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Note moyenne 3.62 /5 (sur 446 notes)

Nationalité : France
Né(e) à : Loches (Indre et Loire) , le 27/03/1797
Mort(e) à : Paris , le 17/09/1863
Biographie :

Alfred Victor, comte de Vigny est un écrivain, dramaturge et poète français.

Figure du romantisme, contemporain de Victor Hugo et de Lamartine, il écrit parallèlement à une carrière militaire entamée en 1814 et publie ses premiers poèmes en 1822.

Avec la publication de "Cinq-Mars" en 1826, il contribue au développement du roman historique français. Ses traductions versifiées de Shakespeare s'inscrivent dans le drame romantique, de même que sa pièce "Chatterton" (1835). Il a aussi écrit de la poésie ("Poèmes antiques et modernes", "Les Destinées") et a laissé un "Journal".

Son œuvre se caractérise par un pessimisme fondamental, et une vision désenchantée de la société.


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Vidéo de

Alfred de VIGNY – Rester pur, ne pas être froid (France Culture, 2011) Émission « Questions d’Éthique » diffusée le 21 février 2011 sur France Culture. Monique Canto-Sperber s'entretient avec André Jarry, chercheur au CNRS, et Jean-Pierre Lassalle, professeur de Linguistique et Littérature françaises, pour évoquer la figure et l'œuvre du poète Alfred de Vigny, et notamment l'inspiration philosophique et morale qui guide l’œuvre de ce romantique.

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Citations et extraits (209) Voir plus Ajouter une citation
Alfred de Vigny
palamede   22 décembre 2016
Alfred de Vigny
Le Cor



J’aime le son du Cor, le soir, au fond des bois,

Soit qu’il chante les pleurs de la biche aux abois,

Ou l’adieu du chasseur que l’écho faible accueille,

Et que le vent du nord porte de feuille en feuille.



Que de fois, seul, dans l’ombre à minuit demeuré,

J’ai souri de l’entendre, et plus souvent pleuré !

Car je croyais ouïr de ces bruits prophétiques

Qui précédaient la mort des Paladins antiques.



Ô montagne d’azur ! ô pays adoré !

Rocs de la Frazona, cirque du Marboré,

Cascades qui tombez des neiges entraînées,

Sources, gaves, ruisseaux, torrents des Pyrénées ;



Monts gelés et fleuris, trône des deux saisons,

Dont le front est de glace et le pied de gazons !

C’est là qu’il faut s’asseoir, c’est là qu’il faut entendre

Les airs lointains d’un Cor mélancolique et tendre.



Souvent un voyageur, lorsque l’air est sans bruit,

De cette voix d’airain fait retentir la nuit ;

À ses chants cadencés autour de lui se mêle

L’harmonieux grelot du jeune agneau qui bêle.



Une biche attentive, au lieu de se cacher,

Se suspend immobile au sommet du rocher,

Et la cascade unit, dans une chute immense,

Son éternelle plainte au chant de la romance.



Âmes des Chevaliers, revenez-vous encor ?

Est-ce vous qui parlez avec la voix du Cor ?

Roncevaux ! Roncevaux ! Dans ta sombre vallée

L’ombre du grand Roland n’est donc pas consolée !

(...)
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Alfred de Vigny
fredho   14 mai 2014
Alfred de Vigny
Aimez ce que jamais on ne verra deux fois.
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Alfred de Vigny
Nastasia-B   25 avril 2013
Alfred de Vigny
L'homme a toujours besoin de caresse et d'amour,

(...)

Quand ses yeux sont en pleurs, il lui faut un baiser.



LA COLÈRE DE SAMSON.
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LydiaB   23 février 2013
Stello de Alfred de Vigny
« Donnez-moi un verre d’eau : j’ai quatre-vingts ans, moi ; cela me fait mal.

— Ce ne sera rien, monseigneur, lui dis-je : seulement, il y a dans ce pouls quelque chose qui n’est ni la santé ni la fièvre de la maladie... C’est la folie », ajoutai-je tout bas.

Je dis au malade :

« Comment vous nommez-vous ? »

Rien... ses yeux demeurèrent fixes et mornes...

« Ne le tourmentez pas, Docteur, dit M. de Beaumont, il m’a déjà dit trois fois qu'il s’appelait Nicolas-Joseph-Laurent.

