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Note moyenne 3.94 /5 (sur 602 notes)

Nationalité : Italie
Né(e) à : Prato , le 09/06/1898
Mort(e) à : Rome , le 19/07/1957
Biographie :

Curzio Malaparte est un écrivain, journaliste et diplomate italien.

Né sous le nom de Kurt-Erich Suckert, d'un père allemand et d'une mère lombarde, il est, très jeune, éloigné de ses parents pour être élevé par de pauvres paysans.

Malgré de brillantes études, il choisit de s'engager (à 16 ans), dès 1914, dans l'armée française. Il est blessé en Argonne et décoré de la croix de guerre avec palme. Il combat ensuite sur le front italien où il est blessé aux poumons. Sa période d'après-guerre est tumultueuse, entrecoupée d'amours et de duels . Par la suite, il entame une carrière diplomatique qui le conduit à Varsovie, mais qu'il délaisse pour le journalisme et la littérature.

Il change son état civil en 1925 pour Curzio Malaparte après avoir lu un pamphlet de 1869 intitulé “I Malaparte e i Bonaparte”.

Il adhère au parti fasciste et devient pour un temps un théoricien du fascisme. En 1923, dans "L'Italie contre l'Europe", il interprète le fascisme comme un syndicalisme politique. Ses relations avec le fascisme se détériorent lorsque, se revendiquant du fascisme révolutionnaire de 1919, il dénonce les dérives réactionnaires de Mussolini, notamment dans "Monsieur Caméléon" (1929) et "Le soleil est aveugle" (1941), où il condamne l'agression italienne contre la France.

Dans son livre, "Technique du coup d'État" qu'il publie en 1931 en France, il dénonce également la montée au pouvoir d'Adolf Hitler et des nazis. Il va payer sa liberté d'écrivain au prix fort. Non seulement son livre est interdit de publication en Italie et en Allemagne, mais Malaparte est confiné aux îles Lipari, durant cinq ans.

Au début de la Seconde Guerre mondiale, il est envoyé en reportage comme correspondant de guerre de l'Axe sur le Front de l'Est en 1941. Il fait publier "Kaputt" en 1943. Son second chef-d' œuvre "La Peau" paraît en 1949. Il poursuit son métier de chroniqueur pour différents journaux. Son goût des chroniques lui vient de la lecture de Boccace, de Dino Compagni et surtout de Franco Sacchetti. Il tourne ensuite son unique film "Le Christ interdit" présenté au festival de Cannes de 1951.
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“Une vie, une oeuvre”, dirigée par Matthieu Garrigou-Lagrange et diffusée tous les samedis sur les ondes de France Culture, évoquait la vie et l'oeuvre de l'écrivain italien, Curzio Malaparte (1898-1957). Photographie : Malaparte en mars 1934, pendant son confinement aux îles Lipari. Par François Caunac - Réalisation : Anne Franchini. De cette vie ouvertement romanesque, faite de bruit et de fureur, subsiste comme une odeur étrange, de soufre, de fer incendié et de putréfaction. Infatigable travailleur et prosateur épique par excellence, Malaparte aura été l’écrivain de la violence dans l’histoire. Sa grande affaire, la guerre, livrée sous la forme d’un triptyque fameux : « Technique du coup d’état », « Kaputt », « la Peau », où il décortique à la pointe sèche, la barbarie sous toutes les coutures. Grand séducteur et grand solitaire, Malaparte fit de sa vie, une œuvre à part entière. Il conçut une maison à la mesure de sa démesure, minimaliste et sublime, la « Casa come me », sur les hauteurs de Capri ; séjour des dieux où Jean-Luc Godard décida un beau jour de donner rendez-vous à Brigitte Bardot ! Si Malaparte reste aujourd’hui un incompris, voire un infréquentable, il le doit sans doute à quelques sauts périlleux incontrôlés, entre fascisme et communisme. Engagé très dégagé, Malaparte laisse une œuvre qui ne cesse de proliférer. Hydre inclassable remuant les inédits, les cahiers retrouvés et les nouvelles traductions. Un auteur à suivre !… Avec: Maurizio Serra, diplomate Pierre Pachet, écrivain Bruno Tessarech, écrivain Jean Gili, historien du cinéma Et Karl Lagerfeld (sous réserve). Archives INA et RAI : voix de Curzio Malaparte (1951-52).
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Citations et extraits (174) Voir plus Ajouter une citation
Tandarica   26 août 2016
Kaputt de Curzio Malaparte
–Vous avez tort, répliquai-je, les Roumains sont un peuple noble et généreux. J'aime beaucoup les Roumains. Dans cette guerre, de tous les peuples latins, les Roumains sont les seuls qui aient fait preuve d'un noble sentiment du devoir et d'une grande générosité en versant leur sang pour leur Christ et pour leur roi. C'est un peuple simple, un peuple de paysans frustes et fin. Ce n'est pas leur faute si les classes, les familles et les hommes qui devaient leur servir d'exemple ont l'âme pourrie, l'esprit pourri, les os pourris. Le peuple roumain n'est pas responsable des massacres de Juifs. Les pogroms, en Roumanie comme ailleurs, sont organisés et déclenchés par ordre, ou avec la connivence des autorités de l'État. Ce n'est pas la faute du peuple si des cadavres de Juifs éventrés et suspendus à des crochets comme des veaux sont restés des jours et des jours exposés dans de nombreuses boucheries de Bucarest, au milieu des rires des Gardes de Fer.

