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Claire Hauchard (Traducteur)Jacques Catteau (Préfacier, etc.)
ISBN : 2253083984
Éditeur : Le Livre de Poche (12/03/2008)

Note moyenne : 4.31/5 (sur 24 notes)
Résumé :
A travers le personnage d'Arséniev, Ivan Bounine décrit sa jeunesse russe passée à la campagne dans la région des steppes. Roman du destin, de l'émotion et de la quête du bonheur, La Vie d'Arséniev nous plonge d'emblée dans l'univers intime d'un enfant solitaire élevé dans une nature nue et sans bornes. L'immensité du domaine familial, la terre, les animaux, les premières expériences de la mort façonneront une intelligence intuitive, comme habitée par une prescience... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (4) Ajouter une critique
Bookycooky
  20 janvier 2015
Je quitte à regret Alexis Arseniev alias Ivan Bounine,premier écrivain russe à recevoir le prix Nobel de Litterature en 1933.
Dans ce roman autobiographique ,bien que l'auteur ne voulait pas qu'on le qualifie de tel,il raconte les vingt premières années de sa vie,passées en majorité dans le domaine familial,à 400 km environ au sud de Moscou,aux confins d'une vaste région de steppes.C'est un solitaire qui vit dans son monde intérieur trés riche,et son extrême sensibilité lui permet de capter et de profiter de tout ce qui l'entoure,y comprit ce qui est négatif et dérangeant.
Avec une prose magnifique et fluide,il nous plonge dans cette Russie d'antan,fin XIXème siècle.Les descriptions trés poétiques de la campagne russe,les figures insolites qu'il nous croque avec beaucoup de sensualité,les nombreuses références à la Littérature russe,sa vie amoureuse,son excellent autocritique du mâle amoureux possessif,,et sa quête d'inspiration en tant qu'écrivain en herbe("Eh bien pensais-je pourquoi ne pas écrire tout simplement un récit sur moi-même ?mais comment procéder?...),en font un roman plein de charme et que j'ai adoré!
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seblac
  02 mai 2016
Il y a des livres qui vous parlent tout de suite et jusqu'au bout. Il y a des livres que l'on rencontre comme si on les connaissait depuis toujours. Il y a des livres où tout semble simple, évident. Il y a des livres que l'on redoute presque de finir tant on a peur qu'après tout paraisse fade, ennuyeux...Il y a des livres qui sont plus des livres...
Et peu importe qu'ils se déroulent dans des lieux totalement inconnus et en des temps révolus car il y a aussi des livres intemporels et universels. Telle a été pour moi la lecture de la vie d'Arséniev d'Ivan Bounine.
Ce livre je l'avais acheté il y a assez longtemps après voir lu une interview d'Andréi Makine qui en parlait dans les termes les plus élogieux. Et puis je l'avais laissé de coté, sans véritable raison...Quelle force a fini par le rappeler à ma mémoire, je l'ignore mais ce que je sais c'est qu'une fois ouvert il ne s'est jamais vraiment refermé depuis. Même terminé, le flot des mots de Bounine continuent à couler en mon esprit.
Cette vie d'Arséniev est un récit très largement autobiographique même si Bounine ne l'entendait pas de cette oreille. Dans ces pages, il livre à travers le personnage d'Arséniev les souvenirs de sa jeunesse passée en Russie centrale dans une de ces campagnes infinie et loin de tout. Rien que de très classique me direz-vous. Oui mais...quelle sensibilité dans les description de ces campagnes russes, quelle tendresse dans les récits de cette vie familiale pourtant pas si joyeuse que cela.
Il y a dans ces pages tant de moments émouvants et poignants que je ne sais lesquels choisir...Peut être la profonde affection du fils pour son père. Un piètre chef de famille pourtant, qui lentement mais surement conduit les siens vers la ruine...Un piètre gestionnaire,mais un homme sensible, probablement inadapté au monde dans lequel il vit mais qui sent chez son fils un talent pour la littérature et l'encourage dans ce sens. Combien de ces pères auraient pu encourager leur fils à abandonner ses étude pour se consécrer à la poésie, à la littérature ? Peu..surement bien peu. Arséniev le sait et malgré et pudiquement, sans presque un mot, le fils voue à son père une affection infinie qui éclipse presque totalement la figure maternelle.
