif central, loin des grandes villes. L'incendie d'une masure déclenche toute l'histoire et une rumeur vient échauffer les esprits jusqu'au dénouement final. Les inconnus ne sont pas les bienvenus, mais c'est à cet endroit que quatre étrangers viennent se construire une nouvelle existence et oublier leur ancienne vie et celà ne plaît pas. Ces étrangers sont des écorchés vifs.

Ce style de livre nous emmène dans une atmosphère où tout prend son temps : la description des paysages, des personnages  et puis la tension monte pour aller vers l'inévitable.

La narration n'est pas toujours apprécié par tous les lecteurs, mais là c'est ce qui fait la spécificité de Alexandre Lenot. Il nous entraîne dans son histoire et c'est ce que j'ai apprécié.

C'est un auteur à  suivre.

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Écorces vives

Eli a fui la ferme qu'il habitait après y avoir mis le feu et erre dans le bois, Louise une jeune fille s'occupe des chevaux et du domaine d'un couple d'américains installés de longue date et qui la recueillie, et Laurentin, la cinquantaine, gendarme qui a choisi une garnison "au vert", autant de personnages qui vont se retrouver catapultés, et affronter la violence dans un massif Central déserté et menaçant...Des signes - cercles, triangles sont peints en rouge sur différents bâtiments, exacerbant l'animosité entre chasseurs et fermiers, réveillant la violence entre des jeunes désœuvrés et révélant l'impuissance des gendarmes, quelque peu débordés.

Un roman sous tension, à plusieurs voix, dans lequel chacun des récits devient épique et dramatique.



Écorces vives est un roman rural noir, un roman d'ambiance dans lequel Alexandre Lénot s'empare des thèmes très actuels, la désertification des zones rurales, des oppositions entre chasseurs et protecteurs de l'environnement, du manque d'entretien des moyens de communication et des laissés pour compte qui ne trouve plus leur place dans la société.

Une écriture poétique et souvent épique pour décrire des personnages en recherche de repères mais, même si j'ai apprécié le style, j'ai trouvé que les pièces de ce puzzle ne s'emboîtaient pas toujours très bien.

Ce bémol à part, ce premier roman permet de découvrir une nouvelle plume et un écrivain à suivre.

Je remercie Babelio et les éditions Actes sud - Babel pour la découverte de ce roman noir.
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Écorces vives

J'ai emprunté ce livre pour 2 raisons : la première c'est que la collection actes noirs d'acte sud ne me déçoit jamais ; la deuxième c'est qu'en 4ème il est annoncé que le roman se déroule dans le massif central (et j'y suis).

On découvre les 3 narrateurs : Eli, Laurentin et Louise, à qui est consacré un chapitre à tour de rôle. On voit bien que la narration est très structurée... mais comme je me suis arrêtée à la p.62 je n'ai pas encore tout à fait cerné les rapports qui allaient exister entre ces trois-là.

Si j'ai stoppé ma lecture, c'est que je m'y ennuyais trop : alternance de présent et passé composé pesante, longueur et abondance descriptive, et surtout, surtout, ce n'était juste pas le bon moment pour moi. C'est parfois juste une question de timing dans la lecture, et là je suis peut être (sûrement) passé à côté d'un bouquin qui en valait la peine, parce qu'il y a de chouettes formules ;-)
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Écorces vives

Qu'est-ce qui peut bien avoir brisé les âmes et les corps rencontrés dans Écorces vives d'Alexandre Lenot ?

Tous leurs souvenirs et tous leurs travers n'auront de cesse de se frotter aux bois et aux rochers antédiluviens de ce centre de la France sauvage et hostile, sous les regards souvent froids et pierreux des autochtones.



Avec en toile de fond une dénonciation des vies volées pour ceux qui travaillent loin de la nature, les vents et les dessins du ciel ponctuent sans cesse un texte abrupt, et conjuguent l'action, entre portrait d'un monde agricole inhumain et description d'actifs à la dérive.



Le chuintement du vent, le froid mordant des immensités forestières auront - ils raison des quatre tristes vies de ce roman ? Elles qui se croisent, se heurtent d'avoir dû tant se plier : Éli, Louise, Laurentin et Lisons... autant de personnages mystérieux pour le lecteur ; car ils ne se dévoilent que très succinctement au travers d'infimes détours et de quelques souvenirs apportés par le vent, la nature et la faune.



Autant de prénoms en "l" portés par les "ailes" du désir de tenir coûte que coûte, de ne pas rester écrasé(e) voir pétrifié(e) par leurs désespoirs.



