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Note moyenne 3.92 /5 (sur 106 notes)

Nationalité : Brésil
Né(e) à : Belém , 1954
Biographie :

Journaliste, poète et dramaturge, il publie son premier roman en 1998, Belém. Tous ses écrits se déroulent dans la région de Para au nord du Brésil.

Source : éditeur
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Bibliographie de Edyr Augusto   (7)Voir plus

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Citations et extraits (45) Voir plus Ajouter une citation
Charybde2   10 juin 2021
Casino Amazonie de Edyr Augusto
Ils arrivèrent rayonnants au commissariat avec leurs prisonniers. Guedes était resté au parking clandestin afin de coordonner les suites de l’enquête. Une sacrée prise, putain ! De quoi passer au journal télévisé. Personne n’avait sommeil. Tous étaient alertes, heureux. Ils mirent les malfrats en cellule. On les interrogera plus tard. On a tous besoin de dormir. Pontes demanda à passer un coup de fil. Ils étaient déjà à bord de leurs voitures personnelles, sur le parking du commissariat, quand on vint les chercher. Le commissaire veut vous voir. Nous tous ? Oui. Écoutez-moi bien, tous autant que vous êtes : allez vous faire foutre ! Vous m’entendez ? Allez tous vous faire enculer ! Qui vous a donné l’ordre de faire ça ? Qu’est-ce qui vous a fait croire que vous aviez le droit de faire ce qui vous chantait ? Qui peut m’expliquer ce bordel ? Commissaire, on a attrapé ces mecs… Je veux pas le savoir ! Putain, le mec est protégé par des gens puissants. Il vient d’appeler son avocat, qui a alerté les médias, qui ont contacté le gouverneur, des députés, tout le bordel ! Justement, chef ! Des députés sont mouillés dans cette affaire ! C’est un cas de corruption de grande échelle ! Oui, et ils sont tous en train de me mettre la pression, putain ! Et moi, comme un con, qui étais au courant de rien, qui décroche pour leur répondre bien monsieur, non monsieur, c’est sûrement une erreur, je n’ai autorisé aucune intervention hier soir, je vous l’assure. Putain de merde ! Je passe pour quoi, moi ? Pour un commissaire incapable de tenir ses hommes ! Bande de petites merdes. Libérez-moi ce type. Mais, commissaire… Libérez-le, c’est un ordre. Avant que ça grouille de politiciens et de journalistes ici, avant que tout ce merdier prenne des proportions que vous pourrez pas assumer. Bordel de merde, comme si j’avais besoin de ça. Et le reste de l’équipe qui mène l’enquête sur les lieux du recel ? Les lieux du recel ? Qu’est-ce que j’en ai à foutre, moi ? Libérez tout le monde, annulez l’opération. Tout de suite. Maintenant.

Pontes quitta sa cellule en affichant un air hautain. Ils se retrouvèrent tous au siège de l’entreprise. C’est fini pour moi. Mais seu Pontes, vous êtes protégé, vous avez rien à craindre. J’ai une famille. Si ce genre de conneries sort un jour dans le journal, je suis foutu. Je vous laisse ces voitures, à vous de les vendre et de vous partager les bénéfices. Moi, je me barre d’ici. Et la planque ? Je vais la verrouiller. Je verrai plus tard ce que j’en ferai. Entendu ? Tous acquiescèrent. Considérèrent les huit voitures encore en vente. Parfait. Pontes avait de l’argent de côté. Il quitta la ville avec sa famille, et ils allèrent vivre ailleurs.
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Charybde2   10 juin 2021
Casino Amazonie de Edyr Augusto
Chef, voilà monsieur l’écrivain, comme vous aviez demandé. Sans violence, on a même rigolé, tout nickel. Salut à toi, prends un siège. On m’a dit que tu étais accro au Coca Zéro, hein ? J’ai hoché la tête. Servez-en un à notre invité, et bien glacé. Je vais te dire qui je suis : Ariosvaldo, mais tout le monde m’appelle Bronco, un surnom qui date de mon enfance. On sait tout des gens du coin, je t’apprends rien. Je connais le trou à rat où tu habites, là-bas, dans ce vieil immeuble, je sais que ton chien est mort d’un coup y’a pas longtemps, putain de merde, un beau clébard que t’avais là. Mon problème, c’est que tu fouines beaucoup trop à droite à gauche, et tu sais ce que c’est : toute cette zone, elle est sous mon contrôle à moi. Merde, tu te balades sous la protection de Pedro, un mec bien, avec qui je m’entends au mieux, tu vas au Veropa et dans d’autres coins encore pour poser tout un tas de questions. Et on t’a déjà vu faire pareil au 77, à côté de la Banque d’Amazonie. Jusqu’ici, tu t’es jamais mêlé de ce qui te regardait pas. J’ai su que t’avais publié des livres et tout, seulement tu t’imagines bien, pas vraiment le temps de lire. Je lisais, avant, mais ça m’endormait. Tu te rappelles ces petits bouquins d’espionnage qu’ils vendaient en kiosque, la série des Brigitte Montfort, la collection ZZ7… Merde, l’écrivain, il faut que tu me dises ce que tu cherches, au juste. Je t’ai jamais empêché de quoi que ce soit, parce que les gens instruits, ça se respecte. Seulement il faut que tu me dises à quoi ça rime.