Mais la jeunesse d'Arséniev c'est aussi le contact avec la nature : les chmpas, les bois. Une vie où peu à peu on se laisse aller à observer, à écouter, à sentir, à toucher. Une vie simple où les sens finissent par s'emerveiller de toutes ces petites choses qui s'impriment en vous, pour toujours.
Mais ressentir cette nature est une chose..être capable de transmettre ces sensations en est une autre et Bounine y parvient avec un talent incroyable. Tout est dit dans un style fluide, lumineux. Il y a chez Bounine un sens profond de la poésie. Il fait partie avec Tourgueniev et Essenine de ces écrivains russes qui ont chanté le mieux ce monde rural, ce monde aujourd'hui disparu à jamais.
Mais la vie d'Arseniev c'est aussi la confrontation terrible avec la mort. Cette jeune soeur arrachée par la maladie...quelle tristesse dans ces lignes...quelle pudeur aussi. le malheur passé, la vie reprend tant bien que mal son cour jusqu'au malheur suivant...
Ce roman c'est aussi l'éveil à la littérature d'un jeune sensible et cultivé, un jeune homme qui se nourrit au meilleur de la littérature de son pays : Pouchkine, Gogol, Lermontov, Tolstoï, Tourgueniev et tant d'autres qui vont faire de lui un poète déjà publié dans des revues de la capitale.
Puis vient le temps de quitter le nid familial de s'envoler vers le Sud, vers cette petite Russie lumineuse et ensoleillée qui a fasciné tant d'écrivains. C'est la découverte de la vie urbaine mais c'est surtout la découverte du sentiment amoureux dans les bras de Lika. Les premiers instant d'un bonheur immense, trop vite balayés par la jalousie, l'incompréhension. Une plaie jamais refermée mais pudiquement dissimulée.
Ce monde que Bounine décrit à la fin des années 20, c'est un monde qui n'est plus. La modernité, les guerres, la révolution l'ont piétinné. Cette Russie de la fin du XIXe est morte. Mais malgré tout par la magie de l'écriture, l'auteur lui offre une nouvelle vie. Une vie éternelle qui se transmet d'auteur à lecteur.
L'écriture est définitivement plus forte que la mort. Merci monsieur Bounine de nous le rappeler. Mille mercis. Infiniment merci.
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AnnaDulac
  28 juin 2016
Très rares sont les livres comme celui-ci : inoubliables. Ils s'insinuent dans une part mystérieuse de l'être-lecteur, où ils habitent et d'où ils rayonnent, à jamais.
C'est dans un paysage méditerranéen, palmiers, eau bleu marine, aridité qu'Ivan Bounine a fait ressurgir, par la puissance de l'écriture, les steppes, les bouleaux blancs, les neiges de sa Russie natale. Son enfance dans une campagne perdue et « un manoir isolé ». Ses études. Ses visites dans des villes dont le seul nom le faisait rêver. Ses parents. Les courses folles à cheval. L'amour de Lika.
Exilé à Grasse, après la Révolution d'Octobre, Ivan Bounine, aristocrate de vieille souche « glorieuse, bien que désargentée »,
Prix Nobel en 1933, a écrit cette « Vie d'Arseniev », non pas comme une autobiographie, mais comme un manifeste de son existence.
Les mots sont capables de susciter des épiphanies, des apparitions, aussi bien chez celui qui écrit que chez le lecteur.
Les mots créent et recréent le monde, racontent le bruit des traîneaux sur la glace, saisissent la lumière diffuse dans les feuillages, et finalement terrassent la mort.
