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Note moyenne 4.26 /5 (sur 21 notes)

Nationalité : Haïti
Né(e) à : Port-au-Prince , le 2 janvier 1954
Biographie :


Evelyne Trouillot est née à Port-au-Prince, et a fait ses études universitaires aux États-Unis avant de retourner en Haïti en 1987. Elle travaille dans le secteur de l’éducation.
Elle publie son premier recueil de nouvelles en 1996 et son premier roman, Rosalie l'infâme ( 2003) se situe à Saint-Domingue dans les années 1750.

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"Des Livres et Vous" Evelyne Trouillot (07 Juillet 2017) Des livres et vous avec la voix la plus modeste des lettres haïtiennes. Écrivaine à la plume somptueuse à l'imagerie renversante. Evelyne Trouillot fait poèmes et romans dans un souffle fin et généreux. Mirador aux étoiles, La mémoire aux abois, Par la fissure de mes mots, Rosalie l'infâme, Je m'appelle Fridhomme. Evelyne Trouillot travaille dans la retenue, la presque timidité mais son œuvre est pétrie d'une importante sûreté esthétique. Cette semaine, DLV, vous propose son univers. Tout est dans le concept RTVC.


Citations et extraits (30) Voir plus Ajouter une citation
carre   10 décembre 2012
La mémoire aux abois de Evelyne Trouillot
Ma mémoire s'affole, emmêlée entre souvenirs et réalités, assiégée par tes cauchemars et mes rêves à moi.
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carre   13 novembre 2012
La mémoire aux abois de Evelyne Trouillot
La sienne (son histoire) ressemblait à tant d'autres récits de terre volées, de fils disparus, de chagrins enterrés avec les morts. Mais ta mère savait aussi que chaque détresse érige ses propres lois et que, pour les effacer ou les changer, il faut tant de larmes et d'éraflures qu'elles en deviennent irremplaçables.
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Orphea   12 février 2014
Par la fissure de mes mots de Evelyne Trouillot
Un jour



Un jour je renierai ma mère, les yeux fermés j'irai

sans vagues ni bateaux dans mes prunelles affronter

la sécheresse et les immeubles en verre d'où l'on

apprend à aimer la beauté froide des palissades



Un jour, je renierai la mémoire de mes sens, j'irai

avec sous mes pieds l'odeur des algues broyées, avec,

sous mes bras des éclats d'embruns en bandoulière



Un jour, je renierai la douleur de ma naissance, j'irai

sans estampes ni mains offertes pour retenir le sel

de mes larmes



J'irai sans bâton ni colère dans mes entrailles



Un jour, bientôt peut-être, j'apprendrai à courir

sans rêver de soleils verts, de rire en cascade

et de nasses folles



Mais aujourd'hui mon île a plié son aile et j'y blottis

ma peine d'oiseau écartelé entre l'incertitude

et l'envol dans la beauté émeraude de son histoire

frémissante
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carre   10 décembre 2012
La mémoire aux abois de Evelyne Trouillot
Je veux vivre. Sans cette charge oppressante qui m'a été léguée. Sans peur et sans angoisse autres que celle que la vie m'amènera au rythme du temps présent.
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Orphea   10 février 2014
Par la fissure de mes mots de Evelyne Trouillot
Secousses



La terre a soulevé mon cœur

d'un mouvement sec et violent

elle l'a déchiré

éparpillant mille morceaux

comme larmes d'oiseaux errants

aux quatre vents de mon île

et depuis

chaque nuit

j'entends les battements

hésiter à mi-chemin

entre décombres

et étoiles

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Orphea   10 février 2014
Par la fissure de mes mots de Evelyne Trouillot
(L'errance devenue chair)



Je bois ma terre

par la fissure de mes mots

bris de bleu

en convalescence

brins de rêves

égarés entre ma paupière et

l'incertitude de la mer
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Orphea   12 mars 2014
Par la fissure de mes mots de Evelyne Trouillot
(Larmes bleues)



Le poème refuse l'adieu

plonge dans les couleurs nouvelles

d'une rivière indolente

pour échapper aux syllabes

trop vraies

qui s'éparpillent

en cris retenus

chansons qui se glacent

pour calfeutrer la douleur

ballotée

endormie

par la magnificence

étalée sans souci
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VALENTYNE   02 juillet 2013
Absences sans frontières de Evelyne Trouillot
Il enfouit ses mains gantées dans les poches de son manteau et rentra les épaules. Dans la rue et dans le métro, il avait adopté sans le savoir l’allure précipitée du plus grand nombre, mais évitait de bousculer ceux qui allaient trop lentement en balançant leurs bras, comme si le monde avait le temps de s’accorder à leur rythme, comme si les cheveux blanchissaient moins vite lorsqu’on oubliait de regarder l’heure. Oui, il brûlait d’envie de les pousser de côté pour dévaler les marches des escaliers, s’engouffrer le long des couloirs où la vie a toujours la même clarté artificielle, où les bruits ne reflétaient pas le passage des heures dans ce monde parallèle, où il avait toujours l’impression qu’il fallait se dépêcher pour ne pas courir le risque d’y être à tout jamais prisonnier. Il ne bousculait pas les indolents par pur réflexe de l’immigrant en situation irrégulière, tellement soucieux de ne pas se faire remarquer qu’il ne se rendait même pas compte que son excès de prudence même dévoilait son statut marginal. Pas question d’attirer sur lui les regards déjà soupçonneux des gardiens de l’ordre à la vue d’un homme noir, pas question pour lui de se faire arrêter pour un simple contrôle. Your papers, please. Qu’il haïssait ce mot, trop poli pour être vrai. Please, mains en l’air, jambes écartées, please. Même s’il avait pu avoir sa carte de sécurité sociale et un permis de conduire, avait appris la langue de l’autre, mémorisé les noms et prénoms de ses supposés parents et que toutes les informations de son dossier s’étaient inscrites en lui depuis ces huit ans où il se faufilait dans ce monde encore étrange, il paniquait à l’idée de faire face aux yeux froids et insultants des policiers. Your papers, please, sir. Plus ils se montraient polis, plus il en avait peur.
+ Lire la suite
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troulyne   18 mars 2013
Rosalie l'infâme de Evelyne Trouillot
Vincent est là soudain, solide et sûr, pétri de terre brune et rocailleuse où j’enfouis mes larmes. Tout est dit : les flammes, les cris, la peur, l’angoisse, la honte, l’outrage, la colère et la rage. Je laisse mes doigts refaire connaissance avec ses bras, lianes mystérieuses t puissantes, avec chaque marque, chaque étampe sur sa poitrine
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Orphea   11 mars 2014
Par la fissure de mes mots de Evelyne Trouillot
Nos gestes bleus



Par la fissure d'une syllabe

égarée entre ta douleur et la mienne

le silence tremble



Entre nos émois

un pays s'enfuit



Cheville lourdes

du besoin de se réveiller ici

d'y mourir aussi



Un jour

à bout de défaites

de colères et de désespérances

bras rouges tendus

de flamboyants ininterrompus



D'enfants amoureux de vivre

ici

et d'y mourir aussi

un jour



Dans ta voix la fêlure en ailes

repliées

à la pointe des doigts

où la vie s'accroupit

pour vieillir



Dans le bris de nos rêves

de toi à moi

un pays

affamé de gestes bleus
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