J’ai tout expliqué à Bronco. Des recherches pour un livre. Rien à voir avec ses affaires à lui, et je n’avais aucune intention de révéler quoi que ce soit qui puisse le compromettre. J’écris de la fiction, des romans : inutile de t’inquiéter, Bronco. Alors si c’est ça, ça me va. Je te fais confiance, l’écrivain. Mais tu sais qui je suis, quand il s’agit de mon business, je ne joue pas, y’a plus de bonnes manières qui tiennent, tu m’as bien compris ? Bien compris. Mes gars vont te faire boire du goró, de la bonne cachaça de contrebande, histoire que tu dormes un peu, que tu oublies le chemin qu’on a pris… Et merde, doucement, les gars, avec le goró…
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Charybde2   10 juin 2021
Casino Amazonie de Edyr Augusto
Pontes savait jouer de ses contacts au profit de ses affaires. Il possédait une résidence secondaire avec un vaste terrain. Il soudoyait des commentateurs de foot à la radio pour faire la promo de ses matchs. Il finançait des équipes. Il invitait des célébrités à participer à ces fameux tournois informels dont ses joueurs sortaient toujours victorieux. Sa spécialité, c’était la faute près de la zone de réparation. Certains racontaient que chaque matin, il se payait les services d’un gardien de but et de plusieurs hommes qui formaient un mur défensif afin de l’entraîner au coup franc. D’autres disaient que la cage de son terrain était asymétrique, et que dans la seconde mi-temps, son équipe attaquait toujours du même côté, celui où il s’entraînait, et où la barre transversale était plus haute. L’arbitre, qu’il payait, sifflait les fautes, et lui s’occupait des coups francs. Quand il marquait, c’était une véritable fête. Toute l’équipe se jetait triomphalement sur lui, et lui, modeste, minimisait en disant qu’il avait eu de la chance, rien de plus. Le match réunissait un grand nombre d’invités. Des gens connus, qui bossaient à la télé et à la radio. Gio ne connaissait personne. C’était un autre monde. On joue contre l’équipe du docteur Clayton, le mec le plus riche de la ville. Un médecin, mais qui ne pratique plus. Il possède plusieurs hôpitaux ici à Belém, et loin de la côte. Paraîtrait qu’il a aussi un casino illégal, un putain de tripot. Et à ton avis, elle y passe, la police, là-bas ? Des gens vont parier sur le match. Seu Pontes a déjà placé sa mise.
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Charybde2   10 juin 2021
Casino Amazonie de Edyr Augusto
J’ai jeté un coup d’œil à ma montre, hé, déjà l’heure de déjeuner. J’ai pris l’avenue du Président-Vargas, direction le restaurant Largo da Palmeira. Un petit détour par la rue Ó-de-Almeida. Trois types végétaient là, de ceux qui veillent sur les voitures garées en échange de petite monnaie. Nos regards se sont croisés. Je suis passé, et j’ai entendu ce qu’ils disaient. M’sieur l’écrivain se mêle de ce qui ne le regarde pas. Putain. J’ai fait comme si de rien n’était. Dona Fatima, la patronne, a pris ma commande et m’a passé un mot. Je l’ai déplié : « Attention où tu mets les pieds. » Après avoir réglé l’addition, je suis rentré chez moi en remontant la rue Manoel-Barata jusqu’à l’avenue Vargas. Des menaces ?
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Charybde2   07 octobre 2013
Belém de Edyr Augusto
Maintenant, Bode, on est sûrs.

- Sûrs que c'est ce type qui a commandité l'orgie, Gil. Rien de plus.

- Putains de richards. Ce mec a une épouse qui l'attend à la maison, la belle vie, une belle baraque, télévision, voiture étrangère, et il faut en plus qu'il paye pour se taper des femmes. Excuse-moi, même pas des femmes. Des gamines qui sentent encore le lait, des filles qu'ils dévorent comme des lions...

- Eh ouais. Monde de merde.

- Leur monde de merde.

- Le nôtre aussi, parfois.

- Uniquement si tu l'acceptes.

- Question épineuse.