Le récit commence très simplement : « Je suis né il y a un demi-siècle, en Russie centrale, dans le domaine paternel. »
Et immédiatement, Bounine parle du sentiment de finitude : « Sans cette conscience de ma condition mortelle, aurais-je pu aimer la vie comme je l'ai aimée et l'aime encore ? »
Tout est dit. La mémoire et les mots qui l'incarnent sont les seuls remparts contre la disparition.

Bounine-Arséniev raconte de manière très émouvante et dans une langue extraordinairement poétique comment il s'est éveillé à la vie et aux sensations.
« Mon premier souvenir est quelque chose d'assez ténu, qui me laisse perplexe. Je me souviens d'une grande pièce éclairée par un soleil d'arrière-saison, dont l'éclat sec illuminait le flanc de la colline que l'on apercevait de la fenêtre donnant au midi. »
« En grandissant, j'ai commencé à m'intéresser au spectacle de la vie, à enregistrer dans ma mémoire des visages, des tableaux de notre existence au manoir et certains événements. »
Il y a aussi les premières bottes rouges, une petite boîte de cirage en écorce de saule, de « petites joies humaines… »
« Tout doucement les gens entraient dans ma vie, pour en faire partie à jamais. »
Le père qui vit dans une « heureuse oisiveté, si répandue chez les hobereaux », « gai à table », « versatile », « chasseur », « flambeur »…
Et la mère « inséparable de ma propre personne », riche de tant d'amour qu'elle ne peut être que triste, parce que « les choses et les êtres que nous aimons sont pour nous une souffrance, ne serait-ce que par la crainte perpétuelle de les perdre. » ou « Elle suffoquait d'un trop-plein d'amour pour son entourage. »
Pourtant la « Vie d'Arseniev » n'est nullement un texte amer ou tissé de regrets. Il est l'existence même.
On y trouve « les confins de la steppe », l'immensité des paysages, l'amour, l'ouragan, les grêlons, un radis croqué dans le jardin potager, le cocher en chemise de soie jaune et gilet de velours…

Bounine est un auteur dans la lignée de Tolstoï. Il parle d'un monde révolu, d'avant la Révolution, doux-amer.
On peut trouver la « Vie d'Arseniev » en collection de poche.
Il faut le découvrir absolument.

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ivredelivres
  10 février 2009
L'hiver est la meilleure période pour entreprendre un voyage dans la steppe russe, une troïka, des fourrures et à l'arrivée un énorme samovar.
C'est ce que je vous propose à travers « la vie d'Arséniev » les souvenirs de jeunesse d'un héros qui ressemble comme un frère à Yvan Bounine.
la Russie impériale jette ses derniers feux et nous voilà au sein d'une famille de la noblesse terrienne avec sespersonnages hauts en couleurs et attachants.
La mère effacée, le père qui dilapide au jeu la fortune familiale sans que jamais personne ne semble lui en tenir rigueur, les frères contraints d'aller chercher fortune au loin les soeurs ombres fugitives à peine évoquées.
L'on suit les tribulations de la famille au gré des pertes de jeu, des héritages, des récoltes, des désastres naturels, des fêtes religieuses, des voyages.
Le héros dès l'enfance est d'une sensibilité exacerbée, il se tourne à l'adolescence vers l'écriture, la poésie.
Le récit est fait de petites scènes, de tableaux de la vie russe et de descriptions d'une nature omniprésente.
La vie campagnarde, les travaux des champs, le passage des saisons, l'antique demeure, les senteurs , les couleurs sont superbement restitués.
Les descriptions de la nature sont lumineuses, chaleureuses et empreintes d'une grande mélancolie. La mort est très présente aussi, angoissante et marquée de mysticisme ( les fêtes religieuses, les icônes russes ...)
Lorsque Yvan Bounine écrit « la vie d'Arséniev » il est en exil en France et le monde décrit dans son roman a disparu, balayé par l'histoire. Il sait nous communiquer l'amour de sa patrie, et grâce à une écriture pleine de poésie et de sensualité on est gagné par l'émotion.
