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4.04/5 (sur 153 notes)

Nationalité : France
Né(e) le : 01/07/1939
Biographie :

Jean-Louis Maunoury est poète, dramaturge et romancier, il vit et écrit à Nice.

Il est l’auteur de Le Saut de l’ange (Gallimard), Exodes (Denoël), La Vie exemplaire de Bilal l’Avertisseur (Robert Laffont), Sublimes Paroles et idioties de Nasr Eddin Hodja (Phébus).

Les figures, qui se répondent, de l’idiot sacré et du fou sage sont au cœur de son œuvre.

Source : www.editionstelemaque.com
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"Nasredin et la voie de la sagesse" conté par Kamel Zouaoui


Citations et extraits (74) Voir plus Ajouter une citation
Le 620

Un enfant seul dans une gare
il n'attend pas le train
inscrit sur sa chemise
un numéro: le 620

Les gens vont sur le quai
sans jeter un regard
sur cet enfant-valise
sur cet enfant-paquet

Ses parents sont au ciel
lui est sur terre
et la terre est toute vide
comme son petit sac à dos

Là-bas des bras sont prêts
des lèvres et des mots doux
on prépare un lit dans une chambre
mais ce n'est pas le sien

Une main lui prend la main
il suit comme un petit chien
l'enfant de la salle d'attente
qui n'attendait plus rien

Un enfant seul dans une gare
un enfant que la guerre
a laissé en souffrance
il n'a pour nom qu'un nombre

Le 620
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- Eh bien, ma pauvre Khadidja, tu en fais une tête ! Une vraie tête d'enterrement.
- Tu ne crois pas si bien dire. Je suis allée tout à l'heure aux obsèques d'une cousine. Si tu crois que j'ai le coeur à rire !
- La mort de ta cousine n'a rien à voir là-dedans, tu faisais exactement la même tête le jour de nos noces.
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DANGER DE MORT

Nasr Eddin se réveille en pleine nuit, agité d’un pressentiment. Il regarde par la fenêtre et il voit, éclairée par la lune, une forme blanche de taille humaine qui s’agite dans le jardin. Il secoue sa femme :

— Réveille-toi, fille de l’oncle. Nous sommes cernés par un voleur ou par un fantôme.

Khadidja, aussi terrorisée que son mari, se réfugie au fond des couvertures sans même répondre.

N’écoutant que son courage, qui ne lui dit d’ailleurs pas grand-chose, Nasr Eddin sort prudemment sur le pas de sa porte et, ramassant une grosse pierre, il la lance de toutes ses forces en direction de l’intrus. Il fait mouche car la forme blanche tombe par terre, où elle reste immobile.

Le Hodja s’approche à pas de loup pour identifier la victime et il revient quelques instants après, tremblant encore de tous ses membres :

— Par Allah ! ma femme, il s’en est fallu de peu que tu ne me revoies pas vivant.

— Pourquoi ? Tu as été attaqué ?

— Presque. J’ai abattu ma chemise que tu avais mise à sécher dans le jardin. Tu te rends compte, si j’avais été dedans !
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LE RAPPORT

Timour Leng a convoqué Nasr Eddin pour une affaire sérieuse.

— Nasr Eddin, tu as acquis, dit-on, la connaissance des mystères. Je voudrais donc que tu me dises ce qu’est une certaine science occulte appelée « ésotérisme », paraît-il.

— Par la barbe du Prophète, seigneur, je n’ai jamais entendu parler de cette science-là !

— Eh bien, informe-toi, questionne. Je veux que tu me fasses un rapport là-dessus dans un mois.

Un mois plus tard, Nasr Eddin, qui entre-temps s’est borné à cultiver son jardin et à bichonner son âne comme d’habitude, revient à la cour, mais les mains vides.

— Nasr Eddin, je vois que tu as oublié ce que je t’avais demandé.

— Oublié ? Ô maître du monde ! J’ai parcouru des provinces entières, j’ai questionné les plus grands sages, j’ai lu des centaines de traités. Et qu’Allah me maudisse si je mens !

— Mais alors donne-moi ton rapport. Je ne le vois pas.

— Mon rapport tient en un seul mot !

— Comment ? fait Timour stupéfait, un seul mot pour expliquer toute une science secrète ! Dis-moi donc lequel.

— CAROTTE ! crie soudain Nasr Eddin aussi stupidement que glousse un dindon.

— Comment carotte ? Que signifie cette incongruité ?