- Babalu ne méritait pas de mourir comme ça.

- Tu l'aimais vraiment ?

- C'est pas ça. C'est juste qu'elle était vraiment belle, tu vois ? Dieu fait les choses bizarrement. Toutes ces bourges qui se tuent à la tâche pour devenir belles, gym, chirurgie esthétique, sapes, et puis apparaît une gamine venue du trou du cul du monde, et elle est naturellement belle, tu vois ce que je veux dire ? Cette fille-là était vraiment spéciale. Je suis sortie avec elle et elle m'a fait une sacrée impression...

- Tu te l'es tapée.

- Je voulais, oui. Je voulais. Mais pas elle. Ce qu'elle voulait, c'était une relation, une vraie, tu vois ? Je l'ai déposée chez elle et je lui ai dit que je la rappellerai. Mais avec cette vie qu'on mène..."
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Charybde2   23 février 2015
Nid de vipères de Edyr Augusto
Wlamir Turvel. Je suis né maudit. Mon père, jamais vu. Ma mère m’a balancé aux bonnes sœurs parce qu’il fallait bien continuer à faire le trottoir. Mais aujourd’hui, ça va, pour la vieille. Je lui ai donné tout ce dont elle avait besoin. C’est comme ça, quand on est un bon fiston. Je savais qu’il me faudrait lutter pour obtenir tout ce que je désirais. Rien ne serait jamais gratuit, pour moi. À douze ans, je travaillais déjà, je charbonnais, j’arnaquais les cons et je me faisais mon fric. J’ai appris à vivre. J’ai tué pour vivre. J’ai même pas fini la primaire, mais j’en sais plus que n’importe quel fils à papa. Plus tard, je me suis acheté un diplôme. Je savais que j’en aurais besoin. Dans la vie, il faut connaître le point faible des autres. Rien de plus. Le reste, ça vient tout seul. Je ne suis pas né pour être pauvre. J’ai fait pas mal de livraisons. J’ai mis de côté. J’avais déjà ma petite flotte de barques motorisées pour transporter la marchandise. Je graissais la patte du maire. Selon mon bon plaisir. Je connaissais ses affaires. Ce sale con. Se chiait dessus. Je regardais la mairie et je savais qu’un jour c’est moi qui y serai. On m’a parlé du trafic d’herbe. Pas compliqué. On en plante ou on en fait venir. Belém en consommait des tonnes. Il fallait de la place. La scierie Rio Fresco, par exemple. Cet Alfredo, un vrai débile.
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belette2911   05 mai 2017
Pssica de Edyr Augusto
Un long couloir. Des chambres minuscules, fétides. Une puanteur de transpiration, de linge sale et de sexe. Un lit. Ils baisent.
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denisarnoud   18 avril 2015
Nid de vipères de Edyr Augusto
Wlamir Turvel. Je suis né maudit. Mon père, jamais vu. Ma mère m'a balancé aux bonne soeurs parce qu'il fallait bien continuer à faire le trottoir. Mais aujourd'hui, ça va, pour la vieille. Je lui ai donné tout ce dont elle avait besoin. C'est comme ça quand on est un bon fiston. Je savais qu'il me faudrait lutter pour obtenir tout ce que je désirais. Rien ne serait jamais gratuit pour moi. À douze ans, je travaillais déjà, je charbonnais, j'arnaquais les cons et je me faisais mon fric. J'ai appris à vivre. J'ai tué pour vivre.
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Lapkast   29 janvier 2014
Belém de Edyr Augusto
En sa qualité de journaliste, Orlando avait rendu de nombreux services à la société, services qui par ailleurs lui avaient valu nombre de ressentiments, mépris et haines. Un fouineur de première qui se considérait meilleur que tout le monde et se vantait sans arrêt. Il avait travaillé pour les trois journaux de la ville de Belém, dont il avait été renvoyé précisément pour la justesse de ses enquêtes, qui finissaient toujours par gêner ses employeurs ployant sous des pressions de toutes sortes, politiques, commerciales, idéologiques. Il dévorait le Journal officiel et n'avait pas son pareil pour interpréter les diverses décisions de l'Etat. Sans emploi, mais non sans prestige, il n'eut d'autre solution que de lancer son propre journal, à la distribution plus qu'aléatoire, avec l'aide d'un ami imprimeur qui se gardait pourtant de faire figurer le nom de son entreprise sur les exemplaires, par peur des représailles.
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asphalte   05 février 2015
Nid de vipères de Edyr Augusto
Ma vie ne ressemble à aucune autre. Ma vie, c’est ma vengeance. C’est ça qui m’a fait tenir. Qui m’a gardée en vie. Et chaque fois que j’entendais parler de Wlamir Turvel, je devenais plus forte.
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