(p. 205 de l'édition folio)
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fanfanouche24   18 mai 2014
Journal d'un étranger à Paris de Curzio Malaparte
C'est la première fois depuis quatorze ans que je dors en France. J'aime l'Italie, j'aime mon pays, je défendrai toujours leur parti, même si je sais qu'ils ont tort. C'est à la condition que je ne trahirai jamais mon pays, que je peux dire la vérité sur mon pays. (p.14 / Coll. La Petite Vermillon, mars 2014)
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barjabulette   28 décembre 2010
Kaputt de Curzio Malaparte
Le lac était comme une immense plaque de marbre blanc sur laquelle étaient posées des centaines et des centaines de têtes de chevaux. Les têtes semblaient coupées net au couperet. Seules, elles émergeaient de la croûte de glace. Toutes les têtes étaient tournées vers le rivage. Dans les yeux dilatés on voyait encore briller la terreur comme une flamme blanche
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lafilledepassage   22 août 2018
La peau de Curzio Malaparte
La mort ne me fait pas peur : je ne la hais pas, elle ne me dégoûte pas. Au fond, c’est là une chose qui ne me regarde pas. Mais la souffrance, je la hais ; et celle des autres, hommes ou animaux, plus que la mienne. Je suis prêt à tout, à n’importe quelle lâcheté à n’importe quel acte héroïque, pour ne pas faire souffrir un être humain, pour aider un homme à ne pas souffrir, à mourir sans douleur.
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lafilledepassage   17 août 2018
La peau de Curzio Malaparte
La plèbe était restée maîtresse de la ville. Rien au monde, ni les pluies de feu, ni les tremblements de terre, ni les épidémies, ne parviendra jamais à déloger la plèbe de Naples de ses taudis, de ses ruelles sordides. La plèbe napolitaine ne fuit pas la mort. Elle n’abandonne pas ses maisons, ses églises, les reliques de ses saints, les os de ses morts, pour chercher son salut loin de ses autels et de ses tombes. Mais quand le danger devient plus grand et plus imminent, quand le choléra sème les pleurs dans les maisons ou quand la pluie de feu et de cendre menace d’ensevelir la ville, la plèbe de Naples a coutume, depuis des siècles et des siècles, d’élever le regard vers les « seigneurs » pour épier leurs sentiments, leurs pensées, leurs décisions, mesurer, à leur comportement, l’importance du fléau, chercher en eux un espoir de salut, et prendre exemple de leur courage, de leur piété, de leur confiance en Dieu.
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Fremen   26 mars 2010
Technique du coup d'État de Curzio Malaparte
Ce n'est point vrai, comme se plaignait Jonathan Swift, que la défense de la liberté ne rapporte pas. Elle rapporte : ne fût-ce que la conscience de son propre esclavage, à laquelle l'homme libre se reconnaît des autres. Car le "propre de l'homme libre ce n'est pas de vivre libre en liberté, mais libre dans une prison".
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horline   09 mars 2012
Muss suivi de le Grand Imbécile de Curzio Malaparte