— Mais ce ne sont que des noms de baptême, dis-je.

— N’importe ! n’importe ! dit le bon archevêque avec un peu d’impatience, cela suffit à la religion : ce sont les noms de l’âme que les noms de baptême. C’est par ces noms-là que les saints nous connaissent. Cet enfant est bien bon chrétien. »

Je l’ai souvent remarqué, entre la pensée et l’œil il y a un rapport direct et si immédiat, que l’un agit sur l’autre avec une égale puissance. S’il est vrai qu'une idée arrête le regard, le regard, en se détournant, détourne aussi l’idée. J’en ai fait l’épreuve auprès des fous.
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LydiaB   05 février 2013
La maison du berger de Alfred de Vigny
Pars courageusement, laisse toutes les villes ;

Ne ternis plus tes pieds aux poudres du chemin

Du haut de nos pensers vois les cités serviles

Comme les rocs fatals de l'esclavage humain.

Les grands bois et les champs sont de vastes asiles,

Libres comme la mer autour des sombres îles.

Marche à travers les champs une fleur à la main.
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Nastasia-B   10 juin 2015
La Canne de Jonc - Laurette - La Veillée de Vincennes de Alfred de Vigny
Ce fut la première fois de ma vie que je lus au fond d'un cœur de soldat. Cette rencontre me révéla une nature d'homme qui m'étais inconnue, et que le pays connaît mal et ne traite pas bien ; je la plaçai dès lors très haut dans mon estime. J'ai souvent cherché depuis autour de moi quelque homme semblable à celui-là et capable de cette abnégation de soi-même entière et insouciante. Or, durant quatorze années que j'ai vécu dans l'armée, ce n'est qu'en elle, et surtout dans les rangs dédaignés et pauvres de l'infanterie, que j'ai retrouvé ces hommes de caractère antique, poussant le sentiment du devoir jusqu'à ses dernières conséquences, n'ayant ni remords de l'obéissance ni honte de la pauvreté, simples de mœurs et de langage, fiers de la gloire du pays, et insouciants de la leur propre, s'enfermant avec plaisir dans leur obscurité, et partageant avec les malheureux le pain noir qu'ils paient de leur sang.



LAURETTE.
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Nastasia-B   31 mai 2014
Chatterton - Quitte Pour la Peur de Alfred de Vigny
LA DUCHESSE : Monsieur le duc, voulez-vous me rendre folle ? Je ne comprends plus rien ni à vos idées, ni à vos sentiments, ni à mon existence, ni à vos droits, ni aux miens ; je ne suis peut-être qu'une enfant ! J'ai peut-être été toujours trompée. Dites-moi ce que vous savez de la vie réelle du monde. Dites-moi pourquoi les usages sont contre la religion et le monde contre Dieu. Dites-moi si notre vie a tort ou raison ; si le mariage existe ou non ; si je suis votre femme, pourquoi vous ne m'avez jamais revue, et pourquoi l'on ne vous en blâme pas ; si les serments sont sérieux, pourquoi ils ne le sont pas pour vous ; si vous avez et si j'ai moi-même le droit de jalousie. Dites-moi ce que signifie tout cela ? Qu'est-ce que ce mariage du nom et de la fortune, d'où les personnes sont absentes, et pourquoi nos hommes d'affaires nous ont fait paraître dans ce marché ? Dites-moi si le droit qu'on vous a donné était seulement celui de venir me troubler, me poursuivre chez moi quand il vous plaît, d'y tomber comme la foudre, au moment où l'on s'y attend le moins, à tout hasard, au risque de me causer une grande frayeur, sans scrupules, la nuit, dans mon hôtel, dans ma chambre, dans l'alcôve, là !



LE DUC : Ah ! madame, les beaux yeux que voilà ! Aussi éloquents que votre bouche, lorsqu'un peu d'agitation la fait parler.



QUITTE POUR LA PEUR, Scène XII.
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Alfred de Vigny
Aurel82   26 mai 2017
Alfred de Vigny
I



Un jour je vis s’asseoir au pied de ce grand arbre

Un Pauvre qui posa sur ce vieux banc de marbre

Son sac et son chapeau, s’empressa d’achever

Un morceau de pain noir, puis se mit à rêver.

