AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix BabelioRencontresLe Carnet

3.88/5 (sur 42 notes)

Nationalité : France
Biographie :

Psychologue et écrivain
Psychologue et romancier, il a notamment publié dans la collection Pluriel L’Empire des
mères, Le Secret de famille ainsi que L'Âme des objets (Hachette Littératures, 2008).

Source : http://www.fayard.fr/lame-des-maisons-9782818500606
Ajouter des informations
Bibliographie de François Vigouroux   (17)Voir plus

étiquettes
Video et interviews (1) Voir plusAjouter une vidéo

Citations et extraits (41) Voir plus Ajouter une citation
Les troubles sentiments qui surgissent - on ne veut pas trop savoir pourquoi - dans la vie quotidienne sont comme exaspérés dès qu’il est question de la maison. On découvre alors les écheveaux de passions qui s’enroulent autour d’elle. On voit les enfants se disputer avec acharnement des biens qui ne sont que des symboles. Car l’enjeu est toujours le même : à travers les histoires de maison, à travers ces histoires de territoires, de frontières, de peau, il n’est question que de l’amour et de son manque.
Commenter  J’apprécie          250
On croit avoir la maison pour soi. On en franchit le seuil en disant: c'est à moi. C'est un moment de grâce où l'on croirait enfin frôler quelque réconciliation intime. C'est le moment où nous ne sommes plus nous-mêmes et pas encore ce que nous deviendrons. C'est toujours celui où il faut commencer à perdre. Chacun de nous est comme cet homme. Cette folie ne nous est pas étrangère. Elle dit notre besoin d'amour. Un besoin d'amour à perdre la raison. Si les hommes construisent des tours et des temples, c'est aussi pour ne pas devenir fous.(p.87)
Commenter  J’apprécie          70
Ces zones d'ombre que l'on trouve dans la vie de presque toutes les familles, elles ont été mises en place pour masquer quelque malheur ou quelque faute et les secrets ont accompli plus ou moins longtemps dans les comportements et les vies leur œuvre souterraine. Pressentis d'abord, puis révélés, ils peuvent enfin être dits et perdre ainsi de leur pouvoir occulte.
Commenter  J’apprécie          60
Et Alexandre ne pourrait plus jamais espérer être vu par son père: il serait obligé de chercher toute sa vie, désespérément le regard et l'amour d'un mort. Il ne pouvait encore comprendre que les fils portent en eux, jusqu'à en mourir ou à en devenir fou, la mort ou la folie des pères. (p.54)
Commenter  J’apprécie          40
Ce serait donc pour se protéger de la peur, pour se séparer du magma des origines, que l'homme invente des techniques et se construit des maisons. Il s'y abrite sans doute. Mais elles lui servent d'abord à fixer les limites symboliques de l'espace où il vit. (p.69)
Commenter  J’apprécie          40
Il y eut ensuite à mettre un plancher et des fenêtres. Et enfin une porte. C'était l'acte fondateur par lequel on instaure la limite et donc l'existence. Ce fut pour eux un moment important. Ils purent tirer un verrou, fermer sur eux la porte et ils passèrent leur première nuit au Château de Ferrières" (p.83)
Commenter  J’apprécie          30
Enfin des haines recommandables ! Enfin des deuils qui permettent aux survivants d'affirmer leur identité! Enfin des massacres qui liquident les inextricables conflits où pourrit la vie de famille. Enfin la guerre, pour faire œuvre de salubrité publique. (p. 89)
Commenter  J’apprécie          30
Des enfants ignorés et en même temps investis de tous les désirs de la famille. Des petites filles qui croient toute leur vie en la toute-puissance du père. Des mères qui n'en finissent pas de vouloir restaurer les illusoires splendeurs du passé. Des pères faibles qui n'arrivent pas à devenir des hommes.
Soumis à l'implacable volonté des ancêtres, ils avaient tous été tenus de vivre des vies qui n'étaient pas les leurs. Et pourtant ils n'en avaient pas moins éprouvé dans leur conscience et dans leur chair toutes les affres de la liberté. (p. 169)
Commenter  J’apprécie          20
Je voyais ce qu'étaient les Beyssat et les autres et je ne fus bientôt plus qu'un descendant sans qualité, égaré dans le mouvement aveugle des générations. Je les répertoriai sur mon calepin, comme s'il eût été possible de mettre de l'ordre dans ce déferlement. Je découvris que j'avais des oncles, des tantes et des cousins par dizaines. Ils se reproduisaient et se multipliaient sans fin. J'ai commencé à perdre le sentiment de ma réalité, à abandonner la claire conscience de moi-même. Comme si j'avais été possédé. Je ne crois pas que cela se soit jamais produit auparavant dans ma vie mais, pendant quelques instants, dans la salle de cette mairie, je me suis senti autre. J'étais emporté dans le tourbillon du temps. Les générations se pressaient autour de moi, je voyais à quel point je dépendais d'elles. Je n'étais qu'un chaînon dans le maillage fantastique tissé par les familles et cependant je me sentais libre. J'étais tout petit et en même temps immense. Contraint absolument par ce qui m'avait été légué et cependant libre d'être et de comprendre ma place et mon rôle dans l'écoulement du temps. Ce fut, je crois, une vision. Et j'ai ressenti une sorte d'appel. Comme si tous ces ancêtres me demandaient d'inscrire leurs noms, comme si j'étais chargé d'établir le tableau où auraient figurés, rangés, en ordre, tous ceux qui avaient été mes parents. J'ai été tenté de dresser l'inventaire de cette famille. Par compensation pour celle que je n'ai pas eue.
Commenter  J’apprécie          10
Car la construction de la maison et nos rapports avec elle n'obéissent pas seulement à un besoin régressif de protection mais aussi à cette loi de symbolisation croissante qui semble caractériser le phénomène humain. La maison s'enracine dans la terre mère et elle en est en même temps un exhaussement. Elle exerce dans notre vie une fonction symbolique majeure. Et nous-mêmes qui cherchons dans la maison quelque paradis perdu, nous sommes malgré nous contraints d'y appeler un Eden à venir. (p.76)
Commenter  J’apprécie          20

Acheter les livres de cet auteur sur
Fnac
Amazon
Decitre
Cultura
Rakuten

Lecteurs de François Vigouroux (80)Voir plus

Quiz Voir plus

percy jakson

qui est le père de Percy ?

Poséidon
Dionysos
Hadès
Chiron

4 questions
796 lecteurs ont répondu
Thème : Percy Jackson et les Olympiens, tome 1 : Le Voleur de foudre de Rick RiordanCréer un quiz sur cet auteur
¤¤

{* *} .._..