AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix BabelioRencontresLe Carnet

3.88/5 (sur 1073 notes)

Nationalité : Russie
Né(e) à : Lebedian , le 20/01/1884
Mort(e) à : Paris , le 10/03/1937
Biographie :

Écrivain russe connu sous différents noms : Ievgueni Ivanovitch Zamiatine (russe : Евгений Иванович Замятин), Eugène Zamiatine ou Evgueni Zamiatine.
Il est également ingénieur naval et professeur.

Evgueni Zamiatine connaissait bien les œuvres de H. G. Wells. Son œuvre est constamment animée par une volonté hérétique qui lui vaudra les foudres de la censure des gouvernements tsariste, puis communiste.

Son roman le plus connu, Nous autres, exprime sa déception à l'égard de la révolution d'Octobre. Ce roman de science-fiction est une « dystopie », ou contre-utopie ; il est souvent présenté comme la source d'inspiration du Meilleur des mondes (1932) d'Aldous Huxley, de 1984 (1949) de George Orwell et d’Un bonheur insoutenable (1970) d'Ira Levin.

Après des études d’ingénieur à l’Institut polytechnique de Saint-Pétersbourg, où il se spécialise dans la construction navale (et une très brève adhésion au parti bolchevique qui le mène en prison au moment de la révolution de 1905), il est envoyé en 1916 en Angleterre, à Newcastle, pour superviser la construction de brise-glace destinés à la Russie.

Lorsqu’il revient en octobre 1917 à Petrograd, les sentiments ambivalents qu’il éprouve pour la révolution se transforment très vite en une condamnation pour le moins prophétique du totalitarisme à venir.

La publication de nouvelles, puis en 1918, d’un court roman, lui avait valu l’estime d’écrivains comme Bielyï ou Gorki qui le protègera jusqu’à son exil en 1931. Dès les années vingt, en effet, l’essentiel de son œuvre ne sera plus édité en URSS.

Un roman intitulé "Nous autres", qui paraît en anglais en 1924, le fait vite classer avec Pilniak parmi les intellectuels indésirables du régime. Son indépendance et son refus de soumettre l’art à la politique lui attirent des inimitiés, des tracasseries administratives, des interdits de la censure. La presse le dénonce comme traître en 1929 et il quitte l’URSS avec sa femme en novembre 1931 pour aller vivre à Paris, où il mourra six ans plus tard. En 1935, il adaptera les "Bas Fonds " de Gorki pour le film de Jean Renoir.

« Pour moi, en tant qu’écrivain, être privé de la possibilité d’écrire équivaut à une condamnation à mort. Les choses ont atteint un point où il m’est devenu impossible d’exercer ma profession, car l’activité de création est impensable si l’on est obligé de
+ Voir plus
Source : Editions Acte Sud
Ajouter des informations
Bibliographie de Evgueni Zamiatine   (20)Voir plus

étiquettes
Videos et interviews (5) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de

Evgueni Zamiatine (1884-1937) : Une vie, une œuvre (1991 / France Culture). Par Françoise Estèbe. Avec Jean-Pierre Morel (critique aux Nouvelles Littéraires), Leonid Heller et Bernard Kreise. Réalisation : Annie Flavell. 1ère diffusion sur France Culture le 30 mai 1991. Peinture : Portrait de Ievgueni Zamiatine par Boris Koustodiev, 1923. En 1988, la publication pour la première fois en URSS du roman anti-utopiste prophétique de Zamiatine, “Nous autres”, oeuvre politique-fiction, fut l'événement littéraire de la Perestroïka. Esprit lucide et courageux, Zamiatine qui avait pris parti pour la Révolution en 1905, fut un des premiers à analyser la nature profonde du totalitarisme bolchevique et à dénoncer le despotisme nouveau jusqu'au terme de sa vie, en dépit des persécutions. Dans les années 20, Zamiatine, mathématicien, ingénieur naval et écrivain, ami des peintres et des musiciens, est la figure centrale du champ littéraire russe. Prosateur, dramaturge, critique, journaliste (il écrivit notamment dans la revue de Gorki), il est l'auteur de nombreux récits, de nouvelles : “L'inondation”, “Le pêcheur d'hommes”, “La Caverne” ; de romans : “Le fléau de dieu” ; de pièces de théâtre et de scenarii. Rattaché à la tradition de Gogol dans ses premiers récits, il devient le symbole de la culture occidentale au sein des lettres russes et le maître de toute une génération d'écrivains nés après la Révolution. Il s'oppose à la montée du conformisme révolutionnaire en art : « Il n'est de vraie littérature que produite non par des fonctionnaires bien pensants et zélés, mais par des fous, des ermites, des hérétiques, des rêveurs, des rebelles et des sceptiques. » Trotsky le désigne comme un émigré de l'intérieur et “Le diable des lettres russes”, après une lettre célèbre à Staline, est contraint à l'exil. Il mourra oublié à Paris en 1937, à l'âge de 53 ans, ignoré des intellectuels occidentaux fascinés par le modèle soviétique, qui n'ont pas su percevoir dans le cri solitaire de Zamiatine l'oracle de la dissidence. Des extraits de “Seul”, des “Ecrits oubliés”, des “Actes du colloque de Lausanne”, de “Nous Autres”, de “Le pêcheur d'hommes” et de “L'Inondation” sont lus par Jacqueline Danaud et Michel Derville. Sources : France Culture et Wikipédia