Ce premier roman dessine avec style ceux qui ont mis leur passé douloureux à distance, pendant que du fond de la vallée grandissent les colères contre des actes inexpliqués provenant des hauteurs.

Qui sont les Apaches ?

Qui sont ceux qui laissent par tous les lieux leurs messages rouges ?



Hélas, malgré cette question à résoudre, il ne se passe pas grand chose dans ce roman (en quelque sorte un NATURE WRITING à la française) hormis la montée tectonique de toutes les tristesses et des colères réunies. Actions anciennes, intensions... l'auteur excelle à nous en dévoiler le minimum, mettant toute sa verve dans son style écrit, fouillé, travaillé avec grand soin pour décrire les ambiances intérieures et les ressentis de chacun.



J'y ai parfaitement vu s'afficher sous mes yeux le film de ce récit, mais j'ai malgré tout trouvé l'intrigue trop mince et reproche à l'écriture un manque d'ancrage dans le réel.



Cependant, si vous aimez les textes sombres, les écritures très travaillées, le style littéraire du NATURE WRITING alliant déambulations et contemplations, ce country movie devrait vous satisfaire.

Tous les goûts sont dans la lecture.



Je remercie BABELIO et les éditions Actes Sud pour cette lecture noire mais originale.
Lien : http://justelire.fr/ecorces-..
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Écorces vives

J'étais assez emballée par ce titre, un premier roman, western dans le Massif Central, une terre brûlée, des terrains abandonnés, des habitants perdus dans leurs noirceurs et leurs préjugés. Alexandre Lenot décrit parfaitement les ambiances, les paysages, les odeurs, les'attentes, les rages... J'ai aimé ce roman mais j'en attendais plus, les différentes trames narratives sont trop peu exploitées et pour moi certains personnages manquaient de densité.

Avec "Écorces vives", j'ai passe un bon moment qui me fait attendre le second roman du jeune auteur.
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Écorces vives

J’ai lu ce roman il y a quelques mois.

Et ce livre résonne encore en moi. Il m’a vraiment laissé un souvenir fort et une impression durable.



Peut-être il est vrai parce que l’histoire se situe en Auvergne, sur un territoire et dans une campagne qui me sont désormais familiers car je me suis installé dans le Cantal depuis plus d’un an après avoir vécu 20 ans à Paris.



C’est un roman noir.

Mais dans un univers rural, âpre, assez inhabituel pour ce genre, en France tout du moins.

Cela rend ce livre très original et remarquable.



L’écriture y est ciselée, travaillée, belle et très particulière. Elle parvient à merveille à restituer ce territoire si rude et singulier.



Et bien entendu, il y a l’intrigue qui vous prend.

Intrigue qui voit se croiser une galerie de personnages, très différents et tous avec une part de mystère : Eli, qui brûle sa ferme, dévoré de chagrin ; le capitaine Laurentin, gendarme qui arrive de Paris et semble être venu panser plaies et blessures ; Louise, jeune femme en souffrance, qui travaille dans une ferme ; et d’autres encore…



Tous ces personnages cabossés sont attachants. Et vous font dévorer ce livre (trop vite peut-être, il me faudra certainement le relire)



Et en creux, l’auteur brosse également les souffrances et le sentiment d’abandon ressentis dans ces campagnes. Saisissant un vrai sujet de société, quelques mois avant que n’éclate le mouvement des gilets jaunes. Intéressant...



Quel premier roman !

On attend avec impatience le deuxième !!

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Écorces vives

Ce livre est rempli de gens brisés : « écorchés vifs » par le deuil, par la douleur, par la solitude, par le chagrin. C’est le fil conducteur, cette cassure qui unit une poignée d’âmes en peine. On dirait que les personnages se reconnaissent, se retrouvent frères et sœurs par la force des choses.



J’ai trouvé que ce court roman était très dense et très prometteur. L’écriture est sublime et se savoure, les descriptions nous projettent dans les paysages hostiles du Massif Central. Je n’y ai jamais mis les pieds et j’ignore s’il est bien décrit, mais Lenot arrive à plonger son lecteur dans une ambiance très particulière.



En revanche, l’intrigue est un peu faiblarde. Faillible. Cela donne l’impression que ce livre est plus un exercice de style qu’autre chose... mais un exercice de style plus qu’appréciable !

Si je devais faire un parallèle entre ce livre et d’autres œuvres, je le rapprocherais de « into the wild », pour cette plongée en pleine nature et la solitude qui entoure les personnages, mais aussi du film Elephant, pour la tension graduelle qui se termine en apothéose.
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