Non, les tyrans, il ne faut pas les tuer, il faut les railler. Il ne faut pas les couvrir de sang mais de ridicule. C’est cela, la morale de l’histoire de l’Italie, à laquelle le peuple est fidèle depuis plus de neuf cents ans.
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lafilledepassage   21 août 2018
La peau de Curzio Malaparte
Après les carottes à la crème, assaisonnées de vitamines D et désinfectées dans une solution à 2% de chlore, l’horrible spam arrivait sur la table, le pâté de viande de porc, gloire de Chicago, disposé en tranches couleur pourpre sur une épaisse couche de maïs bouilli. […] Les meubles, les cadres dorés, les portraits des Grands d’Espagne, le Triomphe de Vénus peint au plafond par Luca Giordano, toute l’immense salle du palais du duc de Tolède, où le général Cork offrait ce soir-là un dîner en l’honneur de Mrs Flat, générale en chef des Wacs de la Ve Armée américaine, se teignit peu à peu de la lueur violacée du spam et du pâle reflet lunaire du maïs. […] Ce dîner dans cette salle, autour de cette table, devant ces assiettes, m’avait tout l’air d’un pique-nique sur une tombe.
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michel.carlier15   07 mars 2014
Kaputt de Curzio Malaparte
Aucun vin n'est aussi terrestre que le rouge vin de Bourgogne ; dans le reflet blanc de la neige , il avait la couleur de la terre , cette couleur pourpre et or des collines de la Côte-d'Or au coucher du soleil . Son souffle était profond , parfumé d'herbes et de feuilles comme un soir d'été bourguignon . Et aucun vin n'accompagne aussi intimement l'approche du soir que le vin de Nuits-Saint-Georges , n'est autant l'ami de la nuit que le vin de Nuits-Saint-Georges , nocturne jusque dans son nom , profond et semé d'éclair , comme une nuit d'été en Bourgogne . Il brille d'un éclat sanglant au seuil de la nuit comme , au bord cristallin de l'horizon , le feu du couchant . Il allume des lueurs rouges et bleues dans la terre couleur de pourpre , dans l'herbe et les feuilles d'arbres , encore chaudes des des saveurs et des arômes du soleil mourant . Les bêtes sauvages , à la tombée de la nuit , s'accagnardent profondément dans la terre , le sanglier rentre dans sa bauge avec des claquements précipités de branchages , le faisan au vol court et silencieux nage dans l'ombre qui déjà flotte au-dessus des bois et des prés , le lièvre agile se laisse glisser sur le premier rayon de la lune comme sur une corde raide d'argent . C'est là l'heure du vin de Bourgogne . A ce moment-là , par cette nuit d'hiver , dans cette pièce éclairée du lugubre reflet de la neige , l'odeur profonde du Nuits-Saint-Georges nous rappelait le souvenir des soirées d'été en Bourgogne , des nuits endormies sur une terre encore chaude de soleil .
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stcyr04   09 décembre 2012
La peau de Curzio Malaparte
Il ouvrit une porte, nous entrâmes dans une grande pièce claire, étincelante, au parquet couvert de linoléum bleu. Le long des murs, des étranges berceaux en forme de violoncelle étaient alignés, l’un à côté de l’autre comme les lits d’une clinique pour enfants : dans chacun de ces berceaux un chien était étendus sur le dos, le ventre ouvert, le crâne fendu, ou la poitrine béante

