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3.52/5 (sur 21 notes)

Nationalité : France
Biographie :

Docteur en médecine, Antoine Pelissolo est chef de service dans le Pôle de Psychiatrie du CHU Henri Mondor à Créteil, et professeur de psychiatrie à l’université Paris Est Créteil. Spécialiste des troubles anxieux et de la dépression, il est responsable de la Clinique d’Investigation des Comportements et des Cognitions (CLICC). Président de l’AFTAD (Association française des troubles anxieux et de la dépression), il anime le blog Medikpsy lieu d’échange sur les problèmes d’anxiété et de dépression.

Source : France inter
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Citations et extraits (34) Voir plus Ajouter une citation
[...] on sait aujourd'hui que le fait de naître, grandir et vivre en ville augmente le risque de développer plus tard dans sa vie une maladie mentale. Cette corrélation a d'abord été établie chez les patients souffrant de schizophrénie puis confirmée dans d'autres pathologies telles que les troubles de l'humeur et les troubles anxieux. En effet, indépendamment du pays, le fait d'habiter dans des villes denses augmente de manière très significative le risque de souffrir d'une de ces maladies, en le multipliant par deux environ par rapport aux personnes vivant en milieu rural. Cette observation a été confirmée par de nombreuses études, dont une réalisée en France en 2020 par l'équipe du professeur Franck Schurhoff à Créteil.

Chapitre 3, Les pollutions, en plus... p54.
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Revenons donc à la genèse du climatosepticisme. Le but de certaines campagnes médiatiques était d'introduire l'idée que le dérèglement climatique était sujet à controverse parmi les scientifiques là où les mécanismes principaux sont en réalité communément admis et que de controverse, il n'y en avait point.
Le champ de bataille n'était en effet pas celui de la science, mais des médias, de l'intérêt privé et de l'opinion publique. Ainsi des prises de position sans aucun fondement se sont retrouvées propulsées sur le devant de la scène, bénéficiant du même crédit que des travaux, eux, bien menés. Ces dynamiques se sont d'ailleurs rejouées lors de la pandémie de Covid-19 avec une surreprésentation d'avis pourtant minoritaires et non étayés par les faits. Cela nous enseigne qu'on ne peut pas utiliser en science les mêmes règles qu'en politique : la science n'est pas un débat d'opinion. Toutes les positions ne se valent pas et ne méritent pas une égale tribune. En science, ce en quoi le scientifique croit n'est pas central. Bien sûr que cela influera sur sa spécialisation, les hypothèses qu'il formulera et tentera de prouver, mais malgré toute la conviction du monde, il devra se ranger du côté de ses résultats, qu'ils affirment ou infirment son hypothèse.
le débat public a ainsi été biaisé par une campagne médiatique bien menée et une surreprésentation - au regard de la réelle proportion de scientifiques doutant par rapport à ceux qui étaient convaincus - du discours climatosceptique. On peut selon toute vraisemblance affirmer que ces débats factices ont retardé à la fois la prise de conscience collective et la mise en place de politiques de préservation de l'environnement.
Aujourd'hui, la réalité du dérèglement climatique est admise même des compagnies qui avaient à l'origine participé au financement de ces campagnes de désinformation. Le débat a rejoint le lieu de la politique : il n'est plus question de discuter des faits mais de la réponse que l'on va leur opposer.

Chapitre 4, Les freins psychologiques à la prise de conscience et à l'action, p81-82
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Plusieurs études menées sur l'évolution du vocabulaire dans la littérature anglaise (Olivier Morin et Alberto Acerti) et américaine (Rumen Iliev dans la revue PNAS) montrent que la diversité du vocabulaire utilisé pour décrire les émotions s'est appauvrie entre le début du XIXe siècle et aujourd'hui, et ce quasiment uniquement au détriment de la description des émotions positives. Or les éléments de langage positifs, s'ils viennent mettre des mots sur nos ressentis, sont aussi liés à notre prosocialité : ils augmentent notre envie d'aider d'autrui, de coopérer ainsi que notre besoin d'être parmi les autres. Cela se vérifie aux Etats-Unis avec une diminution de la cohésion sociale en miroir de celle constatée pour le langage positif dans sa littérature.