La magie a opéré, j'ai ressenti de façon poignante, la perte, la nostalgie, l'atmosphère d'un bonheur définitivement perdu.

Lien : http://asautsetagambades.hau..
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Citations & extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
BookycookyBookycooky   17 janvier 2015
Au lycée ,je ne sais pourquoi,on nous avait fait apprendre par coeur:"....Pour préparer la levée du corps,en présence des proches,des amis et des parents du défunt,on multiplie les encensements autour du trépassé et on chante les tropaires pour le repos de son âme jusqu'au Jugement dernier et jusqu'à la résurrection des morts...".Je songeais tout à coup avec stupéfaction que ce "chrétien" en l'occurrence,était Pissarev et je fus épouvanté de penser au temps infini qu'il lui faudrait attendre jusqu'à la résurrection ,après quoi commencerait,paraît-il,et se prolongerait dans les siècles et les siècles,une existence,absolument inimaginable,n'ayant ni sens,ni finalité,ni échéances...p.163
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BookycookyBookycooky   15 janvier 2015
Nous n'avons pas la notion de notre commencement ni de notre fin.Et je regrette que l'on m'ait dit à quelle date précise je vins au monde.Si je ne l'avais pas su,je n'aurais maintenant aucune idée de mon âge-d'autant plus que je n'éprouve point encore le poids des ans-et je ne souffrirais pas de penser que dans dix ou vingt ans il me faudra mourir.page9(toujours la première page,à ce rythme je vais transcrire tout le livre...)
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moraviamoravia   27 novembre 2014
On trouvait naturellement dans ce milieu des gens très différents, non seulement par les degrés variables de leur flamme révolutionnaire, de leur “amour” envers le peuple et de leur haine envers ses “ennemis”, mais plus généralement par leur façon d'être, aussi bien extérieure qu'intérieure. Toutefois, dans l'ensemble ils se montraient assez étroits, bornés, intolérants, et professaient une doctrine plutôt simpliste : l'humanité c'est nous, et avec nous les “humiliés et offensés” de tous bords ; tout le mal est à droite, tout le bien à gauche ; toute la lumière est dans le peuple, dans “sa sagesse traditionnelle et ses espoirs” ; tous les malheurs viennent du régime et de cette bande d'incapables au pouvoir (que l'on semblait même assimiler à une peuplade spéciale) ; il n'y a de salut que dans la révolution, la constitution ou la république…[....]
Tel était le milieu auquel je m'intégrais à Kharkov.
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ivredelivresivredelivres   10 février 2009
« A commencer par cette campagne perdue au fond de laquelle s’est déroulée ma petite enfance. Des champs déserts, un manoir solitaire au milieu...L’hiver, un océan de neige à l’infini, l’été, un océan de blé, d’herbes et de fleurs...Et le perpétuel silence de ces champs, leur étrange mutisme..Mais une marmotte ou une hirondelle sont-elles tristes dans un trou perdu plein de silence? Non elles ne demandent rien, ne s’étonnent de rien, elle ne sentent pas cette présence secrète que l’âme humaine perçoit dans le monde qui l’entoure, elles ne connaissent ni l’appel des espaces ni la course du temps. »
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NuageuseNuageuse   30 décembre 2016
Mais on voulait des fleuves de lait, une liberté sans freins, la fête ; et ce vieux rêve n'explique-t-il pas en grande partie l'agitation révolutionnaire russe? D'ailleurs en Russie, d'une façon générale, qu'est-ce qu'est un protestataire, un révolté, un révolutionnaire, sinon un individu détaché jusqu'à l'absurde de la réalité, la méprisant, refusant de se soumettre à la raison, au calcul, incapable d'oeuvrer dans la modestie, la patience, la grisaille quotidienne? Comment ! servir dans les bureaux d'un gouverneur de province, verser au service public une misérable obole? Pour rien au monde !
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L'avis de Fédérovski sur Ivan Bouninie
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