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3.94/5 (sur 337 notes)

Nationalité : Russie
Né(e) à : Voronej , le 22/10/1870
Mort(e) à : Paris , le 08/11/1953
Biographie :

Ivan Alexeïevitch Bounine (en russe : Иван Алексеевич Бунин) est un écrivain russe, poète, nouvelliste et romancier.

Il passe son enfant à la campagne dans les propriétés familiales. Très tôt il a un goût prononcé pour la musique et la peinture, il écrit son premier poème à 8 ans ! À 17 ans, il publie son premier poème dans un magazine littéraire de Saint-Pétersbourg, "La Patrie", et devient correcteur pour un journal local, "Le Moniteur d'Oriol". Il publie à Oriol son premier recueil de poèmes en 1891, puis "Sous le ciel ouvert" en 1898, puis "Automne", pour lequel il reçoit le prix Pouchkine en 1901.

Au début de sa carrière, il travailla également à traduire des auteurs étrangers en russe, notamment Musset. Avant que ne se déclare la Première Guerre Mondiale, il consacra un certain temps à voyager, parcourant les Indes britanniques, Ceylan, l'Égypte, l'Afrique du Nord.

Lors de la révolution d'Octobre, Bounine a 47 ans et il est un écrivain reconnu en Russie. Il fuit Moscou le 21 mai 1918 pour s'installer dans le sud du pays, tenu par les armées blanches. Il quitte la Russie pour les Balkans en 1920, puis s'installe en France, où il vit à Paris et à Grasse. Il publie son journal extrêmement critique à l'égard du régime bolchévique.

L'empreinte qu'il laisse alors en Russie est essentiellement celle d'un poète. Ce n'est qu'à partir de la France que sa notoriété de prosateur va naître. Son œuvre est interdite en URSS et n'y est publiée qu'après la mort de Staline.

Son roman autobiographique "La vie d'Arséniev" (1927-1933) et la plupart de ses œuvres ("Les Allées sombres", 1946) ont pour thème l'amour, la mort et la Russie.

Lauréat du prix Nobel de littérature en 1933, il est considéré comme l'un des plus grands écrivains de prose russes du XXe siècle. Le libellé de décernement du prix est ainsi : "Pour la rigueur avec laquelle il perpétue les traditions de la prose russe classique".

Bounine meurt d'une crise cardiaque. Il est enterré près de Vera Mouromtseva (1881-1961), qui fut sa compagne à partir de 1907 et qu'il épousa en seconde noces en 1922, au cimetière russe de Sainte- Geneviève des Bois.
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Source : Wikipédia
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L'avis de Fédérovski sur Ivan Bouninie


Citations et extraits (296) Voir plus Ajouter une citation
Pour chaque beauté, il y a quelque part un oeil pour le voir.
Pour chaque vérité, il y a quelque part une oreille pour l'entendre.
Pour chaque amour, il y a quelque part un coeur pour le recevoir.

