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3.98/5 (sur 80 notes)

Nationalité : France
Biographie :

Gauthier Chapelle est ingénieur agronome et docteur en biologie. Après une thèse en biologie Antarctique, et 5 ans de sensibilisation aux changements climatiques à la Fondation Polaire Internationale, il a rejoint le mouvement du biomimétisme, fondé en 2006 l’association Biomimicry-Europa en vue de promouvoir le concept en Europe, puis le bureau d’études Greenloop en 2007.
Depuis quelques années, il encourage un biomimétisme "low-tech" et se passionne en particulier pour l’agriculture biomimétique et post-pétrole, aux côtés de Pablo Servigne, et de la Ferme du Bec Hellouin dont il a intégré le Conseil Scientifique.
Egalement conférencier, collaborateur scientifique à l’Institut Royal des Sciences Naturelles de Belgique depuis 15 ans, auteur ou co-auteur d’une quinzaine de publications scientifiques, il est aussi naturaliste enthousiaste et amoureux d’oiseaux, de cétacés, d’orchidées ou de plantes sauvages comestibles…

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Source : www.lentrepot.fr/+-Gauthier-Chapelle-+.html
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Gauthier Chapelle explique le biomimétisme.


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Un effondrement de civilisation n'est pas un événement (c'est-à-dire une catastrophe), mais un enchaînement d'événements catastrophiques ponctuels (ouragans, accidents industriels, attentats, pandémies, sécheresses, etc.) sur fond de changements progressifs non moins déstabilisants (désertification, dérèglements des saisons, pollutions rémanentes, extinctions d'espèces et de populations animales, etc.). Nous envisageons l'effondrement de la civilisation thermo-industrielle (ou même plus) comme un processus géographiquement hétérogène qui a déjà commencé, mais n'a pas encore atteint sa phase la plus critique, et qui se prolongera sur une durée indéterminée. C'est à la fois lointain et proche, lent et rapide, graduel et brutal. Cela ne concerne pas seulement des événements naturels, mais aussi (et surtout) des chocs politiques, économiques et sociaux, ainsi que des événements d'ordre psychologique (comme des basculements de conscience collective).
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Y a-t-il encore un monde sauvage ? Le rouleau compresseur de la civilisation n'a-t-il pas déjà tout grignoté, tout ravagé ? Au cours de ces siècles de domestication du monde sauvage, plantes, animaux, microbes, paysages, cultures ont été mis au pas, cadrés, enfermés, mesurés, processés... , tout comme notre psyché, considérablement appauvrie et elle-même domestiquée jusqu'à la folie.

La domestication n’est pas une simple anecdote, ou une petite branche de l’agronomie, c'est devenu notre monde. Imaginez, par exemple, que la biomasse de l’ensemble des humains représente 36 % de la biomasse de tous les mammifères du monde ! Et que 60 % de la biomasse des mammifères de la planète sont des animaux domestiques. Seuls 4 % sont des espèces sauvages (dont les éléphants et les baleines bleues !). La proportion est similaire pour les oiseaux du monde, dont 70 % de la biomasse sont des poules, dindons, oies et canards.

Les zones sauvages ont fortement régressé, particulièrement ces vingt dernières années, malgré des efforts pour les protéger (toutefois deux fois plus lents). Il ne resterait que 13% de surfaces de zones sauvages (non fréquentées par les humains) dans les océans et 23% sur les continents.

Côté psyché, c'est aussi la grande déconnexion. En 2003, les Européens passaient 90% de leur temps à l’intérieur et, selon ·une enquête récente, les Britanniques passent moins de deux heures par jour à l’extérieur, principalement pour aller faire les magasins ou conduire leur voiture. Quant à nos enfants, pour trois quarts d'entre eux, leur temps de jeu en plein air est moins élevé que celui accordé aux détenus de nos prisons.