Chapitre 8, La gratitude comme facteur de résilience, p142.
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Le concept de déni dans son acception psychologique actuelle a été décrit en premier par Freud. Selon Jean-Bernard Pontalis et Jean Laplanche, tous deux philosophes, psychanalystes et auteurs de l'ouvrage de référence Vocabulaire de la psychanalyse, le déni serait un "mode de défense consistant en un refus par le sujet de reconnaître la réalité d'une perception traumatisante". La résistance individuelle aux constats scientifiques du dérèglement climatique peut pour certaines personnes procéder de ce mécanisme : occulter ces faits aux conséquences vertigineuses est une façon de se protéger de l'angoisse qu'ils peuvent générer. On les refuse car on est incapable d'y faire face.

Le terme de "déni climatique" a pourtant correspondu à d'autres réalités que ce mécanisme de protection psychique d'échelle individuelle, réalités qui ne procèdent pas du déni.
Alors que les résultats des premières études alertent sur les phénomènes climatiques en cours et font émerger sur la scène politique l'opportunité de prendre des mesures visant la réduction des émissions de CO2, une campagne de décrédibilisation de ces résultats comme des scientifiques à leur origine est lancée par plusieurs industriels des secteurs miniers et gaziers par l'entremise de nombreux think tanks qu'ils financent. Ce mouvement sera particulièrement actif dans les pays anglo-saxons des années 1970 à nos jours avec des répercussions sur les politiques écologiques à l'échelle mondiale.
La compagnie ExxonMobil a tout particulièrement été mise en cause, notamment après la publication de documents internes montrant que ses dirigeants avaient été alertés par leurs propres employés ingénieurs et scientifiques sur les conséquences néfastes des émissions de CO2 dès les années 1970. C'est ainsi en toute connaissance de cause qu'ils ont soutenu et financé les acteurs d'une vaste campagne médiatique de désinformation inspirée de celles menées par l'industrie du tabac.

Chapitre 4, Les freins psychologiques à la prise de conscience et à l'action, p77-78.
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Si la pratique régulière d'une activité physique est bénéfique pour notre corps - maintien de la force musculaire, de la densité osseuse, régulation hormonale, meilleure qualité de sommeil... -, il a été montré que pratiquer trente minutes d'activité physique modérée à intense trois fois par semaine pouvait avoir des effets aussi bénéfiques qu'un traitement antidépresseur bien conduit dans le cadre du traitement d'un épisode dépressif d'intensité modérée (degré de sévérité à partir duquel un traitement médicamenteux est préconisé). L'activité physique serait donc également un levier essentiel pour notre santé psychique.

Chapitre 10, Des stratégies pour faire face au stress, p158.
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En rougissant, l’individu qui se sent menacé montre à l’autre qu’il reconnaît une erreur, voire une infériorité ponctuelle, pour éviter un combat inutile et dangereux. Cependant, il ne faut absolument pas en conclure que le rougissement est un signe de faiblesse, et ceci pour deux raisons. Tout d’abord, ces réactions automatiques de notre corps et de notre esprit, programmées dans notre cerveau « animal », ne sont plus adaptées aux situations que nous vivons réellement aujourd’hui. Il ne s’agit en effet que de réflexes archaïques, à ne pas prendre au pied de la lettre car nous ne sommes plus des hommes des cavernes sans langage ni intelligence.
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En médecine, les effets de la pollution de l'air sur les maladies respiratoires et cardio-vasculaires sont évidents aujourd'hui, mais cette problématique est peu connue et rarement abordée concernant les maladies mentales. Il commence à y avoir pourtant une accumulation de travaux de recherche tendant à montrer que certaines affections sont également concernées par la pollution atmosphérique. En 2018, des chercheurs italiens avaient déjà analysé plus d'une quarantaine d'études réalisées à ce sujet dans différents pays du monde, suggérant un lien entre certains polluants comme les particules fines ou l'oxyde nitrique et la survenue de dépressions.
[...]
En Chine, des chercheurs ont établi un lien statistique entre l'augmentation de la concentration en particules fines dans l'air et l'augmentation du nombre d'hospitalisations en psychiatrie des personnes souffrant de schizophrénie.
[...]
Certaines études se sont intéressées à l'impact de cette exposition sur les enfants en fonction de leur âge au moment de l'exposition, de la vie intra-utérine ( exposition via la mère ) à l'âge adulte. Elles mettent en évidence un surrisque de développer un trouble du spectre autistique et/ou un trouble d'hyperactivité avec déficit de l'attention.
[...]
Dans le cas qui nous intéresse, deux études longitudinales menées au Danemark et en Finlande sont très convaincantes du fait de la grande taille des populations étudiées - plusieurs millions - et de la répétition des évaluations réalisées. La manière dont elles ont été conçues a notamment permis de prendre en compte l'exposition à la pollution avant l'apparition des troubles psychiatriques, ce qui est un argument fort en faveur d'un possible lien de cause à effet. Leurs résultats sont assez démonstratifs pour les quatre maladies psychiatriques suivantes pour lesquelles la fréquence est plus élevée chez les adultes ayant été exposées à la pollution atmosphérique dans l'enfance :
- trouble bipolaire : +29 %
- dépression : +50 %
- schizophrénie : +148 %
- troubles de la personnalité : +162 %