De minces fils d’acier, entortillés autour de cette même sorte de chevilles de bois qui dans les instruments de musique servent à tendre les cordes, maintenaient ouvertes les lèvres de ces horribles blessures : on voyait battre le cœur nu, les poumons, aux veines semblables à des branches d’arbres, se gonfler tout comme le feuillage d’un arbre au souffle du vent, le foie rouge et luisant se contracter tout doucement, de légers frémissements courir sur la pulpe blanche et rose du cerveau comme sur un miroir embué, les intestins se délier paresseusement comme un nœud de serpents. Aucun gémissement ne s’échappait des lèvres entrouvertes des chiens crucifiés.

Tous les chiens avaient tourné leurs yeux vers nous, en nous fixant avec un regard à la fois implorant et plein d’un crainte atroce : ils suivaient des yeux chacun de nos gestes, épiaient nos lèvres en tremblant. Immobile au milieu de la pièce je sentais un sang glacé monter dans mes membres, peu à peu je devenais de pierre. Je ne pouvais plus ouvrir les lèvres, ni faire un pas. Le médecin posa sa main sur mon bras et me dis : « courage.» Ce mot fondit la glace de mes os, je m’avançai lentement, je me penchai sur le premier berceau. Et à mesure que je passais de berceau en berceau, le sang me remontait au visage, mon cœur s’ouvrait à l’espoir … Tout à coup je vis Febo.

Il était étendu sur le dos, le ventre ouvert, une sonde plongée dans le foie. Il me regardait fixement, les yeux pleins de larmes. Il avait dans le regard une merveilleuse douceur. Il respirait légèrement, la bouche entrouverte, secoué par un tremblement horrible. Il me regardait fixement, et une douleur atroce me creusait la poitrine. « Febo », dis-je à voix basse. Et Febo me regardait avec dans les yeux une merveilleuse douceur. Je vis Jésus Christ en lui, je vis Jésus Christ crucifié, je vis Jésus Christ qui me regardait avec une douceur merveilleuse. « Febo », dis-je à voix basse, en me penchant sur lui, en caressant son front. Febo baisa ma main sans pousser le moindre gémissement.

Le médecin s’approcha, toucha mon bras.

« Je ne devrais pas interrompre l’expérience, dit-il, c’est défendu. Mais pour vous… Je vais lui faire une piqûre. Il ne souffrira pas. »

Je pris la main du médecin entre mes mains, et lui dit, tandis que les larmes coulaient sur mon visage :

« Jurez-moi qu’il ne souffrira pas.

- Il s’endormira pour toujours, dit le médecin, je voudrais que ma mort fût aussi douce que le sienne.

- Je fermerai les yeux, dis-je, je ne veux pas le voir mourir. Mais faites vite, faites vite !

- Juste un instant », dit le médecin, et il s’éloigna sans bruit, glissant sur le tapis de linoléum.



Il alla au fond de le pièce, ouvrit une armoire. Je restai debout devant Febo, secoué d’un tremblement horrible, le visage sillonné de larmes. Febo me regardait fixement, pas un gémissement ne sortait de sa bouche. Il avait dans les yeux une merveilleuse douceur. Les autres chiens aussi étendus sur le dos dans leurs berceaux me regardaient fixement. Pas un gémissement de leurs lèvres. Tous avaient dans leurs yeux une merveilleuse douceur.



Tout à coup, je poussai un cri de frayeur :

« Pourquoi ce silence ? m’écriai-je, que signifie ce silence ? »

C’était un silence horrible, un silence immense, glacial, mort, un silence de neige.

Le médecin s’approcha, une seringue à la main.

« Avant de les opérer, dit-il, nous leur coupons les cordes vocales. »

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