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3.85/5 (sur 136 notes)

Nationalité : France
Né(e) le : 18/05/1981
Biographie :

Né en 1981, Antoine Mouton vit à Paris.

En 2003, après des études anarchiques et variées, il envoie un manuscrit à Richard Morgiève, un auteur qu'il admire et dont l'adresse est dans l'annuaire. Celui-ci le transmet à Olivier Brun, directeur des éditions La Dragonne, qui décide de le publier (2004).

Ce sera "Au nord tes parents" pour lequel il reçoit le prix des apprentis et lycéens de la région Paca.

Depuis, il évolue librement entre poésie, conte, récit en prose… Son premier roman, Le metteur en scène polonais, paru chez Christian Bourgois, a été retenu dans la sélection du prix Médicis 2015.

Photographe, animateur d'ateliers d'écriture, il est également passionné de théâtre et de cinéma.
il publie des textes poétiques dans différentes revues.
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Source : http://www.lekti-ecriture.com/
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« Toto perpendiculaire au monde » d'Antoine Mouton, Parution le 3 mars 2022

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Citations et extraits (39) Voir plus Ajouter une citation
Nous nous disputons souvent lorsque nous racontons l’histoire de notre rencontre, dans un récit il ne faut qu’un point de vue même avec deux protagonistes.
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Une chose qui a trop longtemps fermé sa gueule l’ouvre
soudain : ça sent la rancœur libre. ____ Une chose qui
a cru qu’espérer peut faire vivre, désespérant croit que
plus pouvoir est la vie. ____ Une chose qui se tenait
à l’écart découvre le ressort, bondit et tombe plus à
côté qu’avant. ____ Une chose qui aime ou n’aime pas,
d’un coup ne sait pas, et ne sait rien dès lors, c’est rien
elle croit. ____ Une chose qui cloche trouve peu à peu
son équilibre et se rattrape en ligne droite – mais vers
quoi ? ____ Une chose qui se veut sans cause prend ses
effets pour magie et se retrouvant sans effet continue
d’ignorer ses causes. ____ Une chose qui veut la fin,
l’obtient. ____ Une chose qui se sait chose qui se sait
chose qui, dans l’infini s’égare, dans les reflets se mé-
connaît. ____ Une chose qui veut-peut comme on dit,
s’arrête de vouloir puisqu’elle pourrait ne plus, puis
s’arrête d’on-dire, ondule alors. ____ Une chose qui
est la chose d’une autre n’est plus une chose, mais sa
chose, et ça change quelque chose. ____ Une chose qui
gratte finit par saigner. ____ Une chose qui ne dit pas
ce qu’elle est n’est pas une chose qui ne dit pas qu’elle
est ni n’est une chose qui ne peut se connaître. ____
Une chose qui dit, une chose qui tait. ____ Une chose
qui, dans l’os, émet son nécessaire, fait tout danser.
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Et pourtant les années qui suivirent ressemblèrent à un legs. À chaque fois que nous nous voyions, elle me livrait un nouveau pan de son existence, dont je devins, au fur et à mesure, l’un des dépositaires privilégiés. Bien sûr il y avait de grands noms, Patrice Chéreau, Jacques Rivette, Samuel Beckett, Roger Blin, Laurent Terzieff, Jean Babilée, Artavazd Péléchian, mais on ne s’y arrêtait pas plus que sur les autres, on ne les idolâtrait pas en tremblant d’admiration pieuse, on les évoquait seulement pour dire ce qu’ils avaient à voir avec elle, ce qu’ils lui avaient appris ou ce qu’elle avait fini par leur faire comprendre, au même titre que les clochards qui peuplaient le square en face de chez elle, ou la gardienne de son immeuble, Anna Rocha, et sa fille, Annabelle, ou l’enfant dans la rue, le chat, l’oiseau, le moucheron, son petit frère qui lisait Sciences et Vie dans le bois de Meudon: tout ce qui vit l’intéressait.
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comptine pour l’enfant loin

nous vîmes le padda de java, le charme et la spirée
l’urubu noir et l’ancolie sous le chammal
le sassafras, le barbican pourpré, les choux de kerguelen
le cacatoès aux yeux bleus perché dans l’arbre aux pochettes
l’océanite frégate planant dans l’harmattan
et aussi l’ouette de magellan

nous vîmes le khamsin froisser le gingko
le serricorne mystérieux dans l’oranger des osages
le cinclosome ajax survolant des champs de pau-brasils et de campanules
et le loxopse de kauai faisant craquer la branche de l’araucaria de norfolk

et nous vîmes encore
le meltemi porter le zostérops à gorge grise
le bélombra plein de bruants lapons et zizis
le percefleur caché dans le mouillefer
le fenugrec ployant sous le grégale

et nous vîmes aussi l’ammomane isabelline et l’élénie menue
l’olivier de bohème, le tulipier de chine, le bec-en-sabot du nil
le myzomèle des fidji, le kiwi, l’agastache et le rhododendron
l’harelde boréale contrer le williwan avant de se poser sur l’arbre de judée

et nous eûmes le temps de voir les engoulevents papou, étoilé et doré
le labbe antarctique et le baguenaudier
l’euplecte à dos d’or dormant dans l’andromède
le butor mirasol, l’abizzia, le sumac, le choucador dans le callistemon
la rhubarbe et le miro barbu
le bulbul bruyant
la ninoxe boubouk et le babax lancéolé