Chapitre 3, Les pollutions, en plus..., p57 à 60.
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Par la suppression d'emplois dans les industries dépendantes du climat ( agriculture, élevage, pêche, tourisme, etc. ), les pertes liées aux catastrophes naturelles, les coûts de reconstruction ou d'exode et l'augmentation des prix des biens et des services, il est attendu que le dérèglement climatique soit pourvoyeur de difficultés financières à l'échelle planétaire. On projette une perte de revenu de 23% par habitant d'ici à la fin du siècle. Les effets néfastes de la précarité économiques comme du chômage sur la santé mentale sont nombreux : réduction de l'autonomie et du sentiment d'efficacité personnelle, dégradation de l'image de soi, isolement social, niveaux de stress augmentés, sentiment d'insécurité persistant. Toutes les études épidémiologiques en psychiatrie démontrent de manière implacable, et cela dans le monde entier y compris la France, le lien très fort qui existe entre la précarité économique et sociale et quasiment toutes les catégories de pathologie mentale, à commencer par la dépression, les troubles anxieux sous toutes leurs formes et les addictions. Les mécanismes sont nombreux et divers, mais en particulier les pressions économiques liées à l'accès plus difficile à l'emploi, les horaires de travail étendus, le manque de temps et d'argent ou encore la séparation des familles ( emplois éloignés du lieu de vie familial ) menacent et affaiblissent le "capital social". Ce dernier, construit par la participation à la vie de la communauté, est pourtant un facteur protecteur crucial du bien-être psychique. En effet la présence d'un tissu social riche s'accompagne pour les individus qui en bénéficient d'une réduction de 50% du risque de mort prématurée, d'une moindre vulnérabilité psychique au sortir d'une catastrophe climatique et d'une plus grande résilience face à elles.

Chapitre 2, Les effets indirects, p45 à 47.
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Vous avez sûrement entendu parler de la luminothérapie, qui soigne les dépressions et en particulier les dépressions dites saisonnières, qui surviennent en automne et en hiver. Il s'agit de remplacer la luminosité naturelle du soleil, moins accessible à certaines périodes de l'année, par l'exposition quotidienne à une lumière de forte intensité. Les résultats sont globalement satisfaisants, au moins chez certaines personnes, et des études montrent que les lampes de luminothérapie peuvent avoir la même efficacité que les antidépresseurs. Il est par ailleurs établi qu'une luminosité insuffisante dans les services hospitaliers peut majorer la fatigue et les émotions négatives chez les patients. De même, quelques données préliminaires tendent à montrer que les patients hospitalisés pour des états dépressifs dans des chambres orientées vers le soleil connaissent des durées de séjour raccourcies, et donc une guérison plus rapide, par rapport à ceux orientés à l'opposé.
Si la lumière du soleil donne le tempo de notre horloge biologique, un excès de lumière artificielle, notamment la nuit, peut s'avérer néfaste pour la santé, en particulier psychique. Il a été montré que même à un très bas niveau ( quelques lux, c'est-à-dire l'équivalent d'une bougie placée à un mètre ), une clarté persistante pendant la nuit suffisait à dérégler l'horloge interne et à perturber le sommeil. en milieu urbain, un excès d'éclairage de la voirie et des magasins comme la présence de panneaux publicitaires peuvent augmenter le niveau de luminosité à l'intérieur des habitations et empêcher l'obtention de l'obscurité complète, condition importante pour un sommeil stable et de qualité.

Chapitre 3, Les pollutions, en plus... p65-66.
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La dépression s'accompagne souvent de dérèglements physiques et physiologiques dont les plus fréquents concernent le sommeil : grande difficulté à s'endormir, réveils à répétition pendant la nuit, insomnie en fin de nuit, cauchemars, etc. Ces troubles du sommeil peuvent entraîner une fatigue importante, ou encore un irritabilité et des troubles de la concentration. L'insomnie est le symptôme le plus fréquent, mais certaines personnes déprimées ressentent au contraire un besoin excessif de dormir (hypersomnie) qui les contraint à se coucher plus tôt que d'habitude le soir, à se lever tard ou à faire des siestes dans la journée.
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