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Note moyenne 3.65 /5 (sur 47 notes)

Nationalité : France
Né(e) à : Fontainebleau , 1986
Biographie :

Clara Arnaud est née en 1986. Elle étudie le chinois et la géographie, tout en voyageant en Asie centrale. En 2008, elle sillonne la Chine à pied et à cheval : le récit de ce voyage, Sur les chemins de Chine, sera lauréat de nombreux prix. Clara Arnaud travaille depuis sur des projets de développement international, et ses premières missions l’amènent au Sénégal, au Bénin et au Ghana, avant la République Démocratique du Congo. Elle consacre son premier roman, L’orage, à Kinshasa, la capitale congolaise où elle restera deux ans. Elle séjourne actuellement au Honduras.



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Clara Arnaud - L'orage

Citations et extraits (21) Voir plus Ajouter une citation
cascasimir   18 juin 2019
Sur les chemins de Chine de Clara Arnaud
Alertée par les voisins de ma présence - les Chinois sont éduqués à la délation qui constitue un fabuleux moyen de contrôle - une cohorte de policiers se présente à la porte. La région, disent-ils, n'est pas recommandée pour les étrangers. Peut-être aussi me soupçonnent-ils d'être ici en qualité de journaliste. Le fait que je puisse témoigner au monde d'une quelconque manière de la situation de certaines minorités ne semble pas du tout satisfaire cette armada de policiers venus troubler mon repos...

L'un des policiers passe la nuit au pied de la porte de ma chambre.
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enlisant   16 octobre 2015
L'orage de Clara Arnaud
Il regardait le paysage défiler par la fenêtre, comme si le crépuscule se donnait en spectacle, dans un déferlement de couleurs. Le soleil rougeoya, s’enlisa lentement, baignant de feu l’océan que formaient les toits de tôle des bicoques,