Ivan BOUNINE en 1915
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- Ecoutez, mais c'est de la folie, j'ai perdu la tête !
Mais elle arracha elle même son chapeau et le jeta sur le fauteuil. Ses cheveux aux reflets roux étaient relevés en chignon et retenus par un peigne droit en écaille, sa frange bouclait légèrement sur le front et dans son visage au hâle léger, ses yeux vides mais joyeux me regardaient. Je la déshabillai à la va-vite et elle s'empressa de m'aider. En un clin d'oeil je lui enlevai sa blouse de soie blanche et, tu comprends, ma vue se troubla tout simplement quand je découvris le rose de son corps, doré sur ses épaules brillantes, et la blancheur laiteuse de ses seins aux pointes dures et vermeilles que soulevait son corset, puis, lorsque je vis sortir de ses jupons tombés à terre, ses jolis petits pieds chaussés d'escarpins dorés et ses jambes dans des bas crèmes ajourés, avec ces larges pantalons de batiste, tu sais, fendus sur le côté, comme on en portait à cette époque. Ses yeux virèrent au noir et se firent plus grands encore, ses lèvres s'ouvrirent fébrilement... Je vois cela comme si je l'avais devant mes yeux ; il y avait en elle une ardeur folle...
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Dans la cabine il fait de plus en plus chaud. Je dors en tenue d'Adam. Ce frêle navire qui nous garde et nous transporte sur ces abîmes incommensurables n'arrête pas de tanguer et de rouler, par toutes les fenêtres et les portes souffle un vent d'une grande douceur, dans un coin bourdonne le ventilateur - et on a pourtant l'impression d'être aux bains russes...
Parfois, je me représente moi-même en train de dormir, étendu dans cette cabine, sans défense, dénué de pensée et de conscience, perdu dans l'océan. Comme c'est merveilleux et terrifiant, comme c'est bon ! Je dors, nous dormons tous, exceptés ces deux ou trois individus privés de sommeil, silencieux, immobiles, qui sont de quart et veillent sur nous là-bas, là-haut ; nous dormons, et la nuit, éternelle, immuable, est la même qu'il y a des milliers d'années ! La nuit, d'une beauté indicible, et je ne saurais dire pourquoi - essentielle - brille au-dessus de l'océan et conduit ses astres qui lancent des feux de pierres précieuses, tandis que le vent, véritable respiration divine de ce monde merveilleux et incompréhensible, entre par les fenêtres et les portes, entre dans nos âmes ouvertes avec confiance à cette nuit, et à toute la pureté céleste de ce souffle.
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Je me réveillais tôt et pendant qu'elle dormait encore, je me promenais dans les collines et les forêts épaisses jusqu'au moment du thé que nous prenions vers sept heures. Le soleil brûlant, radieux et pur était déjà haut. Une brume parfumée, qui brillait comme de l'azur, se glissait parmi les arbres puis se dissipait ; au-delà des sommets boisés étincelait la blancheur éternelle des montagnes enneigées... Au retour, je passais par le marché de notre village où la chaleur se mêlait à l'odeur du fumier séché qui s'échappait des cheminées ; on y commerçait ferme, on s'y bousculait au milieu des gens, des chevaux et des ânes : le matin, il y avait là des montagnards en grand nombre, venus de tribus différentes. Les jeunes Tcherkesses marchaient gracieusement dans leur longue robe noire et leurs sandales rouges. Elles avaient la tête prise dans des tissus noirs, comme pour le deuil, d'où s'échappaient parfois, furtivement, leur regard d'oiseau.
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Ainsi j'ai survécu à sa mort, après avoir dit hâtivement que cela me serait impossible. Mais au souvenir de tout ce que j'ai connu depuis, je me demande toujours : mais finalement qu'y a-t-il eu dans ma vie ? Et je me dis : rien d'autre que cette soirée froide d'automne. A-t-elle vraiment eu lieu ? Oui, tout de même. Et c'est la seule chose qui ait existé dans ma vie ; le reste n'est qu'un rêve inutile. Et je crois, je crois avec ferveur qu'il m'attend quelque part là-bas, avec le même amour, la même jeunesse que ce soir là. "Fais ta vie, sois heureuse sur la terre et viens me rejoindre...". J'ai vécu, j'ai eu du bonheur, et maintenant je ne serai plus longue à venir.