pp. 247-8
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En 2003, les européens passaient 90 % de leur temps à l’intérieur, et selon une enquête récente, les britanniques passent moins de deux heures par jour à l’extérieur… principalement pour aller faire les magasins ou conduire leur voiture. Quant à nos enfants, pour trois quarts d’entre eux, leur temps de jeu en plein air est moins élevé que celui accordé aux détenus de nos prisons.
Qui sait nommer les plantes qui poussent sur le trottoir d’en face, ou dire quand aura lieu la prochaine phase de la lune descendante ? Qui est capable de localiser cinq espèces de champignons vivant dans les environs ? Quelles espèces d’oiseaux migrateurs avez-vous déjà vues cette année ? A quand remonte la dernière fois ou vous avez parlé à un arbre ? Plongé votre corps dans une eau non chlorée ? Pris un insecte dans votre main ? Dormi à la belle étoile ?
Si, comme beaucoup vous ne savez pas répondre à la plupart de ces questions, vous vivez peut-être ce que l’écologue et écrivain Robert M Pyle, nomma en 1993 « l’extinction de l’expérience » ou la perte des liens directs et réguliers avec le monde vivant.
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Le monde moderne a cherché à s'extraire du système Terre, mais celui-ci, avec les changements globaux, lui revient en pleine figure : montée des océans, fonte des glaciers, tempêtes, canicules, etc. Nous nous croyions hors-sol, débarrassés de toute contingence biologique et touchant la lumière céleste de l'esprit pur, nous nous retrouvons seuls, empêtrés dans un marais boueux avec pour horizon un brouillard qui s'épaissit. Tout cela nous dépasse.
Il est évident que nous ne sommes pas hors Nature. Les liens avec le monde et les autres vivants sont bien réels, complexes, parfois mystérieux, et surtout indestructibles. Ignorer ces liens, c'est se prendre les pieds dedans.
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Beaucoup d’êtres humains sont devenus sourds. « Des siècles d’hubris obstruent nos oreilles comme des bouchons de cire ; nous ne pouvons pas entendre le message que la réalité nous hurle ».
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Le diktat du feel good, de paraître positif ou l'injonction à être heureux met une énorme pression. En ce sens, Weller trouve la peine subversive : " C'est un acte de protestation qui déclare notre refus de vivre engourdi et petit (...) C'est pour cela que la peine est nécessaire à la vitalité de l'âme. Contrairement à nos peurs, la peine est inondée de force vitale." Comme le dit Joanna Macy, " un cœur qui s'ouvre peut contenir tout l'univers."
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Il est des histoires que l'on se raconte depuis si longtemps qu'elles ne ressemblent plus à des histoires mais à des vérités indiscutables. Elles sont le paysage, elles donnent du sens à notre monde et à notre existence, elles constituent le socle inconscient de nos pensées et de nos actions. Parmi ces histoires, il y a celle du progrès, qui raconte que notre société peut croître sans fin. Le savoir, la technologie, l'individu, la liberté, l'économie, les systèmes sociaux sont tous susceptibles de s'améliorer indéfiniment, pour les siècles des siècles car le progrès n'a aucune limite. Cette histoire en génère d'autres, comme le « solutionnisme technocratique » qui consiste à croire que tout problème peut être résolu par une solution technique : des voitures hybrides et des éoliennes pour « résoudre » le réchauffement climatique et la fin des combustibles fossiles ; des drones, du big data, des compteurs intelligents et des réseaux électriques (smart grids) intelligents pour mettre en place la transition énergétique; de l'économie circulaire et collaborative pour abolir la production de déchets, les inégalités et les tensions sociales ; la colonisation de Mars pour échapper à la catastrophe écologique, etc.

Il y a aussi cette étrange croyance qu'il n'existe qu'une seule loi de la jungle - la compétition - et qu'elle peut se traduire en « loi du plus fort ». Et ce conte à la fois magique et tragique qui commence par·: « Il était une fois un peuple d'humains, se séparant de la Nature par son intelligence … » Et tous ces contes s'entremêlent avec une certaine logique. « Le mythe du progrès est fondé sur le mythe de la nature. Le premier nous dit que nous sommes destinés à la grandeur, le second nous dit que cette grandeur est gratuite ».
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Les sciences nous apparaissent bien sûr toujours nécessaires en tant que langage commun pour parvenir à nous comprendre. Mais, au cours de ce XXIème siècle, les esprits qui s'obstinent à chercher à tout prix l'objectivité et la certitude avant de se mettre en mouvement auront plus de risques que les autres de mourir un livre à la main ou derrière un écran.
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Et l’écologue et philosophe Aldo Leopold, de poser les bases d’une éthique commune à la zone critique : « Une chose est juste lorsqu’elle tend à préserver l’intégrité, la beauté et la stabilité de la communauté biotique. Elle est injuste lorsqu’elle tend à l’inverse. »
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Il ne s’agit plus de chercher des « solutions » pour que nos vies ne changent pas trop, mais d’accepter et de se préparer à la possibilité de perdre ce à quoi l’on tient, pour justement nous rendre entièrement disponibles à ce qui arrive (et qui inclut aussi la lutte et l’action).
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