Il paraissait chercher dans les longues allées

Quelqu’un pour écouter ses chansons désolées ;

Il suivait à regret la trace des passants

Rares et qui, pressés, s’en allaient en tous sens.

Avec eux s’enfuyait l’aumône disparue,



Prix douteux d’un lit dur en quelque étroite rue

Et d’un amer souper dans un logis malsain.

Cependant il tirait lentement de son sein,

Comme se préparait au martyre un apôtre,

Les trois parts d’une Flûte et liait l’une à l’autre

Essayait l’embouchure à son menton tremblant,

Faisait mouvoir la clef, l’épurait en soufflant,

Sur ses genoux ployés frottait le bois d’ébène,

Puis jouait. — Mais son front en vain gonflait sa veine,

Personne autour de lui pour entendre et juger

L’humble acteur d’un public ingrat et passager.

J’approchais une main du vieux chapeau d’artiste

Sans attendre un regard de son œil doux et triste

En ce temps, de révolte et d’orgueil si rempli ;

Mais, quoique pauvre, il fut modeste et très poli.



II



Il me fit un tableau de sa pénible vie.

Poussé par ce démon qui toujours nous convie,

Ayant tout essayé, rien ne lui réussit,

Et le chaos entier roulait dans son récit.

Ce n’était qu’élan brusque et qu’ambitions folles,

Qu’entreprise avortée et grandeur en paroles.



D’abord, à son départ, orgueil démesuré,

Gigantesque écriteau sur un front assuré,



Promené dans Paris d’une façon hautaine :

Bonaparte et Byron, poète et capitaine,

Législateur aussi, chef de religion

(De tous les écoliers c’est la contagion),

Père d’un panthéisme orné de plusieurs choses,

De quelques âges d’or et des métempsycoses

De Bouddha, qu’en son cœur il croyait inventer ;

Il l’appliquait à tout, espérant importer

Sa révolution dans sa philosophie ;

Mais des contrebandiers notre âge se défie ;

Bientôt par nos fleurets le défaut est trouvé ;

D’un seul argument fin son ballon fut crevé.



Pour hisser sa nacelle il en gonfla bien d’autres

Que le vent dispersa. Fatigué des apôtres,



Il dépouilla leur froc. (Lui-même le premier

Souriait tristement de cet air cavalier

Dont sa marche, au début, avait été fardée

Et, pour d’obscurs combats, si pesamment bardée ;

Car, plus grave à présent, d’une double lueur

Semblait se réchauffer et s’éclairer son cœur ;

Le Bon Sens qui se voit, la Candeur qui l’avoue,

Coloraient en parlant les pâleurs de sa joue.)

Laissant donc les couvents, Panthéistes ou non,

Sur la poupe d’un drame il inscrivit son nom

Et vogua sur ces mers aux trompeuses étoiles ;

Mais, faute de savoir, il sombra sous ses voiles

Avant d’avoir montré son pavillon aux airs.

Alors rien devant lui que flots noirs et déserts,

L’océan du travail si chargé de tempêtes



Où chaque vague emporte et brise mille têtes.

Là, flottant quelques jours sans force et sans fanal,

Son esprit surnagea dans les plis d’un journal,

Radeau désespéré que trop souvent déploie

L’équipage affamé qui se perd et se noie.

Il s’y noya de même, et de même, ayant faim,

Fit ce que fait tout homme invalide et sans pain.



« Je gémis, disait-il, d’avoir une pauvre âme

Faible autant que serait l’âme de quelque femme,

Qui ne peut accomplir ce qu’elle a commencé

Et s’abat au départ sur tout chemin tracé.

L’idée à l’horizon est à peine entrevue,

Que sa lumière écrase et fait ployer ma vue.

Je vois grossir l’obstacle en invincible amas,



Je tombe ainsi que Paul en marchant vers Damas.

— Pourquoi, me dit la voix qu’il faut aimer et craindre,

Pourquoi me poursuis-tu, toi qui ne peux m’étreindre ?

— Et le rayon me trouble et la voix m’étourdit,

Et je demeure aveugle et je me sens maudit. »



III



— « Non, criai-je en prenant ses deux mains dans les miennes,

Ni dans les grandes lois des croyances anciennes,

Ni dans nos dogmes froids, forgés à l’atelier,

Entre le banc du maître et ceux de l’écolier,



Ces faux Athéniens dépourvus d’Atticisme,

Qui nous soufflent aux yeux des bulles de Sophisme,

N’ont découvert un mot par qui fût condamné

L’homme aveuglé d’esprit plus que l’aveugle-né.