+ Lire la suite
Podcasts (3) Voir tous


Citations et extraits (380) Voir plus Ajouter une citation
Le plus beau dans la vie, c'est le délire, et le plus beau des délires c'est d'être amoureux.
Commenter  J’apprécie          550
Traitons à l'acide l'idée de " droit ". Les plus sages des anciens savaient déjà que la force est la source du droit et que celui-ci n'est qu'une fonction de la force. Supposons deux plateaux de balance ; sur l'un se trouve un gramme et sur l'autre une tonne, je suis sur l'un, et les autres, c'est-à-dire " Nous ", l'État Unique, sont sur l'autre. N'est-il pas évident qu'il revient au même d'admettre que je puis avoir certains " droits " sur l'État Unique que de croire que le gramme peut contrebalancer la tonne ? De là une distinction naturelle : la tonne est le droit, le gramme le devoir. La seule façon de passer de la nullité à la grandeur, c'est d'oublier que l'on est un gramme et de se sentir le millionième partie d'une tonne...

Note 20.
Commenter  J’apprécie          500
Après avoir vaincu la Faim (ce qui algébriquement, nous assure la totalité des biens physiques), l'État Unique mena une campagne contre l'autre souverain du monde, contre l'Amour. Cet élément fut enfin vaincu, c'est-à-dire qu'il fut organisé, mathématisé, et, il y a environ neuf cents ans, notre " Lex Sexualis " fut proclamée : " N'importe quel numéro a le droit d'utiliser n'importe quel autre numéro à des fins sexuelles. "
Le reste n'est qu'une question de technique. Chacun est soigneusement examiné dans les laboratoires du Bureau Sexuel. On détermine avec précision le nombre des hormones de votre sang et on établit pour vous un tableau de jours sexuels. Vous faites ensuite une demande, dans laquelle vous déclarez vouloir utiliser tel numéro, ou tels numéros. On vous délivre un petit carnet rose à souche et c'est tout.

Note 5.
Commenter  J’apprécie          490
Evgueni Zamiatine
Les enfants – mais ils sont les seuls philosophes qui aient de l’audace. Et les philosophes audacieux sont des enfants. Il faut toujours demander, comme les enfants : et après ?
Commenter  J’apprécie          482
J'avais conscience de moi. Or, seuls ont conscience d'eux-mêmes, seuls reconnaissent leur individualité, l'œil dans lequel vient de tomber une poussière, le doigt écorché, la dent malade. L'œil, le doigt et la dent n'existent pas lorsqu'ils sont saints. N'est-il pas clair, dans ce cas, que la conscience personnelle est une maladie ?

Note 22.
Commenter  J’apprécie          460
En octobre, quand les feuilles sont déjà jaunies, flétries, fanées, il y a parfois des journées aux yeux bleus ; par de telles journées, si on renverse la tête en arrière pour ne pas voir la terre, on peut croire que c'est toujours le bonheur, toujours l'été.
Commenter  J’apprécie          466
Evgueni Zamiatine
Savoir de façon certaine, sans faute, est une foi.

NOUS AUTRES, Note 11.
Commenter  J’apprécie          420
“C’est ainsi que vous regardent les chats, fixement, en remuant leurs pensées étranges, et devant leurs yeux verts, devant leurs pensées étranges — leurs pensées de chats —, on en a tout à coup un peu froid dans le dos”
Commenter  J’apprécie          392
Inviter une femme,ça peut encore se faire. Mais la laisser s’installer dans votre cœur, pas question ! dit Timocha, en pointant un index menaçant et décharné : si tu la laisses y entrer, t’es foutu. Une bonne femme, vieux, ça fait des racines comme celles de la bardane. Et pas moyen de t’en débarrasser.
Commenter  J’apprécie          384
Comment dire… la vitesse de sa langue est mal réglée ; cette vitesse doit être toujours en retard d'un peu moins d'une seconde sur la vitesse de la pensée et ne doit, en aucun cas, la devancer.

Note 2.
Commenter  J’apprécie          380

Acheter les livres de cet auteur sur
Fnac
Amazon
Decitre
Cultura
Rakuten

Lecteurs de Evgueni Zamiatine (1577)Voir plus

¤¤

{* *} .._..