— CAROTTE ! répète sur le même ton Nasr Eddin. J’ai appris deux choses en effet sur l’« ésotérisme ». La première, c’est que beaucoup d’ânes s’y intéressent. La deuxième est que, fort heureusement, la partie la meilleure en est cachée.
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Visions

Dès qu’il fait partie du proche entourage de Timour Leng, Nasr Eddin se fait passer pour un grand mystique doué de pouvoirs surnaturels. Mais son maître en veut des preuves irréfutables.
— Tous les mystiques ont des visions, paraît-il. Mais toi ?
— Par Allah, lui répond Nasr Eddin, J’en suis comblé à chaque instant.
— Hé bien, reprend Timour Leng, dis-moi ce que tu es en train de voir, et si tu ne vois rien, je te coupe la tête sur-le-champ.
— Je vois des ailes de feu battre les cieux, je vois à la place du soleil un trône de diamants porté par quatre lions d’or, je vois des ruisseaux de lait coulant intarissables des nues, je vois…
— Quelles visions extraordinaires ! l’interrompt Timour Leng, soudain saisi d’admiration et de crainte. Ô vénérable derviche ! Comment fais-tu, dis-moi, pour franchir ainsi l’apparence des choses ? Quels efforts accomplir sur soi-même pour être ainsi emporté jusqu’au septième ciel ?
—  Il n’y a aucun effort à faire, la peur suffit.
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Nasr Eddin se rend dans le bois avec son âne pour faire du fagot. Il place la charge sur le dos de l'animal mais elle est si lourde que le pauvre n'arrive pas à suivre son maître.

Un paysan, voyant la scène de son champ, lui dit :

- Par Allah ! Je n'ai jamais vu un âne aussi paresseux. Il y a pourtant un moyen radical de lui faire accélérer le train.

- Tu veux parler de la carotte, j'imagine ?

- Non, du piment rouge. Tiens, prends celui-ci, ouvre-le et frotte-lui-en le cul. Tu m'en diras des nouvelles !

Nasr Eddin prend le piment rouge et il fait comme l'homme le lui a conseillé. Aussitôt l'âne, le derrière en feu, démarre au grand galop, et Nasr Eddin se met à courir derrière lui pour l'attraper. Mais rien à faire. L'âne est emballé.

Alors Nasr Eddin ne fait ni une ni deux, il lève son djubbé et se frotte les fesses avec le piment. L'effet est immédiat, tellement puissant que notre homme dépasse bientôt l'âne et qu'il entre le premier dans la cour de sa maison, où il commence à tourner sans plus pouvoir s'arrêter.

Sa femme apparaît bien vite sur le pas de la porte pour observer ce prodige. Nasr Eddin lui crie, hors d'haleine :

- Attrape-moi, attrape-moi vite, ô fille de l'oncle, au lieu de me regarder. Je n'arrive plus à m'arrêter !

- Mais comment donc pourrais-je t'attraper ? Tu fonces comme un taureau en chaleur !

- Va chercher un piment et frotte-t'en le cul !

page 137
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Quand Nasr Eddin sort de chez lui, il laisse toujours la porte ouverte. En revanche, lorsqu'il rentre il se barricade très soigneusement.
On a bien remarqué ce comportement étrange, et lorsqu'un voisin finit par lui en demander la raison, il explique sans se faire prier :
- Je suis exactement à l'opposé de vous autres. Le seul objet de valeur que je possède, c'est moi-même. Ainsi, quand je suis chez moi, je me prémunis contre les voleurs, mais que m'importe s'ils entrent quand je n'y suis pas !
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UNE PREUVE EXPÉRIMENTALE

Tout en sirotant son thé au tchaïhané, Nasr Eddin saisit les bribes d’une conversation très animée entre deux clients :

— Par Allah ! Cesse de me contredire, fait l’un d’eux en haussant le ton. Je te le dis et te le répète : il est bien établi qu’en dépit des apparences tous les hommes qui portent une longue barbe sont complètement stupides.

C’est pour le Hodja un véritable choc, car sa barbe de vieillard lui descend jusqu’à la poitrine.

Sans plus attendre, il rentre chez lui, bien résolu à s’en débarrasser. Avec un tison, il l’enflamme, et le feu se propage dans les poils aussi vite que dans des broussailles en été, et le Hodja est bien content de trouver un seau d’eau à proximité pour y plonger la tête. Malgré tout, son menton et ses joues ont été cruellement brûlés.

— La preuve est faite, conclut-il, cet homme disait vrai.
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Avec un âne tu as un fils, avec un gendre tu as un âne.
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HEUREUX ÉVÈNEMENTS

La femme de Nasr Eddin est prise en pleine nuit des douleurs de l’enfantement. La sage-femme arrive bien vite pour l’assister. Nasr Eddin voudrait s’enfuir mais la sage-femme l’arrête :

— Ne veux-tu donc pas être là pour la naissance de ton enfant ? Tiens, prends cette bougie, tu vas nous éclairer.

Et Nasr Eddin, bon gré mal gré, voit venir au monde son premier-né. Très impressionné, il s’éloigne de nouveau quand la sage-femme le rappelle :

— Mais reste donc là, Nasr Eddin ! Je crois bien qu’il y en a un deuxième.

Nasr Eddin revient donc et il voit venir au monde le jumeau du premier. Il souffle alors la bougie.

— Rallume, Nasr Eddin, on n’y voit plus rien.

— Non, non, il vaut mieux éteindre. Ne vois-tu pas que la lumière les attire ?
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