puis il disparut en quelques minutes, comme chaque jour de l’année. La nuit fut bientôt là, engloutissant les piétons, qui déambulaient par milliers, faute de moyens de transport suffisants. Ils semblaient abattus par la chaleur humide, chargés de sacs, d’enfants en bas âge, traînant des remorques, suant au coude à coude pour remonter le long du large boulevard, comme à contre-courant. Depuis la fenêtre de la jeep, il les observait avec lassitude, fatigué rien qu’à scruter cette agitation. La journée avait été pénible, et il fallait encore traverser ce monstre de foule, affronter les regards scrutateurs, cherchant à distinguer le passager qui se cachait derrière les vitres teintées. Il lui sembla qu’il avait déjà vu mille fois ces visages fatigués ; les vendeurs de mouchoir dépenaillés se frayant chemin dans les vrombissements et les klaxons pour glaner quelques sous aux fenêtres des taxis, une femme ployant sous un chargement de régimes de bananes plus imposant qu’elle, des enfants improvisant une partie de football dans les rues assombries. La nuit les réduisait tous à de fragiles silhouettes, dont il aurait été impossible de distinguer l’âge ou la fonction.
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enlisant   16 octobre 2015
L'orage de Clara Arnaud
Cette nuit, le ciel a crevé sur nos têtes. Il a déversé des torrents de larmes. J’aime penser que ce sont des larmes de joie. Je suis sortie et moi, la vieille Mado, j’ai dansé sous la pluie avec mon corps fatigué. Et pourtant, juste avant que l’orage n’éclate, j’étais si las et engourdie que je parvenais à peine à me mouvoir. J’avais chaud et peur. Mais quand la pluie est tombée, l’angoisse s’est envolée. Je suis sortie, et moi la vieille Mado, oui j’ai dansé, chanté peut-être aussi, je ne sais plus. J’ai esquissé quelques pas qui ont fait craquer mes genoux et j’ai remué ces hanches grippées, récalcitrantes, qui ne veulent plus répondre. J’ai levé la tête, ouvert la bouche, et j’ai reçu quelques gouttes lourdes et tièdes sur le bout de la langue. C’était une superbe averse. Je me suis dit qu’elle annonçait une saison des pluies de toute beauté, avec des ciels chargés crachant au sol leur colère. J’ai toujours aimé la saison des pluies.
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Mia   10 avril 2012
Sur les chemins de Chine de Clara Arnaud
Je ne peux m'empêcher de me demander ce qui m'a conduite ici, quel désir viscéral m'a poussée à aller explorer ma limite dans cet univers où le sublime côtoie le terrifiant. Ai-je donc besoin de cette brutalité des élément, de la gifle du vent sur ma figure, de la souffrance du corps à l'effort, de la violence de la solitude pour me sentir vivre?
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Danieljean   20 décembre 2015
Voyageuses de Clara Arnaud
Il y a eu cette phrase brutale, un matin, assise sur le pont où je venais de dormir, cette conscience qu’on pouvait vivre autrement, puis insidieusement, en trois semaines, la vie s’infiltrait partout (…) Le voyage rappelle à nous un instinct qui favorise l’intuition (…) Je ne crois pas au mythe du voyageur-né, qui n’est pas fait pour s’enraciner, qui pousse mieux ailleurs. Car ailleurs, même en mouvement, devient un jour ici
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chocobogirl   18 juin 2011
Sur les chemins de Chine de Clara Arnaud
Le désir de voyage naît de l'émotion brute que procure la contemplation des éléments : une ombre sur la route, une lumière à travers les branchages, un souffle de vent. Qu'est le voyage, sinon cet espace de liberté dans lequel un individu peut assouvir un temps donné sa réceptivité aux détails du monde, ceux qui perdent leur sens dans un quotidien soumis aux exigences de la rentabilité.
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enlisant   10 juin 2017
Au détour du Caucase : Conversations avec un cheval de Clara Arnaud
Voyager ne sert à rien. Des générations l’ont fait, des milliers d’hommes et de femmes ont écumé les mers, envahi ce qu’ils pouvaient de territoires étrangers, sont revenus tout aussi ignorants qu’avant, tantôt gonflés d’arrogance, tantôt tête basse ayant au moins glané en chemin une dose d’humilité. On a beau se pénétrer de cette thèse, elle ne nous convainc pas tout à fait. Et s’il y avait tout de même quelque chose à cueillir dans l’errance ? Alors ça y est, c’est parti, c’est le grand cabotage. Le départ, l’étourdissement du saut dans le vide, le vertige d’être à flanc. Le sac à dos est gorgé, à ras bord, boursouflé de ce que l’on n’ose appe- ler le nécessaire – car on ne sait ce qu’est la nécessité. Est-ce un caprice d’enfant gâté ; est-ce une lubie, un acte de folie, ou bien de rébellion ? Est-ce un geste poétique, un défi à son corps sédentaire ; est-ce un coup de tête ou un engage- ment ? Que va-t-on chercher en se traînant à pied par tous les temps en compagnie d’un cheval ? Il y aura des escales, des rencontres, de la pluie drue, des jours de froid et du soleil ravageur. On tanguera parfois, on piétinera, on filera au vent les jours allègres. Les semaines dureront une éter- nité, comme les étés de l’enfance, puis tout sera déjà fini. Au fond, on se moque de collectionner les rencontres et les paysages, les kilomètres et les courbatures. Partir n’est qu’un prétexte, et l’on pourrait tout aussi bien le faire au pied de chez soi si l’on était plus sage. L’important c’est le rythme, les pas qui claquent, ceux du cheval qui leur répondent, ces fragiles instants où l’on coïncide avec l’exacte pulsation du monde. On se dit que l’on tient là un alibi.
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chocobogirl   18 juin 2011
Sur les chemins de Chine de Clara Arnaud
Avant de vous révéler ses secrets, la route vous encrasse, vous ôte du corps cette pellicule de propreté, dilue dans la saleté la contenance des quotidiens ordinaires.
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Danieljean   20 décembre 2015
Voyageuses de Clara Arnaud
Je sentais la crasse sur mon corps comme si mille douches n’avaient pas suffit à me laver de cette histoire. Et tard, au coeur des nuits d’angoisse, je sentais mes jambes fourmiller des kilomètres non parcourus. (…) Une fois que les mots ont bu toute la sève du vécu, que l’on se retrouve exangue au port d’attache, il ne reste plus qu’à repartir
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Danieljean   20 décembre 2015
Voyageuses de Clara Arnaud
Peu importe la destination, il y en a une qui saura provoquer ce sentiment imprévisible au creux du ventre, comme quand vous tombez amoureuse
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