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4.21/5 (sur 122 notes)

Nationalité : France
Né(e) à : Le Caire, Égypte , le 16/04/1912
Mort(e) à : Paris , le 02/01/1991
Biographie :

Edmond Jabès est un écrivain et poète français.

Écrivain de langue française né dans une famille juive francophone, il est d’abord un passeur de culture et de mémoire entre les rives de la Méditerranée. Il est aussi, comme l’écrivait René Char, l’auteur d’une œuvre "dont on ne voit pas d’égal en notre temps".

Marqué dans sa jeunesse par la disparition prématurée de sa sœur, il publie dès 1929 diverses plaquettes de poésie et fonde avec Georges Henein les éditions à orientation surréaliste La Part du sable. Il se lie d'amitié avec Albert Cossery et Andrée Chédid deux compatriotes au destin similaire.

En 1935, il rencontre Max Jacob, auquel le lie une correspondance éditée par René Etiemble, puis se rapproche de Paul Éluard qui fait connaître ses premières œuvres. Au fil des années, il se lie avec André Gide, Henri Michaux, Philippe Soupault, et Roger Caillois, puis, après son arrivée en France, avec Michel Leiris, Paul Celan, Jacques Dupin, Louis-René des Forêts, Michel de Certeau, Jean Starobinski, Yves Bonnefoy et Emmanuel Levinas.

Edmond Jabès a également été lié à plusieurs artistes comme le musicien Luigi Nono, le peintre Zoran Music ou le sculpteur Goudji. Il a fait des livres en étroite collaboration avec des peintres tels qu'Antoni Tapiès ou Olivier Debré.

Marqué au plus vif par l’horreur de la Seconde Guerre mondiale, il collabore, à partir de 1945, à plusieurs revues dont la La Nouvelle Revue française. Il est amené à quitter son Égypte natale en 1956 lors de la crise du canal de Suez, en raison de ses origines juives. Cette expérience douloureuse du déracinement devient fondamentale pour son œuvre, marquée par une méditation personnelle sur l'exil, le silence de Dieu et l’identité juive, qu’il dit n’avoir découvert qu’à l’occasion de son départ forcé. Il s’installe alors à Paris, où il demeure jusqu’à sa mort.

Naturalisé français en 1967, il a été lauréat de nombreux prix parmi lesquels le prix des Critiques en 1970. En 1982, il a obtenu le prix des Arts, des Lettres et des Sciences de la Fondation du judaïsme français. Sollicité par diverses universités de par le monde, il a souvent été invité à prononcer des conférences ou à prendre part à des colloques à l'étranger, notamment aux Etats-Unis, en Israël, en Italie et en Espagne.

Edmond Jabès a publié, entre autres, "Je bâtis ma demeure, poèmes 1943-1957" (1959).
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Lecture de Jean Lancri : une création originale inspirée par Edmond Jabès. Ce cycle est proposé par la Maison des écrivains et de la littérature (Mel) en partenariat avec la BIS. Un mois avant la restitution, l'écrivain est invité à choisir un élément dans les fonds de la BIS. Lors de la rencontre publique, « le livre en question » est dévoilé. Chaque saison donne lieu à la publication d'un livre aux éditions de la Sorbonne "Des écrivains à la bibliothèque de la Sorbonne" Saison 5 : Jean Lancri, Gaëlle Obiégly, Sylvie Germain et Michel Simonot

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Citations et extraits (225) Voir plus Ajouter une citation
Edmond Jabès
On ne naît pas étranger. On le devient, à mesure que l'on s'affirme.
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Edmond Jabès
Qu’est-ce que l’on a, de soi, à transmettre ? - Sans doute rien ; mais ce Rien est tout ce qui nous possédons. ("Le Livre des marges")
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Edmond Jabès
Il faut apprendre à écrire
avec des mots gorgés de silence
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L'art de l'écrivain consiste à amener, petit à petit, les mots à s'intéresser à ses livres.


Les mots tracent
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Edmond Jabès
Tu parles toujours à partir d’un silence contre lequel tu te briseras.
Il n’y aura jamais eu, derrière et devant nous, que le même silence.
Le premier.
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Edmond Jabès
J'ai quitté une terre qui n'était pas la mienne,
pour une autre, qui non plus, ne l'est pas.
Je me suis réfugié dans un vocable d'encre, ayant le livre pour espace,
parole de nulle part, étant celle obscure du désert.
Je ne me suis pas couvert la nuit.
Je ne me suis pas protégé du soleil.
J'ai marché nu.
D'ou je venais n'avait plus de sens.
Où j'allais n'inquiétait personne.
Du vent, vous-dis je, du vent
Et un peu de sable dans le vent.

(" Un étranger avec, sous le bras, un livre de petit format")
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La pensée permet aux mots d'accéder au pouvoir.
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Edmond Jabès
Il était un temps
où ton corps
ouvrait les routes
Tu te confondais
avec l'horizon
Je ne vois plus
où tu respires
Tu te défends
Mes yeux ont porté les tiens
mes jambes ont délié tes jambes
et ma bouche tes lèvres
Je te donne le nom
que tes sens épellent
Tu es l'écho
de chair et d'os
l'image fidèle
de mon devenir

Il était un temps
où tu m'étonnais
où pour te trouver
il me fallait lutter
contre la fatigue
contre les intrigues
A la lueur de nos baisers
les continents émergeaient
ils étaient nos complices
et se révélaient à nous
par carré par habitant

La terre a pris feu
elle s'est depuis noyée
Nous nous agitons dans l'espace
accrochés à l'eau
pendus aux flammes
brûlés noyés
Tu as attendu que je te dépasse
pour me suivre
tu ne m'as pas trahi
Je dors dans un monde
où les vivants ont tort
au-dessus des ruines grimpantes
sur des colonnes d'agonie
et de couteaux
La nuit nous confronte
avec nos sosies

Il était un temps
où pour croire à la joie
j'avais besoin de tes rires
Le jour est en moi
tu y roules nue
J'ai écrasé nos liens
sans rougir
serpents dont nous étions les charmeurs
ingénus
Tu es libre où je te consacre
tu me soutiens
J'ai arraché nos racines
encombrantes
au sol qui se soulève
prêt à nous griffer
L'arbre s'est affaissé
il nous désignait
aux autres
Nous trompons le vide
Nous sommes invisibles
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Edmond Jabès
Le fou est la victime de la rébellion des mots.
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Solidaire de l’écrit est le cri solitaire.
« Imagine, d’abord, une frêle tige qui serait un cri ; des feuilles tachetées d’or qui seraient de passifs paliers de souffrance et des bourgeons prêts à éclore qui seraient l’annonce d’un prompt épanouissement de la plante, aux prises avec la mort éblouie.
« Imagine, ensuite, des épines tout au long de l’ascension d’une rose que l’amour, petit à petit, a menée à son embaumante complétude. »
...
Mes doigts saignent, ayant fait montre d’une incompréhensible maladresse, en la cueillant.
 
Le temps se fait dans le temps.
Désacraliser : descendre d’un cran.
 
'L'APPEL', extraits
 
*
 
Aux heures de fatigue, l’ombre est la bien-aimée.
 
Ni crêtes.
Ni gouffres.
 
Nous ne sommes pas en mesure de penser les commencements. Ce sont les commencements qui, successivement, nous pensent.
 
'L'ATTENTE', extraits
 
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