et quand nous vîmes l’inca céleste
le soleil disparut

rêves alors sur ces mots sans images
une moisson de mots-sons
pour ce qu’ils vibrent et font vibrer
pour ce qu’ils appellent d’ailleurs et de loin

et ce n’est pas le même soleil
et il n’y a rien à voir
mais on peut rêver
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il y a tellement de gens seuls
dont on dirait qu’ils ont perdu des morceaux d’eux-mêmes
il y a tellement de morceaux de gens qui ne sont plus eux-mêmes
après avoir perdu quelqu‘un
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on pourrait croire au retour on
sait qu’on pensera ici quand on
sera là-bas on sentira les villes
incomparables se superposer on
verra l’ascenseur charrier des
peupliers on entendra des mots
dits là transportés jusqu’ici un
sac de mots de visages de gestes
on ne saurait dériver sans on est
chargé de ça mais ça ne pèse pas
non ça ne pèse pas plutôt ça
plante en terre mobile
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"souvent on passe sa vie à ça
recoller les morceaux des amours qu'on n'a plus"
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Tout le monde à Paris lui avait dit que c’était une idée extraordinaire, et que, pour la réalisation de cette idée qui à n’en pas douter ferait événement – mais il y a plusieurs types d’événements : il y a les succès d’une part, et le metteur en scène polonais en avait connu de nombreux, et d’autre part il y a les catastrophes, or à ce deuxième genre d’événement il avait été peu confronté, voire jamais concernant le théâtre, son succès ayant été fulgurant, son talent immédiatement visible, même s’il avait déjà connu des débâcles, familiales comme tout le monde, puis surtout amoureuses, dont une qui l’avait plongé dans une folie moindre que celle qui était la sienne à présent, moindre car limitée dans le temps – il jouirait d’une liberté, sinon totale, du moins immense, mais qui ne serait pas suffisante, étant donné l’ampleur (ou la folie) du projet, ampleur ou folie ayant conduit le metteur en scène polonais à s’excuser à de nombreuses reprises auprès des comédiens, de son assistante norvégienne qui n’était pas idiote, des techniciens, du directeur du théâtre français, du scénographe hongrois, et de sa femme aussi qui avait commencé à s’inquiéter bien qu’elle restât à l’hôtel toute la journée, et même auprès de l’auteur autrichien, qui était mort depuis au moins quinze ans, mais la mort – le metteur en scène polonais le savait à présent – ne changeait rien.
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Les promesses de s’aimer jusqu’à la mort avaient été nombreuses, désarmantes, mais, tout de même, le metteur en scène polonais s’était mis à nourrir, en parallèle de son amour qui n’avait jamais connu de brisures ni même le moindre fléchissement, contre sa femme une rancœur. Il pensait en effet, à cette époque, que, si elle l’avait abandonné, c’était parce qu’elle n’avait pas supporté de le voir devenir fou. Or ce n’était pas du tout ce qu’il s’était passé, car il n’était pas fou, pas même au début d’une démence qui allait le gagner, avant qu’elle ne le quitte. Non, il avait clairement déraillé après son départ, ainsi privé de la possibilité d’exprimer l’amour qu’il éprouvait, qu’il avait continué à éprouver pour elle même quand elle n’avait plus été là, et même quand elle était revenue.
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Quand je pense à notre rencontre, je m’aperçois qu’il y avait déjà, en germe, tout ce que nous vivons ensemble aujourd’hui. C’était il y a plus de dix ans, dans un monastère de la vallée de la Roya. J’étais en résidence d’écriture et tentais de la prolonger tant que je pouvais car je n’avais plus ni appartement ni travail à Paris, ni même une petite somme de côté, suffisante pour revenir et tenir quelques jours en attendant de trouver une solution. Et puis j’y étais bien, au monastère franciscain de Saorge: il y avait de plus en plus de légumes au potager, j’allais bientôt pouvoir tremper mes pieds dans la rivière, on allait même en Italie à pied en passant par un col, les montagnes tout autour m’étreignaient sans m’étouffer, une lune de neige était encore accrochée au sommet de l’une d’elles, deux ânes brayaient tous les matins devant la grande porte du cloître comme dans un rêve que j’avais fait quelques mois plus tôt, des écrivains que j’aimais lire passaient y séjourner, et le directeur s’absentait de temps en temps, me laissant seul dans l’immense bâtiment, où je faisais des photos dans les couloirs austères ou l’église baroque à la nuit tombée. J’avais rompu mes derniers liens amoureux, perdu bon nombre d’amis, et fui la situation pour venir écrire ici. À la fin de chaque mois, je demandais au directeur, Jean-Jacques Boin, si je pouvais rester un peu plus ; il acceptait sans me poser de question. Hkz lui avait demandé si elle pouvait venir avec dix jours d’avance; il avait dit oui. Il fumait son cigarillo en chantonnant dans les couloirs du monastère, plus préoccupé par la vie des lieux que par le respect des protocoles administratifs. Hkz devait lire les Élégies à l’occasion du Printemps des Poètes. Je l’ai crainte un peu d’abord, quand elle est arrivée. Je m’étais fait au calme du lieu, j’avais passé ici quelques jours entièrement seul et il avait neigé, je n’étais pas prêt à voir débarquer tant d’histoires parisiennes en un endroit si reculé.
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