C’est assez de souffrir sans se juger coupable

Pour avoir entrepris et pour être incapable ;

J’aime, autant que le fort, le faible courageux

Qui lance un bras débile en des flots orageux,

De la glace d’un lac plonge dans la fournaise

Et d’un volcan profond va tourmenter la braise.

Ce Sisyphe éternel est beau, seul, tout meurtri,

Brûlé, précipité, sans jeter un seul cri,

Et n’avouant jamais qu’il saigne et qu’il succombe

A toujours ramasser son rocher qui retombe.



Si, plus haut parvenus, de glorieux esprits

Vous dédaignent jamais, méprisez leur mépris ;

Car ce sommet de tout, dominant toute gloire,

Ils n’y sont pas, ainsi que l’œil pourrait le croire.

On n’est jamais en haut. Les forts, devant leurs pas,

Trouvent un nouveau mont inaperçu d’en bas.

Tel que l’on croit complet et maître en toute chose

Ne dit pas les savoirs qu’à tort on lui suppose,

Et qu’il est tel grand but qu’en vain il entreprit.

— Tout homme a vu le mur qui borne son esprit.



Du corps et non de l’âme accusons l’indigence.

Des organes mauvais servent l’intelligence

Et touchent, en tordant et tourmentant leur nœud,

Ce qu’ils peuvent atteindre et non ce qu’elle veut.



En traducteurs grossiers de quelque auteur céleste

Ils parlent… Elle chante et désire le reste.

Et, pour vous faire ici quelque comparaison,

Regardez votre Flûte, écoutez-en le son.

Est-ce bien celui-là que voulait faire entendre

La lèvre ? Était-il pas ou moins rude ou moins tendre ?

Eh bien, c’est au bois lourd que sont tous les défauts,

Votre souffle était juste et votre chant est faux.

Pour moi qui ne sais rien et vais du doute au rêve,

Je crois qu’après la mort, quand l’union s’achève,

L’âme retrouve alors la vue et la clarté,

Et que, jugeant son œuvre avec sérénité,

Comprenant sans obstacle et s’expliquant sans peine,

Comme ses sœurs du ciel elle est puissante et reine,

Se mesure au vrai poids, connaît visiblement



Que son souffle était faux par le faux instrument,

N’était ni glorieux ni vil, n’étant pas libre ;

Que le corps seulement empêchait l’équilibre ;

Et, calme, elle reprend, dans l’idéal bonheur,

La sainte égalité des esprits du Seigneur. »



IV



Le Pauvre alors rougit d’une joie imprévue,

Et contempla sa Flûte avec une autre vue ;

Puis, me connaissant mieux, sans craindre mon aspect,

Il la baisa deux fois en signe de respect,



Et joua, pour quitter ses airs anciens et tristes,

Ce Salve Regina que chantent les Trappistes.

Son regard attendri paraissait inspiré,

La note était plus juste et le souffle assuré.
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Nastasia-B   16 mai 2014
Chatterton - Quitte Pour la Peur de Alfred de Vigny
Les femmes qui pardonnent à l'amante fermeraient leur porte à la mère, et [...] tous ceux qui me passent l'oubli d'un mari ne me passeraient pas l'oubli de son nom ; car ce n'est qu'un nom qu'il faut respecter, et ce nom vous tient enchaînée, ce nom est suspendu sur votre tête, comme une épée ! Que celui qu'il représente soit pour nous tout ou rien, nous avons ce nom écrit sur le collier, et au bas : " j'appartiens... "



QUITTE POUR LA PEUR, Scène I.
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Nastasia-B   09 janvier 2013
Chatterton de Alfred de Vigny
Voilà les deux poésies possibles, ça ne va pas plus loin que cela ! Les divertir ou leur faire pitié ; faire jouer de misérables poupées, ou l'être soi-même et faire trafic de cette singerie ! Ouvrir son cœur pour le mettre en étalage sur un comptoir ! S'il y a des blessures, tant mieux ! il a plus de prix ; tant soit peu mutilé, on l'achète plus cher !
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