3 mai 1944
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Nous commençâmes nous aussi notre vie tropicale, faite d'oisiveté merveilleuse, de repos dans les fauteuils en rotin qu'on avait installés pour nous sur le pont ,dans une ombre transparente pleine de lumière. Nous étions allongés et regardions le vide lumineux du ciel étincelant, visible entre le bord du bateau et la tente, nous étions émerveillés par l'eau qui apparaissait à travers les grilles des rampes d'appui. C'était une pierre précieuse et translucide, un alliage de pierres fines vertes indescriptibles, dans la transparence desquelles ondoyaient des volutes d'un vert trouble. L'eau filait, se balançait, se hérissait par moments de hautes crêtes aiguës et bouillonnait avec un bruit puissant et enchanteur. Le cuisinier, originaire de quelque endroit des Pyrénées, travaille dans sa cuisine en chantant : il a une voix merveilleuse qui, parfois, monte très haut. Et sa chanson, avec une tristesse pleine de douceur, dit le bonheur de vivre, d'aimer, de rêver dans ce monde divin plein de lumière...
Après le dîner, nous sommes allés en haut dans la grande cabine du capitaine. Il nous a emmenés sur la passerelle, nous a montré le globe céleste, les nouvelles étoiles du Sud qui se découvrent à nous.
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Vive et soumise, elle enjamba tout le linge qui traînait par terre et resta nue, grise et mauve, avec ce corps si particulier aux femmes quand il est pris de frilosité nerveuse, qu'il se tend et devient frais sous l'effet de la chair de poule, et dans ses modestes bas gris, aux jarretelles toutes simples, et ses pauvres petites chaussures noires ; elle lui jeta un regard ivre et triomphant, les mains à ses cheveux pour en retirer les épingles. Glacé, il la suivait des yeux. Elle était mieux faite, plus jeune de corps qu'il n'avait pensé. La maigreur des côtes et des clavicules répondait à celle du visage et à la finesse des mollets. Mais les hanches étaient vraiment fortes. Dans le ventre légèrement creux, disparaissait un nombril minuscule, et plus bas, l'on retrouvait dans le relief soyeux d'un triangle noir la sombre richesse de ses cheveux. Quand elle eut retiré ses épingles, ils roulèrent en masse épaisse sur les vertèbres saillant dans le dos trop maigre. Elle perdait ses bas et, en se penchant pour les retenir, laissa voir deux petits seins transis aux pointes brunes et fripées qui pendaient comme deux petites poires chétives, adorables de pauvreté. Il la força à goûter à cette impudeur extrême qui allait si mal à son visage et qui éveillait en lui pitié et tendresse, et passion... On ne pouvait rien voir à travers les lames relevées du store, mais elle y jetait des coups d'oeil de terreur exultante, écoutant les voix tranquilles et les pas sur le pont juste sous la fenêtre, et cela augmentait avec encore plus de fureur les délices de sa débauche. Oh ! comme ils sont près ces gens qui parlent et qui marchent, et aucun d'eux n'a idée de ce qui se passe à deux pas dans cette cabine blanche.
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J'étais un symboliste, un mystique, un réaliste, un néoréaliste ... un naturaliste, et Dieu sait quoi encore. Les critiques m'ont collé tant d'étiquettes que je me sentais comme une valise qui avait fait le tour du globe.

Introduction, page 5.
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“Tout allait pour le mieux : j’étais reçu et j’avais trois longues semaines de liberté devant moi ! Cela aurait dû m’épouvanter : moi qui n’avais connu depuis ma naissance que la liberté la plus totale, je devenais soudain une sorte d’esclave que l’on relâchait pour trois semaines seulement de permission.”
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Non, je ne suis point moine, ma bure et ma calotte ne sont que les signes de l'humble pêcheur, serviteur de Dieu, errant de par les terres et les eaux, en route depuis maintenant plus de six dizaines d'années. J'ai mon origine dans une contrée lointaine, au nord. Là-bas la Russie est obscure, immémoriale, elle n'est que lacs, forêts et marécages, rares sont les habitations. Il y vit une multitude de bêtes sauvages, des oiseaux sans nombre, on y voit le grand duc aux larges aigrettes, te fixer de son oeil d'ambre, perché sur un sapin noir. Y vivent l'élan au long nez et le cerf magnifique qui se lamente et brame après sa compagne dans le bois qui résonne... Il neige tout au long des hivers sans fin, le loup y conduit sa migration et s'approche jusqu'en dessous des fenêtres. L'été, l'ours danse dans les forêts et se balance sur ses grosses pattes ; dans les fourrés impénétrables le sylvain siffle, il hèle le passant et joue sur sa flûte ; la nuit sur les lacs, les ondines font comme une brume blanche et elles s'allongent, nues, sur la berge pour tenter de l'acte de chair et de la fornication insatiable ; il est plus d'un malheureux qui ne s'adonne désormais qu'à cette seule fornication restant la nuit à leur côté, dormant le jour et se consumant dans les fièvres, sans plus de souci de la tâche quotidienne.. Il n'est rien sur la terre de plus puissant que la concupiscence, qu'il s'agisse de l'homme ou du reptile, du fauve ou de l'oiseau, mais elle est plus redoutable encore chez l'ours et le sylvain !
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Ivan BOUNINE

Ivan Bounine (1870-1953) fut le premier russe à obtenir le prix Nobel de littérature en :

1930
1933
1936
1939

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